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 Breathe one's last [Clos]

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Yoite Unden
S • Université - 3ième année
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MessageSujet: Breathe one's last [Clos]   Sam 23 Mai - 14:28

Tout paraissait réel. Les détails, les mouvements, les dialogues et même les émotions. Le rêve semblait avoir entièrement pris le contrôle de son cerveau, comme pour mieux insister sur ce qu'il ne pourrait plus jamais voir sans fermer les yeux. Une odeur parvint même à lui titiller les narines alors qu'il se voyait en train d'embêter son oncle car il n'arrivait pas à se coiffer.
Cela faisait des années maintenant qu'il avait tout quitté pour venir s'installer dans la maison des Unden, profitant ainsi du luxe des lieux et de l'éventuelle notoriété laissée par son frère et sa belle-sœur. Himura n'avait jamais élevé la voix plus fort que ceux avec qui il discutait, son sourire n'avait jamais cessé d'embellir ses lèvres et l'expression de son visage et pourtant, Yoite l'avait détesté quand il avait débarqué chez lui. Il le connaissait, vite fait. Ce n'était pas les réunions de famille intempestives qui avaient marqué son enfance mais il avait retenu son visage car il était vraiment différent de son paternel. Ils avaient beau être frères, ils n'avaient rien en commun. Son père n'était pas méchant, mais il était sans motivation et beaucoup trop passif. Il donnait envie qu'on l'abandonne là sans effort et sans regret. Himura lui, était si gentil que personne ne réussissait à lui tourner le dos sans se dire qu'il aurait peut-être dû y réfléchir à deux fois. Aussi, bien vite Yoite et Himura avaient tissé un lien parental beaucoup plus fort que celui qu'il entretenait avec ses parents, les remplaçant sans même s'en rendre compte et appréciant cette tournure imprévue des choses. Le rebelle avait une famille, il était heureux.

Fronçant les sourcils alors qu'un cliquetis le sortait de ses rêves, Yoite finit par ouvrir les yeux et réalisa en seulement quelques secondes qu'il n'était plus heureux désormais. Cette couleur blanche, délavée et cette odeur de propre malsain vinrent lui marteler le crâne en un rien de temps. Il se trouvait à l'hôpital depuis maintenant plusieurs heures et s'était assoupi dans le siège mis à sa disposition. Quand il bougea pour se remettre droit et "présentable", l'infirmière tourna son visage et argumenta une petite explication dont il se fichait pas mal "Excusez-moi de vous avoir réveillé, je venais juste vérifier que tout allait bien.". D'un regard vide et peu agréable, Yoite la regarda s'en aller en pestant contre ces bonnes femmes qui pensaient qu'un sourire allait changer la face du monde. Vérifier que tout allait bien? Il suffisait de regarder dans ce lit aux draps froids pour constater que non, tout n'allait pas bien!
Se levant d'un geste rageur, Yoite s'approcha du lit d'où retentissait un bip constant et se pencha au-dessus du corps présent. Son oncle était allongé là depuis maintenant plusieurs jours, dans un coma volontaire. D'ici, tout semblait aller bien mais en se renseignant bien, le jeune rebelle avait appris que son second papa était en phase terminale d'un cancer bien dissimulé. Si de prime abord, il avait eut envie de tout casser et d'envoyer chier tout le monde, il s'était finalement contenté de rester muet et de venir à son chevet aussi souvent que possible. La rage qu'il avait en lui pour cet oncle lâche le bouffait littéralement de l'intérieur mais il savait que si celui-ci s'avisait d'ouvrir un œil, il le serrerait simplement dans ses bras. Il l'aimait encore plus qu'il le haïssait et c'était de pire en pire à chaque seconde qui passait.


"Yoite, tu devrais rentrer te reposer."

Relevant les yeux dans une inspiration nerveuse, le petit japonais n'avait pas besoin de tourner la tête pour savoir que c'était Kaji qui venait d'entrer dans la chambre. Sakura était là aussi mais aujourd'hui, il n'avait pas envie de la serrer dans ses bras et de lui faire pleins de bisous. Il avait envie d'être seul avec son oncle, d'être capable de lui dire "connard" simplement parce que ça le soulagerait mais face à un comateux, tout son courage s'enfuyait.

"Je t'ai rien demandé."
"T'en n'as pas eu besoin. Ton humeur fait peur aux infirmières, elles ne rentrent dans la chambre que quand tu es endormi. Alors rentre et va te reposer. Himura sera toujours là!"
"Toujours dans ce lit, tu veux dire? Ça fait des jours qu'il ne s'est rien passé et je ne suis pas bête au point de croire qu'il a émis le souhait de rester comme ça tout le reste de sa vie!"
"Il va se réveiller."

Émettant un ricanement moqueur, le rebelle décida de quitter la chambre. Ces faux espoirs qu'entretenait Kaji depuis l'hospitalisation d'Himura le dégoûtaient. Ils n'étaient pas spécialement proches avant tout ça, son cher frère partageait davantage de temps avec ses parents qu'avec son oncle alors qu'est-ce qu'il foutait là, à espérer qu'il se réveille? Même leur père n'était pas encore venu lui rendre visite!
Faisant quelques mètres loin de la chambre, longeant le mur sans regarder autour de lui, Yoite laissa ses jambes fléchir doucement pour finir assis dans le couloir, la tête entre les mains. C'était un cauchemar. Son seul soutien rendait l'âme et il n'arrivait même pas à lui dire qu'il l'aimait, qu'il le remerciait de l'avoir remis sur le droit chemin et qu'il allait lui manquer. Il avait juste envie de l'étrangler et de lui balancer des horreurs. Il savait que c'était immature comme comportement mais c'était plus fort que lui. Il n'avait pas les épaules pour supporter tout ça, il se sentait trop jeune pour affronter la mort d'un proche et refusait de penser à l'après. Il n'avait jamais prier et ne risquait pas de commencer mais ça ne l'empêchait pas de penser qu'un miracle serait le bienvenue. Il avait peur d'être seul.

Des ombres furtives passèrent devant ses mains, lui faisant rouvrir les yeux en sursaut. Quelques bruits de pas accélérés lui firent comprendre que quelque chose n'allait pas et quand il suivit cette foule stressée, il vit que c'était chez son oncle qu'ils se dirigeaient tous. A peine deux secondes plus tard, Kaji ressortait en tirant Sakura qui pleurait comme l'enfant qu'elle était toujours. Le regard de son frère valait toutes les vérités, Himura était en train de s'en aller.
Se relevant d'un brusque mouvement, manquant de glisser sur le sol brillant de l'hôpital, Yoite retourna vite vers la chambre et passa la porte pour s'arrêter dans l'entrée. Le chariot de réanimation était en plein travail et des mots compliqués fusaient dans tous les sens. Le torse abimé de son oncle avait été mis à nu et des soubresauts réguliers animaient son corps devenu flasque. Le rebelle laissait doucement son cerveau enregistrer les informations, ne pouvant s'empêcher de penser que sa mère avait dû coucher avec son oncle pour qu'il ait hérité lui aussi de cette lâcheté dont ils faisaient régulièrement preuves tous les deux. Cette fois, il le haïssait tout court et voir ce corps sans vie le rendait carrément agressif. Le bip était devenu trop long pour qu'il y croie encore, cette fois c'était terminé.


"Tu sais quoi? ... Va te faire foutre."

Et sans attendre que les infirmières ou les docteurs ne déclarent l'heure du décès, Yoite fit demi-tour et poussa le bras que Kaji tendait vers lui pour le retenir. Là, c'était pas le moment de l'empêcher de faire quoique ce soit. Il ne savait pas lui-même ce qu'il comptait faire mais cet endroit lui était devenu indésirable. La compagnie de tout être lui semblerait méprisable alors il allait se contenter d'aller nulle part et partout, pour tenter d'évacuer sa haine actuelle. Pleurer? Ça l'aurait sûrement soulagé et aidé à faire ses adieux mais c'était contre-nature. Il ne pouvait pas se laisser aller devant sa sœur, dans ce lieu public. Yoite considérait qu'il venait de devenir l'homme de la maison et c'était loin d'être l'un de ses rêves les plus fous.
Au revoir discussions taquines et fous rires à table, au revoir aussi les petits mots collés sur le frigo quand il avait fait une énième tarte, et au revoir Ô sourire rassurant. Il avait gagné un oncle, il venait de perdre un père.

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