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Jeu 17 Aoû - 1:19
M • Lycée - 4ième année
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HnM
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Sport et dépendance
avec Dorian Fatalys, médecin de son état

nota : la scène se déroule en juillet

Cela fait presque 5 semaines que je suis revenue du championnat. Mais je n’arrive pas à réduire mon entrainement. Les coachs et autres athlètes du club d’athlé me disent de me calmer, que mon corps doit récupérer. Je le sais. Mais je n’y arrive pas. C’est comme si j’étais droguée.

Ce fut 2 semaines incroyables, magiques ! Je suis fière de mes résultats. Et j’étais heureuse de passer 15 jours aussi intenses avec ma maman que je n’avais pas revue depuis le déménagement. Ma maman pour moi seule ! Ça aussi c’est rare.
Et puis mes 2 copines sont venues assister à la finale et du coup on a fêté ça ensemble. J’étais contente de les revoir même si je sens bien qu’elles m’en veulent d’être partie. Et puis, elles sont plus à l’aise avec Haley qui pipelette autant qu’elles. Mouais ce sont plus les amies d’Haley que de moi en fait. M’enfin ! Ça m’a fait plaisir quand même de les retrouver pour quelques heures.
Le plus bizarre c’est que ces 15 jours loin de ma sœur ont été finalement plus un sentiment de manque vis-à-vis d’Haley que le soulagement que j’espérais. Et cela me surprend, me fait douter et me fait cogiter milles et une questions.

Des questions ? J’en ai des milliards dans la tête qui tournent en boucle. Et Haley ne fait qu’en ajouter avec son stress chronique sur mes résultats scolaires si je ne bosse pas plus ou sur mon choix d’orientation pour l’an prochain. Je sais qu’elle se pose aussi plein de questions et veut sûrement se rassurer en en parlant avec moi. Mais je n’y arrive pas. Moi ça me fait trop cogiter. Bah oui… Mon avenir ? C’est un gros nœud de mon problème. Je ne sais pas. Je suis de plus en plus perdue. Je ne sais pas ce qu’il est possible de faire quand on aime le sport comme moi, mais que la biologie et la chimie sont les cours qui vous font le plus suer. Et puis est-ce que je veux que le sport reste le cœur de ma vie  H24 ? J’ai d’autres passions, d’autres envies. Peut-être y a-t-il d’autres possibilités… Enfin bref des milliards de questions sans réponse qui m’envahissent jour et nuit.
C’est aussi pour ça que j’ai ce besoin incontrôlable de courir. Quand je cours, ma tête se vide. Seuls les sons de la nature atteignent mes sens et me calment. Le mélange de l’adrénaline et des endomorphines procurées par la course associé au vide de mon esprit est le seul état de calme que j’arrive à trouver.
Oui, parce que même dormir, je n’y arrive plus correctement. Je cumule une dette de sommeil qui commence à se sentir. Mais je cours ! Toujours et encore !

Haley se rend compte évidemment que je suis fatiguée et un peu déprimée (elle me fait encore plus de câlins que d’habitude), mais je ne sais pas lui expliquer. En plus si je lui dis qu’elle fait un peu partie du problème, elle va s’en vouloir et aller se planquer dans sa chambre, s’enfermant des heures, pour ressasser tout ce qu’on s’est dit depuis 2 mois et chercher la moindre erreur dans ses propos. Il n’est pas question que je la mette mal parce que je suis incapable de me passer de courir et d’y voir clair dans ma vie. Elle n’est pas le problème. Elle est comme elle est et c’est comme ça que je l’aime. Même si son côté « boule de câlins dopée à l’énergie puissance 10 000 » m’étouffe un peu ces temps-ci, je ne voudrais la changer pour rien au monde. Je l’envie même d’être comme ça, moi il n’y a que le sport qui canalise et exprime mon énergie. C’est tout le problème… Certes j’ai besoin qu’on soit peut-être moins tout le temps ensemble. Et je ne sais pas comment lui dire sans la blesser. J’ai hâte d’être en vacances mais j’appréhende car je ne sais pas si Haley saura me laisser mes moments à moi. On n’a pas d’amis ici, encore moins à Kyoto où on n’est restées quelques jours seulement pour l’emménagement. Mais ce n’est pas en m’éloignant de ma sœur ou en rejetant la faute sur elle, que je vais aller mieux. J’ai besoin d’elle quoiqu’il arrive.
Pffff je suis compliquée, je sais. Mais je me rends surtout compte que seule je ne gère plus. Je n’ai pas du tout envie de devenir folle ou je ne sais quelle dinguerie. Ma timidité me colle déjà assez à la peau comme ça, pas besoin d’une étiquette en plus. Mais j’ai appris à écouter mon corps et ne pas le malmener. Enfin j’essaye…. C’est pour ça que je me rends à l’infirmerie en cet instant.

Il est 13h, nous reprenons les cours vers 14h30, et j’ai dit à Haley que j’allais courir. Ce qui est souvent le cas, d’ailleurs. Elle préfère réviser, une énième fois ses cours…
Un des athlètes m’a parlé d’un médecin scolaire un peu space et froid mais qui est très compétent. Alors pourquoi pas ? J’espère qu’il ne sera pas trop loufoque ou glacial quand même ! J’ai déjà du mal à parler… Je veux juste un truc pour dormir mieux, pas fort, aux plantes si possible. Pas de dopage ! Et s’il avait une idée pour réduire mon besoin de courir…

Je soupire en arrivant à l’infirmerie. J’angoisse de découvrir ce médecin (docteur Fatalys… rien que le nom a de quoi faire peur non ? ). Je panique à l’idée de devoir parler de mon problème, devoir parler à un inconnu tout court. Faut dire que ce n’est pas le genre de personne face à qui je suis généralement à l’aise. Y-a-t-il vraiment un genre de personne avec qui je suis à l’aise ? Rien n’est moins sûr !
Mes mains sont moites et je me tortille en sautillant légèrement, incapable d’être calme.

Quand j’arrive dans l’aile médicale, la porte du bureau du docteur est ouverte. Je jette un œil discret à l’intérieur de la pièce. Personne derrière le bureau. Je note avec plaisir que ce bureau est super bien rangé. Un inconditionnel du rangement ? Ça me plait déjà pour une première vision.

Je tourne la tête à droite, et le voit debout devant la fenêtre. De dos c’est difficile à déterminer mais il me semble costaud et pas dans la moyenne d’âge des vieux médecins que j’ai toujours vu. Il est peut-être dans l’âge de mes parents…
En tout cas il est grand. Il doit me dépasser d’une bonne tête. Les mains dans le dos, il regarde par la fenêtre. Peut-être est-il dans ses pensées ? Puis-je le déranger ? Je n’ai pas rendez-vous. Je regarde autour de moi. Il n’y a personne. Mais s’il laisse la porte ouverte, c’est peut-être qu’on peut venir le voir.
Haley me dirait « Vas-y frappe ! Il n’va pas te manger ! Si tu tombes mal, il te donnera un rendez-vous plus tard. ».
Bon d’accord. Elle aurait raison.
Je frotte mes mains sur mon short, prends une grande inspiration, et frappe à la porte. Mais si timidement que ça ne fait pas de bruit et ne l’interpelle pas.
Mon ventre est noué. J’inspire à fond une nouvelle fois et je frappe plus fort en me signalant d’une voix assez faible.

- Bonjour docteur, excusez-moi de vous déranger…

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Mar 5 Sep - 17:54
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Droit devant la fenêtre de son bureau, Dorian tentait de faire le point sur sa vie actuelle. Il aimait se perdre dans cette activité de réflexion intense qui lui permettait de prendre du recul par rapport à ses décisions passées ou à venir. Il mettait un point d'honneur à se dire les bonnes comme les mauvaises choses en face, sans se voiler les yeux pour ne pas s'auto flageller. La critique constructive est toujours bonne à prendre et qui mieux que lui-même peut se connaître à ce point ?
Ainsi, les yeux fixés sur un arbre dehors qui perdait ses feuilles au gré du vent frais et agréable, Dorian posait le résumé de sa vie. Et c'était pas bien glorieux, il avait besoin de prendre un verre, mais pour l'instant, il était au travail et c'était interdit. Il n'était pas du genre "canard" comme diraient ces jeunes innocents d'aujourd'hui, à respecter toutes les règles au pied de la lettre mais il ne devait quand même pas donner le mauvais exemple et puis cet état général de petit désespoir qu'il ressentait lui faisait penser à Cameron, qui n'avait pas su gérer sa vie comme il l'entendait après le départ de Miya et la fougue de sa jeune sœur, et il avait froidement sombré dans l'alcool et la dépression. Si Dorian n'avait pas été là, il aurait sûrement mal fini.

Hélas aujourd'hui, Cameron n'était pas là pour lui demander ce qui n'allait pas dans sa vie, et à cause de sa fierté mal placée, il aurait peut-être eut du mal à tout lui avouer de toute façon. Il n'avait pas envie d'en parler à Ethan non plus puisqu'ils ne se fréquentaient pas assez pour être proches tous les deux, et puis l'amitié était déjà en soi un sentiment lunatique et imprévisible, alors s'il y'a des liens de sang à ajouter dans l'équation, ça rend le tout explosif.
Tout avait commencé à cause de cette histoire de bébé avec Yume et il n'arrivait pas à l'enlever de sa tête, ni à savoir s'il avait prit la donne décision ou si au final il aurait dû sacrifier son manque d'envie d'être père pour faire son bonheur à elle. La réponse ne lui sautait pas aux yeux et ils s'étaient maintenant perdus de vue depuis un bon petit moment.
Dorian continuait à l'aimer, sûrement autant qu'avant, il n'avait jamais eut besoin de l'avoir sous ses yeux pour ressentir quelque chose pour elle, mais elle avait cassé une petite partie de lui quand elle avait joué sur ce terrain dangereux et glissant. C'était pas mal intentionné, juste maladroit de sa part. L'éducation stricte de Dorian avait fait le reste, il avait été froid, mordant, il avait été agressif pour lui faire comprendre qu'il ne jouait pas avec ça. Et puis il avait eut peur que Yume, avec son formidable instinct de contradiction et sa forte tête, fasse l'inverse de ce qu'il lui demandait en arrêtant sa pilule. Tant et si bien que Dorian avait arrêté de lui faire l'amour, puis de la toucher. L'ignorance et le silence s'était installé dans leur couple et la séparation avait été évidente et même source de soulagement.

Seulement voilà, depuis ... il remettait tout en question. Il n'avait plus l'envie d'être ici, dans cette académie qui lui rappelait elle sans arrêt, il n'avait plus envie d'être médecin, son esprit et son corps rêvaient d'évasion. Il n'avait même plus l'envie d'être au Japon ni même de continuer à utiliser son faux nom auquel il s'était pourtant identifié depuis des années. Un gros changement naissait en lui, et il était au bord du gouffre, hésitant sur le chemin à prendre, tout simplement.

Ce fut à cet instant qu'il entendit un petit coup contre la porte de son infirmerie. Il se retourna un peu brusquement, surpris d'être ainsi tiré de sa rêverie de longue durée. Il en avait presque oublié qu'il était encore dans l'académie avec tout ça. Il aperçut une jeune fille, adolescente, d'une timidité naturellement attendrissante qui semblait particulièrement gênée de venir ici. La plupart des gens n'aimaient pas les médecins.... pourtant mise à part les piqûres, ils ne faisaient rien de mal pour leur santé, au contraire.
Il frotta ses joues et son menton, comme si une barbe naissante y avait poussée entre temps et quitta ses songes restés sur l'arbre aux feuilles qui refusaient d'aller dans le sens du vent. Il reprit le poste de Dorian Fatalys, oubliant Dayen El Mussaïm pour le moment.

- Entre, je t'en prie.

Il s'installa derrière son bureau et la laissa prendre le temps de s'asseoir sur la chaise en face de lui. Il savait qu'il ne l'avait jamais rencontrée encore, étant assez doué pour retenir les visage à défaut des noms qui leur appartenaient, alors il sortit aussitôt un dossier papier pour lui faire sa fiche. Il s'apprêtait à lui demander de façon robotique et dénué d'émotions, son nom, son prénom et la raison de sa visite, mais il ne le fit pas. Dans le regard de cette jeune fille, il vit une profonde anxiété, un désir d'être aidée peut-être ou quelque chose à confier ? Elle avait besoin d'être mise à l'aise, et s'il réagissait comme il avait vraiment envie de le faire, elle allait sûrement se braquer. Alors il tenta de s'adoucir, espérant que ses efforts seraient payants.

- Je m'appelle Dorian Fatalys, cette conversation restera entre nous, peu importe la raison de ta visite. Si tu veux boire ou manger quelque chose, il y'a des gâteaux sur la table derrière toi et je peux te préparer un café ou un thé si tu en as envie.

Il avait été tenté de lui dire de l'appeler simplement "Dorian" sauf que d'une façon qu'il ne comprenait pas vraiment lui-même, il n'avait plus envie d'entendre ce prénom. Ce n'était plus lui, pas aujourd'hui en tout cas. Et puis les familiarités avec les élèves, il avait déjà donné et ça finissait toujours mal... alors autant rester professionnels et se contenter d'un bon vieux 'Docteur' quand il lui plaira.

- Pour bien commencer, j'ai besoin de ton nom et de ton prénom, s'il te plaît.

C'était là tout ce qu'il pouvait faire pour elle à cet instant. Si elle refusait déjà de faire ce pas vers lui, il n'aurait ni l'envie ni la patience de pousser plus loin. Il ne connaissait pas Hope, du tout, il ignorait donc qu'elle n'était pas du même moule que Yoite, Ethan, Yume ou tous ces autres élèves difficiles qu'il avait été amené à gérer à chaque fois, comme une mauvaise grippe qui revient tous les ans...

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Jeu 7 Sep - 12:35
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Le docteur m’invite à m’assoir devant son bureau alors qu’il y prend place. Je m’avance doucement tout en continuant à frotter mes mains sur mon short. Mon angoisse monte. Comment lui parler ? Comment m’expliquer ? Je dois avoir l’air d’une biche apeurée. Le médecin semble impassible. Ça me fait peur. Mais une fois assis, son visage change. Il semble plus doux, plus avenant. Il m’explique que tout ce qui se dit ici reste entre nous et me propose même une collation.
Je ne sais pas si je suis capable d’avaler un truc vu comment je suis nouée. Et je sens encore mon déjeuner dans mes intestins. Peut-être qu’une boisson m’aidera à digérer. Je n’ai pas envie de faire à nouveau un malaise. D’ailleurs faut-il que je lui en parle ? J’ai bien trop honte.

- Merci un thé, je veux bien.

Il enchaine en ouvrant un dossier. J’angoisse, j’espère qu’il ne va pas tout consigner. La direction peut le lire ? Je n’ai pas envie de perdre ma bourse parce que je ne gère pas mes efforts sportifs…
Docteur Fatalys interrompt ma cogitation en me demandant mon identité. Je la lâche dans un soupir clairement pas très poli. Mais je suis vraiment fatiguée et paniquée.

- Warren…. Hope…. J’ai 17 ans. Je suis en 4ème du lycée. Je viens de Grande Bretagne. Je suis là depuis avril… avec ma sœur jumelle. Nous avons une bourse sportive. Elle la natation, moi l’athlétisme. Je reviens du championnat britannique d’athlé où j’ai fait de beaux podiums

Je ne sais pas trop quoi lui dire en fait. Rester sur des banalités administratives, parler de ma sœur, ça me recentre, me calme. C’est plus simple. Lui présenter le jour positif de mon sport aussi est un moyen de masquer mon anxiété. Mais malgré tout je le vois noter dans son dossier et je m’inquiète quand même de ce qu’il en fera.

- Vous notez quoi ? La direction peut le lire ?

Ma voix est tremblante d’émotions. Me confier c’est déjà dur, alors voir qu’on consigne tout et que ça peut tomber dans de mauvaises mains me stresse considérablement. Je fuis son regard aussitôt, le concentrant sur mes mains qui triturent ma jupette.

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Jeu 7 Sep - 13:46
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Dorian ne put s'empêcher de remarquer que la jeune fille semblait particulièrement nerveuse. Il se demandait sincèrement pourquoi. Il n'était plus l'homme impressionnant, froid et taciturne qu'il avait été il y'a plusieurs années mais peut-être que son visage restait peu accueillant. Il se releva calmement afin d'éviter de faire souffrir sa jambe, pour lui préparer un thé, et la contourna pour accéder à la table derrière elle, tout en l'écoutant répondre à sa question. 17 ans... quasiment la moitié de son âge, il sourit à cette pensée, pendant que l'eau chaude coulait dans la petite tasse en porcelaine. Il avait opté pour une infusion à base de thé vert. Grâce à un ancien collègue qu'il ne fréquentait plus aujourd'hui, il savait que le thé vert était un bienfaiteur pour les états de stress et tout autant d'autres choses très bonnes pour la santé. Il n'était pas proche de cette jeune adolescente mais il savait qu'elle était stressée et nerveuse et qu'elle avait besoin d'être mise en confiance pour se confier. Il eut envie de se frotter le crâne en imaginait être psychologue... il n'aurait jamais eut la patience de devoir gérer certains cas et puis étant peu empathique il n'aurait sûrement pas été un bon professionnel.

Il revint auprès d'elle et posa la tasse sur son bureau, juste sous son nez pour qu'elle se laisse apprivoiser par la chaleur de la mixture et sa bonne odeur.

- Tiens, c'est du thé vert, idéal pour se détendre, mais attention, c'est sûrement un peu chaud.

Il se rassit et commença à noter les informations qu'elle lui donnait dans son dossier. Il remplit les cases faciles, nom prénom, année de naissance. Il avait besoin d'autres renseignements bien sûr, mais beaucoup plus 'personnels' alors il préféra attendre qu'elle se détende, par peur de la faire fuir le cas contraire.
Il fut amusé d'entendre qu'elle avait une soeur jumelle. Elles venaient d'arriver depuis quelques mois toutes les deux et semblaient promises à un très bel avenir sportif, ce qui était sûrement la raison de sa visite. Lorsqu'elle lui annonça qu'elle avait fait de beaux podiums, il haussa un sourcil, était-elle en train de lui en mettre plein la vue avec son palmarès ? Il en doutait vu sa personnalité timide et renfermée. Il croisa les bras sur son bureau en attendant qu'elle finisse de parler. Ses informations étaient intéressantes mais elle n'avait pas spécialement leur place ici, ça ne lui disait rien quand à sa présence ici.

Il recula de surprise quand elle lui demanda si la direction de l'académie pouvait accéder à ce dossier. Il se demandait bien ce qu'elle avait à cacher de si important pour qu'elle ait envie que personne soit au courant. Il devait reconnaître que cette visite imprévue avait au moins le mérite de lui changer les idées et de lui faire oublier l'espace d'un instant qu'il était en train de sombrer profondément dans un abysse dont il ignorait la destination finale. Il savait qu'il devait se raccrocher à quelque chose pour en sortir mais il ne voulait pas que ce quelque chose soit "quelqu'un", et surtout pas un/une de ces étudiant(e)s, il ne voulait plus du tout s'impliquer de façon personnelle et c'était peut-être ce manque d'humanité que la jeune Hope ressentait à cet instant. Pourtant son prénom faisait rêver et Dorian aurait adoré qu'elle représente l'essence même de l'espoir...

- Bien qu'on ne soit pas dans un cabinet privé, sache que le secret médical est valable ici aussi. Je suis le seul à avoir accès à ton dossier et à tout ce que tu voudras bien me dévoiler sur toi.

Il se recula sur sa chaise, sa curiosité était particulièrement piquée au vif.

- Il y'a quelques motifs qui peuvent me forcer à rendre ton dossier public. Comme ... la drogue ? Ou bien d'autres choses très graves pour ta santé physique ou mentale. Comme une agression... Est-ce que tu peux me dire pourquoi tu es venue me voir ? Est-ce que tu as mal quelque part ? Ou est-ce que tu as un problème ? Tu peux me parler, je vais essayer de t'aider.

Il ignorait bien ce qui pouvait la tracasser à ce point. Dans sa tête, plusieurs choses se bousculaient. Elle avait été violée, ou alors elle était enceinte et cherchait à savoir la bonne décision à prendre. Peut-être qu'elle était droguée et consciente de son état, ou simplement incapable de dormir parce qu'elle était trop stressée avec les examens et son niveau sportif ? Il avait vraiment envie de connaître ses motivations pour l'aider, mais si elle ne s'ouvrait pas à lui, il ne pourrait rien faire pour elle. Elle était maître de son destin.

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Jeu 7 Sep - 19:43
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Je suis le médecin du regard quand il va faire le thé. Un thé qui peut me détendre ? Oh bah essayons ! Je n’en bois pas souvent.

- Merci beaucoup.

Je fixe la tasse comme si je pouvais la refroidir du regard, attendant patiemment que le docteur finisse de prendre ses notes. Je ne savais pas trop quoi lui dire de plus.
Par contre ma dernière question semble le surprendre réellement. N’est-elle pas légitime ? Je n’ai pas envie que mes angoisses de gamines s’étalent sur la place publique ou entachent mon dossier pour l’université. Surtout que vu comme je suis partie, j’ai plus de chance d’y entrer grâce au sport plus que mes résultats scolaires.

Alors que Docteur Fatalys énumère les raisons qui pourraient l’amener à révéler un dossier médical, je relève les yeux sur lui. Mes mains sont moites, je triture comme toujours ma jupette. Je me mords la lèvre pour essayer de contenir mon stress d’être ici. Parler ce n’est vraiment pas mon fort. A un inconnu, encore pire.
En plus bien qu’il soit vraiment plus vieux, genre l’âge de mes parents ou pas loin, il est très mignon et ça me perturbe quand même. Me voilà encore à rougir. Comment j’arrive à rien gérer de mes hormones ! Bon dieu j’en ai marre ! Et son discours me fait revenir sur terre brutalement.

La drogue ? Non, jamais ! Quoique mon obsession du sport… pourrait en être une, non ?
Ma santé mentale ? Je ne suis pas sûre qu’elle soit saine…
Une agression ? Heu, non quand même pas. Je le regarde un peu hallucinée là. Il a déjà eu des cas aussi durs ? En fait, je suis peut être hypocondriaque. Je me fais des films toute seule. Je ne suis qu’un bébé qui ne sait pas se poser des limites.
Les larmes me montent aux yeux. Comment gérer tout ça ? Comment on devient adulte et que plus rien nous fasse peur ?

- Vous allez me prendre pour une idiote…Je… Je ne sais pas comment réduire le sport… ça devient difficile… physiquement… moralement aussi. Je ne dors plus. Je me sens tout le temps oppressée par tout : les questions d’Haley, mes choix à faire pour l’an prochain, mon avenir, mon sport, mon incapacité de sociabilisation, ma solitude, ma place dans ce monde…

Voilà les vannes sont ouvertes. J’ai lâché le plus gros et mes nerfs craquent. C’est la première fois que j’exprime tout ça à voix haute. Impossible de retenir mes larmes. Je cache mon visage dans mes mains. Je me sens nulle au plus haut point.

- Je suis désolée, je suis trop nulle, j’ai si peur de tout. Je me sens tellement perdue. J’ai l’impression de n’être qu’une médaille sportive qu’on affiche. Pourquoi je suis comme ça ?

Je ne suis pas capable d’en sortir plus. Me voilà partie en pleurs. Ce que je voudrais que ma maman soit là !

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Dim 24 Sep - 18:06
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Dorian fixait la jeune étudiante sans se rendre compte que son regard pénétrant pouvait aussi être une des raisons qui l'empêche de se sentir libre de parler. Il n'avait rien d'autre en tête que de l'aider à se sentir mieux mais clairement si elle n'arrivait pas à ouvrir la bouche pour lui dire là où elle souffrait, il ne risquait pas de faire grand chose pour elle.
Hélas, quand la jeune Hope se laissa enfin aller à la confidence, en oubliant son malaise d'être en face du docteur, Dorian constata clairement qu'elle était... pommée. Littéralement. Il recula sur sa chaise, croisant les doigts pour savoir comment lui dire ces choses qu'elle ne souhaitait pas entendre. Il la regarda pleurer et ressentit sincèrement de la peine pour elle. Il n'aurait jamais imaginé que quelqu'un puisse être accro au sport au point de ne plus pouvoir le supporter. Il allait pouvoir l'aider, un peu, aux alentours de 10% du problème et il savait très bien que ce ne serait pas suffisant, cette jeune fille avait largement plus besoin d'un psychologue que d'un médecin. C'était là le gros problème de cette discussion. La dimension psychologique était bien plus présente que la dimension physique et pour ça Dorian n'avait ni les connaissances ni les capacités de l'aider. Il ferait sûrement bien plus de dégâts s'il tentait de l'aider sans avoir prit des cours pour ça, il ne voulait pas avoir son échec ou pire encore sur la conscience, pas avant de partir en vacances.

Il lui tendit la boîte de mouchoirs qui traînait sur son bureau pour les éventuels rhumes des foins et il posa les coudes sur son dossier, il était temps de rentrer dans les détails de la conversation et il fallait qu'il choisisse bien ses mots pour qu'elle comprenne son dilemme et qu'elle n'y voit pas là un manque d'envie de s'impliquer pour elle même si tout ça lui donnerait facilement des maux de tête.
Il prit une profonde inspiration et posa les yeux sur elle en tentant d'adoucir son regard, sans y parvenir, on se refait pas.

- Écoute Hope... il prononça son prénom pour qu'elle sache qu'il la prenait totalement au sérieux. Dans tout ce que tu viens de me dire, il apparaît très clair que tu as besoin de parler à quelqu'un, que tu as besoin de lâcher prise et de reprendre confiance en toi. Est-ce que de toi-même, tu comprends où je veux en venir ?

Il fit une pause pour lui laisser le temps de se calmer, de reprendre ses esprits et peut-être de réfléchir à ce qu'il était en train de lui dire. Il aurait apprécier qu'elle soit capable de comprendre que tout ça ne relevait pas de son domaine de prédilection et il aurait été parfait qu'elle dise à voix haute qu'elle avait besoin de voir un psychologue, ça lui aurait facilité la tâche mais la jeune fille semblait tellement perdue qu'il était persuadé que cette étape serait difficile à franchir pour elle. Pourtant aller voir un psy n'avait rien de surprenant par les temps qui courent, au contraire. Le fait de pouvoir confier ses peurs, ses doutes, ses angoisses demandaient bien plus de courage que de les garder au fond de soi, et oser partager ses fardeaux rendait la vie plus supportable pour la personne concernée surtout si on lui apportait des solutions pour se sentir mieux par la suite.

- Ce que j'essaie de te faire comprendre c'est que tu as davantage besoin de te confier à un psychologue qu'à un médecin. Mon travail à moi c'est de soigner des blessures physiques, ou de te donner des médicaments ou des crèmes qui peuvent t'aider à détendre tes muscles ou à supporter une certaine pression. Sur ce point... celui du... physique, je vais pouvoir t'aider, mais il va falloir que tu parles à quelqu'un Hope, et ça ne peut pas être moi, je ne suis pas qualifié pour être de bon conseil.

Il avait parlé doucement, calmement comme s'il avait peur qu'elle parte en burn out au moindre son différent ou à la moindre contrariété. Cette jeune fille semblait épuiséz nerveusement et elle était à deux doigts de la dépression. Il ne pouvait pas la laisser dans cet état.
Il se releva de son dossier et s'approcha d'elle pour poser une main sur son épaule. Il tenta de la rassurer en lui murmurant que tout allait bien se passer et que ce n'était qu'une période difficile à passer, même si au final il s'embourbait parce qu'il l'ignorait mais il supposait que c'était aussi son rôle d'adulte de rassurer les gamins qui venaient le voir. Il lui demanda de se lever et de venir s'asseoir sur la table d'auscultation pour qu'il lui fasse les examens de base. Il prit sa tension et se rendit compte qu'elle était très basse, ce qui correspondait à un état de stress intense. Il s'inquiéta quand même assez rapidement pour elle. Elle était d'une petite corpulence pour une sportive de haut niveau. Il la fit monter sur la balance et fut assez étonné de voir qu'elle ne pesait que 50kgs pour 1m62, elle était un peu limite niveau IMC, surtout pour une athlète. Il lui proposa de s'allonger pour qu'elle se détende le temps qu'il lui explique les choses.

- Tu as une tension très faible, c'est un signe clair que tu es actuellement dans un état de fatigue. Tu ne DOIS pas faire de sport dans cet état Hope, et j'insiste fortement là-dessus. Si tu en fais ce sera contre avis médical, et tu risques de t'attirer des ennuis. Je me doute bien que c'est pas ce que tu as envie d'entendre mais il va falloir arrêter le massacre avant de commettre l'irréparable. Je suis étonné que tu n'aies pas de fractures de fatigue quand je regarde ton IMC. Tu ne te nourris pas assez, ou pas correctement en tout cas.

Il avait été peut-être un peu trop cash cette fois pour lui dire qu'il fallait d'urgence changer de mode de fonctionnement. Cette adolescente courait à sa perte. Qui était le con qui l'avait poussée à se dépasser autant pour arriver au stade où elle allait justement tout faire éclater ? Dorian soupira de deviner que cette gamine avait dû être élevée dans des conditions de dépassement de soi, de pression quotidienne, ou de violence familiale. Il se trompait peut-être mais le sport avait dû être un exutoire pour cette jeune fille, d'où son côté addictif. Il repartit vers son bureau où il nota aussitôt les informations qu'il venait de découvrir et il prit sa feuille d'ordonnance pour écrire de sa plus belle pâte de mouche illisible, la médication qu'il lui prescrivait. Il nota des calmants, des relaxants et aussi une crème apaisante si jamais elle ressentait des douleurs du style courbature ou tension musculaire.
Il nota sur une autre feuille qu'elle était dispensée de sport à partir de maintenant et ce jusqu'à nouvel ordre, en gros jusqu'à une nouvelle visite médicale qui le conforterait dans une amélioration de sa santé. Il nota également en bas de cette page qu'une consultation psychologique était grandement nécessaire et qu'il conseillait à Hope de se nourrir davantage pour atteindre un IMC normal.

- Sache qu'une copie de ces ordonnances va être dans ton dossier médical et que l'académie va être au courant de ta dispense de sport. Je ne peux pas te laisser continuer dans cette voie, tant pis si je passe pour le méchant. Mon rôle n'est pas de te pousser au-delà de tes limites mais pour le reste ...

Il s'approcha d'elle, elle était toujours allongée sur la table, les yeux embués, les joues rougies. Son petit corps frêle semblait tellement sur le point de craquer qu'il lui fit penser à Yume. Elle était dans un état encore pire quand il l'avait rencontrée mais il avait réussi à la sauver en créant une dimension psychologique amoureuse autour d'elle, chose qu'il ne regrettait pas mais qu'il ne recommencerait pas non plus. Il ne voulait pas finir en prison et puis elle était toujours dans son cœur, alors il n'y avait pas de place pour une autre femme, qui qu'elle soit.
Il prit la main d'Hope dans la sienne, elle était froide comme si même le sang de cette jeune fille n'arrivait plus à tenir son rôle, il serra doucement ses doigts.

- ... pour le reste, je ne peux pas t'aider. Tu vas devoir aller en parler au psychologue que je te recommande fortement. Si jamais tu as peur de lui parler, tu dois trouver une autre personne en qui tu as confiance qui pourra t'écouter. En tant que médecin scolaire, je n'ai pas le droit de te donner mon avis sur tes pratiques mais en tant qu'homme Hope... je te dis d'arrêter, tu te fais du mal. Essaie de trouver des choses plus apaisantes à faire... Pourquoi pas de la lecture, ou du yoga ? Tu dois apprendre à vivre autrement que par le sport, tu es jeune, tu as toute la vie devant toi.

C'était là tout le bien qu'il pouvait lui dire, et il en pensait chaque mot. Il ne pouvait pas s'impliquer plus avec elle, sous peine d'outrepasser ses qualifications et il ne souhaitait pas avoir d'autres parents d'élève sur le dos. Il l'informa qu'elle pouvait rester allongée ici pour faire un somme le temps qu'elle voulait et qu'il pourrait lui apporter une couverture si elle avait froid. Il endossait presque maintenant le rôle de père. Cette académie partait vraiment en sucette, il était grand temps qu'il s'en éloigne avant de finir par aller voir un psy lui aussi...

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Dim 1 Oct - 18:21
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Sport et dépendance
avec Dorian Fatalys, médecin de son état
Essayant d’expliquer au médecin tout ce qui me perds ces temps-ci, je ne peux m’empêcher de pleurer. Je dois avoir l’air piteuse. Il me tend des mouchoirs que je prends avec entrain, le remercier d’un hochement de tête tout en continuant d’essayer de mettre des mots sur ce qui ne va pas en moi. Mais rapidement je n’avais plus de mots pour exprimer cela. Je relève la tête voyant bien que je le rends perplexe. Je crains de l’embêter plus qu’autre chose, un nœud se fait dans ma gorge.

« Écoute Hope... »

Bah au moins il a retenu mon prénom… je me sens perdue. C’est moi qui interprète mal son air ? Surement ! Je me fais tellement de film sur tous ces temps-ci. Haley sait me rassurer, mais c’est la seule. Et en ce moment, même la présence d’Haley ne me va pas.
Je fini par fixer mon thé que je sirote, attendant de voir ce que ce médecin peut faire.

« Dans tout ce que tu viens de me dire, il apparaît très clair que tu as besoin de parler à quelqu'un, que tu as besoin de lâcher prise et de reprendre confiance en toi. Est-ce que de toi-même, tu comprends où je veux en venir ? »

Je secoue négativement la tête. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il veut dire. Ok pour la confiance en moi… ça c’est indéniable. Le lâcher-prise….pouah ! Bon courage j’ai jamais su faire… Concept totalement abstrait pour moi ! Parler à quelqu’un ? Bah je suis là non ? Ce n’est pas non plus mon fort de parler… il veut que je raconte quoi ? Je viens de lui sortir un tas de trucs en faisant un effort surhumain…
Je suis perplexe. Mon visage doit d’ailleurs exprimer toute cette incompréhension parce que je suis incapable de lui répondre et il précise alors ses propos.

« Ce que j'essaie de te faire comprendre c'est que tu as davantage besoin de te confier à un psychologue qu'à un médecin. »

Je manque d’en lâcher ma tasse, que je repose vite fait sur le bureau. Un psy ? C’est une blague ? Je suis si folle que ça ? Mes larmes menacent de noyer mon visage à nouveau. Cette boule dans la gorge ne disparait pas. Glissant mes mains sous mes cuisses, honteuse, je fixe mes genoux.

« Mon travail à moi c'est de soigner des blessures physiques, ou de te donner des médicaments ou des crèmes qui peuvent t'aider à détendre tes muscles ou à supporter une certaine pression. Sur ce point... celui du... physique, je vais pouvoir t'aider, mais il va falloir que tu parles à quelqu'un Hope, et ça ne peut pas être moi, je ne suis pas qualifié pour être de bon conseil. »

Bah soigner mon corps ça serait déjà ça. Il fait n’importe quoi. Je dois lui parler de mon malaise dans la forêt ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Si lui ne peut pas m’aider, je fais comment ? Parler ? Mais je ne sais pas parler, moi ! Et de surcroit, je n’en ai même absolument pas envie. Ça fait des jours que je ressasse et répète tout ce que je viens de lui dire pour arriver à lui exprimer pourquoi je suis là. S’il croit que je vais savoir dire ce que je ne sais pas moi-même, il est fou !

Il se lève. Je sursaute. Pas qu’il me fait peur en soi. C’est un médecin. Il semble avoir bonne réputation médicale dans l’école, je pense que je peux avoir confiance. Mais le moindre bruit, le moindre mouvement, me surprend ces derniers temps. A fleur de peau…

Il pose sa main sur mon épaule et continue doucement à me parler. Des paroles banales pour me rassurer. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Les larmes coulent. J’ai beau les essuyer au fur et à mesure, elles coulent toute seule. Mais il me demande de passer sur la table d’examen. En fait il n’est pas plus persuadé que moi que ça va aller…
Il m’ausculte… Le silence me pèse. D’habitude j’ai le droit à des commentaires en direct. Là il ne dit rien. Prend ma tension, me pèse, vérifie mes muscles et articulations… en silence. Mais son regard ne me semble pas du tout rassurant.

Il finit par me dire de m’allonger. Je suis tétanisée. J’ai peur de ce qu’il va encore me dire. Je vais vraiment être bonne à enfermer ?

Tu ne DOIS pas faire de sport… ça résonne indéfiniment dans ma tête. Comme un choc ! Comme si une enclume me tombait sur la tête. J’entends le reste comme si j’étais loin de lui. « contre avis médical »… « arrêter le massacre »… « fracture »… « IMC »….

Je me recroqueville en position de fœtus enlaçant mes jambes. Je n’arrive même plus à pleurer, je suis comme dans un autre monde. Mais lui m’ignore, il part à son bureau, écrit ses ordonnances. Tout un tas de trucs qui est sensé me détendre. Je ne veux pas me détendre mais me booster et arriver à gérer le sport. Je m’assois sur la table en lisant son papier. Je n’y comprends rien mais une chose est sûre. Ça doit pas être des bons machins. Je soupire intérieurement en pensant que le délai post-championnat pour les contrôles anti-dopage est heureusement passé.

Voilà qu’il me tend une autre feuille. Je tremble en lisant ce qu’il a écrit… une dispense de sport… De toute ma vie, s’il y a bien une chose dont je ne me suis jamais dispensée, même malade, c’est de faire du sport… Je me rallonge, la tête me tourne, mes larmes coulent encore.

Le docteur me parle de me revoir dans quelques jours, ou au moins après les vacances, d’aller voir un psy aussi… Encore ! Il me donne des conseils d’alimentation… comment lui faire comprendre qu’il n’y a plus grand-chose que j’arrive à avaler…

Je sursaute. Il vient de prendre ma main. Je le regarde surprise, perdue mais heureuse qu’il ait enfin un contact chaleureux. Je ne sais pas quoi lui dire. Tout me parait tellement impossible. J’ai l’impression d’enterrer ce qui a été toute ma vie jusqu’à maintenant et de me retrouver devant un espace blanc, vide, où je ne vois même pas où faire le premier pas.

« ... pour le reste, je ne peux pas t'aider. Tu vas devoir aller en parler au psychologue que je te recommande fortement. Si jamais tu as peur de lui parler, tu dois trouver une autre personne en qui tu as confiance qui pourra t'écouter. En tant que médecin scolaire, je n'ai pas le droit de te donner mon avis sur tes pratiques mais en tant qu'homme Hope... je te dis d'arrêter, tu te fais du mal. Essaie de trouver des choses plus apaisantes à faire... Pourquoi pas de la lecture, ou du yoga ? Tu dois apprendre à vivre autrement que par le sport, tu es jeune, tu as toute la vie devant toi. »

Trouver une autre personne ? mais je n’ai personne… Il n’y a que Haley, et il n’est pas question que je l’angoisse de plus.

Je me fais du mal ? Peut-être… C’est un peu pour ça que je suis venue le voir, non ? Arreter… oui bah tout le problème est là… je ne sais pas arrêter… Il me prive de la piste, des cours de sports… Il croit vraiment que je ne vais pas aller courir ailleurs ?
Vivre autrement ?... Facile à dire…

Je ferme les yeux. Il m’autorise à rester là ? Haley va s’inquiéter… Je ne peux pas… Je m’endors pourtant… une vingtaine de minutes. Sûrement le fait d’avoir tant pleurer. A moins que ça ne soit d’avoir réussi à parler un peu.
Je me réveille, en me remémorant tout ce qui s’est passé l’heure précédente. Le docteur m’a couverte d’un plaid. Je me redresse et plie la couverture pour la poser sur la table.

- Merci…

Je me lève. Je ne sais pas quoi dire, quoi faire. Je dois aller en cours. Je dois rafraichir mon visage avant qu’Haley panique. Je m’avance au bureau du docteur. Une des questions qu’il me fait le plus peur de poser va me hanter si je ne le fais pas. Ma voix est faible mais je réussi à articuler assez pour qu’il me comprenne.

- Vous allez inscrire ça à mon dossier scolaire ?

Mon regard doit le supplier en l’instant. C’est pas glorieux, mais tant pis. Je ne suis pas une dépressive, je ne suis pas folle à enfermer, je ne veux pas finir emmailloter dans ces boules blanches de fous. Je ne veux pas que ce qui se passe là vienne pourrir mon avenir, quelqu’il soit. Peut-être que c’est du déterminisme que je mets dans mon regard, en fait ! En fait non c’est limite de la colère, peut être…

- Et puis le sport… Je ne peux pas un peu quand même ? Je suis incapable de ralentir et vous me demander de tout arrêter…

Je suis lancée. Dormir m’a peut être aidé à revenir sur terre et encaisser. Sauf que j’encaisse pas sans broncher, moi ! Je lui montre ses ordonnances.

- Et vos trucs là, ça va me shooter ? Me rendre accro ? Et puis je suis pas cinglée ! Je suis pas venue pour que vous m’enfermiez chez les fous !

Il a réussi à me faire passer d’un état épuisé à de la colère. Je ne le connais pas, il ne me connait pas, et j’ai l’impression qu’il croit tout savoir sur moi en une consultation. Je déteste ça !

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