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Lun 1 Juin - 21:11
M • Critique littéraire
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HnM
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Avril 2012

Cela faisait un peu plus d'un an que Yume n'avait pas foulé les couloirs de Chisê. Jamais elle n'aurait cru revenir, et pourtant elle l'avait voulu finalement. Son retour avait été des plus... occupé. Sa mère avait considéré qu'elle devait s'occuper elle même de son inscription à l'université pour qu'elle apprenne à « devenir une adulte », et la japonaise savait désormais qu'elle détestait l'administration. Trop compliquée. Heureusement, après ça, elle avait fêté son retour avec des anciens amis du lycée, où elle s'était mise à la page. Un an finalement c'est long, puisque la demoiselle avait le sentiment d'avoir loupé beaucoup de choses, et se sentait un peu perdue, cependant, elle savait qu'elle s'adapterait vite, et qu'elle retrouverait ses marques. Preuve étant à la petite soirée où l'alcool avait été au rendez vous, Yume s'était pris quelques bleus à cause de ses maladresses. Enfin si ce n'était que sur le corps, cela n'aurait pas été particulièrement gênant ! Mais non, la demoiselle avait eu la très bonne idée d'espionner des amis qui étaient dans la cuisine la porte fermée, pour elle ne savait quelle raison. Et alors qu'elle n'avait pas vu que quelqu'un allait l'ouvrir plutôt violemment, la rebelle se prit la poignet de la porte en plein dans l'oeil. Si sur le moment, elle n'avait pas eu mal et qu'elle avait même rit avant d'oublier quelques minutes après, le lendemain avait été une autre histoire...
Légèrement gonflé désormais, elle arborait un joli far à paupière bleu-mauve. C'était sympa pour son premier jour de cours ça. Heureusement, la nippone n'avait pas à ajouter la gueule de bois, enfin on va dire qu'elle avait connu pire... Mais limite elle aurait préféré ça plutôt que le bleu, ayant l'impression de ressembler à un dalmatien pour le coup. Et en plus... Ca faisait mal dès qu'elle touchait. On la prendrait sans doute pour une racaille qui se bat à tout va pour des raisons à la con. Mais c'était juste une porte, et c'était encore moins classe quelque part.

Mais Yume en demoiselle adulte... Comme ça sonne faux tout d'un coup, avait décidé d'aller à l'infirmerie le matin puisqu'elle n'avait pas cours. Seul problème... Elle connaissait suffisamment bien l'infirmier pour avoir une boule au ventre. Passant sa matinée à imaginer tous les scénarios possible et inimaginable face la réaction de Dorian Fatalys alors qu'elle se maquillait pour tenter de cacher au mieux son petit problème. Alors qu'elle aurait mieux fait d'aller à la pharmacie pour demander s'il existait un medoc pour ça et ensuite mettre de la glace. Mais non, forcément ça ne traverse pas son petit esprit embrumé par la soirée d'hier. Non, la rebelle préférait stresser dans son coin, plutôt que d'éviter un quelconque affrontement, puisque la demoiselle ne savait absolument pas comment il allait réagir. Tentant de relativiser en se disant qu'il n'y avait eut qu'une relation patient/infirmier et qu'elle avait été seule à s'attacher à cet homme grincheux sur tous les points de vue, et accroc à la caféine. Il semblait vraiment hautain et égocentrique, absolument le genre de personne que la rebelle évitait constamment. Cependant, il avait tout de même aidé le petit animal sauvage à se sortir d'un piège à loup, qui se débattait, et qui montrait les crocs à quiconque s'approchait trop près. Et il aurait pu y perdre des plumes avec l'implication qu'il avait pris. Chose dont Yume n'avait absolument pas conscience à l'époque, perdue dans son monde « je veux des câlins et qu'on s'occupe de moi, mais je le montre pas », mais à force de prendre du recul, c'était aussi flagrant qu'un nez au milieu de la figure... Et désormais elle avait honte d'avoir été aussi égoïste. Dans sa tête, elle avait réfléchit à de nombreux speech, autant en Angleterre, qu'ici depuis son retour, pour le remercier de ce qu'il avait fait, et  pour s'excuser. Pourtant aucun n'avait semblé à la hauteur de la reconnaissance qu'elle lui portait. Quant bien même cela ne ferait que gonfler encore peu plus les chevilles de l'infirmier, déjà bien imposantes, Yume tenait réellement à lui dire... Bref, tout ça pour dire que Miss-je-me-prends-pas-la-tête stressait grave sa maman à l'idée de voir cet infirmier chessy avec ses quelques cheveux blanc qui ne faisait que rajouter à son charme. Souriant à cette pensée, la nippone se rappelait que c'était exactement ça qu'elle avait pensé de lui la première fois qu'elle l'avait vu. Enfin... Quand elle s'était calmée. La première avait été de se dire qu'il était un véritable connard.

Quittant son appartement d'un pas toujours endormie, elle se disait qu'heureusement, elle habitait près de l'université, parce que prendre le bus bondé de monde le matin, non merci. Enfin le matin... Il était tout pas loin de 11h, mais matin quand même, hein. Passer dans les couloirs vides de Chisê lui laissait une drôle d'impression. Se rappelant le nombre de fois où elle avait parcouru les couloirs en courant, où était son casier, le fantôme d'un Lun souriant, et surtout d'un Tsumi colérique lui tira un frisson. Cet endroit au final était un peu son cauchemar à cause de lui. Pourquoi avait elle voulu revenir déjà ? Pour le moment la demoiselle était incapable de se dire pourquoi, trouvant comme seule explication qu'elle était maso. Soupirant, elle se gratta l'arrière du crâne, essayant de se changer les idées. C'était le passé... Elle était revenue là pour lui faire face. De toute façon, la nippone avait un problème autrement plus important...

Toquant à la porte de l'infirmerie où ses pas l'avaient mené comme par magie à force d'y être allée avant son départ de Chisê, Yume n'avait pas pris la peine de lire le nom sur la porte de l'infirmerie, étant certaine de qui elle allait trouver... Enfin, c'est ce qu'elle croyait. Sur le coup, elle pensait s'être plantée, se disant qu'il avait peut être changer de locaux, et elle fronça légèrement les sourcils à cette pensée. Regardant la pièce, elle en conclut que non, puisqu'il y avait toujours les lits, le sofa, la table basse, le bureau. La même disposition qu'avant. Pourtant, c'était une autre tête qu'elle voyait, d'après elle. Reportant son attention sur cet inconnu, Yume sentit une tension s'envoler de ses épaules, d'un coup. Elle avait stressé pour rien. Et elle se mit un peu à bégayer au début complètement surprise.

-Je... euh... Bonjour. Je me suis prise une poignet de porte dans l'oeil, et euh... ben j'ai un bleu et ça a un peu enflé donc je me demandais si vous pouviez faire quelque chose...

Ou « Bonjour, je suis une abrutie finie, mais c'est tout à fait normal, faut pas s'en faire ». Après tout, dire qu'on vient de se prendre une poignet de porte dans la face, alors que le visage est bien plus haut, sans autre explication... Y avait de quoi se demander si c'était pas du foutage de gueule. Mais ce qui était drôle, c'était qu'elle restait plantée là comme une potiche devant la porte, les mains derrière le dos, complètement mal à l'aise. Et quand on la connaissait c'était plutôt hors du commun. La demoiselle était un peu déçue aussi, étant donné qu'elle avait eu l'intention de remercier de vive voix Dorian. Il aurait pu lui envoyer un mail pour lui dire qu'il était partie. Quoique... Pourquoi l'aurait il fait ? Ce n'est pas comme ci elle-même lui avait annoncé son retour. Il n'avait eu aucune raison de la tenir au courant. Tant pis, elle lui enverrais un mail, où elle resterait des heures dessus, effaçant et écrivant toutes les minutes pour trouver une formulation potable.

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"Ce que nous voyons n'est pas forcément la réalité.
Mon ennemi est aussi en moi, il fait partie de moi.
A l'intérieur de moi-même il y a un anti-moi."
Haruki Murakami

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Mar 2 Juin - 9:17
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HnM
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Ce matin là, Dorian s'était levé avec ce petit sourire caractéristique sur son visage. Une sorte de nostalgie dramatique mais qui fait plaisir cependant. Bizarrement, il avait rêvé de Yume. Douleur, joie, déception. Il liait plusieurs émotions différentes à cette petite écervelée arrogante mais il en ressortait quand même que lorsqu'il pensait à elle, c'était un sourire de bêtise amusante qui s'affichait sur son visage froid et si difficile à cerner.
Elle avait marqué son esprit dans le bon sens.

Après avoir jeté les draps brutalement à l'aide de ses pieds, Dorian s'était levé de bonne humeur. Le  soleil baignait déjà sa journée et il était serein. A bien y réfléchir, il n'avait pas de soucis particulier. Il venait de revenir du voyage aux sources chaudes et il se sentait plus détendu que jamais. Les choses auraient pu se passer bien plus mal. Et puis, il avait la connaissance de Cameron... Une très belle rencontre.

Bien sûr il y avait toujours cette histoire en suspens avec le psy mais il n'était pas encore assez sûr de lui pour prendre une décision que ce soit dans un sens ou dans l'autre. Il avait besoin de plus de discussions avec lui et même s'il ne voulait pas l'avouer, la présence du Psychologue le ravissait en ce moment. Elle lui permettait de sortir un peu de taquineries, de mesquineries et puis après tout... il apprenait à le connaître à ses propres dépends et il n'était pas déçu de découvrir un homme tourmenté mais professionnel et bien plus mature et adulte qu'il n'aurait pensé.

En chemin pour l'Académie, Dorian prit le temps d'acheter un café serré à un marchand ambulant avant de se faire brutalement dépassé par plusieurs étudiants en vélo qui le saluèrent au passage. Il répondit d'un hochement de tête. Il n'avait pas envie de devenir ami avec les élèves alors il évitait tout contact agréable, allant jusqu'à passer à côté d'une discussion nécessaire à un gamin qui venait le voir pour des blessures autant morales que physiques. Il était plus facile pour lui de panser une plaie avec un pansement que de guérir une lamentation. Il avait recours à sa phrase fétiche du moment : Je te laisserais voir Valentine pour la suite. Aucun attachement personnel. Mais qui pourrait le lui reprocher ?

Il passa la porche d'entrée et ... se stoppa brutalement.
Il avait cette drôle d'impression dans le bas ventre que quelque chose n'allait pas comme il faudrait. C'était peut-être cette chevelure noire qui venait de passer devant ses yeux qui l'avait perturbé. Il se moqua intérieurement de lui-même avant de passer une main sur son visage comme pour chasser ses mauvaises pensées. Ça lui arrivait souvent en ce moment de voir des Yume partout. Elle le hantait. Ça faisait plusieurs mois qu'il ne lui avait pas envoyé de mails d'ailleurs, mais elle ne le faisait pas non plus... enfin il n'avait pas vérifié. Il avait fait exprès de ne pas regarder sa boîte mail en fait.

Il pénétra dans son bureau qui n'avait pas bougé depuis ces 2 années qu'il venait de passer ici. Pour le moment, il s'y sentait bien, mais peut-être qu'un jour, il aurait besoin de changer de déco ou peut-être même de boulot.
A peine assis, il entendit quelques coups à la porte et une jeune fille entra. Sur le coup Dorian resta interdit. Elle lui ressemblait tellement qu'il ne put prononcer le moindre mot. Puis l'image qu'il avait de Yume disparu de devant ses yeux et il posa un nouveau regard sur cette adolescente qui venait d'entrer. Elle lui ressemblait bien sûr mais elle était aussi tout autant différente. Plus mature, plus femme, plus féminine -et davantage jolie d'ailleurs- mais ça ne pouvait être Yume, elle n'était pas ici et elle n'aurait pas parler de cette façon si ça avait été elle. Enfin quoique... une poignée dans l'oeil, c'était du Yume tout craché.

- Asseyez-vous sur le tabouret juste là svp, dit-il en fermant le dossier qu'il avait à peine eut le temps de lire et se leva pour se diriger vers la demoiselle en question.
Il était tellement persuadé que ça ne pouvait être Yume qu'il ne regarda plus son visage en tant que Dorian mais en tant qu'infirmier et sa vision était bien différente. Il entra de nouveau dans la peau de cet homme froid et austère et sortit son éternel discours narquois et méprisable :

- Une poignée de porte hein... Les portes font 3m chez vous pour que la poignée soit aussi haute ? La curiosité est un vilain défaut et encore plus quand elle est associé à de l'espionnage.

Il se dirigea vers sa petite armoire à pharmacie et en sortit une sorte de linge blanc, et une bouteille de désinfectant. Il partit ensuite vers le petit frigo qui ronronnait dans le fond de la pièce derrière son bureau et sortit des glaçons du congélateur intégré au frigo. Il en mit quelques uns dans le tissu et le ferma avant de retourner vers sa petite victime. Il aspergea la "plaie" de désinfectant pour éviter toute aggravation et posa ensuite le tissu glacé sans prévenir que ça allait être très froid. C'était un de ses nombreux petits plaisirs.
Tamponnant la plaie délicatement pour lui éviter d'avoir encore plus mal, il détailla son visage. Le même petit nez hein... et ces lèvres fines, c'est marrant ça... mais quand il posa ses yeux dans les siens, là il eut vraiment un doute. Ce bleu sur son visage lui allait si bien qu'il ne pouvait pas y avoir d'erreur. Il se stoppa et en fronçant les sourcils, il recula légèrement en enlevant aussi le linge glacé. Une seule question lui taraudait l'esprit là... La poser n'allait pas être difficile, mais il avait peur de la réponse, qu'elle soit positive ou négative, il ne savait pas vraiment ce qu'il désirait au fond... Quoiqu'il en soit, il se devait de demander. Ce visage devenait beaucoup trop familier au fil du temps qui passe pour qu'il puisse se tromper... alors d'une voix qui manquait évidemment d'assurance, il demanda, anxieux :

- C'est... C'est toi, Yume ?
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Mar 2 Juin - 16:13
M • Critique littéraire
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HnM
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Elle vint s'asseoir sur le tabouret comme une gentille fille, bien qu'un peu stressée, puisqu'elle n'était jamais à l'aise en présence des médecins. Et puis, elle devait l'avouer, Yume était venue ici seulement dans l'espoir de voir Dorian, son bleu lui donnant une allure de panda n'avait été qu'un prétexte. Cependant, elle ne pouvait pas dire si elle était soulagée ou non de la présence de ce nouvel infirmier... Infirmier qui d'ailleurs venait de lui envoyer une sacrée pique. Si elle avait cherché, elle n'aurait rien dit, cependant, elle n'avait strictement rien fait ! Elle était complètement innocente pour une fois, et elle grogna de mécontentement à sa remarque.

-On vous a jamais fait  la remarque de vous mêlez de vos affaires ? Ou alors vous êtes mal baisé pour d'être d'humeur aussi grincheuse ?


La japonaise acceptait difficilement qu'un étranger lui fasse la morale, et elle ne se privait pas pour le mettre mal à l'aise si elle pouvait, pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas intérêt à aller plus loin. Même si le comportement de celui ci lui faisait penser à celui à Dorian, la relation était complètement différente. Et à vrai dire, sans doute qu'elle ne se serait jamais entendu avec lui, s'il n'y avait pas cette histoire de Tsumi. Se mettant à regarder le canapé sur lequel, la demoiselle avait eu l'habitude de s'asseoir pour faire ses devoirs, des souvenirs revinrent à la surface avec une rapidité effarantes, si bien que Yume était incapable d'avoir des images nettes dans son esprit. Cependant, elle se souvenait parfaitement des nombreuses prises de sang, du nombre incalculable de fois où elle avait dû aller sur la balance, qui au fur et à mesure était devenue à sa meilleure amie, à son plus grand damne. Le visage froid, et les manières distantes de l'infirmier qui l'avait rassuré. Le comportement fiable et responsable d'un adulte qui tentait seulement de la protéger. Et la rebelle était tellement perdue dans ses pensées qu'elle sentit à peine le désinfectant. Par contre, ce qui sortit complètement de ses pensées ce fut le contact de froid des glaçons.

-Aie...

Elle papillonna un peu des yeux, revenant à la réalité, se retenant de râler sous le manque de douceur dont il faisait preuve, mais elle grogna une nouvelle fois, lui lançant un regard noir. Ce qui était sûr, c'était que les lycéens qui voulaient sécher les cours en allant dormir à l'infirmier en prétextant être malade, ne devaient pas exister. Ou alors, ils étaient complètement stupide et ne connaissait pas l'énergumène qui était en face d'elle. Sans doute qu'il valait mieux assister au cours plutôt que voir cette tronche de cake qui était aussi délicat qu'un cachalot. Tronche de cake qui ne faisait que la fixer, ce qui la mettait mal à l'aise. On lui avait jamais dit que c'était mal polie ? Même si elle se savait être une déesse de la beauté, y avait des limites... Y avait plus de chance qu'elle ait un truc sur le visage qui devait attirer sa suspicion, cependant Yume préférait se dire qu'elle était une jeune fille au physique époustouflant en attendant qu'il se décide à dire ce qui n'allait pas, c'était moins stressant. Pourtant, il ne faisait que la détailler. Elle se permettait pas de faire ça, elle. Enfin, la rebelle aurait peut être dû au vu de la question qu'il venait de poser. L'effet d'une bombe, bien digne des manières de ce cher Dorian. Écarquillant légèrement les yeux, elle ne put répondre tout de suite, tentant de reprendre ses esprits.

-Elle a fait quoi pour que vous la tutoyer ?

Yume bascula la tête en arrière. Il avait été méchant avec elle, et une petite vengeance ne ferait pas de mal. Enfin, c'était surtout une sorte d'échappatoire, incapable de dire oui, ou non. Prenant les glaçons, elle les posa sur son oeil avant de soupirer profondément, ne sachant absolument pas quoi dire. Ca avait servit à quelque chose de se faire un monologue pour s'entraîner, le résultat était même stupéfiant... Elle ne disait rien, ne sachant absolument pas par où commencer... Fermant les yeux pour se concentrer et jetant la poche de glace, autant faire ça vite. Au moins, la nippone sera débarrassée.

-Je t'ai menti... Ce n'est pas mes parents qui voulaient que je reparte en Angleterre. C'est moi qui ait réclamé.


Pourquoi l'auraient ils voulu d'ailleurs ? Ils n'avaient jamais rien su de sa relation avec Tsumi, et ses notes étaient montées en flèche à partir du moment où Dorian l'avait prise en main. Alors, ils ne s'étaient jamais plaint, puisqu'elle n'avait fait aucune vague mise à part se faire arrêter par les flics pour ivresse sur la voie public avec Morphée. Ce qui n'était rien comparé à certains. Marquant une pause, tentant de trouver ses mots sans tomber dans le mélodramatique, Yume prenait bien soin d'éviter de croiser le regard de Dorian.

-Tu n'as jamais eu l'impression de te sentir à l'étroit dans un endroit et que si tu restais ton esprit flancherait ? C'est quand tu es intervenu que je me suis rendue compte que je n'allais réellement pas bien. Il n'y avait qu'à l'infirmerie où je me sentais à l'aise comme je n'avais rien à cacher... Cependant... C'était trop peu, le temps que je passais ici, alors que je devais faire attention à cacher mes bleus ou mon poids. Et puis, j'avais l'impression que tout le monde me fixait, comme ci ils étaient au courant. Je devenais complètement parano.


Affichant une petite moue coupable, Yume n'en menait pas large, avant de venir pianoter sur le bureau, gonflant les joues et les dégonflant plusieurs fois de suite, avant de prendre une grande inspiration, et elle inclina légèrement le buste.

-Je suis désolée, je t'avais mis dans une situation embarrassante et je te demandais plus que tu ne pouvais donner.


Bien que japonaise, cette dernière utilisait que très rarement sa culture pour s'excuser, pour la simple et bonne raison qu'elle avait vécu une grande partie de sa vie en Angleterre, et la demoiselle avait très rapidement perdu les habitudes nippone pour saluer ou montrer qu'elle regrettait. Bien sûr, elle savait ce qu'il fallait faire, mais ce n'était pas pour autant que c'était naturelle pour la rebelle. Elle le faisait en cet instant pour montrer qu'elle était réellement sincère, et sans doute qu'elle n'aurait pas de plus lourde dette envers quelqu'un. Même si ça avait été son travail, la demoiselle savait qu'il s'était impliqué personnellement. Yume détestait toujours autant les médecins qu'avant, néanmoins, comme auparavant elle ne le voyait pas ainsi. Et comme auparavant, elle ne savait toujours pas comment le considérer. Sans doute comme étant une personne sur qui elle pouvait compter.

-Et merci de t'être accroché pour m'aider.

Relevant lentement la tête, la japonaise savait parfaitement qu'elle était loin d'avoir un caractère facile, et qu'elle lui avait fait voir de toutes les couleurs en réclamant câlins et affection. Affichant un sourire doux, et très gêné, celle ci se mit rapidement à regarder ailleurs, avant de remettre les glaçons sur son oeil délicatement, basculant une nouvelle fois sa tête en arrière, regardant le plafond de son oeil valide.

-Tu t'es coupé les cheveux... T'as l'air plus jeune qu'avant.


Ok, ce n'était pas une remarque des plus intéressante, mais Yume n'avait aucune envie de rester parler du passé, cherchant simplement à dévier sur une conversation plus ludique. Et sans doute lui montrer qu'il pourrait désormais lui parler, pas tout à fait comme une adulte telle que lui, mais plus comme une petite chose pathétique en manque d'affection. Oui, elle avait envie que Dorian la reconnaisse comme étant une personne plus mature, lui montrer qu'elle avait changé, et que c'était en grande partie grâce à lui.

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Dim 7 Juin - 18:21
S • Médecin scolaire
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HnM
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S • Médecin scolaire
La jeune fille qui se trouvait en face de lui, qu'elle soit Yume ou pas d'ailleurs, manquait cruellement de bonnes manières. Elle avait ce vocabulaire vulgaire si caractéristique de la plupart des élèves de cette école. Il avait rarement rencontré quelqu'un qui l'avait fasciné par sa manière de s'exprimer... ou peut-être Valentine mais il ne souhaitait pas penser à lui à cet instant, il n'avait que faire de cette nouvelle vague de questions qui montait en lui... il verrait ça plus tard... en attendant...

- Si tu veux pas qu'on te pose des questions à propos d'une 'blessure', ne viens pas à l'infirmerie pour te faire soigner. Va plutôt à la bibliothèque prendre des cours de bonnes manières, ça te fera pas de mal. On est pas dans une église ici mais c'est pas une raison pour répondre comme une adolescente écervelée.

Il n'avait pas mâché ses mots parce qu'elle l'avait énervé. Il ne la supportait pas cette gamine arrogante qui prenait tout au pied de la lettre. Il n'avait fait que titiller son humour mais elle en semblait dénuée, et puis cette façon de répondre le mettait hors de lui. Bref... inintéressante. Il ne s'était donc pas gêné pour la tutoyer à nouveau vu que de toute évidence, il n'existait aucune forme de respect entre eux.
Il éluda adroitement la question qu'elle répondit en guise de réponse. Il avait toujours ce doute malgré tout, et une réponse claire aurait été la bienvenue, mais si elle n'était pas Yume, il n'allait pas du tout se donner la peine de faire des efforts pour elle.

Il s'éloigna d'elle et de ce petit tabouret qui lui servait de trône et retournait à son bureau sans lui accorder d'avantage d'importance quand elle se mit enfin à parler.... ou plutôt à se confesser.
Son coeur fit un bond, suivi d'un arrêt d'une seconde. C'était elle... c'était Yume.
Il se retourna brutalement pour la regarder et pour être sûr de ce qu'il voyait mais elle baissait les yeux, gênée, mal à l'aise apparemment. Rien à voir avec la petite pimbêche qui était assise à sa place quelques minutes auparavant. Il resta stoïque. Les mots sortaient de sa bouche et venaient effleurer les oreilles de Dorian... Il aurait presque préféré être sourd à ce moment là que d'entendre ça.
Elle était partie en Angleterre de son plein gré ? Sur le coup, il se sentit trahi... violemment trahi. Elle avait passé ça sur le dos de ses parents et Dorian en avait été fortement meurtri sur le coup. Yume résidait toujours dans la boîte qui contenait les dossiers "Echec" à ses yeux... il pensait qu'elle avait été triste de partir mais il fallait bien croire que non finalement. Elle l'avait fui.

Il mit les mains dans les poches de son pantalon et cessa de la fixer comme un demeuré qui voit un lingot d'or, il baissa lui aussi la tête, pas gêné mais... déboussolé. Ses sentiments et sa considération pour Yume avaient bien changés depuis qu'elle était partie. Elle n'avait plus cette petite place unique qu'elle avait réussi à se créer auparavant. Elle ressemblait désormais bien plus à une étrangère qu'à cette jeune victime qu'il avait prit dans ses bras... Il avait eu beaucoup trop de minutes là pour se faire à l'idée de son retour... du coup, il avait eu le temps de modeler son visage tel qu'il le voulait et également de mettre des mots sur ses pensées. S'il avait ouvert la bouche aussitôt après avoir compris, il n'aurait pas réagi de la bonne façon... Enfin pas pour lui.

- En quoi le fait de t'exiler en Angleterre t'a-t-il éloignée du regard des autres ? C'était pas plutôt une forme de lâcheté ?

Il ne cherchait pas à la mettre en colère non, il n'en voyait pas l'intérêt. Il cherchait juste à comprendre, mais la rancune est tenace chez l'infirmier, et il se peut que l'intonation de sa voix trahisse la plus simple de ses questions...

- Enfin... tu n'as pas à te justifier. C'est du passé tout ça... acheva-t-il en tirant un trait beaucoup trop brutal sur ce qui s'était passé.

Bizarrement, les émotions se mêlaient en lui, il était content de la revoir mais tellement agacé qu'il ne pouvait pas profiter de ce ressentiment, il lui en voulait beaucoup plus qu'il ne l'aurait pensé... ce qui trahissait aussi l'attachement qu'il avait eu pour elle, à l'époque.
Comme si 10 ans avait passé, Yume le remercia, et s'excusa aussi de la situation embarrassante dans laquelle ils avaient été mis tous les deux. Elle semblait oublié que Dorian était un adulte et qu'elle n'aurait pas réussi son petit manège s'il ne l'avait pas laissée faire. Peu importe, il n'avait pas envie de batailler avec elle, et encore moins envie de revenir sur ce sujet tabou qu'il préférait oublier. Elle n'avait même plus sa confiance pour ainsi dire. Elle semblait si brumeuse qu'elle ressemblait davantage à une illusion qu'à une personne réelle. Dorian n'aurait pas été étonné qu'elle disparaisse en fumée devant lui, ne laissant derrière elle que bribes de souvenirs et autres traumatismes...
Il ne répondit rien et s'attarda trop longuement sur la remarque anodine qu'elle fit sur ses cheveux. Il passa la main derrière sa nuque comme pour illustrer sa constatation ...

- En effet oui. Tu vois bien... même d'un oeil. dit-il en ricanant... Tu as également beaucoup changé. Physiquement, j'entends....

Il repensa à cet instant même à la façon dont elle lui avait parlé il y'a quelques minutes. Il faillit s'emporter en lui hurlant dessus qu'elle n'avait rien apprit depuis tout ce temps mais il n'aurait fait que renouer cette complicité qu'ils avaient eu et ce ne serait pas bon pour lui... comme pour elle.
Pour le moment, elle restait cette petite ado, en crise, qui ne faisait que s'attirer les problèmes. Il avait voulu la sauver et être pour elle ce qu'aucun autre homme n'aurait dû être mais peut-être l'avait-il effrayée en se rapprochant d'elle ? Il était souvent repoussé par les femmes, à cause de son assurance à toute épreuve et sa façon machiste d'exposer les choses mais il était également conscient qu'une fois l'outrage passé, elles ne lui résistaient pas bien longtemps... Yume était sûrement trop jeune encore pour faire partie de sa vie...

- Pourquoi es-tu revenue alors ? Tu as repris du poids, certes, bravo mais tu te promènes encore avec des bleus... A croire que tu ne retiendras jamais la leçon.

Il la sermonnait... Père ? Frère ? Ange Gardien ? Il ne savait pas, et ne voulait pas savoir... il voulait juste... lui parler.

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Dim 7 Juin - 18:38
M • Critique littéraire
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HnM
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Yume afficha une tête un peu ahurie en le voyant répliquer aussitôt. Un magistral « Mais-euh » résonna dans sa tête. C'était pas prévu qu'il réponde aussi facilement. D'habitude, les gens avait un certain temps de réaction en l'entendant énoncer ceci. Bien heureusement, la demoiselle avait elle aussi la répartie facile. Pas toujours avec autant de mordant que l'infirmier, mais l'important, c'était bien de contre attaquer, non ?

-Vous m'avez posé aucune question, vous m'avez fait la morale, et je déteste ça, surtout quand c'est vrai. Et je ne veux pas entendre que je dois prendre des cours de bonne manière  venant d'un infirmier pas foutu de garder son sang froid et qui tutoie une écervelée, alors je vous pouet monsieur Grincheux !

Elle avait pris des intonations de petites bourge hautaine, qui n'était absolument pas crédible, et elle ajouta son ridicule en gonflant les joues comme une enfant à qui on aurait refusé de lui donner une sucette. Cependant, la rebelle perdit bien vite de sa « superbe » quand elle remarqua que c'était Dorian qu'elle avait en face d'elle, devenant d'un coup, beaucoup plus calme, et... beaucoup moins arrogante. La japonaise, lui expliqua la raison de son départ quelque peu rapide, alors qu'elle avait rejeté la faute sur ses parents. Néanmoins, ce n'était pas prévu qu'il ne comprenne pas, elle avait cru qu'il hocherait simplement de la tête pour dire que ce n'était pas grave, et qu'au final ça n'avait aucune importance. Et alors qu'il la traitait de lâche, et qu'il ajoutait assez sèchement qu'elle n'avait pas besoin de se justifier, la rebelle se mit à soupirer profondément, en regardant le bureau d'un air absent, et pensif, choisissant tout de même de lui en donner une.

-En Angleterre, il n'y avait aucun risque que quelqu'un l'apprenne, et même si c'était le cas, personne ne connaît le visage de Tsumi là bas. Et je n'avais pas peur... En tout cas beaucoup moins, de le croiser dans un couloir. C'est stupide, puisqu'il n'était plus à Chisê quand je suis partie, mais, c'est psychologique... Et puis, je n'ai jamais dit que ma qualité première était le courage, et ce n'est pas la tienne non plus...

Bah quoi, c'est vrai... Dorian était loin d'être une personne courageuse aux yeux de la rebelle. Sinon, il aurait agit différemment, après tout, elle lui avait bien dit de ne pas hésiter à passer la voir s'il allait en Angleterre. Pas besoin d'avoir bac +5 pour savoir ce que cela voulait réellement dire. Et puis, il avait été tellement bref dans ses mails... Houlà, elle s'embourbait dans son esprit, qu'est ce qui lui faisait dire qu'il lui en voulait ? Après tout, il n'avait été que son infirmier, et non un ami... Enfin si, mais ayant toujours eu cette relation entre médecin et patient. Alors pourquoi il semblait si agressif à son égard ? Il n'y avait aucune raison à cela. C'était impossible qu'il ait eu un quelconque attachement. C'était elle qui avait eu besoin de lui et non l'inverse.
Pourtant, elle sentait une certaine tension s'installer dans la pièce, une tension qui était de plus en plus palpable à ses yeux, sans que Yume ne comprenne pourquoi. Ce qui la mettait de plus en plus en mal à l'aise, ayant l'impression d'être horriblement vulnérable, ne sachant pas quoi faire pour détendre l'atmosphère. Se renfermant un peu, Yume avait l'impression d'être petite enfant sous le regard de l'infirmier. Cependant, la nippone ne laissa rien paraître, semblant être juste un peu moins bavarde par rapport à d'habitude. Esquissant un demi-sourire à ce qui semblait être un semblant de blague sur son oeil.

-Hum...


La rebelle se contenta d'acquiescer légèrement à sa remarque se retenant d'ajouter qu'elle espérait ne pas avoir changer seulement physiquement. Elle n'avait pas envie de parler plus que le strict minimum en le voyant aussi froid. Sans doute qu'elle aurait mieux fait de l'éviter si elle avait su qu'il serait ainsi. La demoiselle ne lui trouvait pas d'excuse. Il n'avait pas pu avoir une journée de merde, vu qu'elle venait seulement de commencer, alors il n'était pas difficile de déduire que c'était à cause d'elle, qu'il était ainsi. Yume aurait aimé qu'il soit aussi proche d'elle qu'avant. Qu'avait elle fait de mal ? Elle avait beau tourner et retourner la question dans tous les sens, la réponse ne lui venait pas à l'esprit. Reportant son attention sur le sol en une mine absente, elle fourra ses mains dans sa veste, alors qu'elle affichait un sourire désabusé. Certes, elle ne retenait pas toutes les leçons, mais elle trouvait ses paroles incroyablement durs. Avoir été traitée de lâche, elle l'acceptait, puisqu'elle l'admettait, et l'assumait, mais dire qu'elle n'avait absolument pas changé, ça faisait mal. Relevant finalement le regard pour le fixer dans les yeux intensément, et légèrement douloureusement.

-J'ai retenu celle de Tsumi.

La voix étrangement rauque, elle n'avait été qu'un murmure, alors qu'elle baissait de nouveau la tête. Cet épisode, elle ne voulait pas le revivre dans sa vie, ses cauchemars, ses souvenirs... Yume voulait complètement oublié, sachant qu'elle garderait des séquelles toute sa vie. Aujourd'hui, elle était incapable de rester près d'un homme qu'elle ne connaissait pas alors qu'il la draguait. A chaque fois qu'une main inconnue se posait sur son corps, ce dernier se crispait, jusqu'à ce qu'elle connaisse la raison de ce contact, ou qu'elle reconnaisse la personne, pour qu'elle soit plus détendue. La demoiselle était incapable de prononcer le mot « viol » rendant réel l'horreur qu'elle avait vécu. Et elle n'acceptait aucun humour sur ce sujet.
Bizarrement, désormais elle avait envie de fuir cet endroit. De le fuir lui. Un lieu dont le souvenir qui s'était révélé très chaleureux, avait perdu de ses couleurs chaleureuses. Lui jetant un coup d'oeil furtif avant de se remettre à regarder le sol, pourtant, Yume ne bougeait pas, trouvant que ça allait totalement à l'encontre de sa nouvelle résolution de ne plus fuir. Se remettant droite alors qu'elle venait de remarquer qu'elle s'était affalée, la demoiselle se racla la gorge, alors qu'elle venait de nouveau croiser le regard de cet homme impossible à cerner complètement, avec sérieux.

-Je suis revenue, c'est tout ce qui compte. Ce dont toi tu ne peux pas dire, n'est ce pas ?


Elle le regardait avec une pointe d'agacement. Il se permettait de lui faire la morale, alors que lui même avait probablement fuit son pays. Il n'avait montré aucune passion pour le Japon, ne s'émerveillant devant rien, et n'ayant aucune curiosité. Alors ce n'était pas très difficile de conclure qu'il était partie pour raison X ou Y, voulant être seulement le plus loin possible de son pays natal. Ne cherchant pas réponse à sa question, Yume se révélait plutôt mal à l'aise, puisqu'elle n'avait aucune envie de piétiner dans la vie privée de l'infirmier. Enfin si, elle en avait largement envie, cependant, elle préférait se l'interdire. Pianotant sur le bureau, la rebelle afficha un sourire désabusé.

-Je crois que pour le moment, le plus immature de nous deux dans cette situation c'est toi, parce que pour faire une allusion à Tsumi en sachant parfaitement ce qu'il m'a fait, c'est plutôt cruel, tu ne crois pas ? Malheureusement, je ne risque pas de d'oublier, encore moins les images dans ma tête, et les sensations que j'ai ressenti... Et c'est assez... Handicapant dans mes relations sociales. Content d'avoir enfoncé le couteau dans la plaie ?

Elle lui adressa un sourire ironique, et froid, avant de le perdre rapidement, se mettant à observer l'extérieur d'un absent. En y réfléchissant, elle n'en avait jamais parlé à personne. La demoiselle se voyait très mal en parler à un ami, Dorian était infirmier, et il était hors de question d'en parler à un psy. De toute façon, il n'y avait rien à dire. Posant son coude sur le bureau et sa joue sur son poing, il semblait que la rebelle éprouvait une fascination toute particulière pour la fenêtre.

-Parfois ça m'empêche de dormir, alors j'aurais aimé ne pas m'en souvenir la journée... Enfin, je suppose que je l'ai cherché si tu dis ça.


Et la fenêtre était vraiment très intéressante !

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Mon ennemi est aussi en moi, il fait partie de moi.
A l'intérieur de moi-même il y a un anti-moi."
Haruki Murakami

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Dim 7 Juin - 18:54
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Trop occupée à chercher ses mots, Yume ne voyait sûrement pas que Dorian la dévorait des yeux. Il aurait aimé percer cette petite carapace qu'elle avait autour d'elle, et aussi pousser cette mèche devant ses yeux pour lui prendre le visage entre les mains avant de plonger son regard dans le sien et de déposer ses lèvres sur son front pour lui montrer combien il était heureux et fier qu'elle soit revenue en pleine forme. Seulement voilà... il ne le ferait pas. Ce serait renier ses principes, revenir en arrière et prendre trop de risques. Il avait d'autres choses à régler avant de penser à Yume de la façon dont il y pensait avant... et puis... d'ailleurs, à quoi bon revenir en arrière ? C'était ... perdu d'avance. Elle semblait présente et si distante en même temps. Son départ en Angleterre en plein milieu de l'année et surtout dans cet élan de gentillesse et d'affection qui s'était installé entre eux deux, avait tout cassé, tout rompu. Ils étaient aussi à l'aise aujourd'hui l'un envers l'autre que deux inconnus qui se rencontrent la première fois pour un rendez-vous galant. Il suffisait sûrement que l'un des deux franchisse le pas mais... qui le ferait ?
Il ne s'était pas du tout attendu à son départ et encore moins à son retour... mais lorsqu'elle lui expliqua les raisons de l'un comme de l'autre, il ne sut plus vraiment sur quel pied danser. Disait-elle la vérité ou avait-elle cherché des excuses à une simple peur qui l'avait fait retourner là-bas ?

- Mais... qu'ils apprennent quoi Yume ? demanda-t-il d'une voix douce, suave et feutrée.

Il ne voulait surtout pas effrayer le petit animal qui se trouvait dans son bureau parce que là tout de suite... il avait comme un doute, une question. Quelque chose venait de lui revenir en tête... lorsque Yume était venue dans son bureau il y'a de cela plusieurs mois, peut-être même 1 an, elle était meurtrie. Elle avait été battue, humiliée, terrorisée. Elle était tellement amaigrie qu'on voyait ses os pointer sous son t-shirt. Au fil des rendez-vous et des conseils avisés de Dorian, elle avait reprit confiance en elle et elle avait également renforcé son poids mais il y'avait autre chose qui planait au-dessus d'elle... une autre horreur dont ils n'avaient jamais abordé le sujet mais qui se voyait dans ses yeux, dans son attitude.
Le viol.
Même si Yume avait plusieurs fois montré une attitude câline envers lui, elle dégageait cette attitude qui disait de ne pas la toucher, de ne pas la salir plus qu'elle ne l'était déjà. C'était peut-être ça qui avait retenu Dorian de lui ouvrir son coeur à l'époque. Il s'était tellement senti concerné par son problème qu'il s'était attaché à elle, au-delà d'une relation infirmier/patient et il avait été à deux doigts de commettre l'irréparable pour sa condition. Aussi, lorsqu'aujourd'hui, elle abordait le sujet avec légèrement plus de facilité, Dorian se sentit vraiment trop bête d'avoir réagi violemment. Alors qu'elle se dévoilait, qu'elle se confiait à lui, il la renvoyait vers sa solitude. Imbécile.

Il fit un pas vers elle comme pour tenter une façon de s'excuser mais il se stoppa. Elle continuait sur sa lancée, le persuadant encore plus d'avoir raison dans ce qu'il pensait.
Il passa une main sur son visage, soupirant d'horreur et d'incapacité. Comment avait-il pu passer à côté de ça ? Il sentit autant de frustration monter que de colère, d'indignation et de regrets. Il ne savait plus quoi dire, plus quoi faire. Yume... sa petite Yume avait été brisée par un homme, non par un gamin insolent, inconscient, idiot et brutal. Pas étonnant qu'elle ait été en si mauvais état lorsqu'elle était arrivée dans le cabinet.
Comment... comment un homme pouvait-il avoir envie de maltraiter un petit être si pâle, si fragile, si... facile. Là, tel qu'il voyait Yume, du haut de son petit mètre soixante à peine et de ses 50 kilos, il n'aurait aucun mal à avoir raison d'elle par la force mais où était la victoire ? Où était la satisfaction ? Lorsqu'elle acheva sa phrase par "je l'ai cherché si tu dis ça.", il crut que le ciel lui tombait sur la tête. Elle était folle ou quoi ? Depuis quand on méritait de se faire violer ?
Là... A cet instant précis, il vit qu'elle avait changé, elle avait mûri. Malgré tout ça, elle avait réussi à grandir.

Il se mordit la lèvre et puis il abandonna. Au Diable les procédés, les mœurs, les règles et les interdictions. Un peu de chaleur humaine n'a jamais tué personne.
Il franchit les derniers pas qui les séparaient de plusieurs enjambées interminables et l'entoura de ses bras. Il mit une de ses mains derrière sa tête à elle et l'incita à s'appuyer doucement contre son torse. Il n'y avait que de la douceur dans son geste, aucune brutalité, il ne la forçait pas. Si elle voulait quitter cette étreinte, elle n'aurait qu'à le faire. Mais pour l'instant, elle était là, dans ses bras et même s'il ne l'avouerait sûrement jamais, Dorian en était très satisfait. Sa petite protégée était revenue.... saine et sauve.... vers lui.

- Tu m'as manqué Yume... Comme tu m'as manqué. murmura-t-il sans vraiment se rendre compte de la portée de ses paroles.

Emporté par la fougue et la passion du geste, il déposa un tendre baiser sur le haut de son crâne, respirant par la même occasion le doux parfum de ses cheveux. Elle semblait encore plus fragile à cet instant qu'elle ne l'avait été à toutes les séances avec lui. Le paquet de glaçons était tombé au sol lors de l'action... peut-être l'avait-elle lâché ou alors il n'avait pas aimé la surprise... quoiqu'il en soit, ils ne bougeaient plus tous les deux.

- Tu as raison, j'ai réagi maladroitement parce que je ne m'attendais pas à ton retour. Mais je suis content... vraiment. Content que tu sois là et que tu ailles bien.

Il resserra son étreinte une dernière fois, conscient qu'il allait se séparer d'elle de façon irrémédiable. Il se recula, un peu à contrecœur. Ça faisait un moment qu'il n'avait pas tenu une femme dans ses bras. Même un petit bout de femme comme elle.
Il toussota légèrement pour masquer sa gêne et ne chercha pas à recroiser son regard. Il ne savait pas trop si elle était contente de son geste ou si elle allait partir en furie en le traitant d'obsédé sexuel.
Il opta pour une discussion qui allait couper court à toutes les questions gênantes. Elle venait de lui faire une confidence des plus abjectes et des plus intimes certes, mais c'était passé, et à part partager sa douleur silencieusement, il ne pouvait plus rien faire pour elle... hélas.

- Tu aurais aimé que je sois retourné dans mon Pays natal ? C'est ça que tu me reproches Yume ? Voyons... quelle idée. Si je n'étais plus là, qui pourrait bien supporter de s'occuper d'un petit chien hargneux comme toi ? dit-il tout en rigolant, ce qui détendit considérablement l'atmosphère, en tout cas, la sienne.

- Mais dis-moi... qu'est-ce qui a changé maintenant depuis ton départ ?

Il trifouilla dans un casier pour en sortir le dossier de Yume qu'il avait gardé précieusement même quand l'Administration lui avait demandé de trier ses tiroirs. Ceux-là, ils ne comprenaient vraiment rien à rien. Ils feraient mieux de trier le bureau du Brisebois là, vu que de toute façon, il ne reviendrait sûrement pas... Enfin bref.

- Fais-moi plaisir ma belle, monte sur la balance, stp.

Il se rendit compte de l'appellation qu'une fois dite. La question lui vint tout de suite à l'esprit... que  représentait Yume pour lui maintenant ?
Il connaissait la question... mais pas la réponse. Pas encore.

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Dim 7 Juin - 18:57
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Yume n'avait pas pris la peine de répondre à sa question. Pas encore prête à avouer ce qu'elle avait vécu à haute voix. C'était étrange comment un simple mot pouvait rendre réel l'horreur que la rebelle avait subit. Enfin, ce n'était pas comme ci elle ne s'en rendait pas compte. Mais la japonaise avait l'étrange sentiment que si elle le disait, elle le revivrait, d'une façon ou d'une autre. Alors qu'elle avait préféré continuer sur sa lancée. De plus, ce n'était pas comme si elle voulait le cacher. C'était juste du mot qu'elle avait peur. Futile et stupide, elle en avait parfaitement conscience puisque qu'elle le dise ou non, ça ne changeait rien à ses souvenirs. Strictement rien.
De toute façon pourquoi ça revenait sur le tapis ? Le passé était ce qu'il était et il devait rester là où il était. Pourtant en présence de l'infirmier, Yume éprouvait moins de difficulté à en parler. Un pacte silencieux qui s'était construit au fur et à mesure des séances avant son départ qui lui permettait de parler un peu plus librement. Quand bien même ce dernier était brisée, il pouvait toujours être reconstruit par les décombres d'une vie qui paraissait antérieure à celle d'aujourd'hui.

Perdue dans ses pensées qu'elle n'aurait jamais imaginée aussi noires quand elle avait passé le pas de la porte, elle sentit une étreinte à la fois lointaine et familière. Pas assez cependant pour empêcher son corps de se crisper, bien que la japonaise se laissait faire. Elle eut la furtive image d'être une poupée en porcelaine. On pouvait faire ce qu'on voulait d'elle, mais le propriétaire en prenait grand soin, conscient de la fragilité de cette dernière.
Etait elle réellement aussi vulnérable pour se sentir aussi soulagée d'entendre qu'elle lui avait manqué ? Le baiser sur sa tête finit par lui briser le coeur d'une certaine façon. Il n'avait jamais été très difficile pour Dorian d'anéantir ses défenses. Pourtant, ils n'étaient jamais sur la même longueur d'onde. Là où l'infirmier la traitait d'irresponsable gamine, la rebelle lui répondait qu'il était aussi ennuyeux qu'un rat mort sans aucune réel folie. Cependant, Yume y puisait un certain réconfort en cet homme hautain et exécrable à souhait.
Lâchant les glaçons, la demoiselle passa ses bras dans le dos de l'infirmier, serrant son haut avec force dans ses petites mains, alors qu'elle fermait doucement les yeux. Une expression à la fois douce et douloureuse s'inscrivait sur son visage. Comment garder une relation infirmier/patient s'il se montrait ainsi ? Certes, Yume savait parfaitement que c'était elle qui avait commencé. Au début, elle en avait réclamé, néanmoins, à ce moment c'était juste un besoin d'attention, sans aucune attache particulière. Aujourd'hui, c'était complètement différent. La demoiselle n'éprouvait plus le besoin viscérale et détestable qu'on s'occupe d'elle. Néanmoins, cette dernière était incapable de le repousser. Ca faisait trop de bien, et de trop de mal à la fois.

Et la lamentation des violons dans cette scène s'estompa doucement lorsque Dorian rompit cette étreinte, laissant une Yume toute aussi gênée que l'infirmier, mais aussi contente qu'il l'ait fait. Et puis, ce n'était pas comme ci elle avait croqué dans la pomme, n'est ce pas ? D'une certaine façon... La rebelle avait l'impression que c'était le cas. C'était déjà une relation tout sauf professionnelle. Même si, Dorian se voilait peut être la face, en tout cas, il faisait comme ci de rien n'était, de son côté, elle n'hésiterait pas à l'admettre. Cet homme, c'était son psychologue, son infirmier, son père, son frère, son confident, son...

-Je t'encouine !

Sortant brusquement de ses pensées, elle n'avait écouté qu'à moitié l'infirmier. Néanmoins, elle avait très bien entendu « petit chien hargneux comme toi », et la japonaise avait tout de suite répondu d'un ton indigné, tout en affichant une expression faussement outrée. Les habitudes ont la vie dure, c'était le cas de le dire. Un coup Yume se montrait d'une horrible vulnérabilité, deux secondes plus tard, ses prunelles brillait de vie et de malice. Et on allait pas s'en plaindre, il était déjà assez difficile comme ça de la supporter... Surtout quand on lui demandait de faire quelque chose qu'elle ne voulait pas, comme... Monter sur la balance. C'était pas vraiment le bon timing là. Affichant une moue comique qui disait qu'elle n'avait absolument pas envie de retrouvée sa bonne vieille amie tout de suite, Yume entreprit néanmoins d'enlever ses chaussures en râlant.

-T'es le champion des casseurs d'ambiance !


Non, elle ne s'était pas réellement rendue compte du qualificatif « ma belle ». Il ne fallait pas oublier que la demoiselle avait un cerveau à retardement, non plus. Faut pas trop lui en demander. De toute façon, la demoiselle anticipait plus le résultat de la balance qu'autre chose. Fermant les yeux d'un air craintif, elle espérait ne pas être descendu sous les 46kg. A vrai dire, elle n'avait pas franchement fait gaffe à son alimentation. Entre son déménagement, son inscription, et les soirées, Yume avait largement eu le temps de dépenser plus qu'elle n'avait mangé. Surtout quand on connaissait son tempérament hyperactif.
Ouvrant à demi un oeil, la balance affichait sans état d'âme un 45,3kg. Et bizarrement une envie de défenestrer la balance lui brûlait les doigts. Quittant sa meilleure amie avant que Dorian ait pu voir quoi que ce soit, enfin elle espérait, Yume remit ses chaussures d'un air un peu rageur.

-Elle est pourrie ta balance de merde ! En plus, j'étais même pas venue là pour ça ! Pourquoi je dois monter dessus ? J'ai juste une tête de panda !

Finissant de lasser ses chaussures, elle grogna pour elle même un « Pourquoi j'ai obéis aussi ? ». Se relevant finalement, Yume affichait un état un peu fébrile, voire inquiet. Et pour cause, la rebelle se rappelait très bien à quel point elle avait pu être maigre, et la dernière chose qu'elle voulait c'était de revenir à cette époque. Si bien que désormais, la sonnette d'alarme tintait dans sa tête, même si c'était seulement quelques grammes en dessous de la barre maximum qu'elle s'était fixée à sa perte de poids.

-Dans une ou deux semaines, j'aurais repris...


Elle finit par se perdre dans ses pensées, se demandant réellement ce que Dorian pensait d'elle. Sans doute qu'elle était la même qu'avant. Toujours aussi inconsciente. Et Yume ne pouvait pas le blâmer, particulièrement après être passer sur le pèse personne. Et soudain, la japonaise se rappela qu'elle n'avait pas répondu à la question de l'infirmier « Qu'est ce qui avait changé ? ». La demoiselle n'en savait trop rien, et c'était justement pour cette raison qu'elle était revenue ici. Enfin une des raisons... Jetant un coup d'oeil à Dorian, cette dernière afficha un léger sourire amusé, comme si son poids ne la préoccupait plus vraiment.

-Je te laisserais peut-être découvrir ce qui a changé... D'ailleurs, t'aurais mieux fait de faire une prise de sang à la place, le résultat aurait été plus concluant...

Autrement dit, Dorian n'aurait trouvé aucune drogue, la rebelle ayant définitivement arrêtée toutes substances illicites. Oui, elle avait trouvé à quoi pourrait servir ses neurones désormais, et hors de question de perdre le peu qu'elle avait.

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Dim 7 Juin - 19:37
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Un ciel bleu, des nuages légers, une brise matinale, une petite musique légère, bref un vrai monde de bisounours... c'était ce que ressentait Dorian à l'instant. L'entrée de Yume dans son cabinet avait amélioré sa journée contrairement à ce qu'il aurait pu penser. A chaque fois qu'il tournait la tête vers elle pour la regarder ou lui parler, il ne pouvait s'empêcher de sentir son comportement changer. Il posait sur elle un regard... attendri. Elle représentait la part de faiblesse en lui qu'il avait eut tellement envie de cacher juste avant qu'elle s'en aille, pourtant aujourd'hui c'était tout l'inverse. Avec sa simplicité et sa petite folie étourderie et fantasque, elle embellissait son quotidien. Son sourire n'avait pas de prix et cette petite bouille faussement frustrée ou vexée qu'elle affichait de temps en temps finissait de briser le si peu de dureté qui lui restait. Il avait juste envie de la regarder, de profiter d'elle, de sa peau, de ses yeux, de ses cheveux, et juste de lui sourire. Pas un sourire de joie et de bonheur, non, un sourire qui voulait plutôt dire qu'il était désolé, ou qu'il regrettait. Un sourire de tristesse.

Quels regrets ? Si seulement il pouvait les lister sur papier. Utiliser une feuille blanche pour exutoire serait tellement libérateur. Mais ils étaient trop nombreux, il ne pouvait pas. Il ne se sentait pas prêt. Pas prêt à affronter cette douloureuse vérité, cette évidente confrontation qui s'approchait de lui au fur et à mesure qu'il jouait avec le feu. Il n'était pas prêt à lui donner la réponse à une question qu'elle ne lui poserait jamais. Il ne voulait pas prendre cette décision qui changerait sa vie.

Pas tout de suite, s'il te plaît, laisse-moi encore profiter de cet interdit...
Laisse-moi rêver que je suis un homme libre.
Autorise-moi une vie entière de peut-être ou de si seulement si...
Et lorsqu'il sera temps pour moi... ou trop tard pour eux... alors je me réveillerais.
Et tout cessera... enfin... ou hélas.


- N'oublie pas que je suis ton infirmier, je ne suis pas là pour te distraire Yume répondit-il évasivement à sa petite pique inoffensive.

Il lui servit encore ce sourire douloureux sur un plateau d'argent, avant d'attendre qu'elle monte d'elle-même sur la balance. Avant même qu'elle réagisse de façon si négative, il savait à quoi s'attendre. Son corps semblait se perdre dans ses vêtements trop amples pour elle et ses os pointaient sous son jean. Elle semblait ne pas avoir prit de poids depuis leur dernière entrevue, voire même en avoir perdu. Il fut attiré par la facilité, il n'avait pas envie de lui ressortir encore ce monologue ennuyant et barbare au sujet de sa perte de poids. Au contraire, il avait envie de lui dire qu'elle n'était pas obligée de l'écouter, qu'il n'était pas son Père, ni même son infirmier d'ailleurs, puisque de toute façon, il n'allait bientôt plus être en charge de son dossier. Le médecin principal était revenu de sa période d'absence et il avait sûrement l'intention angélique de venir le voir de façon impromptue pour le soulager des nombreux dossiers qui ne devraient pas se trouver ici. Soulager, c'était un bien grand mot, lui couper l'herbe sous le pied serait plus approprié, ou encore marcher sur ses plates bandes. Bref.  Le "Docteur" Terre-à-Terre n'allait pas se trouver en face d'un infirmier coopératif alors autant le laisser faire ses derniers examens avec toute la dextérité qui s'impose.

Il préféra ne rien dire de ses pensées noires à la petite Yume, pour ne pas la blesser davantage qu'elle n'était déjà. Aucun autre "médecin" ne pourra poser les mains sur elle, il en était persuadé. Pour je ne sais quelle raison, Yume l'avait autorisé lui, à la prendre en charge mais depuis, ils avaient récolté tous les deux bien plus qu'ils avaient semé et ils se perdaient dans quelque chose qui n'appartenait qu'à eux. Quoiqu'il se passe, quoiqu'il advienne, tout serait différent. Il ne verrait jamais Yume comme une simple patiente mais comme un "peut-être". Il ne savait pas quoi assembler avec ce "peut-être" pour le moment mais l'heure viendra. Qu'il le veuille ou non.
Pour l'instant, il pouvait se permettre de profiter d'elle, sans se rendre compte qu'il la déstabilisait sûrement et que lui-même jouait avec le feu.

Il se rapprocha de Yume pendant qu'elle descendait de la balance et murmura, docile :

- Je parie qu'elle n'a pas montré ce que tu aurais aimé voir, n'est-ce pas ? Je te fais confiance, je sais que tu vas reprendre. Tu ne m'as jamais déçu.

Il ajusta alors son regard pour le rendre plus professionnel et posa l'envers de sa main sur son front pour vérifier qu'elle n'avait pas de fièvre. Il fut soulagé de découvrir que non. Il tenta quelques secondes de trouver le pourquoi de son amaigrissement mais il savait très bien qu'elle ne le lui dirait pas. Elle préférerait changer de sujet pour partir sur un fait positif... histoire de bien noyer le poisson. Exactement comme elle le faisait actuellement d'ailleurs.

- Vraiment ? Tu as l'air toute contente, je crois avoir compris ce que tu essaies de me dire. Je vais la faire cette prise de sang, comme ça, ton dossier va pouvoir changer de catégorie. Tu vas passer de "cas désespéré" à "espoir". Pas mal, non ?

Il rit. Libéré. Naturel.
Il sortit son kit de piqûre et prit le garrot pour faire la petite prise de sang. Il prit délicatement le bras maigrichon de sa petite Yume et serra le cordon élastique autour de son bras blafard. Il tapota légèrement pour faire ressortir la veine bleutée et fit sortir l'air de la piqûre avant de l'enfoncer doucement dans sa veine. Même s'il avait été très délicat, cette petite manipulation était nécessaire. Il retira l'aiguille quand l'échantillon de sang fut suffisant. Il libéra le garrot et demanda, taquin :

- Tu veux un pansement avec des petits bonhommes dessus ?

Il n'attendit pas sa réponse et posa un coton imbibé d'une solution désinfectante sur la minuscule plaie avant d'y apposer un pansement jaune avec des petits bonhommes rouges dessus. Un vrai pansement d'enfant. Comment pouvait-il y avoir de tel pansement dans cette Académie ? Il n'y en avait pas. Celui-là venait de sa pharmacie personnelle. Un pansement fétiche pour ses patients favoris. Yume ne devait pas se plaindre, elle avait droit à un traitement de faveur.
Il posa la petite fiole qui contenait son sang sur le bureau et le dossier de Yume juste en-dessous pour ne pas se tromper pour la marche à suivre, avant de jeter la seringue dans la poubelle. Il prit également sa tension avant qu'elle ne s'enfuit sous une telle dose de soins et d'examens. Elle allait bien... elle allait mieux. Il s'attarda un instant sur le "peut-être" qu'elle lui donna elle aussi. Il n'en saisit pas tout de suite le sens. Avait-il quelque chose d'important à lui annoncer ? Quelque chose qui ne pouvait pas être dit si facilement que d'infirmier à patient, dans ce cabinet où se trouvaient tous les vestiges de leur relation passée ? Pourquoi ne pouvait-elle pas lui dire maintenant ? Serait-ce qu'il n'avait plus toute sa confiance, comme il l'avait avant ? Et lui ... lui avait-il tout dit ? Savait-elle ces choses qu'elle devrait savoir sur lui ? La traitait-il vraiment à sa juste valeur ?
...
...
L'heure n'était pas aux questions. Tout cela attendrait. Même si attendre rendrait les choses encore plus compliquées et difficiles, c'était là tout le bonheur de la chose. L'étincelle avant l'acte final.

Il posa profondément son regard dans le sien lorsqu'il eut finit. Il avait envie de l'embêter, il avait envie de l'emmener. De l'emmener ailleurs.

- Faim ? demanda-t-il de façon neutre, avec les poings sur les hanches et les sourcils haussés.

Il avait bien entendu qu'elle comptait faire des efforts pour reprendre du poids, alors voyons voir jusqu'où allait sa motivation.

- Deux choix. Chinois ou chez moi.

L'expression littéraire était familière et il ne l'avait prononcé juste pour rendre l'invitation beaucoup moins pompeuse qu'elle n'était en réalité. Derrière ce masque de faux humour mal placé se tramait plutôt une invitation en tête à tête au restaurant ou un rendez-vous chez lui, dernier endroit de sa vie privée où Yume devrait normalement mettre les pieds. Il franchirait une nouvelle limite si elle lui disait oui aujourd'hui. Mais... il n'en avait que faire là tout de suite de tous ces préjugés, et de toutes ces interdictions. Il avait envie de tout balancer par la fenêtre lui aussi, de dire non à sa ligne de conduite et de vivre l'instant présent, de vivre ce petit sentiment interdit et bafoué qui germait en lui.
Si elle ne posait pas de limite, le ferait-il ?

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Dim 7 Juin - 20:51
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HnM
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Elle ne l'avait jamais déçue... Yume se mit légèrement à rougir. Lorsqu'il avait trouvé cette petite chose effondrée au sol, et qu'il avait décidé de la prendre en charge. Ses petits écarts sur la drogue à ce moment là. Le fait de reprendre du poids qui s'était révélée difficile. Son caractère rebelle et sa mauvaise fois à cette époque. Et elle ne l'avait jamais déçue, alors qu'elle l'avait fait avec tout ses proches. Aujourd'hui encore, il l'avait retrouvé plus maigre que lorsqu'elle était partie. Mais il n'était pas déçu... Et il semblait beaucoup moins inquiet à son sujet qu'auparavant. Sentait il qu'elle avait grandit psychologiquement, et pas seulement physiquement ? Yume avait beaucoup moins l'impression d'être une enfant.
Même lorsqu'il prit sa température alors qu'il n'avait aucune raison de le faire. Un geste professionnel qui mit tout de même mal à l'aise la japonaise, qui avait envie de lui dire de la prévenir dès qu'il voulait la toucher pour qu'elle y soit préparer. Cependant, sa main après s'être habituée au contact, vint l'apaiser. Alors qu'avant elle grognait lorsqu'il faisait ça, désormais, elle se laissait faire... Docile. La demoiselle prenait même plaisir à sentir ce contact, alors que chaque médecins s'étaient déjà trouvé devant beaucoup de difficultés rien qu'à ce stade, laissant voir un caractère capricieux.
Et la rebelle ne vint même pas le contre dire pour la prise de sang. Elle ne voulait pas particulièrement en avoir une. C'était juste une façon de lui dire qu'elle avait arrêté la drogue. Définitivement.

-Je dirais plutôt miracle à ce stade.


Et elle vint rire avec la même légèreté que lui. Comme ci tout malaise avait disparu. Alors que ce n'était pas le cas pour elle. L'idée de le décevoir réellement venant trotter doucement dans sa tête. Un simple mot pouvait réellement changer beaucoup de choses au final. Et elle ne voulait pas redevenir cet enfant qui cherchait la fierté de ses parents. Elle ne voulait pas que Dorian en devienne un substitue. Ce n'était pas son rôle. Non, son rôle c'était d'être son infirmier. Cette piqûre qui s'enfonçait doucement dans son bras sous son oeil attentif avant d'apposer un pansement. C'était ça son rôle. Il savait qu'elle avait l'habitude des piqûres, qu'elle avait du mal à être à l'aise quand on venait la toucher sans prévenir. Ce qu'il s'était passé réellement dans sa vie. Qu'elle était capricieuse, et qu'elle rechignait à suivre des consignes. Dorian savait tout ça. Et il avait agit en conséquence. Il avait fait avec, sans se plaindre. Alors que la plupart des élèves ne l'appréciaient pas vraiment à cause de son caractère froid, avec elle, l'infirmier se montrait plus chaleureux. Un peu comme ce pansement. Dorian avait des couleurs colorées et chaudes en sa présence.

-J'aurais préféré des pokémons...

Yume lui lança un regard taquin, avant de froncer le nez en tirant la langue. La rebelle se mit à regarder une nouvelle fois le pansement, se disant que c'était sans doute la réelle personnalité de Dorian. Et en cet instant, la demoiselle se demanda vaguement ce qu'il avait vécu pour cacher ce coeur d'or. Elle releva le regard pour voir qu'il avait l'intention de prendre sa tension. Ca commençait à faire beaucoup là. Alors que Yume s'était apprêtée à se lever pour fuir ce dernier examen, elle fut déjà emprisonnée lui tirant un grognement râleur et enfantin, attendant patiemment en une grimace de douleur en sentant son bras être écrasée peu à peu, avant de pousser un soupir de soulagement. Mais elle était toujours un peu nerveuse. Toujours un peu fébrile. Et le regard profond qu'il lui lança n'arrangea pas les choses.
Et par sa nervosité, la demoiselle éclata de rire face à son invitation à aller manger un morceau.

-Phrase trop compliquée ?

Elle afficha un sourire amusé. Un peu plus détendue, avant de considérer sa question. Et Dorian fit face à un regard sérieux. L'idée de manger avec lui était tentante. Mais sortir du campus devant tout le monde lui plaisait moins, n'ayant aucune envie de créer des problèmes à l'infirmier même s'il disait qu'il assumait ou qu'elle était complètement idiote de penser ainsi. De plus, elle commençait les cours à 12h30. Elle n'aurait aucun moyen de profiter de ce moment, sans regarder l'heure.

-Je préférais ce soir, si ça te dérange pas... Je finis les cours à 16h30. Et comme c'est la rentrée, je n'aurais pas besoin d'aller à la bibliothèque après, donc on peut se retrouver à ce moment là. Ou plus tard, c'est comme tu veux. En plus, je trouverais ma soirée moins longue comme ça, étant donné que j'ai emménagé dans un studio toute seule, tu préférais pas ?

A 16h30, les lycéens ne sont pas dans les parages, et les étudiants seront plus occupée à leur propre vie, comme créer des liens, ou s'organiser une petite soirée. Un truc dans le genre. Alors Yume n'aurait plus qu'à dire qu'elle avait quelque chose de prévu. Et surtout, elle pourrait passer plus de temps avec l'infirmier.

-Et puis, j'accepte à une seule condition... Qu'on parle un peu plus de toi, plutôt que de moi. Il est temps que je te laisse la vedette !


Oui, elle voulait le connaître un peu plus. Au fond, qu'est ce qu'elle savait de lui ? Strictement rien. Mise à part ce traitement de faveur, qu'elle avait eu le droit, elle ne savait comment. Peut être parce qu'il avait eu pitié, en plus de voir dans quel état alarmant, elle s'était retrouvée. Elle voulait voir une petite fenêtre de lui en dehors de l'infirmerie. Elle voulait inverser les rôles, au moins une fois. Quand bien même il avait 10 ans de plus, lui montrer qu'elle n'était plus qu'une gamine écervelée à ses yeux. Lui montrer au moins une fois, elle pouvait se montrer mature.  

-Ca te va ?

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Mon ennemi est aussi en moi, il fait partie de moi.
A l'intérieur de moi-même il y a un anti-moi."
Haruki Murakami

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Lun 8 Juin - 12:23
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HnM
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L'espace d'un instant, un court moment, Dorian avait été extrêmement nerveux. Il ne l'avouerait jamais à voix haute et surtout pas à Yume mais il avait eut peur... peur qu'elle refuse, qu'elle évite son regard ou qu'elle décline poliment son invitation. Après tout, peut-être qu'il se trompait lui aussi sur les intentions de la demoiselle. Peut-être que cette ambiance acidulée qui flottait dans l'air quand ils étaient ensemble dans le cabinet, n'était qu'une mascarade.
Heureusement pour lui, elle accepta -plus tard dans la soirée mais elle accepta. La chair de poule retomba en même temps que son nœud dans l'estomac. Il n'avait pas envie de jouer à en deviner les raisons, il préférait mettre un mur autour de ses émotions et faire comme si elles n'existaient pas, jusqu'à ce qu'il y soit vraiment confronté. Point de non retour.
Las de faire tant d'efforts pour masquer ses ressentiments, Dorian se retourna un instant, se cachant de la vue de sa patiente pour souffler un peu. Elle le mettait toujours dans des situations assez délicates. Avec sa petite personnalité acariâtre, il n'aurait jamais cru qu'elle puisse s'immiscer autant dans sa vie professionnelle comme personne. Il venait de l'inviter à manger, et elle avait accepté. Il ne se rendit pas encore compte de l'importance de son geste et de ses conséquences si ça venait à se savoir, il se contenta plutôt de sourire et de chercher déjà ce qu'il pourrait bien manger ensemble. D'ailleurs, elle n'avait pas répondu assez précisément à sa question, mais connaissant Yume, elle éludait aussi les réponses un peu trop personnelles quand elle était mal à l'aise. Il en conclut qu'elle préférait venir chez lui... et il avouait pencher également davantage pour cette option. Au moins, ils n'auraient pas de public.

Il se perdit un peu dans ses pensées quand il se mit à réfléchir à ce qu'il pourrait lui préparer pour que son appétit se réveille dès ses premiers pas dans son appartement. Ce fut Yume elle-même qui le sortit de sa torpeur quand elle parla de son studio.
Ah... elle vivait seule. Depuis quand ? Où ? Dorian ne savait pas grand chose sur elle non plus. Il savait sa taille, son poids, son groupe sanguin, ses résultats d'examens mais il ne la connaissait pas, et c'était là justement la dernière barrière qu'il ne devait pas franchir s'il voulait à tout prix rester professionnel. Seulement voilà... c'était trop tard.
Il tiqua légèrement quand elle demanda à en connaître un peu plus sur lui. Il n'avait pas envie de ça. Pas du tout. Non pas qu'il ne voulait pas se dévoiler à Yume précisément, mais seulement qu'il n'aimait parler de sa propre vie, de choses personnelles et privées, il n'aimait pas que quelqu'un sache quelque chose sur lui qui puisse changer sa vision de sa personnalité. Si Yume apprenait qu'il avait été marié par exemple... il ne serait plus cet infirmier ronchon et froid à ses yeux, il serait davantage un homme sensible et humain, un homme qui croit en l'amour et aux choses banales de la vie. Il ne voulait pas qu'elle le sache... Pourquoi ? Mystère.

- J'aime t'écouter parler. se contenta-t-il de répondre à sa condition.
Ce n'était ni un oui, ni un non, mais plutôt un je sais pas, je verrais bien.

Il ferma son dossier et commença à ranger les quelques affaires qui traînaient sur son bureau. Cet entretient était terminé, et puis de toute façon, il devait se rendre à la réunion hebdomadaires de l'administration pour parler des restrictions du personnel et de l'augmentation des élèves. La crise était partout. Il remit sa blouse de docteur littéralement parlant et tout en regardant Yume avec un sourire fabriqué, il conclut positivement, tout en griffonnant sur un bout de papier :

- Parfait. Voilà l'adresse de ma maison. Utilise un taxi si tu n'as pas envie de marcher trop longtemps. Par contre, prends ton temps, moi je ne pourrais pas me libérer avant 17h30 et après, il va falloir que je cuisine pour toi, alors sauf si tu veux me voir à l'oeuvre, je te suggère de te faire désirer.

Il lui tendit un petit bout de papier avec son adresse écrite de sa main. C'était la première fois qu'il échangeait quelque chose d'aussi personnel avec elle. Il avait déjà fais l'erreur d'inviter une jeune fille chez lui et ça s'était terminé de façon assez... spéciale mais il ne regrettait rien, il avait d'ailleurs largement préféré cette issue plutôt qu'une autre. Bref.
Il ouvrit la porte de son bureau pour inciter Yume à sortir en même temps que lui, sinon il allait être en retard à sa réunion, et c'était pas le genre de la maison même s'il n'était pas homme à s'excuser. Il évita gracieusement toute manœuvre déplacée ou gênante pour dire au revoir à Yume : pas de 'a ce soir', ou de sourire trop impliqué. Il hocha brièvement la tête pour garder la face devant les probables élèves qui traînaient par là et tourna les talons sans la moindre attention suspecte ou professionnelle d'ailleurs. Il ne se retourna pas, son esprit était déjà à la réunion.

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