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 I said I wanna be happy !

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Ruri Macarevich
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HnM
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MessageSujet: I said I wanna be happy !   Sam 25 Fév - 14:36


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Ruri Macarevich & Yoite Unden

Le silence dans sa tête était étouffant. Opprimant. Elle regardait son frère et sa belle-sœur discuter comme s'ils étaient dans un autre monde. Peut-être qu'ils étaient dans un autre monde, en fait. Un monde où les sentiments étaient ce qu'ils étaient censés être. Ruri mangeait son riz du bout des lèvres, mais personne ne le remarqua. Parce qu'elle n'avait pas envie qu'on le remarque, sans doute, mais elle avait la gorge nouée et elle arrivait à peine à avaler quoi que ce soit. Elle fit tourner sa nourriture du bout de ses baguettes, se forçant à manger à chaque fois qu'un des deux tournait la tête vers elle. Elle ne voulait pas qu'ils sachent, ni l'un ni l'autre. Parce qu'elle savait ce qu'en penserait son frère. Et très, très probablement ce qu'en penserait Yuki. La même chose qu'elle, en fait. Pourquoi elle ne pouvait pas être comme tout le monde ?

Elle aurait cru que Misaki serait la première, la dernière et la seule. Elle avait fait tout ce qu'elle pouvait - elle était même allée jusqu'à se laisser draguer de très près par un garçon à une soirée, après tout. Mais non. Même avec toute la volonté du monde, toute l'auto-persuasion du monde, elle avait "perdu". Encore une fois. Ruri se leva sans un bruit avec son bol de riz encore à moitié plein et alla tout déposer dans la cuisine, sans réagir quand son frère sembla - enfin - s'inquiéter pour elle. Elle ferma la porte de sa chambre. S'allongea sur son lit. Fixa le plafond.
Son cœur n'avait pas le droit de lui refaire un coup pareil. Il n'avait pas le droit de se remettre à battre follement en croisant le regard d'une fille. Oui, elle avait des yeux verts magnifiques, et un sourire contagieux, et un rire qui résonnait encore dans ses entrailles mais... mais non. L'image de Misaki, son regard méprisant, étaient encore trop brûlants dans sa mémoire pour qu'elle puisse penser à autre chose. Toutes ces filles qui l'avaient évitée après la grande révélation de Misaki. Tous ces regards en coin, ce jugement au bord des lèvres, cette impression, pour la première fois, d'être anormale. Elle avait fini par s'habituer, comme à tout, mais la première sensation n'était jamais vraiment partie. Elle ne voulait pas revivre ça.

Elle se roula en boule sous sa couette quand elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle aurait adoré se consoler dans les bras de son frère, ou même de ses parents, mais elle connaissait trop leur opinion pour croire qu'ils l'écouteraient calmement. La rassureraient, peut-être. Elle n'avait pas envie que cet éclat passe dans leur regard, même l'espace d'un instant. Au final elle ne connaissait vraiment qu'une personne qui ne risquait pas de la mépriser, mais son frère ne la laisserait jamais sortir. Alors elle serra son oreiller contre elle et se recroquevilla dans son lit. Elle était dans cet état depuis ce matin.
21h30. La lumière rouge de son réveil clignotait sans qu'elle parvienne à trouver le sommeil. Elle était encore habillée, et son cœur serré finit par la convaincre de faire quelque chose d'inconscient. Peut-être stupide. Elle entendait Anders et Yuki qui discutaient tranquillement dans leur chambre, avec leur couple conventionnel et leur vie normale. Sa gorge se serra.

Presque sans s'en rendre compte, elle se glissa hors de sa chambre, attrapant ses chaussures et quittant l'appartement le plus silencieusement possible. Elle glissa ses chaussons d'intérieur dans son sac, mit ses chaussures, et dévala les escaliers jusqu'à la porte de l'immeuble. Puis elle hésita. Son frère lui avait dit et répété que le quartier était dangereux. Elle le croyait. Même si elle portait une tenue plus ou moins passe-partout qui lui permettrait peut-être de jouer les ninjas dans la rue, rien ne garantissait qu'elle n'aurait aucun problème. Le poing serré sur son sac, encore dans un état second, elle mit le pied dans la rue puis se mit à courir jusqu'à la gare. Tu es stupide, Ruri. Tu vas inquiéter tout le monde.
Mais elle avait peur, tellement peur et tellement mal. Quand elle monta dans le bus, recroquevillée dans le fond avec son sac serré contre elle, sa résistance finit par lâcher. La vue rendu floue par les larmes, elle se fit toute petite, ne réapparaissant que lorsqu'elle mit le pied dehors.

Il était tard. C'était une mauvaise idée, et elle voyait flou. Elle s'essuyait les yeux mais cela faisait trop de temps, des années, qu'elle n'avait pas pleuré et ses larmes semblaient intarissables. Tant pis. Ça changerait quoi, après tout ? Elle allait sûrement s'effondrer dès qu'elle ouvrirait la bouche. Elle posa la main sur la porte le temps de prendre une grande inspiration. Elle allait le déranger. Forcément, qu'elle allait le déranger. On ne débarquait pas chez les gens en pleine nuit comme ça ! Elle n'osa pas frapper. Elle avait peur de tomber sur quelqu'un d'autre. Elle n'aurait pas su quoi dire, et elle n'avait pas envie que n'importe qui la voie pleurer. Elle resta plantée là un bon moment, incapable de prendre la décision de rentrer chez elle, avant d'attraper son téléphone. De fouiller son répertoire. Et d'appeler. Au moins elle ne risquait pas de tomber sur quelqu'un d'autre... Sa voix était à moitié brisée quand elle réussit enfin à aligner deux mots. "Yoite... Tu... tu peux... ouvrir la porte ?..." C'est ça, comme s'il allait comprendre. Comment il pouvait comprendre quelle porte, hein ?
Les dents serrées pour retenir ses larmes - au cas où quelqu'un ouvrirait avant qu'il réalise de quoi elle parlait - elle frappa quand même à la porte. Il ferait le lien, non ? Il viendrait ouvrir en premier ?..


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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Jeu 16 Mar - 19:19

Le mois de Février avait beau être le plus court de l'année, c'était pourtant le plus long pour Yoite. Un mois d'examens, de stress intense pour ceux qui se donnaient à fond, de dépression pour les moins chanceux, de manque de temps pour les mal-organisés. Le petit japonais oscillait entre tout ça, il n'était pas à la traîne mais avait quand même un peu de retard sur certaines parties de ses révisions, manquant de motivation dès que le soleil pointait le bout de son nez ou qu'un pote dans le même état que lui, l'invitait à sortir.
Alors quand un examen se terminait enfin et qu'un lendemain s'annonçait sous le signe du repos, Yoite mettait un point d'honneur à rester de bonne humeur et à se relaxer avant de repartir en quête d'apprentissage. D'après ses notes, il y avait peu de chance qu'il ne passe pas en 3ième année mais il voulait en être sûr quand même, les études restaient un calvaire dont il voulait se débarrasser au plus vite même si la vie étudiante lui plaisait beaucoup.
Aussi, Yoite n'avait rien fait de sa journée, n'était pas sorti pour retrouver des amis ni pour se promener, n'avait pas passé son temps à se plaindre de ne pas savoir quoi faire, il était resté avec sa famille, à partager des moments comme ils le faisaient tous les ans, mélange de retrouvailles et de complicité si vite oubliées le reste de l'année. Sakura avait fièrement réalisé qu'elle allait entrer au lycée de Chisê l'année prochaine (faisant la joie de son père) et Kaji avait même réussi à prendre 2h de pause avant de retourner réviser ce qu'il connaissait déjà par cœur. Ils avaient mangé un repas tous ensemble, avaient même joué aux cartes mais Yoite avait passé le plus clair de son temps dans sa chambre, seul. Sur son PC, à regarder la télé, à lire, à faire une sieste, le principe même des vacances-repos qui arrivaient à grands pas.

La soirée avait fini par arriver et après un repas pris à la va-vite, l'I don't care s'était installé dans son lit devant le petit écran de son PC pour mater ses séries du moment, faisant totale abstraction des bruits alentours, laissant sa famille aller se coucher avant lui (car ce n'était pas une journée de repos pour tout le monde après tout). Vers 22h30 cependant, Yoite fut distrait par la lumière insistante de son téléphone qui lui signalait que quelqu'un était en train de l'appeler. Mettant pause à sa série, enlevant son casque, il se pencha pour saisir le vil envahisseur et esquissa un sourire en voyant l'origine de son désarroi : Ruri.
Sa petite mouette-sans-ailes ne pouvait décidément pas se passer de lui! C'est qu'ils en avaient parcouru du chemin tous les deux, un chemin parfois gênant mêlé de conneries et de détails qu'on aurait aimé garder pour soi un peu plus longtemps mais le principal était qu'ils étaient désormais amis, de très bons amis. Yoite adorait Ruri. Aussi, il décrocha avec bonne humeur :


"Hey Ruri! Tu t'ennuies, je parie!"

Mais son entrain ne dura pas plus de 2 secondes quand il entendit des sanglots et la voix de sa barbie préférée emplie de tristesse.
Repoussant son ordinateur d'une main et quittant son lit, Yoite tâtonna à l'aveugle le temps de trouver la lumière avant de tenter de faire la conversation à sa petite blonde préférée. Qu'est-ce qui lui arrivait? Est-ce que quelqu'un lui avait fait du mal? Elle avait dit quoi au juste? La porte, non? Quelle porte? Est-ce qu'elle était à l'académie? Non, à cette heure-là, c'était improbable qu'elle soit dehors ... ou alors ...
En caleçon, Yoite descendit 4 à 4 les marches de l'escalier et, connaissant sa maison par cœur, il se faufila dans le noir jusqu'à la porte d'entrée. Est-ce que c'était cette porte-là? Sa Ruri serait-elle en larmes juste derrière, attendant tristement qu'il ouvre? Sans perdre plus de temps, Yoite posa son téléphone sur le meuble à côté et déclencha les verrous. Même si ce n'était pas derrière cette porte qu'elle se trouvait, il se devait de vérifier et surtout de partir à sa recherche dans le pire des cas!

Elle était là.
Le téléphone toujours à l'oreille mais le visage rempli de larmes, toute fragile et innocente comme si quelqu'un venait de lui briser le cœur. En ne pensant qu'à elle, se fichant d'être vu à moitié nu dans un quartier riche, Yoite fit un pas, puis un autre avant de la serrer dans ses bras, simplement. Elle pouvait raccrocher, ce soir Yoite allait rester avec elle.
L'accolade dura assez longtemps, comme si le petit japonais attendait qu'elle se calme et qu'elle reprenne des forces pour pouvoir expliquer la raison de sa venue. Mais les larmes de sa petite poulette semblaient intarissables, si bien que Yoite dût se reculer et lui saisir la main pour la traîner dans la maison. Toutes les lumières étant éteintes, il lui intima simplement de lui faire confiance et sans lui lâcher la main ne serait-ce qu'une seconde, il la guida jusqu'à sa chambre, évitant les bruits qui feraient sortir les autres membres de sa famille de leur chambre.
Une fois à l'intérieur, il referma la porte et enfin, il lui lâcha la main.


"Bah alors ... qu'est-ce qui te fait pleurer comme ça? Assis-toi, allez."

Et tout en sortant une boîte de mouchoirs, Yoite vint s'asseoir à ses côtés pour enfin tenter de mettre au clair la situation. Sa blondie-choo était toujours si joyeuse en temps normale que le choc n'en était que plus grand. Comme si elle avait gardé tout ça pour elle depuis trop longtemps et qu'elle craquait, d'un coup. Restait plus qu'à espérer que personne ne lui avait fait du mal car là, sa soudaine colère risquait de ne pas être belle à voir.

"Rassure-moi, t'as prévenu Anders que tu passais la soirée à l'extérieur, hein?"

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Lola S. Ofaleli
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Sam 18 Mar - 14:45

 






Tes larmes sont des perles...


ft. Ruri Macarevich & Yoite Unden



Lola n'arrivait toujours pas à croire qu'elle était enfin au Japon. Elle était arrivée il y'a 3 jours seulement mais elle ne se lassait pas de cette sensation d'être totalement perdue et en même temps totalement à sa place. Elle en prenait plein les yeux dès qu'elle posait son regard quelque part. Son appareil photo n'avait jamais autant servi.

Son bonheur était tel qu'elle n'arrivait même pas à dormir correctement. L'excitation d'avoir plein plein de choses à voir l'empêchait de garder les yeux fermés et comme elle tournait en rond dans la maison de sa tutrice, elle avait préféré sortir. Elle lui avait dit qu'elle allait juste se promener dans le quartier, pas très loin de la maison pour pas se perdre. Mais elle avait trop besoin de respirer cet air béni pour elle et de pouvoir regarder les gens. Elle ne se lassait pas de ces visages bridés autour d'elle.

C'est ainsi que ce soir de fin février, elle avait décidé d'aller marcher tranquillement dans les rues du Quartier Suwan, admirant l'architecture japonaise et saluant avec politesse chaque personne qui croisait son regard. Elle avait prit son appareil photo avec elle pour pouvoir immortaliser ces instants d'émotions intenses qu'elle n'aurait su retranscrire correctement dans son blog.
Ce fut un parfum qui attira son attention et lui fit tourner la tête. Elle accrocha instantanément à cette chevelure blonde magnifique qui passa pas très loin d'elle sans la remarquer. Lola resta bouche bée devant cette jeune fille ... tout simplement parce qu'elle pleurait.

Sur le moment, Lola détourna le regard, gênée de pénétrer dans ce moment de détresse d'une jeune fille qu'elle ne connaissait pas du tout mais subjuguée par la beauté de la jeune femme et la fragilité de son attitude, elle ne put s'empêcher de lui donner toute son attention.
Elle vit la belle blonde se rapprocher d'une maison, l'air hésitant. Elle profita de cet instant où toute son attention était accaparée par sa propre décision pour la photographier. Elle était tout simplement sublime.

Elle n'avait pas dans l'intention de profaner la vie privée des gens, son blog allait rester privé de toute façon, mais elle était incapable de trier toutes les informations qu'elle accumulait au cours d'une journée sans ces prises de vue.
La jeune femme qui semblait traverser une phase douloureuse resta plantée devant cette porte, attendant peut-être qu'on lui ouvre. Lola ne voulu pas nourrir son insatiable curiosité morbide en attendant de voir si elle allait se retrouver en face de la personne qu'elle était venue voir ou pas, alors elle préféra s'en aller.

Elle n'avait plus qu'un seul objectif, faire développer cette photo pour en voir le résultat. Elle trouvait dommage de se dire qu'elle n'allait sûrement jamais recroiser cette jeune femme, mais elle était au tout début de son voyage, elle saurait bientôt plus où donner de la tête ...


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Ruri Macarevich
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Mar 28 Mar - 20:31


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Elle s'en voulait un peu. Il avait l'air tellement de bonne humeur en décrochant le téléphone qu'elle avait songé une seconde à raccrocher et à repartir, rentrer chez elle pour se rouler en boule sous sa couette. Mais les mots étaient sortis tous seuls avant qu'elle ait le temps de les retenir. Tant pis. C'était trop tard maintenant, elle l'avait inquiété et si elle repartait, ça ne ferait que le paniquer totalement. Alors elle avait frappé, et attendu, sans voir la fille qui passait par là pour prendre une photo.
Elle n'avait pas rangé son téléphone, comme si son corps agissait au ralenti. C'était peut-être le cas, en fait.  Elle était à peu près sûre qu'il lui parlait, de l'autre côté, mais elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il disait. Ses oreilles lui semblaient bouchées, ou anesthésiées. Alors elle attendait.

Son téléphone faillit lui échapper des mains quand il la prit dans ses bras, mais ses doigts restèrent crispés dessus, comme si elle était incapable de les desserrer. Elle aurait voulu arrêter de pleurer, aller mieux en un clin d’œil comme si un câlin était la seule chose dont elle avait besoin, mais la boule dans sa gorge refusait de se dissoudre. Alors elle resta là, immobile dans ses bras, incapable de retenir la moindre larme maintenant.
Elle le suivit à l'intérieur, des petits pas lents quasiment à l'opposé de sa façon enjouée de dévorer les kilomètres en temps normal. De toute façon, en temps normal, elle aurait aussi bafouillé et rougi rien qu'à l'idée d'aller dans la chambre d'un garçon, surtout un à moitié nu. Comme quoi rien n'allait comme il fallait aujourd'hui.

Elle s'essuya les yeux d'une main avant de s'asseoir, lâchant enfin son téléphone, les mains serrées sur ses genoux. Elle ne savait pas quoi dire... comment le dire. Ça lui semblait encore plus idiot d'être sortie, maintenant. Elle aurait aimé qu'il puisse lire dans ses pensées, pour que tout soit plus simple. Les mots se bousculaient dans sa tête. Les souvenirs. Mais aucun ne voulait ne serait-ce qu'effleurer le bout de ses lèvres.
Est-ce qu'il avait vécu la même chose ? Les regards méfiants, les moqueries, la méchanceté ? Il avait l'air tellement à l'aise avec le sujet qu'elle avait du mal à y croire. Et s'il trouvait ridicule qu'elle réagisse comme ça ? Et si...
Elle secoua la tête pour arrêter le flot de questions qui menaçait de la noyer et prit un mouchoir, bien décidée à faire cesser ses larmes.

"Je... je suis partie sans rien dire..." C'était déjà des mots. Pas ceux qu'elle voulait le plus exprimer, mais ça répondait au moins à une question. Et elle savait que si elle n'arrivait pas à ouvrir la bouche à un moment ou un autre, elle se murerait dans un silence dont elle ne pourrait plus sortir. "Je ne voulais pas qu'il sache..." réussit-elle à articuler entre deux sanglots.
Qu'il sache. Qu'il sache pour le présent ou pour le passé. Misaki était restée son secret, un souvenir brûlant dont elle n'avait pas su se débarrasser. C'était trop de choses à expliquer, trop de choses à dire. Elle ne savait même pas par où commencer. "Je suis tombée amoureuse d'une fille" ? Même si elle le connaissait assez pour savoir qu'il n'aurait pas cette réaction, elle ne pouvait s'empêcher de l'imaginer répondre un simple "et alors ?"

Ruri ramena ses genoux contre sa poitrine, les serrant contre elle comme si ça pouvait calmer ses sanglots. Ça ne marchait pas très bien. Est-ce qu'il allait prévenir son frère ? Il aurait des problèmes si on la trouvait ici, non ? Elle aussi, sûrement. Un sermon, sans doute. Ça ne l'atteignait même pas. Anders pouvait bien lui crier dessus autant qu'il voudrait, ça ne changerait rien. Elle était trop léthargique pour avoir des regrets.
Il fallait qu'elle parle. Elle avait l'impression que si elle fermait la bouche trop longtemps, elle allait étouffer. Si elle n'arrivait pas à formuler clairement... "C'est juste... il y a cette... fille et...". Et.
Et elle est belle. Et gentille. Et drôle. Et elle aurait aimé que ce soit un garçon. Avec les mêmes yeux, le même sourire, la même douceur dans la voix, mais un garçon. Tout aurait été plus simple.

Elle ouvrit la bouche pour essayer de formuler ce simple souhait – ce regret – mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Ce n'était pas si compliqué à dire, pourtant. Et il ne la regarderait pas comme Misaki et les autres l'avaient regardée. Elle le savait. Alors pourquoi est-ce qu'elle n'arrivait pas à prononcer un mot de plus ?


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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Sam 8 Avr - 17:43

Yoite détestait voir ses amis pleurer. Non pas qu'il les trouvait faibles, ridicules ou trop sensibles mais plutôt que ça lui déchirait le cœur car souvent, il ne savait ni quoi faire ni quoi dire pour les réconforter. Ruri, ça allait sûrement se finir de la même façon qu'avec les autres, Yoite allait tenter de comprendre son problème, de trouver les bons mots pour lui faire doucement retrouver le moral mais il peinait déjà à s'en sortir. En plus, l'image de positive attitude que la petite blondinette avait eut jusque-là venait de se briser en éclat et rien que ça, ça changeait toute sa perception de la chose. Il la savait forte, ne serait-ce que par rapport à ses problèmes de santé, mais là elle paraissait si faible, si terrassée par la peine qu'il aurait presque eut envie de simplement pleurer avec elle.
A la place, il l'entraîna dans sa chambre. Maintes fois il avait imaginé cette scène où Ruri ne saurait plus où se mettre tant elle aurait été gênée, voire traumatisée!, mais la réalité était tellement plus douloureuse. Tout semblait passer à la trappe, comme si plus rien ne comptait à ses yeux. Ce qu'il ne comprenait pas trop, c'était pourquoi est-ce qu'elle était venue le voir lui. Ok, ils étaient devenus de bons amis depuis un peu mais pas au point de se confier des choses vraiment personnelles ou de partager ce genre de moments douloureux.
Est-ce que Ruri n'avait plus personne? Est-ce qu'il était son dernier recours? Cette pensée l'effrayait.

Tout s'enchaîna doucement, le silence de la maison endormie semblait résonner dans la tête de Yoite, alors que les larmes de sa mouette noyée envahissait ses pensées. Ruri semblait se calmer mais ses sanglots exprimaient un chagrin toujours présent, une vraie crise de larmes digne d'un bébé qui n'arrive pas à faire savoir ce qu'il veut. En soit, le message était plutôt clair "je vais pas bien" mais plus que ce constat, Yoite voulait savoir "pourquoi". Il ressentait le besoin de comprendre, il avait l'envie de connaître la vérité et espérait aussi ne pas avoir une part de responsabilité dans la détresse de son amie. En y repensant, il était presque persuadé qu'elle n'avait rien à lui reprocher mais parfois, il savait qu'il pouvait avoir des gestes ou des mots durs envers les autres sans forcément s'en rendre compte. Alors s'il devait faire amende honorable ce soir, il était prêt.
Se mordant la lèvre inférieure, Yoite baissa les yeux alors que Ruri avouait être venue le voir "en cachette". Était-ce bien? S'inquiétait-il des problèmes qu'il allait avoir si ça devait être découvert? Non, il réalisait doucement l'importance de ce qui se passait dans cette chambre, de la détresse de Ruri à ne pas vouloir mettre son frère au courant de son problème parce que ...? Parce qu'il n'allait pas la comprendre? Parce qu'il allait la juger? Parce qu'il l'avait prévenue peut-être? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien cacher?!


"Cette ... fille? Quelle fille, Ruri? Est-ce qu'elle te harcèle? Faut pas avoir honte d'en parler, ton frère va pas t'engueuler au contraire."

Et mince, pas de chance.
Il y avait eut une chance sur deux qu'il comprenne le problème et ... Yoite avait mal interprété. On ne pouvait pas lui en vouloir, il n'avait pas la science infuse et pensait réellement qu'il n'y avait que ce genre de problèmes qui pouvait mettre Ruri dans un tel état. Elle craquait, elle avait atteint sa limite et avait besoin d'aide pour s'en sortir, pour trouver la force de lutter contre son bourreau et de réussir à en parler pour faire bouger les choses de manière officielle. Si c'était quelqu'un de l'académie, Yoite allait aller voir le directeur dès lundi matin pour tout cela cesse. Il s'en fichait des conséquences possibles pour lui, sa notoriété lui donnait assez de pouvoir pour lutter et son caractère ferait le reste. Pour Ruri, petite mouette sans défense, il pouvait bien prendre quelques risques.


"Raconte-moi, dis-moi depuis combien de temps ça dure, pourquoi est-ce que tu craques aujourd'hui, qu'est-ce qu'elle t'a fait ... Je peux me tourner si tu trouves plus simple de parler quand je te regarde pas."

Yoite comprenait très bien l'ampleur de sa demande, des effets négatifs sur Ruri à se remémorer tout ça mais il devait avoir suffisamment de détails pour pouvoir faire comprendre aux hauts dirigeants que c'était grave. Il ne voulait pas de preuve mais s'il avait assez de choses à dire, cette histoire allait être prise au sérieux rapidement et parce qu'il était aussi un donateur, sa parole avait plus de poids.

Contre toute attente, ses questions pouvaient permettre à Ruri de parler de son problème, de faire comprendre avec des mots différents de ceux à quoi Yoite s'attendait, que le souci n'avait pas à devenir une affaire d'état, que ça allait rester entre eux et qu'en effet, Anders ne pouvait peut-être pas comprendre.
Restait plus qu'à voir si sa petite blonde avait encore assez de force pour parler ou si elle préférait s'endormir, se réchauffer pour ce soir et revenir là-dessus au petit matin, une fois calmée. Yoite n'allait pas la forcer à quoi que ce soit et si, le lendemain, elle souhaitait simplement qu'il oublie, il le ferait. A contrecœur et sûrement qu'il allait prêter davantage d'attention à partir de là, mais il se tairait et respecterait sa décision.

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Ruri Macarevich
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Mar 11 Avr - 0:28


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C’était la première fois de sa vie qu'elle ressentait le besoin de relâcher ce qu'elle avait sur le cœur. Bien sûr, elle avait déjà eu des moments d'affreuse solitude, avant, quand elle ne pouvait pas quitter sa chambre et qu'Anders s'éloignait d'elle, lui, son seul soutien. Mais aujourd'hui, c'était elle qui s'éloignait de lui. Qui partait chercher du soutien ailleurs. En cachette et au milieu de la nuit, en plus. Elle aurait pu aller voir n'importe qui d'autre. Elle avait beaucoup d'amies. Mais justement, c'était ça le problème. C'était des amiEs. Elle connaissait trop bien l'effet que ce genre de révélation pourrait avoir sur elles. Alors elle était venue ici. Parce qu'elle avait confiance, parce qu'elle se sentait bien plus proche de lui qu'elle n'aurait pu l'imaginer quand ils avaient fait connaissance la première fois.

Contre toute attente, le fait qu'il se trompe sur la raison de sa venue ne la plongea pas davantage dans le désespoir. Au contraire. En l'entendant prendre ainsi sa défense, la rassurer, elle sentit quelque chose se réparer au fond de son cœur. Même s'il n'avait pas compris ce qu'elle voulait dire – mais qui l'aurait compris – il avait l'air si... impliqué, prêt à la protéger envers et contre tout. Elle se sentait soutenue, comme autrefois avec son frère, comme elle ne l'avait plus ressenti depuis bien longtemps. Même s'il n'apparut qu'un quart de secondes, un léger sourire se dessina sur ses lèvres, bientôt rongé par l'idée qu'elle allait devoir le démentir. Expliquer avant qu'il s'imagine trop de détails, trop de choses.

Si seulement ça avait été si simple. Le harcèlement, c'était un problème que son frère aurait compris. Que ses parents auraient compris. Un problème qu'ils auraient résolu, dans le cas de son père probablement de façon plus colérique que raisonnable. Mais ça ne pouvait pas être si simple. "Ce n'est pas ça..." souffla-t-elle d'une voix frêle. Mais il lui avait réchauffé le cœur. Même si c'était peu, c'était suffisant pour que son courage refasse surface, prenne forme, donne naissance aux mots qui n'arrivaient pas à sortir un instant plus tôt. Elle avait envie qu'il la prenne dans ses bras pour la consoler, mais elle voulait par-dessus tout qu'il sache comment. Pourquoi. Il trouverait forcément quoi lui dire, pas vrai ?

"C'est juste qu'elle est... jolie. Plus que ça... enfin c'est..." Elle se recroquevilla sur elle-même. Elle ne craignait pas de jugement. Pas trop. Bien sûr, le problème n'était pas aussi grave que ce qu'il avait imaginé, pas vrai ? Peut-être qu'il serait soulagé. Peut-être qu'elle aurait dû lui dire directement... "La dernière fois... la dernière fois que je suis tombée amoureuse d'une fille elle..." elle avait chuchoté les derniers mots, comme si les prononcer à voix haute les rendait trop réels. Inévitables. Elle aurait aimé les enterrer et les oublier, comme toute l'année qu'ils représentaient, mais ils revenaient. Souvent. Plus souvent qu'elle ne l'aurait voulu.

Elle releva la tête, légèrement tremblante sans savoir si c'était le froid ou la résurgence de mauvais souvenirs. Ruri posa sa tête contre lui, à la recherche d'un peu de chaleur tandis qu'elle sentait les mots, les souvenirs qui se bousculaient sous son crâne et sur ses lèvres. Comme s'ils avaient attendu tout ce temps, patiemment, de pouvoir sortir. Et, essuyant ses yeux une dernière fois, elle parla. D'une voix tremblante et mal assurée, encore hachurée de sanglots.
"Elle l'a juste... raconté... déformé... elle m'a..." trahie. Finalement, Yoite n'avait pas touché si loin de la vérité. On lui avait fait du mal, plus qu'elle ne l'aurait cru, et elle avait tenu bon. Sans craquer un seul instant. Avant aujourd'hui.

"Je ne veux pas que ça recommence... je veux pas qu'on me regarde encore... comme ça." Le mépris, la méfiance, le jugement, la moquerie parfois. La critique, plus souvent. "Et je sais que... dans ma famille..." Dans sa famille, on la regarderait comme ça. Même l'espace d'une seconde. Peut-être même moins, peut-être plus. Elle connaissait la vision de ses parents, depuis assez longtemps pour avoir gardé le secret sur cette masse de cruauté qui s'était écroulée sur elle à l'époque. Elle n'avait personne d'autre à qui parler, personne d'autre à qui expliquer, personne d'autre qui pourrait comprendre.

Ruri sentit un nouveau sanglot lui serrer la poitrine et elle baissa la tête, posant son front sur ses genoux. C'était injuste. Elle s'était battue pour survivre, pour que tout aille bien, toujours, et tout ça la frappait au pire endroit, au cœur. À son amour pour sa famille, à qui elle ne pouvait confier un centième de sa peine.

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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Mar 25 Avr - 22:32

Yoite aurait aimé voir ce petit sourire se dessiner sur les lèvres de Ruri, entendre ses pensées pour comprendre que même s'il n'avait pas misé sur le bon cheval, sa camarade accueillait l'effort chaleureusement et se sentait touchée jusqu'au plus profond de son être. Certains mots valaient mieux que des gestes ou des regards, ils pouvaient même sauver une personne.
Malheureusement pour lui, ce petit sourire resta invisible car le petit japonais restait fixé sur les mains de sa blonde préférée, petites mains fines et enfantines, à la peau pâle et donc les tremblements semblaient ne jamais vouloir s'arrêter. Il aurait aimé lui prendre la main, la faire penser à autre chose pour ce soir ne serait-ce que pour qu'elle se calme mais un tel geste pouvait être mal interprété. Il ne craignait pas des sentiments à son égard, son amie connaissait déjà ses préférences et ce depuis le début. Non, il craignait plutôt qu'elle ne se ferme comme une huître ou qu'elle s'énerve de ne pas être écoutée ou prise au sérieux. Il devait être patient.

Et alors qu'il attendait le début d'une confession douloureuse et éprouvante, Yoite ne pu qu'ouvrir grand les yeux en laissant passer un "ah"! de surprise. Il s'était trompé? Décidément, y avait que lui pour faire une telle gaffe dans un moment pareil. A croire qu'ils n'étaient pas aussi proches que ça tous les deux, qu'il avait mal interprété les signes et que bientôt, Ruri allait le taper sur le crâne d'être un aussi mauvais confident!
Mais il n'eut pas le temps de réfléchir à tout ça qu'enfin la vérité jaillissait de la bouche de sa mouette en sucre et Yoite retrouva son visage de tous les jours, cette expression douce qu'il n'avait que pour Ruri, ce regard de grand-frère improvisé, d'ami cette fois bien placé pour intervenir. Elle ne l'avait pas choisi au hasard, il n'avait pas été son dernier recours, il était LA personne de son entourage à qui elle pouvait tout dire ce soir.
D'abord sans bouger, Yoite la laissa poser sa tête contre lui, accueillant ce petit-être en détresse avec plaisir en comprenant l'importance de sa présence. Est-ce qu'elle voyait en lui la réponse à toutes ses questions? La solution à son problème? Si Yoi donnait l'impression de gérer son homosexualité depuis toujours, ça n'était qu'un tissu de mensonges. Même s'il pouvait affirmer qu'il n'avait pas eu une phase de déni comme quoi "non, je ne suis pas homosexuel", il n'avait pas pour autant été fier de ce penchant qu'il n'avait pas choisi. Le vivre seul, c'était délicat mais l'avouer aux autres, c'était pire ... Au Japon, peut-être même plus qu'ailleurs.

Quand le mot famille quitta les lèvres de Ruri, Yoite réalisa l'ampleur des dégâts que ça avait causé chez lui et qu'il était temps qu'il parle à son tour, qu'il s'explique en contrôlant ses mots mais sans rien lui cacher car ce qu'il ne disait pas aujourd'hui, quelqu'un d'autre finirait par lui l'avouer plus tard.
D'un geste délicat, il la fit se redresser quelques secondes, tira sur sa couette et se glissa derrière sa petite poulette cassée avant de, tous deux, les enrouler sous ce chauffage improvisé. Il ne faisait pas forcément froid dans la chambre de Yoite (il était presque à poil après tout), mais l'ambiance devait être rassurante, cocooning pour pouvoir mieux faire passer la pilule. C'était un peu comme si Ruri entrait dans le monde des grands, dans celui où on souffre en silence, où les regards tendres disparaissent. C'était maintenant que son vrai combat commençait mais cette fois, elle n'avait pas à être seule.


"Même si tu veux pas que ça recommence, tu pourras pas lutter Ruri. Si tu as cette attirance pour les filles aujourd'hui, tu l'auras toute ta vie, ça va pas disparaître simplement parce que tu n'en parles pas. Je sais que c'est dur, que ça fait peur et que c'est "pas normal" mais tu dois l'accepter."

Ça paraissait tellement facile comme ça, quand l'entourage semblait comprendre ce choix, ne pas trouver ça déplacé ou choquant mais c'était pas facile et même pour Yoite, certains de ses amis refusaient encore de venir dormir chez lui par "peur". Ils n'avaient pas peur de lui, ils avaient juste peur de ses préférences, comme si c'était contagieux ou comme s'ils risquaient d'être tentés par le diable simplement en s'approchant un peu trop près.
Ruri allait avoir des questions toute sa vie, des appréhensions sur chaque personne rencontrée, des doutes sur celles les plus proches, des peurs justes ou infondées, son quotidien prenait un autre tournant et même si c'était loin d'être le chemin le moins semé d'embûches, elle devait se battre et réaliser qu'elle n'était pas seule.


"Ma mère et mon frère n'ont jamais accepté mon homosexualité. Ma mère a quitté la maison, je l'ai pas vu depuis des années même si je sais où elle passe ses nuits. Mon frère est plus franc, plus rabaissant aussi. J'ai le droit à tous les surnoms débiles qu'il trouve comme "tarlouze", "tapette", "la folle" mais je reste son frère et je sais qu'il tient quand même à moi. Il n'arrive simplement pas à comprendre ..."

Ce n'était pas facile pour Yoite d'en parler car ... à part avec son oncle désormais décédé, il n'en n'avait parlé à personne. Personne. Ce n'étaient pas des choses à raconter autour d'une table dans une cafétéria, c'était un sujet délicat, sensible, tabou même. Mais là, c'était comme s'il ne craignait rien, comme s'il réalisait que la souffrance l'avait rendu plus fort, l'avait aidé à assumer. Il n'avait pas choisi d'être homosexuel juste pour emmerder sa famille, il aurait aimé être "normal" et avoir une vie beaucoup plus simple mais ça ne faisait pas pour autant de lui l'enfant du diable ou un fils indigne. Il restait lui-même.

Posant son visage sur l'épaule de Ruri, il colla sa joue à la sienne pour la réconforter avec autre chose que des mots négatifs. Elle avait dû se douter que cette soirée n'allait pas bien se terminer de toute façon, que cette prise de conscience n'était pas entourée de cœurs qui volent et de bisounours. Envers et contre tout, elle allait souffrir encore un peu ...


"Je ne connais pas ton frère et sa copine, et je ne peux pas te garantir qu'ils vont comprendre mais s'ils t'aiment, alors tu n'as rien à craindre. Il faut vivre avec ton monde Ruri et même si le Japon a encore beaucoup de préjugés là-dessus, je t'assure que c'est loin d'être la pire époque pour s'assumer. Tu peux refouler tes sentiments autant que tu veux, un jour ou l'autre tu vas craquer ..."

Tout comme l'un de ses amis qui s'était cru plus fort que les autres dans son cas. Il avait dit avoir ressenti ce petit coup de cœur pour un pote mais que ça devait pas être grand chose, et puis les regards avaient été de plus en plus longs, de moins en moins discrets jusqu'à ce qu'il passe en mode "attaque", détruisant au passage une amitié et réduisant à néant les infimes chances qui auraient pu naître au fil du temps. L'âge aidait aussi à voir d'un point de vue moins radical, à prendre du recul. Ruri était encore jeune et si cette pétasse de l'époque n'avait pu que se moquer d'elle, elle devait comprendre que tout le monde n'était pas comme ça.
L'enserrant de ses bras, il resta collé le plus possible contre elle, se réchauffant à vitesse grand V contre son corps et grâce à la couette. La crise semblait passer, ne restait que les séquelles d'un petit traumatisme naissant à prendre au sérieux.

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Ruri Macarevich
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Jeu 4 Mai - 1:39


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Elle avait eu peur de voir s'afficher du soulagement sur son visage. D'y lire un "oh, ce n'était pas si grave" qui l'aurait complètement dévastée. Mais quand elle croisa son regard, un bref instant avant de poser sa tête contre lui, avant de commencer à ouvrir timidement les porte d'un cœur qu'elle avait trop longtemps laissé fermé, elle n'y lut que la douceur habituelle. Un regard auquel elle avait fini par s'habituer, qui lui aurait sûrement manqué si elle avait cessé de le voir du jour au lendemain. Elle avait besoin de lui, plus que jamais. De sa compréhension. De son expérience, même, peut-être. Ou seulement de lui, finalement.
Le mot famille fut celui qui bloqua tout le reste dans sa gorge. Elle ne pouvait pas en dire plus. Qu'aurait-elle pu dire, de toute façon ? Tout cela avait déjà eu tant de mal à sortir, à devenir des paroles au lieu d'une vague d'émotions incohérente. Elle se laissa envelopper sous la couette, se laissant aller contre lui comme s'il était la solution à tous ses problèmes. Mais il ne l'était pas, bien sûr. Il n'y avait pas de solution. Aucune chaleur ne pouvait atténuer ce qu'il était en train de lui expliquer.

Elle n'avait pas envie de l'entendre. Elle ferma les yeux, serrant les paupières de toutes ses forces comme si ça pouvait effacer le monde, tout faire disparaître. Elle ne voulait pas de la réalité qu'il dépeignait dans ses paroles. De la fatalité, de la peur, de l'anormalité. Ruri crispa les poings, secouant la tête plusieurs fois en dénégation. De tout ça. De la peine, inéluctable. De l'absolue vérité qu'elle entendait dans sa voix. Du frisson qui courait sur sa peau malgré les couvertures. Elle ne voulait pas de cette réalité, celle où elle devait accepter qu'on la regarde de travers et qu'on se méfie d'elle parce que quelqu'un, un jour, avait décidé que c'était anormal. Une maladie, même, aux yeux de son père. Une de plus...

Ça avait eu l'air si facile pour lui, quand il le lui avait dit la première fois, comme on dit à quelqu'un qu'on aime les fruits, ou n'importe quoi. Un goût comme un autre, sans conséquences. Ses révélations firent naître en elle des émotions contradictoires. L'angoisse lourde et oppressante qui venait peu à peu ronger sa peine pour la remplacer, celle de ne jamais revoir l'innocente tendresse dans le regard de son frère, de la voir pour toujours entachée d'une lueur de jugement, de mépris. Le soulagement, si infime, de ne pas être seule, accompagné d'une légère désillusion. Ça brisait l'image de perfection, d'acceptation totale qu'elle avait pu avoir. Pas un instant elle n'avait imaginé qu'il se soit senti, comme elle, rejeté par ceux qui l'entouraient. "Comment on s'y habitue ...?" murmura-t-elle, d'une voix si faible qu'elle eut elle-même de la peine à s'entendre.
Comment devenait-on aussi serein que lui ? Elle qui s'habituait si facilement, si rapidement, cela lui semblait tellement impossible. Oh, elle s'y était habituée, la première fois, mais ça n'avait rien fait disparaître. Si elle avait encore mal, à quoi bon ?

Ruri essuya un peu son visage du bord de sa manche pour ne pas lui noyer le visage quand il apparut contre sa joue. Elle aurait aimé qu'il lui dise que tout serait simple, que tout s'arrangerait - mais non, elle aurait tant détesté qu'il lui mente. Les sanglots avaient reflué, mais elle sentait encore des larmes lui brûler les yeux, couler sans se soucier qu'elle leur interdise. Une pensé cohérente parvint à traverser le brouillard de peine qui embrumait son esprit. Son père avait tout sacrifié pour la garder en vie. Elle revoyait les larmes de sa mère à chaque fois que la maladie l'avait rattrapée. Son frère, qui avait toujours été là pour l'accompagner. Aucun ne la comprendrait. Ils l'aimaient tous les trois, mais aucun ne comprendrait. Comme si elle persistait à les faire souffrir après tout ce qu'ils avaient fait.
L'idée de la déception dans les yeux de son père lui planta une autre pointe en plein cœur et elle se recroquevilla légèrement. C'était injuste. Elle ne voulait pas leur infliger tout ça. Mais il avait raison. Elle allait craquer. Elle avait déjà craqué. Sinon elle ne serait pas là.

Ruri se blottit contre lui, essuyant les larmes qui commençaient à s'apaiser un peu. Elle aurait voulu s'agripper à lui, lui demander de tout effacer. Remonter le temps pour oublier Misaki, tomber amoureuse d'un garçon, comme tout le monde. Mais elle ne pouvait rien y faire, pas plus que lui. Elle était déjà rassurée qu'il soit là, comme une preuve vivante qu'on pouvait s'en remettre, vivre avec. "Merci..." Il n'avait pas eu de paroles réconfortants, ou si peu, mais il avait chassé la solitude. Cette solitude qui, toute sa vie, avec fait pression dans les recoins de son esprit pour essayer de l'emprisonner. La peine était toujours là. L'angoisse. Mais lui aussi, il était là.
Tu n'es pas seule. "Je sais pas ce que j'aurais fait sans toi..."
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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Ven 26 Mai - 13:23

Ruri était encore si jeune. Yoite n'avait pas l'âge de la retraite mais il avait, en cet instant, l'impression si intense d'avoir tellement d'expérience, que ça rendait sa petite blonde tristounette encore plus frêle que d'habitude. Il croyait pouvoir ressentir sa peine en lui frôlant la peau, sentait son cœur se briser rien qu'en regardant les larmes couler sur ses joues et quand elle secoua la tête de droite à gauche alors qu'il tentait de lui faire comprendre la dure vérité, il se revit des années en arrière.
Ruri avait beau être triste, apeurée et blessée ce soir dans cette chambre, elle avait une chance qu'il n'avait pas eut à ce moment-là, la chance d'en parler à quelqu'un qui comprenait ce qu'elle pouvait ressentir, qui n'allait pas se mettre à rire devant cette confession brûlante ou partir en courant comme si une maladie incurable trottait dans l'air. Yoite, lui, n'avait eut personne pour se confier, il avait découvert cette envie des hommes dans les douches de la piscine du quartier, s'était mangé son premier râteau sans même comprendre pourquoi et avait finalement lâché sa bombe pour espérer que quelqu'un vienne lui dire qu'il n'avait rien à se reprocher et qu'il restait Yoite Unden malgré tout. C'est d'ailleurs à ce moment-là que sa période sombre avait commencé, rejeté des autres, renfermé sur lui-même par faute de soutien extérieur. Il avait dû prendre sur lui, se servir de la haine qu'il ressentait envers sa famille pour affirmer son caractère, changer de look pour tenter de cacher ses vraies pensées et ... sans s'y attendre, son oncle avait débarqué dans sa vie, effaçant une à une ses blessures, rattachant petit à petit les morceaux de son adolescence solitaire.
Que Ruri pleure, qu'elle secoue la tête si elle en avait envie, Yoite allait resté là près d'elle. Ce soir, demain, plus tard. Jamais il n'allait la laisser vivre ce qu'il avait vécu, la laisser s'enfermer dans un monde de déprime. Le plus gros du travail, elle avait devoir le faire elle-même, se trouver une confiance insoupçonnée au plus profond d'elle-même pour relever la tête, passer au-dessus des préjugés de la société et affronter du regard ceux qui ne pensaient pas comme elle. Elle en était capable, Yoi le savait.


"C'est aux autres de s'y habituer, pas à toi. Tu es comme tu es, et si ça ne leur plaît pas tu ne peux rien y faire. Ce n'est pas un choix que tu as fait, c'est une partie de toi sur laquelle tu dois travailler de ton côté pour réussir à l'accepter. Tu ne vas pas en plus faire des efforts pour les autres, laisse-les gérer leurs à priori."

Cela incluait aussi la famille, malheureusement.
Ruri approchait grandement de l'âge adulte, des responsabilités, des décisions majeures de sa vie future mais malgré tout ça, jamais elle n'allait trouver le pouvoir de changer le jugement des autres. Yoite n'avait pas voulu créer autant de tensions dans sa famille, il avait beaucoup souffert du regard de son père même si celui-ci avait mis beaucoup d'eau dans son vin aujourd'hui, il aurait aussi aimé passer du temps avec son frère, être complice avec lui mais la barrière qui les séparait était plus haute chaque jour. Kaji menait sa vie de son côté, ne souhaitant même pas lui présenter sa petite-amie. Ça avait été douloureux, ça l'était encore aujourd'hui mais parce qu'il n'était pas tout seul, parce qu'il grandissait lui aussi, il acceptait avec de plus en plus de facilité les préférences des autres, oubliant ce qui faisait mal pour se concentrer sur ce qui le rendait heureux.

Serrés l'un contre l'autre, Yoite écouta son caneton boiteux le remercier. Oui, c'était ça dans un sens, il méritait un "merci" pour la comprendre sans la juger mais il aurait aimé qu'elle n'en n'arrive pas là, qu'elle n'ait pas à traverser de telles aventures au cours de sa vie.
D'ailleurs, s'il devait faire le bilan, Yoi se trouvait assez surpris de la tournure des choses. Ils avaient passé beaucoup de temps ensemble dernièrement et jamais il n'avait eut de doute sur son orientation sexuelle, persuadé qu'elle bavouillait devant les garçons comme les 3/4 des autres filles de l'académie. Avait-elle tout fait pour le cacher, même à lui? S'était-elle menti à elle-même comme pour tenter de faire disparaître ses sentiments? De toute façon, vu son état aujourd'hui, ses pensées "impures" n'étaient pas récentes et Ruri avait commencé son combat contre le monde depuis un bon moment.

Conscient que l'ambiance allait devenir gênante entre eux bientôt, que ce soit maintenant ou demain, Yoite décida de prendre quelque peu les devants sans rien imposer. Il était tard désormais et l'idée de laisser Ruri rentrer chez elle, triste, seule et peu vêtue lui semblait inimaginable. Bilan, elle allait rester ici, il allait la séquestrer au besoin!
Mais avant ...
Se reculant en douceur, il repoussa la couette et lança juste un petit "je reviens" avant de quitter la chambre sans se retourner. Pour une première fois chez lui, c'était triste au possible! Filant dans la salle de bain, il y resta quelques minutes sans faire trop de bruit et retourna dans sa chambre sans avoir allumé la moindre lumière. Ruri était toujours là, petite bête gentiment assise sur son lit, toute fragile et tremblante d'émotions. Venant poser sa main droite sur sa joue, effleurant son oreille de son index et son œil de son pouce, il remarqua son visage dévasté par les larmes, rouge à force d'essuyage intempestif et certainement gonflé d'ici peu. Yoite avait beau laisser émaner une confiance en lui inébranlable aujourd'hui, il avait aussi passer des nuits à pleurer seul dans son coin, priant pour que personne ne l'entende mais au réveil le lendemain, son visage exprimait sa peine, incapable de dissimuler la moindre de ses émotions. Il avait fini par faire des recherches à défaut de pouvoir arrêter de pleurer.


"Allonge-toi et ferme les yeux, y en n'a pas pour longtemps."

Attendant qu'elle s'exécute, peut-être intriguée par les mystères qu'il faisait aussi tard dans la nuit, Yoite posa délicatement un gant de toilette humide d'eau froide sur ses yeux, la coupant de toute vision et lui permettant peut-être de pleurer encore si elle le désirait.
Doucement, il s'allongea à côté d'elle et attrapa son poignet pour bien la rassurer. Si elle s'endormait ainsi, alors soit. Yoite n'aurait qu'à choper la couette partie un peu plus loin pour les couvrir tous les deux et attendre patiemment que sa blonde préférée ne se réveille et retrouve un semblant de sourire malgré les épreuves à venir. Si elle voulait encore parler, de ça ou d'autre chose, passer même toute la nuit à discuter, à rire, à grogner, à bouder aussi ... Yoite serait là. Il ne pouvait pas promettre qu'il ne finirait pas par s'endormir mais ça faisait aussi partie du jeu. Une nuit avec Ruri, un souvenir avec sa Ruri, un moment rien qu'à eux pour le meilleur et pour le pire.

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Ruri Macarevich
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MessageSujet: Re: I said I wanna be happy !   Dim 11 Juin - 3:34


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C'était aux autres de s'habituer. Du haut de ses seize ans, à peine, Ruri avait appris que les autres ne s'habituaient pas. Ou pas assez vite, pas aussi vite qu'elle. Ils avaient tant besoin que rien ne change, que tout corresponde à leurs attentes, en étaient si persuadés, que la moindre chose qui n'y entrait pas devait s'assimiler ou souffrir. Et Ruri avec une fille, ça n'entrait dans les attentes de personne. Ni dans les siennes, ni dans celles de sa famille, certainement pas dans celles de ses amis. Elle pouvait l'accepter... non... peut-être. Elle détestait cette part d'elle-même et elle aurait voulu l'enfermer avec les autres, loin derrière la porte qui avait barré la route à ses émotions. Pouvoir sourire, faire semblant. Ça n'était pas si compliqué. Ça ne l'avait jamais été avant aujourd'hui.

Mais avant aujourd'hui, elle n'avait jamais eu à l'admettre. Elle l'avait caché, oublié même, à force de ne pas parler de garçons avec les autres. C'était resté là, caché au fond de son cœur, prêt à resurgir comme si ça avait attendu que tout aille bien pour lui rappeler qu'on ne pouvait contenir la vérité éternellement. Et c'était ça qu'elle devait accepter. C'était ce mot qu'il avait choisi. Pas s'adapter, ni s'habituer. Accepter. Quelque chose de bien plus difficile. Accepter qu'elle ne regarderait jamais un garçon comme les autres filles de sa classe et qu'elle ne pourrait pas en parler avec elles. Que ses parents... et son frère... qu'elle serait seule...

Presque seule. Elle se raccrochait à Yoite, à sa présence, à sa compréhension, comme à une bouée de sauvetage. Qui l'avait sauvée de la noyade pour la seconde fois. Quand il se leva, elle se roula en boule en attendant qu'il revienne. Un jour, peut-être, elle le vivrait mieux. Mais ce soir, elle avait besoin de lui. Il était la seule certitude qu'il lui restait dans la tempête qui s'était emparée de son cœur et de ses émotions. Quand il revint pour essuyer ses larmes, elle sentit la boule dans sa gorge diminuer un peu. Une force inconsciente calmait ses larmes pour lui - pour qu'il n'ait plus à en essuyer de nouvelles, qu'il n'ait plus à s'inquiéter. Tant qu'il était avec elle, elle irait mieux. Mais elle savait qu'elle devrait trouver la force de supporter tout cela sans sa présence. Qu'elle ne pouvait pas rester ici éternellement. Plus tard... Elle aurait tout le temps d'y penser plus tard...

Ruri fit ce qu'il lui demandait sans réfléchir, sans chercher à comprendre. Lorsqu'ils étaient rencontrés, il lui avait demandé d'avoir confiance en lui, une confiance absolue qu'elle n'avait bien sûr pas à l'époque, mais qui commençait à se frayer un chemin aujourd'hui. Il serait toujours là pour la rattraper. Elle lui aurait confié sa vie sans hésitation. Après tout, ne venait-elle pas de lui confier bien plus ?
Son gant humide sur les yeux, elle tourna la main pour pouvoir s'accrocher à son poignet, comme une certitude qu'il était à ses côtés. "Yoite ?" Ses forces diminuaient, elle le sentait. La peine avait consumé son énergie, mais un doute la gardait éveillée. Et si la peine ne partait jamais ? Si elle ressentait ça toute sa vie, à chaque regard vers sa famille, vers une fille, vers n'importe qui pouvant connaître son secret ? Si Yoite commençait à la voir différemment ? Ses larmes n'avaient jamais rien apporté de bon... "Je pourrais retrouver le sourire, hein ? Et tu continueras de sourire avec moi ?" Elle ne voulait pas pleurer encore mais, plus que tout, elle refusait qu'il ressente cette tristesse en sa présence. Elle voulait qu'ils soient heureux, qu'ils puissent rire ensemble, que sa prochaine visite ne soit pas si douloureuse. Elle voulait des souvenirs impérissables qui remplaceraient les autres, feraient taire la tristesse.
Mais malgré tout, elle n'aurait effacé ce moment pour rien au monde.
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I said I wanna be happy !
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