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 Et si ... [CLOS]

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MessageSujet: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 15:45

[Avril 2012]

Quittant avec une certaine joie cette foule bruyante qui pourtant ne dérangeait personne, Cameron se mit à arpenter les différents couloirs. Il lui était très difficile de s'orienter dans des lieux qui lui étaient inconnus y a encore peu de temps, qui plus est japonais. Il avait beau avoir reçu une éducation stricte là-dessus, il n'en restait pas moins que son corps et son esprit étaient à 95% américains. Son organisme même avait eu des difficultés à s'adapter aux petits-déjeuners d'ici, voire à l'alimentation en général. Les burgers n'étaient jamais très loin (puisqu'il y en a partout) mais ils se faisaient quand même très rares dans les habitudes nippones. Mais au fond, ce n'était pas super important. Cameron désirait très fort entretenir son corps afin de le garder svelte et fin. il avait donc pris le parti de faire du sport pour éliminer les graisses américaines. Mais là, s'il devait s'adapter à une telle nourriture, rester ici à manger du poisson crue allait suffire pour ne pas devenir obèse. Qui plus est, bien qu'il soit actuellement en "Week-end relax", il n'avait guère trop de temps à consacrer à des activités extra-professionnelles. Son cercle de fréquentations n'était pas spécialement développé.

Émettant un bruit caractéristique de l'agacement avec sa bouche, Cameron releva les yeux alors qu'un frisson lui parcourait l'échine. Le froid et la neige qui étaient en ces lieux le rendaient susceptible. Sa chambre semblait se cacher et en attendant, il se les gelait à tenter de la retrouver. Demander de l'aide ? C'était faisable mais en dernier recours seulement. La fierté n'a pas de limite et puisque l'homme avait décidé qu'il voulait rester au calme, il allait prendre son mal en patience et tenter de se remémorer le chemin inverse. Il s'appuya alors contre un mur inconnu, frissonnant au contact, et ferma les yeux. Il devait se calmer, il n'était pas là pour s'énerver, il savait très bien le faire chez lui, sans avoir à payer les services de professionnels pour en arriver au même résultat. Ses soucis étaient loin à l'heure actuelle, il fallait tourner la page.
Rouvrant les yeux, il avala un bol d'air frais et se remit à marcher. L'idée du sens inverse n'avait plus lieu d'être puisqu'il ne savait déjà plus où il était actuellement. Tournant à gauche, par choix, au bout du couloir, il aperçut enfin plusieurs portes, caractéristiques selon lui. Était-ce là ? Serait-ce un signe ? Cameron n'avait jamais cru en Dieu, surtout quand il avait pu constater de lui-même la mer** dans laquelle toute sa famille était depuis leur enfance. L'argent ne fait pas le bonheur et bien que sincèrement riche, ses deux géniteurs avaient quitté ce monde beaucoup trop tôt. Le brun ne souhaitait pas devenir comme eux. Il avait de la rancune envers ce monde corrompu, envers les pauvres qui devraient simplement faire des efforts pour ne plus l'être, envers les riches qui se considèrent assez supérieurs pour faire des sacrifices inimaginables et envers ses parents qui n'avaient pas eu la force nécessaire pour les empêcher de sombrer, lui et Tay. Quand on est un enfant, on est influençable et la parole des parents comptent double. Un seul regard, un seul et peut-être qu'aujourd'hui, Cameron serait différent. A qui la faute ?

Alors qu'il s'avançait vers ces fameuses portes, un fait vint le frapper de pleins fouets. Laquelle était-ce ? Et mince ! pourquoi est-ce que ça arrivait à ce moment ? Il commençait enfin à prendre conscience qu'il avait son destin en main que voilà, un nouvel obstacle venait le faire douter.
Avalant plus fort parce qu'il sentait que sincèrement, il en avait marre, Cameron chopa le premier venu. Un adulte, un homme. Beau mais qu'importe. Il semblait comme tombé du ciel, employé modèle pour lui servir.


    •Excusez-moi mais ... quel est mon numéro de chambre ?

Ok, ok. Sa fierté était là, juste cachée derrière lui mais qu'importe. Ses orteils commençaient à lui dire "va t'asseoir !" tellement il avait froid, son cerveau était en ébullition de devoir repenser à tant de choses en même temps et son super week-end semblait prendre la mauvaise tournure. Sûrement fallait-il demander de l'aide de temps en temps, prendre le tout avec un sourire et là encore, tourner la page.


Dernière édition par Cameron Donovan le Sam 16 Mai - 15:59, édité 1 fois
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Dorian Fatalys
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MessageSujet: Re: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 15:47

Un vague tournis. Un malaise grandissant. Une mauvaise impression... bref, appelez-ça comme vous voulez mais à ce moment précis, voilà dans quel état se trouvait Dorian. Il avait cette sensation qui ne le quittait plus depuis des jours. Exactement le même genre de celle qui vous fait rester immobile au pied de votre porte parce que vous êtes persuadés d'avoir oublié quelque chose d'extrêmement important pour votre journée. Un manque ou une perte d'assurance... quelque chose de foncièrement mauvais finalement... mais il était bien plus difficile de s'en défaire que de chercher la cause exacte de ce malaise inapproprié.
Il avait quitté les bains, nauséeux, comme si quelque chose ne tournait pas rond chez lui. Il ne se sentait pourtant pas mal à l'aise parmi les étudiant(e)s ou les gens qu'il ne connaissait pas ; après tout, il passait les 3/4 de son temps à l'Académie alors s'il avait eu des problèmes avec les faces à faces docteur/patient, il était grand temps de changer de métier.

Serviette autour du bassin pour sécher légèrement l'eau qui coulait sur ses mollets, Dorian mit les pieds dans les petites sandales qui l'attendaient et partit sans se retourner. Il se devait de faire le point dans sa chambre. S'il avait été professeur de math ou autre, il aurait sûrement apprécié de corriger des copies pour se changer les idées mais là... il ne pouvait rien faire à part attendre que quelqu'un s'évanouisse à cause des fumées chaleureuses. Il n'avait pas envie d'attendre, il n'avait plus de raison d'être là parmi ces têtes blondes... Mmh oui... c'était sûrement ça.
Il se trouvait maintenant dans le couloir qui menait aux chambres, il était long, froid, assez repoussant finalement malgré la propreté et l'entretien récent des locaux. Les pas de Dorian le menait inexorablement jusqu'à sa chambre. Le bruit de ses sandales sur le parquet chassait un peu de cette monotonie silencieuse qui l'entourait.

Agaçant... soupira-t-il lorsqu'il arriva juste devant la porte de sa chambre. Il espérait simplement qu'il serait seul et que Saitô ne serait pas là. Il n'était pas d'humeur à tenir tête à quelqu'un. Déjà qu'il faiblissait devant Yui, il ne faudrait pas qu'il lui arrive la même chose devant ce monstre militaire bourré de testostérone. De toute façon, il était clair qu'ils n'avaient aucun point commun.
Dorian secoua la tête, perplexe. Il ne se reconnaissait plus. Où était passé le solide roc qui avait débarqué dans ce petit pays de bridés inférieurs à lui ? Etait-ce tout simplement le contrecoups de son exil ? Peut-être ressentait-il seulement maintenant le revers de la médaille d'être parti du jour au lendemain en quittant attaches et pays d'origine. Un coup de blues, sûrement.

Il fut sortit de ses pensées par une question des plus malvenues et incongrues. Il releva une tête froissée et étonnée vers la voix masculine qui l'avait "éveillé". Tiens... un inconnu... adulte, sérieux, perdu certes mais à bonne allure et plutôt virilement assuré.
Dorian passa une main dans ses cheveux avant de se retourner légèrement vers l'homme qui venait de lui adresser la parole sans se présenter. Pour qui se prenait-il cet énergumène ? Ok, ils étaient adultes tous les deux et dans un endroit où plus rien ne les obligeait à être "respectables" mais même sans être Japonais, Dorian ne manquait que rarement de bonnes manières.
Quoique soit-dit en passant, l'homme ne semblait pas spécialement Japonais. Son accent taillait les syllabes nippones au couteau tout comme lui. Il semblait bien plus occidental dans son genre...

- J'ai une tête d'employé ? répondit-il sèchement.

Il aurait pu être bien plus acerbe et narcissique dans ses propos habituellement étant donné la honte ultime qu'il  venait de ressentir d'avoir été pris pour un employé mais il n'était pas dans sa meilleure forme. Sacrebleu, il ne ressemblait pas à un japonais quand même ! Cammy aurait été amusée d'assister à cette scène plutôt cocasse. Elle n'aurait pas manqué un petit commentaire salé comme seule elle sait si bien les faire.

Il posa sa main sur la poignée de la porte de sa propre chambre et s'apprêta à y entrer sans prêter guère davantage attention à l'homme inconnu qui n'avait pas bouger.
Après tout, même si la question l'avait froissé, Dorian devait reconnaître que l'homme n'avait pas été méchant dans ses propos. Il semblait simplement perdu. Pas de la même façon que lui mais perdu quand même... Si l'infirmier n'avait pas été aussi égocentrique et prétentieux, il aurait sûrement aider son prochain avec bien plus de convenance.
Il s'arrêta ; la porte de sa chambre était maintenant grande ouverte et il n'y avait personne à l'intérieur. Difficile de dire si Dorian était soulagé ou déçu. Il ne voulait pas y trouver Saitô certes mais un peu de compagnie n'aurait pas été de trop pour autant. Les futons n'étaient même pas installés et la chambre ressemblait juste à un espace beaucoup trop vide pour une personne qui se sent déjà seule.
Il fit un pas en arrière et secoua la tête d'une façon qui voulait clairement dire : "Allons Dorian, laisse toi un peu de marge pour une fois." Il habilla son visage dur et froid d'un sourire professionnel mais sincère et tout en retournant une nouvelle fois la tête vers l'inconnu de tout à l'heure, il précisa simplement :

- "Les noms sont marqués sur les portes."

Il tapota la petite plaque métallique qui portait le sien de son index pour illustrer son commentaire.
Une bonne action de faite ... à quand la prochaine ?

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Dernière édition par Dorian Fatalys le Sam 16 Mai - 15:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 15:49

Comment est-ce que l'on se sent quand on fait un effort inutile ? N'avez-vous, vous, pas l'impression de vous casser en deux ? De recevoir toute la déception du monde sur vos épaules ? Ou bien même d'avoir envie de couper la terre en deux ? Le tout réuni, c'était Cameron à cet instant. A dire vrai, il avait surtout l'impression d'être ridicule, impuissant dans un pays étranger, et particulièrement invisible.
L'homme à qui il s'était adressé à l'instant venait de lui répondre sèchement, alors qu'une telle question ne demandait pas tant de méchancetés en retour. Toute sa fierté qu'il avait mise de côté pour oser demander ça venait de lui revenir en pleine tête, vengeresse. Allez, voilà. Ça lui apprendrait ! Comment pouvait-il avoir envie de changer quand il voyait qu'en face, ce n'était pas la même chose ? Il savait pourtant qu'il devait surveiller ses arrières même ici, qu'il n'était pas le bienvenue parce que ses yeux n'avaient pas grand chose de bridé mais ... la politesse avait-elle des frontières ? Dans sa demande, il n'avait rien omis, il avait même été beaucoup trop poli dans son genre mais ça, il allait le garder pour lui. Il était exténué. Exténué de se battre pour une vie qu'il n'appréciait qu'à moitié désormais. Cet exil dans ce pays se soldait petit à petit en un échec pitoyable, un mauvais chemin qu'il s'était empressé de prendre pour avoir une chute encore plus grande. Taylor l'avait pourtant mis en garde, c'était un pays très fermé, ils auraient des soucis d'intégration mais il avait eut foi en sa prestance et voilà qu'aujourd'hui, il commençait à se dire qu'elle avait peut-être eut raison ...

Perdu dans ses pensées, prenant finalement conscience de ses possibles erreurs, Cameron ne prit donc même pas la peine de répondre à cet inconnu aussi mal luné que lui. Il était parti ailleurs, dans un monde où il devait d'abord faire le point avant de revenir ici pour tenter d'entrevoir une autre façon de faire les choses. Il n'avait pas bougé d'un pouce, son regard n'était cependant plus braqué sur cet adulte, mais baissé vers le bas sans réellement regarder quelque chose. Il était vulnérable. Ses clients fidèles et ennemis américains auraient bien ris de le voir ainsi, si faible.
Pourtant, même là où l'espoir semble inexistant, quelqu'un vous tend la main. Cam n'était pas en chute libre, il se rendait juste compte qu'il ne maîtrisait pas la situation. D'ailleurs, lorsque la voix retentit à nouveau, ce fut sa lumière blanche. Il était temps de cesser de penser et de recommencer à agir. L'homme de tout à l'heure faisait un pas vers lui, un pas immense qui se voyait à des kilomètres tant l'effort semblait intense. Est-ce que son absence de réaction avait payé ? Ou bien, est-ce que la personne en face avait fait sa propre auto-analyse en même temps que lui ? Il n'oserait jamais demander. Un homme ne doit pas avouer ses faiblesses, du moins pas aussi rapidement.
Malgré cette nouveau petite flamme bienvenue, Cam eut envie de tout balancer par-dessus bord cette fois. Ce qui l'avait mis dans cet état se résumait à un nom, finalement marqué sur une porte. Devait-il rendre des comptes à quelqu'un pour être ainsi humilié ? Son habituelle charisme l'aurait forcé à relever le nez, à chercher davantage, à ouvrir les portes mêmes "interdites" ou pire, à squatter puisqu'il était perdu. L'onsen avait-il des vertus ramollissantes ?
Laissant échapper un soupir on ne peut plus indiscret, il répondit en regardant avec une certaine animosité un des noms marqués sur la porte :


    •On a tous des jours sans ...

Avouer une certaine incapacité ne rendait-il pas la personne en question à être plus forte au final ? Il avait toujours été dit qu'il était plus aisé de se confier à un inconnu, de se dire que de toute façon, on ne risquait pas de le revoir mais avez-vous déjà essayé ? C'était une épreuve insurmontable lorsqu'on la faisait sans réellement en avoir envie. Il fallait sincèrement avoir atteint un stade pratiquement critique pour se laisser aller à parler sans chercher à comprendre le regard de l'autre. Une confession privée pouvait se faire devant un miroir, c'était le même résultat et ça soulageait aussi. Le seul inconvénient, c'était que lorsque que vous aviez terminé, il n'y avait personne pour vous expliquer son point de vue. D'où l'avantage d'un inconnu sorti de nulle part, enclin lui aussi à écouter les déboires d'un pauvre étranger paumé ...
Certaines rencontres n'ont pas d'explication rationnelles, et ce sont souvent celles-là qui durent le plus longtemps. Les contraires s'attirent et qui se ressemblent s'assemblent. Au fond, tout le monde pouvait devenir votre ami, à condition d'avoir juste le bon regard au moment opportun. Cameron se sentait faible, il avait besoin de sérieux dans sa vie. Les clients qu'il côtoyait à longueur de journée commençait à lui raconter leurs problèmes et bien qu'il prenait généralement toujours le temps de les écouter (tant qu'ils jouaient), il était bien incapable de redire le moindre mot de l'histoire entendue 5 minutes après. Il n'y avait aucune attache dans ce qu'il considérait comme professionnel. Les limites qu'il s'imposait n'avaient jamais pris le dessus sur lui et ça ne risquait pas de changer. Seulement, pour compenser l'absence grandissante de sa seule famille, Taylor, il avait besoin d'une épaule neuve, forte et différente ...
Ce petit voyage pour changer d'air allait-il jouer en sa faveur ou juste lui faire comprendre qu'il devait, comme d'habitude, se débrouiller lui-même pour s'en sortir ?
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Dorian Fatalys
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MessageSujet: Re: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 15:52

Cette scène était grotesquement amusante... Elle ressemblait à un de ces arrêt dans le temps, au ralenti. Les deux personnages manquant cruellement de peps' en cet instant précis, il était difficile de dire s'ils jouaient un rôle ou s'ils étaient naturellement si mous du genoux.
Dorian se laissa aller à un sourire moqueur, simple et spontané.

- A qui le dîtes-vous...

Finalement... ils étaient peut-être perdus tous les deux dans les mêmes tourments. Suffisait juste maintenant de faire un choix. Profiter de cette proximité soudaine et passagère qui font que deux êtres absolument opposés puissent se confronter à un seul et même problème commun, ou tourner le dos à cette ouverture éphémère et s'enfoncer inexorablement vers une solitude de plus en plus pesante, forçant le retour en arrière à être de plus en plus inaccessible et éprouvant. Le choix n'était pas difficile mais l'acte, si.
Les deux adultes laissèrent passer un moment de silence... Dorian en profita pour regarder cet étranger qui se tenait à côté de lui sans piper ni mot ni geste. Il ne réagissait pas, laissant planer au-dessus de lui une centaines de questions qui n'auraient jamais de réponses. Il semblait totalement perdu dans une brume nauséabonde qui entourait son esprit complexe. Pour être franc, Dorian se demandait bien qui il était et ce qu'il faisait ici, parce qu'il n'avait décidément pas vraiment l'allure de l'homme qui se lève le matin et qui décide d'aller aux thermes... mais il était plus qu'évident que ça aurait été d'une impolitesse des plus marquées que de demander ce qui lui arrivait. Ce n'était pas ses problèmes mais il ne se sentait pas non plus attiré par l'autre côté du choix... le laisser dans ses problèmes... Gauche, droite... Noir, blanc... tant de choix qui ne valent rien dire... Il s'apprêtait à reprendre son silence là où il l'avait laissé mais ce fut la goutte d'eau qui tomba sur son pied, lui procurant des frissons intenses qui décida Dorian... il mourrait de froid avec juste cette serviette sur ses fesses. Il était pas pudique et puis il aimait son corps mais il ne voyait pas l'intérêt de l'exposer à un inconnu, de sexe masculin de surcroît... Alors il pressa la chose :

- Café ?

Le mot fut lancé dans l'air ambiant comme une bombe dans un bain bouillonnant. L'inconnu resta perplexe un instant apparemment mais finit par accepter modestement. Dorian lui accorda une fois de plus un sourire, de moins en moins difficile à faire et pénétra dans sa chambre.

- Je vais passer des vêtements plus appropriés. Faîtes comme chez vous, j'en ai pas pour longtemps.

Il s'excusa poliment, se rendant compte qu'il n'avait pas besoin de cette carapace d'homme froid et dur devant cet inconnu à qui il ne devait rien prouver. Aucun élève n'était là et il en avait un peu marre d'être constamment de mauvaise compagnie.
Il ferma la porte de la salle de bain derrière lui et finit de se sécher. Quelques derniers frissons lui chatouillèrent l'échine lorsqu'il jeta la serviette au sol. La nudité le gênait légèrement cependant. Il prit un boxer noir dans sa valise qui avait été amenée sciemment dans la chambre par les employés et l'enfila rapidement. Il détestait l'effet que procurait le fait de s'habiller alors qu'on était à peine sec mais il n'avait pas le temps de faire autrement aujourd'hui... Il prit également un jean ample, bleu foncé et une chemise blanche, légère, en soie tellement douce que ça aurait été un crime de la laisser dans le magasin ce jour là. Il passa un coup de peigne dans ses cheveux déjà presque secs et se contenta de mettre des chaussettes sans les accompagner de chaussures. Il ressortit habillé et tout beau. Il était décemment plus présentable comme ça. Il ne se fit pas prier et se dirigea vers l'inconnu qui n'avait pas beaucoup bougé... Il lui tendit une main virile et décidée. Les premiers pas étant faits, l'insurmontable était passé.

- J'm'appelle Dorian et vous ?

La main fut habilement serrée.
Dorian se dirigea vers sa machine à café qu'il emmenait partout et appuya machinalement sur les boutons qui constituaient son café à lui : noir, avec 2 sucres, sans lait. Corsé... comme lui.

- Sucre ? Lait ? demanda-t-il à l'attention de l'inconnu juste avant de tremper ses lèvres dans le délicieux petit arôme qui emplissait son proche espace vital.

Il n'essayait pas d'être malpoli en entamant son café avant d'avoir servi son "hôte" mais c'était justement là toute la différence... Les deux hommes ne se connaissaient pas, et n'étaient pas là par politesse, par envie, par obligation ou par toute autre chose qui soit. Ils ne savaient pas vraiment ce qu'ils faisaient ainsi pour être franc alors toute forme de politesse ennuyeuse était proscrite. C'était comme une séance de psy gratuite ou bien une conversation embrumée dans un bar avec un inconnu au moins autant bourré que vous. Une sorte d'histoire d'un soir (sans passer par la case relation sexuelle)...
Attendant toujours la réponse du brun, Dorian se retourna vers lui, tasse à la main. Il posa ses yeux sur l'homme qui lui faisait face et c'est là que la différence physique lui sauta aux yeux, il était aussi grand que lui, c'est à dire non loin d'1m85 à vue de nez, il avait également un accent approximatif bien que plus naturel encore que le sien mais c'était surtout sa carrure qui attirait l'oeil. Fin certes, svelte mais imposant en même temps. Il n'était pas Japonais, Dorian en aurait mit sa main à couper. Il fouilla dans sa mémoire géographique, il opta pour une nationalité assez courante et banale bien qu'à l'autre bout du globe.

- Américain ?

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MessageSujet: Re: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 15:56

Cameron avait visé juste ! Cet homme en face de lui n'était pas non plus dans son assiette. A croire que le destin les avait réunis. Tout le monde paraissait si joyeux autour d'eux que ça les rendait encore plus mornes qu'en temps normal. Est-ce que les déprimés de la vie émettaient des ondes spécialement attirantes pour les personnes dans la même situation ? Qu'est-ce qui avait fait, qu'aujourd'hui, ils prenaient le temps de se parler tous les deux alors qu'ils ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam ? L'américain était cependant trop bien à cet instant pour vouloir réellement connaître la réponse. On est ignorants à la naissance et chez certains, ça se ressent encore plus que les autres mais là, alors qu'il pouvait prendre le temps d'apprendre quelque chose, il avait refusé. Cameron n'était pas fan des études, ne l'avait jamais été mais il n'avait jamais non plus craché sur une compréhension de l'âme humaine. Son "métier" en dépendait, il devait sentir les gens qui pouvaient lui rapporter de l'argent, les flairer comme un chien pour mieux les plumer. Mais là, son sens de l'odorat semblait éteint. Cet homme lui inspirait autre chose.

Un café. Simple, connu, logique mais inattendu. Les mots volèrent au-dessus de lui comme s'il pouvait s'amuser avec l'espace temps. Qui osait lui proposer un café, à lui ? Il ne s'était jamais assez lié depuis son arrivée pour que quelqu'un le fasse (hormis les nombreuses femmes qu'il avait ramené un peu partout). Pourquoi ? ... Et puis, que devait-il faire ? Ce café, bien que ce n'était qu'un mot à ce moment, prévoyait des tas de choses par la suite. Entrer chez lui, du moins dans sa chambre, découvrir des morceaux de sa personnalité, prendre le temps de peser ses mots puisqu'ils n'étaient pas proches et prévoir de la conversation. Cameron avait souhaité être seul, rentrer chez lui pour pouvoir flâner sans rien trouver de bien à faire et cette proposition contrariait ses plans mais ... n'était-ce justement pas le déclic idéal ? Ce coup de pouce qui vous fait vous relever alors que le courage indique 0% ?


    •Pourquoi pas ... finalement.

Cette réponse était choisie. Qu'avait-il de mieux à faire ? Que risquait-il au fond, sinon de soulager ses pensées ?
Le laissant rentrer, il le suivit délicatement, pas forcément des plus à l'aise mais plus curieux que terrifié. L'autre semblait habitué à ce genre de rencontres imprévues, le ton de sa voix indiquait qu'il n'était guère gêné de "cohabiter" provisoirement avec un autre homme, un peu similaire dans l'âge et la carrure. Faisait-il réellement si vite confiance ? Le temps de se changer laissait à notre Américain plus qu'il ne lui en fallait pour fouiller cet appartement et repartir avec ce qu'il considérait comme "précieux". Évidemment, il n'en fit rien mais sa conscience à lui ne l'aurait jamais laissé aller se changer aussitôt.
Lorsqu'il le vit revenir, Cameron avait à peine fait un pas de plus dans la chambre, toujours perdu dans ses pensées, conscient qu'il dévisageait et décortiquait tout ce qu'il croyait entrevoir. Un sourire en coin et les soupçons montaient en flèche dans sa tête. Un regard baissé et il fonçait pour draguer la demoiselle. Il n'en n'était pas à son premier coup d'essai ni à son premier échec mais les habitudes étaient dures à supprimer et aujourd'hui encore, il se surprenait à marcher sur les mêmes erreurs. Cet homme, inconnu, il l'avait encore dévisagé à l'instant, prenant le temps de critiquer sa façon de s'habiller, appréciant la chemise mais dédaignant le jean. Il se savait imparfait alors les autres devaient l'être aussi. Pourtant cet homme était positif depuis le début alors pourquoi cherchait-il intérieurement à le rabaisser ? Craignait-il quelque chose ?


    •J'm'appelle Cameron.

Dorian, hein. Maintenant, c'était assurément sûr. Cet homme était un étranger, tout comme lui. Était-il perdu lui aussi dans un pays de bridés coincés ? Quelle obligation pouvait-il bien le retenir ici ? Une femme ? Une famille ? Un projet ? Peut-être le tout réuni, les questions s'enchaînaient au fil des présentations. Pouvait-il les poser ? Les origines étaient un sujet tabou dans le coin, un métis bien que japonais de moitié avait déjà du mal à s'intégrer avec les pures souches, alors un étranger complet devait-il juste se la fermer ? Entre étrangers, pouvaient-ils se parler normalement ? Cameron se prenait-il trop la tête ?

    •Finalement, j'préfère une bière !

Chasser le naturel ... C'était ça aussi d'être constamment dans ses pensées, les réactions étaient plus vraies, plus directes et plus rapides. Cameron avait répondu d'un ton nettement plus enjoué, plus habituel, moins poli aussi ... Coupant sa respiration, il hésita un instant mais décida qu'il était trop tard pour les bonnes manières, il allait finir par craquer un jour ou l'autre de toute façon. S'asseyant par terre en tailleur malgré l'unique serviette qu'il portait, Cam mit ses mains entre ses jambes avant de laisser enfin passer les expressions et tons de voix qu'il retenait depuis quelques minutes.

    •Hm, Dakota du Sud, Watertown. C'est clair que c'est pas la porte à côté mais le décès de mes parents a précipité les choses. Elle, elle était japonaise et elle nous a enseigné à moi et à ma sœur, la langue japonaise au mieux dans un autre pays. Mais voilà quoi ... l'ambiance à la maison ... une horreur. Au fond, j'aimais pas mes parents quand j'ai grandi alors pourquoi le Japon ? Disons que je possédais déjà la petite Amérique que j'avais sous les yeux là-bas alors j'ai vu plus grand. Trop grand, à priori ... Et toi ? T'es Américain aussi ?

Étaient-ils amis ? Assurément non. Était-ce toujours aussi difficile de se confier à un inconnu ? Assurément oui. En parlant un peu de sa vie, résumant très grossièrement ce qu'il faisait ici, Cameron avait mis le nez sur les difficultés récurrentes qu'il avait à parler de lui. Pourquoi ? Déjà Taylor, elle lui faisait honte. Avant, là-bas, ça allait encore. Largement. Il pensait qu'elle avait pris le mauvais chemin mais au moins, elle se débrouillait. Ici ... fallait même pas en parler. Et puis lui, sa vie ici. Ses connaissances se résumaient à 3 bridés un peu moins coincés que les autres ...
Finalement, était-il intéressé de savoir si cet homme était Américain ou non ? Disons que pour le moment, il n'avait rien de mieux à faire et l'ambiance qui régnait dans la pièce depuis que le café préparé était chaud lui intimait l'ordre de ne pas bouger.
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Dorian Fatalys
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MessageSujet: Re: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 15:58

- Finalement, je préfère une bière !

Dorian en aurait presque lâché sa tasse de café tellement cette suggestion avait été spontanée. Il ne s'y était pas du tout attendu, mais ça ne faisait que lui plaire davantage. En soi, Dorian avait toujours été un accroc du café mais il n'était pas contre une bière de temps en temps et en tant que macho naturel et difficilement adaptable, il continuait de penser qu'un "homme, un vrai", buvait de la bière. Alors là pour le coup, il fut agréablement surpris.
Il esquissa un léger sourire et sortit une bière bien fraîche du petit frigo d'appoint qui était comprit dans la location des chambres.
Ce fut seulement lorsqu'il la tendit au fameux Cameron qu'il remarqua qu'il était lui aussi uniquement couvert d'une serviette. Dorian n'avait pas traîné à se changer et pour cause, il s'était rapidement retrouvé frigorifié en sortant des bains, alors il devait en être de même pour son "invité".

Les langues se déliaient au fur et à mesure que le temps passait et les confidences se faisaient, discrètes mais bien présentes. Quelque chose passait entre eux, ce petit point commun qui avait flotté dans l'air un instant et qui les avait amenés à se confronter. Dorian n'en voyait pas du tout en lui un ennemi comme il pouvait en voir dans la peau de Valentine ou de Terrada. Cet Américain de WaterTown apparemment, semblait tout aussi sûr de lui que pouvait l'être l'infirmier mais ils avaient chacun leur domaine de compétence et de ce fait, aucune raison d'écraser les plates-bandes de l'autre. Le seul terrain de jeu qui pourrait les amener à se confronter serait sûrement celui des femmes, mais là encore, Dorian était encore beaucoup trop indécis à ce sujet pour se remettre dans la course. Pour le moment, il abandonnait volontairement le podium.

- Non non, pour ma part, je suis Egyptien, je viens de Benha, une petite ville pas loin du Caire. L'entente avec mes parents n'était pas des plus dorées non plus et j'ai rapidement quitté le domicile familial après un décès également. Pourquoi le Japon ? Là ... je n'ai pas de raison particulière, j'avais juste envie de fuir très loin et je sais pas, je pensais qu'ici, ce serait facile...

Plus il parlait, et plus il s'apercevait que lui et Cameron racontait la même chose, ils étaient nés ailleurs, étaient partis après un décès, avoir choisi le Japon pour une raison encore floue et ils galéraient ici. Tant de coïncidences, ça devenait limite flippant là.
Il se racla la gorge comme pour dissiper le malaise qui s'infiltrait dans son esprit. Si Cameron ne soulevait pas ce point un peu douteux, il passerait outre lui aussi, il n'aimait pas trop se voir trouver des points communs désagréables avec un gars qu'il connaissait à peine et qui était -en plus- dans une tenue plus qu'indécente auprès de lui.

- Désolé, j'viens juste de le remarquer, mais tu veux des fringues ? J'vais pas te laisser attraper froid alors que moi j'ai pris le temps de me changer. T'en fais pas, au pire, si tu tombes malade, je saurais te soigner. expliqua-t-il en toute modestie avec un petit rire presque maladroit.
Il ne savait pas trop comment aborder la timidité masculine quasi volontaire même s'il lui était déjà arrivé d'ausculter des corps d'athlètes pour des courbatures ou autres, mais là, la situation était différente.

- Tu fais quoi ici, au Japon ? Je veux dire... c'est quoi ton domaine ? Politique ? Mafieux ?

Il haussa un sourcil quand il prononça ce mot, tout en restant assez impassible. Il ne jugeait personne même s'il apprenait qu'il faisait du trafic d'organes mais il commençait à redescendre de son petit nuage.

- T'en fais pas, j'suis pas flic hein, mais je suis souvent confronté à des gens qui ne sont pas réellement ceux qu'ils prétendent être, alors du coup, par habitude, je me tourne tout de suite vers cette option. De quel côté tu joues toi ?

Il se dirigea tout en finissant sa phrase vers un dressing qui prenait très peu de place dans le fond de la pièce et en sortit une couverture, au cas où Cameron ne souhaitait pas se changer. Il la balança de façon polie près de lui et le laissa prendre la décision. Lui-même, il savait qu'il n'aurait pas accepté la proposition et qu'il aurait préféré retourner dans sa chambre se changer avant de revenir pour continuer la petite discussion.
Il se servit une bière à son tour et prit place sur un petit tabouret qui trônait dans le milieu de la pièce, et posa les coudes sur les genoux pour faire face à son partenaire. Il but plusieurs gorgées et baissa la tête pour reluquer la bière, histoire de se donner une sorte de contenance qui lui permettait de trier un peu ses pensées. Sa voix était posée, calme et suave.

- J'suis du 'bon côté' si on voit les choses uniquement en noir ou en blanc. Je suis infirmier dans une école privée pas très loin d'ici. Comme ça, ça paraît classe et parfaitement  rangé comme boulot, non ? Pourtant, c'est pas tout le temps le cas.

En disant ça, il repensa à Myle qui s'était fait explosé la tronche par cette folle dont il ignorait encore tellement de choses, ou même à cette adolescente, la petite Sakki qui avait sauté du toit alors qu'elle était encore à l'aube de sa vie. Il voyait des cas de délinquances, de racket qui finissait en maltraitance, des dépressions, des surmenages... Finalement, c'était sûrement tout ça qui avait eu raison de lui.

- En fait, j'crois même que les étudiants sont les pires patients qu'on puisse avoir. Ils sont encore tellement inconscients de leur limites physiques qu'il m'arrive bien trop souvent d'intervenir alors que j'aurais préféré rester chez moi. Mais bon... on choisit pas toujours comment les choses vont se passer.

Là encore, il esquissa un sourire qui se voulait rassurant et synonyme de "mais bon, tout va bien", mais il était clair que c'était pas le cas du tout. Il se redressa et posa la paume de sa main sur son genou avant de déclarer, légèrement réchauffé et revigoré par la goût si particulier de sa bière :

- Jt'en ressers une, Cameron ?

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MessageSujet: Re: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 16:03

"Nan, ça va" aurait-il répondu à Dorian si celui-ci lui avait demandé s'il avait froid. Stupide bonhomme ? Absolument pas. Cameron n'était pas frileux et ne jouait pas non plus un rôle. Quelle gloire aurait-il a tirer d'une fierté mal placée qui se transforme en rhume ? C'était idiot. Et puis, s'il avait réellement eu froid, la café aurait prit l'ascendant sur la bière mais ça, c'était une autre histoire. Cette bière, il allait la boire, la déguster à sa juste valeur et ce ... même si cette conversation devait mener nulle part. Ce qui n'était pas le cas ici puisqu'ils partirent tous deux vers l'Egypte en peu de temps. Woow, ça faisait un peu rêver comme pays, c'était signe de soleil, de vacances, de touristes à gogo. Bien loin de ce dont Cameron éprouvait à cet instant. Le temps s'était rafraîchi depuis son arrière au Japon et ce qu'il avait pensé comme être des vacances vu son état de riche célibataire ressemblait de plus en plus à une corvée ... C'est toujours pareil, on a beau avoir tout ce qu'on veut, l'herbe sera toujours plus verte de l'autre côté.

    •J'ai du mal à imaginer qu'on puisse quitter un pays qui attire autant les autres. L'humain est si compliqué. Moi-même, j'ai déjà rêvé de partir en Égypte rien que pour pouvoir le dire et toi ... tu fuis comme si c'était ta dernière chance. On a tous nos raisons mais ça me dépasse.

C'était contrariant. Pas de quoi énerver un homme mais juste tenter de le remettre en question. Y avait-il une infime possibilité pour qu'un humain soit sincèrement comblé un jour si on lui donnait le droit d'avoir ce qu'il désirait ? Cameron savait qu'il ne rentrait pas dans cette catégorie, il changeait trop souvent d'avis mais alors ... que cherchait-il ? S'il se savait incapable d'être satisfait, pourquoi continuait-il ? Qu'espérait-il au fond ? Ce qui était sûr, c'était qu'il n'avait pas envie d'y réfléchir actuellement et le fait que son camarade du moment soit dans la même situation que lui ne sembla pas le faire tiquer plus que ça. A croire que dans sa tête, tous les étrangers devaient passer par-là ...

Quand ils abordèrent vite fait le fameux sujet du froid-vêtement, Cameron se contenta de secouer la tête. Là, c'était sa fierté qui parlait. Il n'avait toujours pas froid mais il lui était techniquement impossible de s'imaginer avec les vêtements de quelque d'autre sur le dos. Dorian était bel homme, d'une carrure similaire et d'un goût plutôt correct mais Cameron était maniaque dans sa garde-robe et les vêtements qu'il avait laissé au chaud dans sa chambre provisoire le confortaient dans l'idée qu'il n'avait pas envie de mettre autre chose. Aussi, et ce uniquement pour rester poli, il n'ouvrit pas la bouche. Il se savait assez con à certains moments pour dire franchement ce qu'il avait pensé en deux secondes. Il préférait en venir à avoir froid et ce n'était pas cette couverture attirante gentiment lancée à ses côtés qui allait faire changer la donne.


    •C'est pas comme si on allait jouer cartes sur table tout de suite, je suis pas aussi sûr de moi mais ... disons que l'argent honnête ne m'aurait pas permis de venir aussi librement au Japon. Il faut parfois savoir tirer quelques ficelles et assumer ses choix. Ça apporte son lot de surprises aussi ...

Et il n'avait malheureusement pas l'intention d'en dire davantage pour le moment. Comment le pourrait-il ? Il avait envie de croire cet homme qui lui jurait qu'il n'était pas flic mais qui pouvait-on croire aujourd'hui ? Les gens malhonnêtes étaient plus nombreux chaque jour et ce n'était plus avec des belles paroles qu'on réussissait dans la vie. Certes, il avait plus ou moins répondu à sa question mais il avait aussi laissé planer un doute certain, genre mitigé. Une situation légale qui devait peut-être parfois passer du côté illégal pour survivre. Si Dorian pensait ça, alors c'était tant mieux. Qui sait, peut-être que plus tard, il allait réussir à digérer le fait qu'il avait en face de lui un ancien délinquant qui plumait les pauvres bridés à des jeux perdus d'avance. On pouvait pas lui en vouloir de voler l'argent aux autres, il était une sorte de Robin des Bois modernes avec le choix des nanas en plus ...
Par contre, apprendre que son interlocuteur était infirmier, ça lui en boucha un coin. Il paraissait si froid, si mature, si dur d'approche ... Comment pouvait-il réussir à ne pas tuer tous ces étudiants qui se pavanaient comme s'ils connaissaient tout de la vie ? Cameron les détestait, il ne comprenait pas Taylor qui était pourtant sa sœur alors les autres. Dorian semblait s'éloigner de lui. Rien de tragique mais le chemin qu'il avait choisi le rendait un peu moins étranger que lui. Une école privée, c'est complètement légal comme domaine, comment avait-il fait pour s'incruster à une telle place ? Rien à faire, il devait demander.


    •Dis-moi ... le gérant de l'école, c'est une femme ? Ou bien, t'as été pistonné ? Je doute pas de tes capacités à soigner les bouseux des écoles privées mais ... t'es pas du pays et t'as une bonne place. Disons une place correcte. T'as eu de la chance ? T'as raqué ?

Cameron avait envie d'y croire à cette réussite improbable d'un étranger dans un pays aussi fermé que le Japon mais il avait bien du mal. Les quelques mois qu'il avait passé ici lui montraient tellement à quel point il était trop grand pour eux, trop différent pour eux que ça sortait quasiment de l'impossible. Après, si c'était sincère, tant mieux. Il n'avait pas l'intention d'enquêter ou de rester borné sur ses positions. Dorian était peut-être l'exemple qu'il lui fallait pour changer d'avis. L'Américain n'enviait seulement pas sa place. Ne faire qu'un avec les bridés, c'était comme abandonner un peu de terrain. On peut pas faire la guerre à un pays et se serrer dans les bras plus tard. Il n'était pas raciste et condamnait les horreurs de ces guerres comme tout le monde mais il avait la rancune tenace.
Malgré cette discussion un peu houleuse dès le début, le brun était loin d'être mal à l'aise finalement. Sa tenue possiblement indécente lui était passée au-dessus depuis des lustres et les paroles spontanées qu'ils pouvaient tous deux avoir - bien qu'il s'avérait être un peu plus franc que Dorian - n'allaient faire qu'empirer les choses. Le pire, ce serait qu'il ... bah voilà. Exactement ça. Qu'il continue de boire en sa compagnie et là bah ... il n'y voyait aucun inconvénient.

{3 heures plus tard}

Cameron n'était plus à la même place qu'au début. Il avait pris la peine de se relever il y a plus de 2 heures pour venir squatter le lit de Dorian. Position assise, rien de tragique mais disons que les habitudes nippones à dormir au sol n'avaient pas encore percées chez lui et les bons vieux lits mis à disposition dans certaines chambres selon la demande était un appel au crime. Les cadavres de bières vides s'amoncelaient doucement au coin du meuble près du mur, la couverture lancée au sol tout à l'heure le recouvrait pratiquement entièrement depuis un bon moment et les langues n'étaient plus à quelques confidences supplémentaires. Les possibles remords sur sa venue au Japon avaient été traités avec beaucoup d'égard de la part de l'Egyptien, les blagues vaseuses qu'ils avaient pu partager sur les femmes d'ici leur laisseraient un bon souvenir en commun et le sujet finalement important du métier de Cameron ici avait été éventré dans toute sa longueur pour ne rien laisser au hasard. Hormis son passé en Amérique, Cameron ne lui cachait plus que l'existence troublante de Taylor ici. Jusque-là, Dorian n'avait pas remis le sujet sur la table et bien que légèrement éméché, le brun souhaitait fortement qu'il ne le fasse pas.


    • Je sais déjà que demain ou dans les jours à venir, je vais regretter d'en avoir dit autant. C'est pas mon genre, surtout en terre hostile mais là ... t'es un peu comme ma roue de secours. J'ai fait des kilomètres pour venir penser à autre chose et c'est tombé sur toi. Finalement, c'est peut-être pas plus mal ... On a 1 chance sur 127 millions de se revoir donc je me prends sûrement la tête pour rien.

Était-ce bien comme réaction, le fait d'exprimer sans honte son envie de ne pas revoir l’Égyptien après ça ? Ça pouvait se comprendre, Cameron était un homme à secrets, un homme avec un passé qui pouvait le faire couler bien bas mais depuis 3h maintenant, ils discutaient sans chercher à prendre le dessus sur l'autre, sans se moquer de surcroit et sans se sentir forcés. Rien ne les avait obligé à en dire tant alors que craignait Cameron ? Ça ... il n'était pas prêt de le dire.
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Dorian Fatalys
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MessageSujet: Re: Et si ... [CLOS]   Sam 16 Mai - 16:04

L'Egypte. C'était bien plus qu'un pays pour lui, bien plus qu'une simple destination de vacances. C'était sa vie, son enfance, ses problèmes. Chaque jour passé là-bas avait contribué à créer l'homme qu'il était aujourd'hui. Si imparfait par ailleurs. Comment pourrait-il avoir envie de retourner là où il avait ce destin tout tracé, là où les souvenirs d'une absence familiale et d'une enfance torturée étaient trop profonds ? De toute façon, aujourd'hui, c'était trop tard, il avait vendu tout ce qu'il avait obtenu par héritage et il ne possédait même plus de terres... pourtant il savait que c'était une fausse excuse. Il lui suffisait de passer un coup de fil pour reprendre la place qui lui était dû. Il n'en avait simplement pas envie.

- J'vois pas en quoi ça te dépasse. Si t'es parti toi aussi, c'est pour une raison particulière. Et bien moi aussi. Quand on grandit dans le même pays pendant trop longtemps, on ne le voit pas comme pourraient le voir les touristes ou les étrangers. Peu importe, on n'a pas besoin d'être d'accords.

Dorian n'était pas vexé ou quoique ce soit mais il ne comprenait pas qu'on puisse remettre en question ses choix. Il ne faisait jamais rien à la légère, jamais. Quitte à mettre trop de temps pour  prendre une décision d'ailleurs. Il se savait homme plutôt mature et réfléchi alors les choses n'étaient pas si simples qu'elle pouvaient paraître. La vie de tout un chacun est compliquée. Invariablement.
Cameron avait un caractère assez dur, il l'avait senti dès le début, rien que par son apparence. Il n'était pas le genre de gars influençable ou facilement surpris. Mais plutôt tout l'inverse. Il ne mâchait pas ses mots et avait même tendance à insinuer qu'il menait le jeu et que l'autre suivait. Il donnait l'impression à notre infirmier de courir pour rien.
Dorian avait peut-être trouvé là un 'semblable' ? Une parfaite copie ?

- Pourquoi pas, oui... dit-il sans chercher plus loin.

L'homme n'avait pas envie de se confier et Dorian n'était pas du genre à insister, surtout quand il sentait que l'autre côté se faufilait hors des brèches. Il avait posé la question pour parler, et pour être poli mais même s'il n'en connaissait pas le fin mot, ça ne l'empêcherait pas de dormir.

- Alors quoi ? Tu fais dans le délit de sale gueule ? J'ai une tête de con alors je peux pas être un infirmier respectable ?

Il se braqua. En une phrase, Cameron l'avait mis hors de lui. D'abord parce qu'il le faisait passer pour un incapable et aussi parce qu'il critiquait sa situation actuelle. Pour qui il se prenait lui ?

- Franchement, tu m'agaces. Tu te permets de balancer ce genre de phrase alors que t'es assis à moitié à poil dans ma piole, tu t'en rends compte ? Ma place, je l'ai gagné honnêtement, contrairement à toi visiblement et elle me convient très bien. T'aurais pas été capable d'en faire autant, alors je te conseille de t'auto-évaluer avant de juger les autres....

Là, l'ambiance s'était légèrement tendue d'un cran. Dorian avait un égo assez haut placé et il ne supportait pas qu'on critique quelque chose sur lui, que ce soit son travail, ses choix, ses vêtements, sa coiffure, peu importe. Il ne supportait pas la critique. Et encore moins d'un inconnu qui semblait incapable de gagner son pain par la voie légale. Les étrangers étaient vraiment les pires cons que la terre ait porté.

Mais finalement, entre hommes, tout vient, tout passe, non ? Les piques avaient fusés, les remarques avait volés, les hommes s'étaient levés, agacés, acharnés puis résignés. Ils avaient la même façon de voir les choses, la même façon de se comporter avec les gens. Leurs routes s'étaient juste séparées à un petit endroit et Cameron semblait avoir de l'amertume vis à vis de ça. Et bien tant pis, il aura qu'à tenter de le rattraper l'infirmier... qui vivra verra...

En attendant, le temps s'était écoulé, les sujets de conversations aussi, et il semblerait que les deux hommes semblaient prêts à reprendre leur chemin respectif. Cameron avait été clair, il ne comptait pas revoir Dorian mais c'est toujours sur ces personnes là justement qu'on tombe par hasard.
Dorian n'était pas sûr de vouloir recroiser le pavé non plus avec Cameron. Il semblait avoir une vie légèrement merdique et Dorian avait bien assez de soucis et de questions à se poser pour pouvoir gérer ceux des autres. Ou plutôt d'un autre.

L'Américain ne s'en était peut-être pas rendu compte mais il avait beaucoup parlé, bien plus que Dorian. Non pas que Dorian ne souhaite pas se confier ou lâcher un peu de ce fardeau qui l'encombre mais il était patient, et surtout il savait qu'ils se retrouveraient...
Comment ? Intuition masculine... tout ne peut pas non plus être réservé aux femmes...

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