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 Your God is dead | Yoit-yoit |

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Naoki Hayashi
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HnM
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MessageSujet: Your God is dead | Yoit-yoit |   Lun 6 Mar - 22:03

Ah… La fatigue des examens. Passer de longues journées et de longues nuits à réviser pour se préparer au maximum. L'envie que ça se finisse vite, mais aussi que ça les jours ne bougent plus juste avant que ça ne commence. Voir que la semaine et trop longue et à la fois trop rapide. Etre paniqué sur une matière qu'on estime ne pas avoir assez bien réviser, priant pour ne pas tomber un point du programme qu'on n'a pas trop compris, et finalement on tombe dessus. Se ronger les ongles pour savoir si on a notre année.
Voir la fin de la semaine, la dernière ligne droite et y mettre toute son énergie pour arriver sur les rotules après la ligne d'arrivée. Tout le monde connaissait ça. Tout le monde, sauf Naoki. Tous les experts disaient qu'il ne fallait pas trop réviser avant les examens et bien dormir. Personne n'écoutait. Sauf Naoki. Enfin, fallait-il qu'il ait déjà ouvert ses cours. Mais pour ouvrir ses cours, fallait-il aussi les avoir… Bref, tout ça pour dire que contrairement aux autres étudiants, Nao pétait la forme, et il était prêt à sortir le soir-même pour fêter la fin des examens.

Non, il n'était pas le moins du monde stressé par son futur échecs convaincu que ses parents arriveraient à le sauver in extremis, comme d'habitude. Oui, c'était toujours eux qui allaient aux devants des problèmes. Pour le I don't care, sa spécialité c'était la fuite. En parlant de fuite, il fit un demi-tour en voyant une tête bleu, sans savoir si c'était Yoite ou non. Il évitait ce dernier depuis presque un an, désormais, n'ayant pas digérer le coup qu'il lui avait fait à l'hotel. Pourtant, son aîné s'était démené pour essayer de renouer le contact. Il était venu chez lui le lendemain pour s'excuser. Il s'était retrouvé devant une gastro… Y avait plus glam, et pris de pitié, Yoite l'avait laissé se reposer. Il avait tenté de l'appeler, Naoki l'avait bloqué. Kyosuke lui avait donné un mot de sa part, il avait brûlé le papier sous ses yeux pour lui faire comprendre qu'il ne voulait pas en entendre parler et il s'était montré inhabituellement distant par la suite. Et puis, les rares fois où il avait croisé le connard en chef, sa petite victime avait réussi à se noyer dans la masse pour ne pas être suivi. Comme maintenant.

Il sentit son portable vibré, et il s'arrêta pour lire le message d'un de ses amis, ou plutôt une de ses connaissance. Naoki n'avait pas spécialement d'amis, puisqu'il bouffait à tous les râteliers.

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Il soupira. Bon, cette semaine se finissait mal, finalement. Le prof voulait parler de son avenir… Il était pas contre l'idée, mais il fallait déjà qu'il ait une quelconque idée de ce qu'il voulait faire. A part continuer à faire la fête, il ne voyait pas trop. D'ailleurs, ses plans d'avenir se limitait au soir-même. Pas aux 20 prochaines années. C'était quoi cette pression ?
Il prit la direction de l'amphi, mais bien évidemment, il ne mit pas bien longtemps à se perdre. Déjà qu'il savait même pas où était cette salle de merde… Il finit par demander son chemin, et ô gloire, il finit par trouver.

-Excusez-moi, je me suis perdu.

Il regarda les alentours à la recherche d'une tête. Avec les cheveux grisonnants ou un ventre qui déborde. Ouais, il tapait directement dans les clichés le Naoki.

-Y a quelqu'un ?

Peut-être que le professeur en avait eu finalement marre d'attendre et s'était barré convaincu que son élève désespérant ne viendrait pas. Il haussa les épaules bien content d'éviter une discussion épineuse, et prit le chemin de la sortie. Mais le chemin était tellement semé d'embûche… Naoki devint blanc pour voyant ce qui bloquait la libération. Une tête aux cheveux bleu foncé, pas très grand, mais tellement sexy… Euh, tellement, tellement… Pas sexy.

Putain, Nao, fais un effort ! C'est Yoite, celui qui t'avait fait un coup foireux ! Un connard ! Il se pinça l'arrête du nez et ferma les yeux, tentant de se concentrer sur sa haine. Mais non, ça ne marchait pas vraiment. En fait, il avait surtout peur. Avec les nombreux vents qu'il lui avait donné, Yoite voulait peut-être se venger. Il déglutit un peu, cherchant un moyen de sortir sans se faire attraper par le croquemitaine.

Ca c'était… Vil…  Attendre dans un coin, tapis dans l'ombre.

-Y-y a u-un prof qui m'atten-tendais… Il l'a vu ?

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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: Your God is dead | Yoit-yoit |   Sam 18 Mar - 19:00

Depuis 1 mois, Yoite se concentrait sur les examens, il avait réussi à mettre tout le reste de côté pour donner le meilleur de lui-même, réussir à passer en 3ième année pour ne pas avoir davantage d'écart avec sa bande d'amis même s'il savait qu'il allait survivre sans eux. Le mois fut atrocement douloureux pour lui, comme tous les ans. Non seulement parce qu'il détestait réviser, rester enfermé et apprendre des trucs qui n'allaient jamais servir à rien mais surtout parce qu'il avait bien d'autres choses à faire! Entre autre de parler à Naoki.
1 an.
1 an qu'ils ne s'étaient pas reparlés tous les deux, 1 an que Naoki le fuyait comme la peste depuis ce fameux soir à l'hôtel. Yoite voulait bien reconnaître qu'il s'y était mal pris pour lui faire comprendre qu'il l'aimait encore plus qu'un amant, qu'il était son ami précieux mais après autant de temps, y avait prescription. On aurait presque dit qu'il avait tué quelqu'un de sa famille, qu'il l'avait violé ou qu'il avait été témoin d'un meurtre. Franchement, à part une frustration compréhensive et une déception intense, y avait pas mort d'homme!
Le lendemain de l'hôtel, Yoite avait pris son courage à deux mains pour aller chez Nao, revoir sa mère depuis des années et être chaleureusement accueilli par celle-ci malgré son apparence. Elle avait été très gentille, surtout compatissante de voir un ami de son fils se déplacer pour lui rendre visite ... alors qu'il était cloué au lit. Sans réelle surprise vu ce qu'il s'était passé mais ça, il le garda pour lui. A la place, Yoite se chargea simplement de lui rendre son téléphone pour être sûr qu'il allait pouvoir le contacter. Il ne sut jamais si, ce jour-là, Nao était réveillé.
La suite ne fut pas plus satisfaisante. Tous ses appels furent rejetés avant d'aller directement sur la messagerie, sa lettre n'eut jamais de réponse et même sa tentative à travers Sa-chan fut un échec. Sincèrement, Yoite le prenait mal de ne pas pouvoir s'expliquer, il se savait immature mais là, ça battait tous les records! Ils étaient adultes, ils n'allaient pas pouvoir s'éviter toute leur vie!

Mais là, alors que les examens venaient de se terminer, Yoite avait enfin trouver la solution. A force de traquer Nao, de le croiser au hasard dans l'académie, il avait fini par connaître sa bande de potes et s'était finalement décidé à opter pour une manière moins douce : le chantage. Rien à foutre que Naoki le prenne mal qu'il passe par ses amis, il n'avait qu'à accepter de le voir avant!
L'ami en question, Matsuda, ne fut pas très difficile à convaincre, il avait lui aussi remarqué le changement de comportement de son pote et souhaitait que tout ça s'arrange. En évitant bien sûr de dire pourquoi, Yoite réussit à lui faire envoyer un message lui disant de venir dans un des amphis de l'académie. Après préparation de son plan, le petit japonais savait que celui-ci serait vide et qu'ils auraient ainsi tout le temps de s'expliquer!

Le temps fut long, Naoki n'arriva pas aussi vite que prévu. Au départ, Yoite pensa même qu'il avait pigé la supercherie et qu'il se moquait de lui à travers une fenêtre en le voyant bêtement poireauter mais après 15 minutes de retard, il le vit enfin. Passer juste à côté de lui sans même le remarquer, ça faisait des mois qu'ils n'avaient pas été aussi près l'un de l'autre, même entendre sa voix lui fit rater un battement de cœur. C'était tellement con d'en être arrivé là mais au fond, Yoite ne regrettait rien. Dans ses fantasmes, il n'avait cessé d'imaginer le corps de Naoki rien que pour lui et désormais il savait à quoi il ressemblait. Il s'en voulait de le désirer à ce point-là mais il devait se faire violence, il comptait trop pour lui pour qu'il abandonne les choses comme ça même si franchement, il en avait ras-le-bol.

Doucement, Yoite laissa la porte se refermer et se déplaça enfin, sortant de l'ombre que celle-ci lui avait offert quelque temps. Désormais, Naoki ne pouvait que le voir, cet amphithéâtre n'avait qu'une sortie de disponible car il avait prit soin de bloquer l'autre. Surtout, il devait rester calme et intégrer le fait que son "ami" allait mal réagir de cette embuscade mais il avait tellement envie de le toucher, de s'excuser en le serrant dans ses bras mais c'était réellement pas le bon timing.
Soudain, leurs regards se croisèrent. Ça y est, Naoki l'avait vu et sa réaction fut douloureuse. Son visage s'était décomposé! Est-ce qu'il avait autant souffert que ça?! Voyons! Sa voix fut même hésitante et Yoite fut surpris. Voilà ce qu'ils étaient devenus l'un pour l'autre? De complets inconnus? Où était leur complicité des dernières semaines ensemble? Ces instants chaleureux qu'ils avaient partagés? Putain, ça le faisait chier!


"Y a pas de prof! Je voulais que tu viennes ici, on doit parler et tu le sais très bien. Je te demande juste de m'écouter, de me laisser m'expliquer sur ma réaction cette nuit-là."

Qu'est-ce que ça allait changer au fond?
Avec tout ce temps passé à fuir, Naoki ne risquait pas de revenir vers lui de sitôt même s'il réussissait à lui pardonner un jour. Quelque chose s'était cassé entre eux ce soir-là mais bien plus que cet épisode douloureux, il y avait des questions sans réponse. Pourquoi est-ce que Naoki s'était laissé aller à ce point-là avec lui dans ce lit? Pourquoi est-ce qu'il l'avait aussi mal pris qu'il arrête avant la fin? N'avait-il pas ressenti la tendresse de Yoite dans ses gestes? Il avait été clair qu'il en mourrait d'envie lui aussi, n'importe qui aurait prit le temps de comprendre, aurait posé des questions. Mais non, Nao s'était juste contenté de fuir, comme s'il avait enfin réalisé ce qui se passait. Alors quoi? Est-ce qu'il avait finalement honte de recroiser son regard? Ce n'était pas grave, ils pouvaient simplement tenter d'oublier ça si ça le gênait. Mais ils devaient parler!

Restant près de la seule porte disponible, Yoite se refusait de faire un pas. Déjà, parce qu'il savait que Naoki allait tenter de s'en aller et qu'avec un énième échec, il risquait fort d'avoir juste envie d'abandonner et surtout parce que s'approcher de lui, lui était trop douloureux. Il paraissait tellement mal à l'aise, tellement fragile aussi.


"Tu aurais pu répondre à mes appels, ou à ma lettre si t'étais pas capable de parler. Est-ce que tu l'as au moins lu? Est-ce que tu as compris pourquoi j'ai refusé d'aller jusqu'au bout avec toi?"

Sincèrement, il aurait aimé prendre plus de temps avant d'en venir directement au fait mais il avait comme l'impression qu'il ne disposait pas de beaucoup de temps devant lui et qu'il devait vite lui arracher les mots de la bouche. Il devait surtout le faire réagir, le faire parler. Une fois lancé, sûrement que Naoki allait enfin vider son sac et Yoite était prêt à s'en manger plein la gueule, il était venu préparé depuis 1 an et rien de ce qui allait être dit ici ne l'empêcherait de s'excuser. Il savait qu'il lui avait fait du mal, il était même prêt à faire ce qu'il voulait pour réparer les choses mais d'abord, cette situation devait cesser.
Désormais, il ne restait plus qu'à attendre que Nao accepte le dialogue sinon Yoite avait prévu une solution de secours. Plus radicale, plus vulgaire mais s'il devait en arriver là pour que son ami veuille lui reparler ... alors soit!

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Naoki Hayashi
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MessageSujet: Re: Your God is dead | Yoit-yoit |   Lun 20 Mar - 18:37

Bon, il devait avouer qu'il ne s'était pas attendu à retrouver Yoite. Enfin quoi, ça faisait un an que ce dernier le suivait. Il pensait qu'il allait bien finir par laisser tomber, mais non, son voisin continuait inlassablement à le poursuivre. Preuve qu'il tenait à Nono, mais ce dernier n'avait pas besoin de ça. Il voulait juste oublier, se fichant de ce que Yoite pensait. Même après un an, la douleur était restée vive. Même si ce n'était pas la fin du monde pour une personne expérimentée, pour Naoki qui s'était sans doute livré pour la première fois, sans mettre la moindre barrière, le choc lui avait été fatal. Il s'était demandé ce qui clochait chez lui. S'il était si repoussant que ça. Si quelque chose dans son comportement avait poussé Yoite à revenir en arrière. Il n'avait pas trouvé une réponse précise, mais pour lui ça ne faisait aucun doute que c'était de sa faute. Le jeune homme n'avait pas besoin d'avoir la confirmation de son aîné. Il ne voulait pas entendre sa voix, ni voir son écriture pour lui dire qu'il s'était comporté comme un enfant que ça l'avait fait… redescendre. Ni d'entendre qu'il n'était pas assez sexy, ni qu'il n'avait pas assez d'expérience pour lui plaire.
Il ne voulait plus rien à faire avec lui. Et ça lui avait servi de leçon. Plus jamais il ne se laisserait aller comme ça. Avec personne. Pire que tout, non seulement Yoite avait écrabouillé le peu de confiance en lui, mais en plus, désormais il devait apprendre à regarder la réalité en face : les filles ne l'intéressaient absolument pas. C'était bien les torses musclés, les bras protecteurs et fermes qui l'attiraient, et non les poitrines et les bras doux et tendres.

Naoki lui en voulait pour tout ça. Mais bizarrement, pour le piège qu'il venait de lui tendre… Non. Il était désespéré à sa façon. Et niveau désespoir, le petit I don't care en connaissait un rayon. Mais ce n'était pas pour autant qu'il avait envie de rester sagement que ça se finisse. Mine de rien, il était prêt à s'en voler dès que Yoite s'éloignerait un peu de la porte. Il était certain de réussir. Il avait un doctorat en « courage, fuyons » et en « je suis une anguille ». Mais juste au cas où, il jeta un coup d'oeil derrière lui pour savoir s'il y avait une autre issue. Il vit une porte… Mais bizarrement, il n'avait pas envie de la tenter, puisqu'il ne savait pas ce qu'il y avait derrière. Si en temps normal Naoki aurait été curieux, là ce n'était pas vraiment le moment de jouer avec le feu.
Mais avant ça, il devrait peut-être répondre à son ancien presque plan fesses. Histoire de gagner un peu de temps.

-O-oui… ?

Non. Et c'était clairement un non. Il donnait l'impression de répondre à un professeur à la question « as-tu révisé ? », la réponse était évidemment oui, on ne répondait jamais non, mais c'était la suite qui était à craindre qui donnait sur les questions de cours. Bah là, c'était pareil. Naoki sentait qu'il devait dire oui, histoire de ne pas froisser Yoite ou le foutre en rogne, mais s'il lui demandait ce qu'il y avait écrit, Nono était foutu, et ça se voyait sur son visage. Il était peut-être doué pour poser pour les photos, mais être acteurs se n'était définitivement pas une branche envisageable. En tout cas, pas avec Yoite qui lui donnait la réplique. Il baissa la tête, regardant ses chaussures, trouvant ses lacets soudain dignes d'intérêt.

-J'ai pas spécialement envie d'en parler, Yoite. T'as pas voulu, t'as pas voulu, fin de l'histoire. C'est… comme ça…

Il s'était retenu de dire « C'est pas la peine de continuer à me parler, moi j'ai pas envie », mais le petit I don't care n'avait pas envie de blessé le japonais, surtout que ça pouvait facilement se retourner contre lui, et il était hors de question de prendre le moindre risque tant que son voisin restait collé à la porte. Il lui lança un petit coup d'oeil timide, proche du chaton en détresse, tout en pointant la porte de son index.

-Je peux partir, s'il te plait… J'ai plein de choses à faire…

Genre, cette excuse allait marcher. Lui-même savait que si Yoite le laissait partir ce n'était certainement pas parce qu'il avait « plein de chose à faire ».

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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: Your God is dead | Yoit-yoit |   Ven 31 Mar - 13:20

En un an, Yoite avait eu le temps d'imaginer toutes sortes de raisons qui auraient pu pousser Naoki à le fuir avec autant de rage. Il avait d'abord tout misé sur la fierté, la honte d'avoir été "rejeté" mais il ne fallait pas autant de temps pour s'en remettre surtout si d'autres relations depuis pouvaient avoir effacé tout ça. Après, la scène avait été assez traumatisante il l'avouait volontiers. Lui, il s'était déjà pris des râteaux mais c'était bien avant d'avoir un minimum d'espoir et ça faisait donc moins mal. L'I don't care savait qu'il avait fauté, mal géré dans ses réactions et c'était pour ça qu'il s'accrochait autant, il se sentait coupable.
Bien sûr, il avait aussi imaginé que Naoki avait ouvert les yeux et qu'il en voulait à Yoite d'avoir "abusé" de lui alors qu'il était alcoolisé, qu'en tant qu'hétéro il ne pouvait pas pardonner ça. Yoi ne s'attendait pas à ce qu'ils redeviennent de très bons amis voire de simples amis, mais qu'ils prennent au moins le temps de clarifier les choses. Rester dans cette situation le rendait fou et les réactions de Naoki quand il l'apercevait lui montaient franchement au nez. Qu'il reste neutre, qu'il fasse comme s'ils ne se connaissaient pas, pourquoi pas mais qu'il le fuit, qu'il l'ignore ... non. Il voulait comprendre pourquoi Nao était si fâché et il voulait s'excuser.
Alors oui, un an à le pourchasser, ça pouvait finir par paraître suspect mais il n'en n'avait rien à cirer. Les autres pouvaient penser ce qu'ils voulaient, Yoite restait persuadé qu'il l'aurait à l'usure, que Naoki allait finir par prendre le temps de lui parler, ne serait-ce que pour pouvoir passer à autre chose. Le fait de le coincer dans un amphithéâtre n'était qu'un petit coup de pouce au destin!

Et comme cette chance risquait de ne jamais se représenter, Yoite ne perdit pas de temps et alla droit au but. Inutile de lui demander comment il allait, s'il sortait avec quelqu'un juste pour faire la conversation, ça ne ferait que faire monter une pression franchement inutile. Non, ils devaient s'expliquer, s'énerver, se gueuler dessus même mais parler!
...
En tout cas Yoite, lui, se sentait prêt à parler mais apparemment, ce n'était pas le cas de Nao. Non seulement il lui mentait en croyant dur comme fer qu'il n'y verrait rien et ensuite, il lui disait "y a pas de problème" en gros et "je m'en vais". Non mais là, faut arrêter hein. C'était sûrement très gênant pour Nono de revenir sur ce passage de sa vie mais c'était aussi assez déroutant pour Yoite de donner de sa personne comme ça. Il n'était pas connu pour assumer quoique ce soit à part son homosexualité, il fuyait au moindre danger et ne s'excusait pas en bon égoïste qu'il était. Là, il avait mis sa fierté de côté pour le traquer pendant un an, laissant des morceaux de lui-même dans chaque tentative, il se trouvait face à lui aujourd'hui avec toute l'humilité dont il pouvait faire preuve et ... rien? Hors de question!

Se décollant de la porte, commençant déjà à sentir les nerfs le prendre aux tripes, Yoite s'approcha de Naoki en espérant que cette manœuvre aurait le don de le faire réagir, de le faire parler. La fuite? Il y avait aussi pensé mais ce n'était pas comme si c'était la fin de tout. Yoite réessaierait de lui parler jusqu'à ce qu'il finisse par se lasser et se convaincre que Naoki n'en valait pas la peine et qu'ils n'avaient plus rien à se dire. Dire adieu à jamais à une amitié ne lui était encore jamais arrivé et sûrement que ça allait jouer sur son moral pendant un certain temps mais les regrets n'allaient pas durer surtout s'il avait tout tenté.


"T'en n'as pas envie ou t'es trop gêné? Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu m'en veux plus, que tu me pardonnes? Si c'était vraiment le cas, t'aurais cessé de me fuir depuis des mois déjà! Je comprends que tu sois fâché, humilié, choqué ou que sais-je encore mais je suis pas là pour te mettre 6 pieds sous terre et te citer tes torts."

Franchement, il crevait d'envie de lui dire "excuse-moi" mais il voulait que ses paroles soient bien entendues et le dire maintenant tomberait directement dans l'oreille d'un sourd.
Naoki ne semblait pas se rendre pas compte qu'il avait beaucoup d'importance à ses yeux, qu'il comptait pour lui et que c'était pour ça qu'ils en arrivaient là aujourd'hui. Jamais Yoite n'avait voulu le blesser, jamais il ne s'était imaginé succomber à ses désirs en lui enlevant tous ses vêtements. Il s'était promis de ne pas le toucher, de le protéger tout en restant proche et ... il avait fait l'inverse simplement parce que Nao avait montré une expression de visage qu'il n'avait jamais vu. Il se sentait faible comme être humain, faible d'avoir succombé aux souhaits d'un ami bourré et perdu, honteux d'avoir pensé que ce n'était pas grave s'ils couchaient ensemble après tout, et particulièrement coupable d'avoir laissé Naoki croire que tout était de sa faute. Sa réputation n'était plus à faire, il était même dit qu'il couchait avec n'importe quel mec qui le lui demandait ... sauf Naoki. A ses yeux, c'était une véritable preuve d'attachement mais quand on y pensait, ça faisait surtout de Nao quelqu'un d'unique, le vilain petit canard, l'exclu face au monde entier.
Yoite avait mis beaucoup de temps à réaliser l'impact de ses paroles et de ses gestes. Il devait s'excuser.


"Si t'avais vraiment lu ma lettre, tu me regarderais différemment, tu serais peut-être même venu vers moi de ton plein gré. J'ai fait une erreur, j'en paye déjà le prix depuis 1 an mais je continuerai à insister jusqu'à ce qu'on discute tous les deux. Tu m'as abandonné une fois mais j'étais trop jeune pour réagir. Aujourd'hui, je te laisserai pas partir."

C'était de bien belles paroles, sûrement encore un peu maladroites.
Yoite ne ressentait pas d'amour pour Naoki, hormis celui d'un réel ami, d'un attachement dans le temps, d'une part de lui-même. Il n'avait plus personne sur qui compter depuis que son oncle était parti et revoir Naoki avait fait ressortir des émotions qu'il pensait perdues à jamais.
L'idée même que Nao n'entende pas ses mots ne lui traversait pas l'esprit, encore moins le fait que désormais la porte de sortie était entièrement à sa portée. Yoite ne prendrait pas sa suite si son ami choisissait de partir maintenant, il serait trop déçu, trop vexé aussi. Comment garder le moral en ayant donné autant de soi ... pour rien?
Sincèrement, il espérait avoir un peu touché Nono, suffisamment pour qu'il parle. Bégaye, grogne, pleure ... qu'importe, tant qu'il réagissait autrement que par la fuite.

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Naoki Hayashi
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MessageSujet: Re: Your God is dead | Yoit-yoit |   Mar 4 Avr - 22:58

Naoki n’avait pas pu s’empêcher de faire un pas en arrière lorsque Yoite s’était rapproché. Il avait d’ailleurs faillit louper la marche et s’était rattrapé de justesse. Il n’avait pas spécialement peur du I don’t care, c’était juste… Qu’il n’avait pas envie de s’approcher de lui. Il était bien trop conscient de sa présence. Par contre, Nono savait que Yoite serait sans doute blesser par son mouvement de recul, et il détourna les yeux pour ne pas voir cette expression. Lui-même était gêné, et il croisa les bras, espérant sans doute que ce geste le protégerait.
Avant de baisser inévitablement la tête. Bien sûr, il était fâché, humilié, choqué… Mais si ce n’était que ça, au bout d’un an, il ne serait pas en train de le fuir, il arriverait à afficher une froide indifférence. Là, il était carrément blessé : Yoite l’avait violemment rejeté, alors qu’il couchait avec tout le monde, et en plus, c’était la première fois que le plus jeune se montrait honnête envers lui-même. Yoite l’avait allumé, lui avait donné du plaisir, et il avait décidé d’avorter tout, au pire moment. Rien que d’y penser, Naoki se sentait toujours en colère et blessé. Même après un an.

Il pourrait lui dire tout ça, mais… Non. Déjà qu’il devait composer avec lui-même, il n’avait aucune envie de faire entrer Yoite dans ses tourments. Surtout pas avec ce qu’il lui avait fait. Et puis, il y avait bien un truc qui l’avait fait tiquer.

-Je crois pas que mes torts valent les tiens.

Il ne l’avait pas dit trop fort non plus, et il l’avait plus grogné qu’autre chose. Il n’avait aucune envie d’entrer dans une guerre ouverte avec son voisin. Trop de complications. En fait, il voulait juste se barrer. Il loucha de nouveau vers la porte, avant de jeter un coup d’oeil à Yoite. Il restait toujours trop près de cette dernière, et il ne pourrait pas l’éviter avec ses bras musclés et sex… Ses bras. Ses bras, tout court, c’est bien.

-J’avais pas envie de lire ta lettre. Et je veux toujours pas. Et je serais pas venu, non plus. Et puis, c’est trop tard.

Ses arguments étaient tellement bons. Yoite voulait faire avancer la situation. Naoki voulait qu’elle stagne. Dès le début, il y avait une divergence d’opinion.

-Et puis, j’ai d’autr’ choses à penser plutôt qu’une pauv’ nuit comme ça, tu vois ? T’es pas le centr’ de mes précupations.

Faux. Il était en plein dedans. Son avenir était complètement passé à la trappe. Même si, ça ne l’avait jamais préoccupé. Papa et maman étaient là, après tout. Néanmoins, il fallait donner le change à son voisin, et c’était pas franchement évident. Même s’il faisait semblant d’être assuré, restant bien en place dans ses idées, il avait toujours envie de se barrer.
D’ailleurs, il décida enfin de s’approcher du Japonais mais assez rapidement. Il ne voulait pas respirer son odeur, et encore moins qu’il voit ses mains tremblantes. Et il était tellement obnubilé par l’idée de ne pas le voir, ne pas le toucher, sentir le moins possible sa présence tout en passant rapidement… Qu’il loupa une marche. Il shoota dedans avant de s’étaler par terre, ses mains ayant tout de même réussi à sauver ses genoux.
Et pour une fois, son cerveau alla très vite. Naoki savait qu’il donnait une belle vue sur ses fesses, et il se retourna aussitôt, cherchant à les cacher. Traumatisé ? Nooooon. Il protégeait seulement ses arrières. Au propre comme au figuré.

Il se releva assez rapidement comme ci de rien n’était, malgré ses joues rouges dévoilant sa honte. Voilà, il voulait partir comme un prince, et il finissait dans le rôle de bouffon. Mais il y croyait encore, et il regarda Yoite quelques secondes, avant de réellement courir vers la sortie. Adieu, la sortie classe, bonjour la sortie de lâche.

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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: Your God is dead | Yoit-yoit |   Lun 17 Avr - 15:54

Ça, c'était douloureux. Particulièrement blessant, encore plus de la part de Naoki. Car bon, les mouvements de recul à son égard, ce n'était pas nouveau du tout, Sa-chan en avait fait des millions depuis leur rencontre mais Nao ... ce mec qui s'était collé contre lui dans le lit de Yoi le jour où ils s'étaient revus, celui qui semblait adorer les câlins même avec des inconnus, ne voulait même pas l'effleurer? Qu'est-ce qu'il craignait? Qu'il lui donne une maladie? Qu'il lui fasse mal? Est-ce qu'il avait peur de lui depuis cette soirée? Aux dernières nouvelles, Naoki avait été entièrement consentant et pourtant, son comportement commençait étrangement à ressembler à celui d'une victime de viol ...
Tentant de se calmer en laissant juste passer un soupir plutôt qu'avec des mots qui risquaient de dépasser sa pensée, Yoite vit bien ce regard fuyant qui exprimait encore davantage le malaise entre eux, comme si tout ce qui s'était passé bien avant était totalement oublié. Lui n'avait pas bu tant que ça ce soir-là et se souvenait très bien de ce qu'il s'était passé. Rien ne valait un tel rejet. Mais au moins, ses mots commençaient à avoir un impact sur Nao, à le faire parler, à le laisser doucement exprimer ce qu'il ressentait. Sans aucune surprise, il était fâché.


"J'ai pas dit ça. J'ai rien à te reprocher pour cette nuit-là mais par contre, depuis ... je considère que tu en fais un peu trop."

Mais tout ça, c'était sûrement maladroit aussi.
Yoite avait l'expérience, l'habitude, beaucoup plus de caractère aussi. Forcément, réagir de cette façon pour lui, c'était grossier et presque ridicule. Pourtant, il respectait Naoki et comprenait entièrement ses réactions, il avait juste du mal à mettre de côté que ça faisait 1 an et qu'il était temps de grandir, qu'un tel comportement ne devait pas exister entre eux deux, qu'ils n'étaient pas des inconnus l'un pour l'autre. A croire que Nao ne le respectait pas lui et n'envisageait même pas l'idée de lui laisser une chance de s'expliquer voire une simple seconde chance.

D'ailleurs, la suite le lui prouva. Nao laissa entendre qu'il ne voulait plus jamais entendre parler de lui et qu'il ne changerait pas d'avis. Il tiqua un peu sur le "il est trop tard" et eut la forte envie de lui répondre "la faute à qui?" mais se retint. Yoite avait conscience que s'énerver n'allait pas arranger les choses, on se sortait toujours mieux d'une situation quand on restait maître de ses émotions et ainsi, de ses mots. Mais son voisin continua sur sa lancée, soudainement motivé à dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Mais ce n'était en rien des explications, c'étaient des reproches, une façon comme une autre de nier l'évidence, d'éviter la discussion. Ça devenait rageant!


"Une pauv' nuit? C'est ça qu ..."

Surpris, Yoite le fut par deux fois.
Première fois, quand Naoki bougea en filant direct vers la porte de sortie, coupant Yoite dans sa discussion et faisant ainsi passer un message très négatif aux yeux du petit I don't care. Il s'efforçait de lui faire entendre ses mots depuis tout à l'heure, et Naoki cherchait juste un moyen de s'en aller, de le fuir. C'était pire qu'un mouvement de recul, c'était carrément vexant comme choix.
Deuxième fois, quand il tomba. Non pas que c'était surprenant, on parlait de Nao quand même, mais plutôt cette réaction rapide à cacher son arrière-train comme si Yoite allait en profiter pour finir ce qu'il avait commencé. Alors quoi? Est-ce qu'un nouveau message s'incrustait dans leurs explications? Est-ce que Nao pensait que Yoite le suivait depuis 1 an pour pouvoir enfin le prendre? Est-ce qu'il ne voyait en lui qu'un pervers égoïste? Franchement, il accumulait les gestes blessants et Yoite commençait à se demander si ce n'était pas son but premier "blesser pour rendre la monnaie". Il avait le droit de lui en faire baver mais il pouvait aussi le faire de manière plus mature et s'exprimer d'abord ...

C'est là qu'il croisa son regard, juste quelques secondes, avant qu'il ne se mette à nouveau à fuir vers la sortie. Un regard presque d'adieu, un regard perdu, blessé et si Yoite avait pu ressentir une certaine envie de le laisser s'en aller et d'abandonner toute future tentative de réconciliation, ce fut ce regard qui le dirigea dans l'autre sens.
D'un geste rapide lui aussi, Yoite grimpa les marches et chopa le bras de Naoki alors qu'il le poussait contre cette porte qu'il espérait tant atteindre. Lui collant la face contre ladite porte alors qu'il lui tenait le bras dans le dos, Yoite se colla contre lui d'un geste énervé malgré lui.


"Tu caches ton cul comme si tu craignais que je te saute dessus. Alors quoi, c'est ça que tu n'arrives pas à me dire? C'est pour ça que tu m'en veux autant? Tu es fâché parce que j'ai pas été jusqu'au bout avec toi? Très bien!

Se reculant et lâchant ainsi le bras de Naoki, Yoite ne s'éloigna pas trop mais n'avait plus ce visage coupable sur lui. Il venait de prendre une décision radicale mais à priori nécessaire, un choix qu'il avait craint depuis ce soir-là, une possibilité qu'il ne pensait pas réelle mais qui prenait quand même beaucoup d'avance sur les autres.
Avec l'agacement palpable dans la voix, il continua :


"Baisse ton pantalon."

3 mots qu'il n'était pas venu pour prononcer, qu'il avait même banni de ses pensées liées à Naoki. Mais si vraiment c'était ça le problème, si son pote d'enfance se trouvait frustré sexuellement, humilié de ne pas avoir été pris comme n'importe quel autre homme de cette académie passé dans ses bras, alors soit! Le petit japonais était prêt à faire ce sacrifice mais Naoki devait comprendre son point de vue avant qu'ils n'aillent "plus loin", ils devaient comprendre ce que Yoite avait tenté d'expliquer dans sa lettre, dans ses appels, dans sa poursuite incessante de dialogues :

"Si tu veux qu'on baise, alors on va baiser et je t'assure que tu vas aimer ça. Mais ce sera la seule et unique fois qu'on fera ça tous les deux. Je te considère pas comme un de mes amants, tu comptes 10 fois plus que ça à mes yeux mais si vraiment tu tiens tant à ce qu'on en arrive là, alors ok mais sache que je ne t'adresserai plus la parole après ça. Tu es mon ami d'enfance, mon meilleur ami et si on franchit cette limite, jamais je me le pardonnerai. Mais puisqu'on n'arrive déjà plus à se parler tous les deux, qu'est-ce que j'ai à perdre hein?! Si on couche ensemble, toi tu seras au moins satisfait et moi, j'arrêterai de te poursuivre en me sentant coupable."

Jamais Yoite n'était venu dans cet amphithéâtre en pensant prononcer ces mots. Il ne le cachait pas, il avait envie de coucher avec Naoki et ce bien avant cette fameuse nuit mais il connaissait les conséquences d'un acte aussi puéril, d'une amitié réduite à néant juste pour 1h de plaisir. Et même si ça permettait à Naoki de se sentir mieux dans sa peau après ça, de mettre de côté le principe d'être rejeté par celui qui dit jamais non, ce n'était pas suffisant pour rendre Yoite heureux.
Il espérait que ses mots réussiraient à faire comprendre à Nao qu'ils étaient un peu coincés tous les deux, que si l'un cédait à l'autre, c'était pas forcément pour le meilleur. Il espérait aussi que son ami allait dire "non" car même s'il ressentait cette envie de finir ce qu'il avait commencé, il ne se sentait pas du tout dans l'ambiance actuellement et risquait même de ne pas réussir tant il était agacé. Cet éventuel rapport risquait d'être une corvée et aucun des deux n'allait en ressortir satisfait. Mais il avait pris une décision, risquée, dangereuse, qu'il était prêt à respecter et à assumer malgré ce qu'on pourrait lui dire à l'avenir.
Soit Naoki acceptait et Yoite prenait ensuite définitivement ses distances. Soit Naoki refusait et ... ils en seraient toujours au moins point jusqu'à ce que Nao veuille bien s'expliquer ou lui pardonner. Dans tous les cas, la suite n'était pas bien joyeuse.

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Naoki Hayashi
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MessageSujet: Re: Your God is dead | Yoit-yoit |   Dim 14 Mai - 15:02

La violence de Yoite, il ne s'y attendait pas. Naoki n'était pas assez bête pour croire que le I don't care allait le laisser filer. Ou une part de lui avait espéré qu'il le retienne. Il n'en savait rien. Et il s'était encore moins attendu à se manger une porte dans la gueule. Pas de cette façon en tout cas. En l'ouvrant peut-être, parce qu'il se serait trop précipité, mais pas parce que Yoite avait décidé de lui faire une clé de bras. Depuis quand il savait faire ça, lui ? Il avait mal au bras, et la porte lui avait fait un mal de chien. Apparemment, ça avait été une très mauvaise décision. Et comme s'il ne s'était pas rendu compte déjà, son aîné remua le couteau dans la plaie. Il venait de lui dire qu'il allaient couché ensemble… Ici, maintenant ? Dans l'amphi ? Alors que quelqu'un pouvait arriver à tout moment ?
Il savait qu'il ne valait pas grand-chose. Mais pour une première fois, il avait cru qu'il pouvait prétendre à un peu plus qu'un petit coup rapide entre deux sonneries. Cette idée lui fit venir les larmes aux yeux. Alors, il valait la même chose que sa génitrice qui l'avait abandonné dans une maison insalubre ? Apparemment oui. Ca le vida du peu de force qu'il avait encore, pas du tout motivé à faire le moindre mouvement.
Il ne voulait plus coucher avec lui. Pas dans ces conditions. La dernière fois, ça avait été idéal. Ils étaient dans un lit, Yoite avait été doux, prévenant, rassurant. Et il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'il avait fait de mal pour que ça explose en plein vol. Maintenant, il avait l'impression d'avoir juste une bête en face de lui. D'avoir une personne sans coeur en face de lui. Cette idée, le rendait triste. Lui donnant encore moins envie de se retourner, pour ne pas lui montrer ses larmes.
Il avait une boule à gorge, l'empêchant de parler, et il resta silencieux, incapable de plaider sa cause. Incapable de se battre face à tant de caractère. Il vint s'accroupir, posant un bras sur ses genoux, l'autre sur sa tête qu'il cacha dans ses genoux, alors que Yoite continuait à lui parler. Il voulait être une tortue pour se cacher dans sa carapace, et faire comme ci il n'y avait personne autour de lui.

Naoki ne voulait pas l'entendre davantage, mais il ne pouvait pas faire autrement. Il retint seulement les mots « meilleur ami », bien que sa tirade ne fit que verser davantage de larmes. Il n'y croyait pas. Il ne connaissait rien de la vie du rebelle, Yoite ne connaissait rien de sa vie. Mais apparemment, il était beaucoup trop égocentrique pour s'en rendre compte. Le petit chat lui en voulait un peu pour ça, mais il avait encore moins envie de se disputer avec lui. Il n'avait pas les capacités pour le faire. Il voulait simplement que Yoite arrête de le poursuivre. Il savait qu'un an, c'était long, et que ça pouvait mettre les nerfs de son voisin à rude épreuve. Mais il lui avait dit qu'il ne lui en voulait pas pour ce qui s'était passé. Pourquoi, est-ce qu'il n'avait pas simplement deviné qu'il voulait simplement éviter le sujet ? Qu'il ne pouvait pas faire comme ci de rien n'était, non plus ?

Le jeune japonais voulait qu'il arrête de le faire culpabiliser. Il n'y pouvait rien, s'il n'arrivait pas à lui faire face. Yoite avait mis trop de choses en questions pour qu'il arrive à mettre de l'ordre dans ses idées. Pour lui, ça avait peut-être été simple de s'accepter tel qu'il était. Mais ce n'était pas le cas de Naoki. Il n'était pas une flèche, et avait toujours besoin de plus de temps que les autres. S'il était vraiment son meilleur ami, Yoite aurait dû le comprendre. Mais, il était trop égocentrique. Il l'avait toujours su, mais il ne s'était pas dit, que ça pouvait le rendre pressant, rude.

-Je suis désolé, Yoite. Je suis pas prêt. Je sais que c'est long, mais j'ai besoin de plus de temps.

Il étouffa un sanglot, essayant de maîtriser ses larmes et sa respiration, alors que son nez coulait. Il était toujours caché dans son posture, et tournant toujours le dos à cette bête en colère.

-Je t'ai dit que je t'en voulais pas, pourquoi tu veux pas accepter ça pour l'instant ?

Et il se mit à pleurer à chaudes larmes, oubliant le peu de dignité qu'il lui était resté depuis qu'il était tombé en se mangeant une marche. On disait que la vraie faiblesse c'était ne de pas se relever lorsqu'on tombait. Si c'était pour se péter une nouvelle fois la gueule trois secondes plus tard, il valait mieux rester à terre, selon lui.

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Yoite Unden
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HnM
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MessageSujet: Re: Your God is dead | Yoit-yoit |   Sam 27 Mai - 16:20

Au fond, ce n'était qu'une accumulation de mauvaises choses entre eux. Cette rencontre hasardeuse après tant d'années à s'éviter, ces moments de tendresse aussi maladroits qu'adorables, ces instants à boire ensemble pour finalement finir par faire une connerie et aujourd'hui, des résolutions qui volaient en éclat sous le coup de la colère. Si on avait interviewé Yoite avant qu'il ne vienne dans cet amphithéâtre, on l'aurait trouvé serein, déterminé et particulièrement compréhensif aux excuses que Naoki allait pouvoir lui donner. Désormais, il était agacé, expéditif et prenait des décisions qu'il s'était promis de ne pas choisir coûte que coûte. Yoite n'était pas énervé, il n'allait pas devenir réellement violent, balancer des insultes dans le but de blesser et tirer un trait sur Nao, non. Il était blessé dans son amour propre, triste de voir la tournure des choses et lassé de l'avancement de la situation.

Alors qu'il plaque Naoki contre la porte ne fut pas surprenant. Si celui-ci n'avait pas tenté de fuir, rien de tout cela ne serait arrivé mais par contre, il n'avait aucune idée du fait qu'il lui faisait mal, trop peu habitué à utiliser ce genre de techniques sur d'autres personnes. Tout ce qu'il voulait, c'était l'empêcher de partir loin de lui, l'empêcher aussi de résister à cette tentative de dialogues car ils devaient s'expliquer mais même s'ils avaient quelques années d'écart, la maturité semblait les avoir épargné tous les deux.
Et les mots que le petit japonais laissa passer résonnèrent dans l'amphithéâtre comme une sentence face à leurs comportements. Coucher ensemble ici? Même Yoite ne l'avait pas imaginé en venant. Il aimait certainement le faire dans des endroits insolites mais pas tout le temps et pas avec n'importe qui. Il avait beau être assez mesquin la plupart du temps, il respectait le principe d'être encore puceau pour les autres et n'irait pas les malmener n'importe où. Sincèrement, il n'avait pas l'envie d'en arriver là mais pensait réellement que c'était ce que Naoki voulait. L'endroit choquait mais c'était bien ce qu'il attendait, non? C'était bien pour ça qu'il faisait la tête? Il était frustré et se sentait rejeté, n'est-ce pas?

Mais en tout réponse, Yoite le vit s'accroupir, se cacher dans ses genoux et finalement redemander plus de temps. Yoite soupira. Plus de temps? 1 an de plus encore? Qu'est-ce que ça allait changer de lui donner plus de temps si 1 an n'avait pas déjà effacé sa gêne/rancœur/colère? Pour Yoi, c'était vain et le résultat serait qu'ils allaient juste cesser de se parler. Pour toujours. Ça le rendait fou de ne pas pouvoir passer au-dessus de cette histoire, de ne pas réussir à oublier cet instant gênant pour faire comme si de rien était. Il saisissait que ça pouvait être dur mais ça l'énervait.
Colère qui s'envola aussitôt quand les sanglots de son ami arrivèrent jusqu'à ses oreilles. Mince, Naoki pleurait? A cause de lui? Franchement, c'était tout sauf ce qu'il avait espéré! Il n'était pas venu pour aggraver les choses mais apparemment, ils étaient destinés à se faire du mal tous les deux.

S'accroupissant à son tour, Yoite tendit sa main vers Naoki, hésitant un instant à la poser sur lui. Est-ce qu'il allait le repousser s'il le touchait contre son gré? Yoite n'avait plus l'envie de le taquiner, de le faire parler ou de l'agresser. Entendre Naoki pleurer avait suffi à le calmer, à le rendre doux à son égard et ce n'était qu'une petite tentative de réconfort, rien de plus.
Il finit par oser et posa sa main sur l'épaule de son ami d'enfance, geste tendre et dévoilant une proximité entre eux qui n'avait pas été vu depuis plus d'1 an. Yoite n'était pas toujours Yoite, il pouvait aussi cesser d'être cet égocentrique sûr de lui pour devenir le confident calme et posé.


"Nao, je suis désolé. Je pensais pas que tu réagirais de cette façon, je pensais que tu étais fâché et je supporte pas ça. Mais ok, j'arrête de te poser des questions et de te poursuivre. Tu veux plus de temps, je vais t'en donner ... Tu n'auras qu'à revenir vers moi quand tu te sentiras prêt mais s'il te plaît ... reviens. Tu ... tu me manques ... un peu."

Erf, il était mal à l'aise.
Jamais, JAMAIS, il n'avait dit "tu me manques" à quelqu'un alors ce "un peu" avait été une nécessité pour éviter qu'il ne parte en courant devant la honte d'avoir avoué cette pensée plus que personnelle. Pas de stratégie pour faire craquer Naoki, pas de mensonges pour sauver leur relation, ce n'était qu'une sincérité pas assez présente ces derniers temps. Ils ne se parlaient pas tous les deux, ils ne se connaissaient pas non plus et ça leur faisait vraiment défaut. Ils semblaient avoir un mal fou à se comprendre, à saisir le sens des signaux envoyés comme si leur complicité d'enfance n'avait jamais existé. Ils étaient devenus grands et encore plus maladroits que des enfants ...
Restait plus qu'à voir si Naoki allait lui répondre quelque chose, ou se retourner pour tenter de lui faire comprendre une sorte de "merci" qui entamerait la prochaine étape de leur relation. Ou s'il allait juste s'en aller en laissant Yoite se demander quand est-ce qu'il allait pouvoir lui reparler ... Peut-être allait-il demander à Yoite de le laisser seul, ne souhaitant pas croiser des gens dans l'académie en ayant le visage baigné de larmes. Yoite partirait, sans savoir que jamais plus il ne reverrait Naoki dans cette académie, que ces moments où ils se croisaient dans leurs quartiers respectifs étaient aussi terminés et que leurs destins paraissaient s'éloigner bien plus que se rapprocher.

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