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 On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.

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Yoite Unden
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HnM
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MessageSujet: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Ven 15 Mai - 19:04

[Avril 2015]

Étouffant un bâillement, Yoite se décala sur le côté du couloir pour laisser passer un groupe de filles bruyantes et malpolies, qui ne cessaient de regarder derrière elles en piaillant comme des poules. Laissant un soupir passer ses lèvres, il croisa le regard de l'une de ses filles et lui fit un sourire niais et moqueur comme il savait si bien le faire ces derniers temps. La demoiselle paru offusquée et baissa les yeux avant de s'enfuir rejoindre son groupe de gonzesses en chaleur. Yoite n'avait jamais été très proche des filles en général, il ne les comprenait pas, ne les désirait pas, ne les enviait pas non plus. Il les trouvait chiantes, prise de tête, susceptibles et beaucoup trop commères pour lui, même si parfois ça l'arrangeait quand il voulait savoir une ou deux choses sur quelqu'un.
D'ailleurs, il les détesta encore davantage quand il réalisa pourquoi est-ce qu'elles n'avaient cessé de piailler et pouffer depuis tout à l'heure. En face de lui, à quelques mètres seulement, se tenait ce cher Kim Chae Young, capitaine du club de Kyûdô. Depuis la dernière fois sur le parking, ce qui remontait pratiquement à 1 an aujourd'hui, Yoite ne lui avait jamais adressé la parole à nouveau. C'était à peine s'ils s'étaient croisés de toute façon, leurs plannings semblaient assez différents et ils n'avaient aucun ami en commun. Ça ne l'avait pas empêché de faire quelques recherches, et d'ainsi trouver qu'il était donc capitaine d'un club, qu'il fréquentait une jeune sportive dont le nom lui échappait maintenant, qu'il était particulièrement bien vu de ses dames en général et qu'il avait le rôle d'un Prince dans cette académie de petits friqués sans cervelle. Un résultat qui ne l'avait pas surprit, Kim était le genre de mec populaire qui fait passer son image et ses pensées avant celles des autres. Il ne l'aimait pas.

Il allait quand même devoir le supporter. Dans moins de 2 minutes, la réunion à laquelle ils étaient tous conviés (ils devaient être une petite quinzaine, à peu près) allait commencer et Kim en faisait partie, tout comme lui. Ce mail qu'il avait reçu il y a une semaine lui "ordonnait" de venir à cette réunion pour faire le point sur les différents clubs, les activités passées et futures, les membres récalcitrants à s'inscrire ou à se présenter, les soucis externes, les questions diverses ... Ce n'était pas la première fois que Yoite assistait à ce genre de réunion, mais c'était la première fois qu'il y venait en tant que "Capitaine". La dernière fois, il y avait participé aux côtés de Kazuki qui s'était fait aussi discret que possible pour éviter d'attirer l'attention. Les temps avaient changé, Yoite était prêt à ouvrir sa gueule si le besoin s'en faisait sentir!
La porte s'ouvrit et l'homme qui allait être le maître de cette réunion les invita à entrer. Doucement, le petit groupe s'agglutina dans cette salle d'étude un peu petite malgré tout. Elle restait pourtant le meilleur choix, ils en avaient sûrement pour des heures de discussion et c'était la seule salle à disposer de toilettes. S'installant sur une chaise en bout de ligne, Yoite posa son bloc-note sur le petit pupitre et s'adossa contre le dossier de sa chaise, déjà fatigué. Il n'était pas enchanté d'être là, il était épuisé de sa semaine, il avait dû abandonner ses potes qui étaient partis s'amuser pour rester coincé là avec des gens qu'il n'aimait pas et il n'avait plus envie de rentrer chez lui dernièrement. Joyeuse vie.

La réunion commença sans tarder, tout le monde était présent et plusieurs sujets furent abordés. La nomination de Yoite au poste de Capitaine fut citée, il eut quelques applaudissements qu'il remercia d'un sourire sincère. Il était particulièrement fier de sa promotion même si elle datait un peu maintenant. Tout se passait bien dans son club et même s'il n'avait pas énormément de membres inscrits, les quelques survivants étaient des passionnés. C'était tout ce qui comptait.
Au bout d'1h30, le regard de Yoite se fit plus absent. Il sentait la fatigue le gagner, l'ennui l'envahir et pour lutter contre cette impolitesse qui prenait le contrôle, il reporta son attention sur le Prince roux. Il paraissait davantage blond aujourd'hui mais Yoite préférait le voir comme un roux, le vilain roux qui l'avait empêché de commettre davantage de bêtises sur la personne de Saki, cet inconnu sorti de nulle part qui avait tenter de le raisonner sans chercher à forcément lui rejeter la faute, ce populaire prétentieux qui n'avait pas ri au moment où il s'était écroulé sur le parking après seulement un coup de poing. Kim n'était pas aussi vilain que Yoite voulait bien le faire croire et si aujourd'hui il ne semblait pas pouvoir le voir en peinture, c'était juste par un mauvais concours de circonstance. Ils ne s'étaient simplement pas rencontrés au bon moment et maintenant ... disons qu'ils ne s'appréciaient pas plus que ça.


Dernière édition par Yoite Unden le Ven 3 Juil - 23:34, édité 1 fois
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Kim Chae Young
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Ven 15 Mai - 19:06

Kim regarda sa montre, il était 15h45, il avait comme l'impression d'avoir déjà fait une double journée en une. Depuis quelques temps, il ne cessait de s'occuper le corps et l'esprit pour éviter de penser à des questions futiles qui lui faisaient quand même remettre sa vie en question. Il se demandait s'il avait fait le bon choix en venant au Japon, s'il ne ferait pas mieux de retourner en Corée, pays qui possédait aussi de très bonnes universités. Ici, il apprenait des choses, bien sûr mais il se perdait aussi en même temps. Il oubliait certains principes fondamentaux avec lesquels il avait grandi en fréquentant les mauvaises personnes et il se retrouvait dans des situations dont il aurait bien voulu se passer.
Bien sûr, c'était une décision à laquelle il prenait le temps de réfléchir sérieusement parce que ça impliquait beaucoup de choses et il y'avait quand même des personnes ici qui valaient le détour et qui comptaient dans sa vie.

En tout cas... pas lui. Yoite Unden.
Si y'a bien une personne que Kim aurait préféré ne jamais connaître, c'était bien ce rebelle incontrôlable et si peu respectueux. Il n'avait aucune manière, ni aucun savoir vivre. Son visage était comme un livre ouvert et même si Kim ne le connaissait sûrement pas de la bonne manière au vu de leur historique commun, il n'avait pas envie de croire qu'une bonne personne se cachait sous cet armada de superficialité.
Il était en face de lui depuis tout à l'heure, en train de bailler à tout va, résultat sûrement peu compliqué d'une soirée trop arrosée hier soir ou d'un sommeil gâché par des ébats douteux... Kim secoua légèrement la tête en reportant son regard sur quelqu'un d'autre. Cet idiot ne l'aidait pas à ne pas repenser à son dilemme qui lui creusait la cervelle et lui drainait toute son énergie depuis des jours.

L'intervenant pour la réunion des clubs ouvrit la porte de l'intérieur et les invita à entrer. Kim laissa passer les autres personnes avant lui. Il n'était pas spécialement pressé d'assister à cette réunion. Non pas qu'elle ne l'intéressait pas, mais plutôt qu'il en avait un peu marre de se casser la tête à toujours tenter de motiver les autres, ou de les porter plus haut alors qu'ils n'en avaient aucunement la motivation. Il avait eut un passé de leadership non négligeable, mais il l'avait bien vécu parce que ses camarades étaient plein d'entrain et de bonnes intentions. Ici, c'était différent. Leur seul point commun, c'était l'argent. Et là, l'expression "l'argent ne fait pas le bonheur", prenait tout son sens.

Il s'assit dans la deuxième rangée et écouta avec attention malgré tout, les dernières nouvelles des clubs en espérant pouvoir trouver une solution qui ne demande pas trop d'implication personne et qui fonctionne.
Les nouveaux présidents furent applaudis, Yoite Unden entre autres. Il était président du Club de Natation, Kim le savait, c'était ça qui l'avait empêché de s'y inscrire pendant une période et puis le temps lui avait manqué de toute façon. Mais il avait voulu s'inscrire dans le club de Basket et là aussi, la présence de Yoite - puis d'Ethan et de Makkuro - l'avait dissuadé.
Il fut nommé également. Effectivement, puisque Shiki Katsuragi avait laissé tomber son poste du Club de Kyudo. Il remercia les gens avec le même sourire un peu forcé depuis quelques mois.

La réunion dévia légèrement sur des commandes de fournitures qui s'étaient perdues et une surcharge inutile des clubs de tradition. Il décrocha également, comme beaucoup de ses voisins de table. Il reporta son regard dehors. A cet instant, il aurait voulu être ailleurs, mais où... ça il ne savait pas.
Les 2h de réunion furent atteints et l'intervenant remercia tout le monde pour leur attention et leurs suggestions. Une seconde réunion suivra sûrement d'ici quelques semaines, histoire de laisser le temps aux gens de réaliser quelques essais sur les nouveautés apportées. Kim s'étira longuement pendant que les gens sortaient les uns après les autres.
Il profita du brouhaha pour se rendre aux toilettes, de l'autre côté de la salle, derrière le bureau de l'intervenant, dans le renfoncement. Il se dirigea vers les urinoirs et soulagea sa vessie maltraitée depuis son réveil ce matin. Il laissa son esprit repenser à tout ce qu'il avait accompli depuis ce matin. Première chose, il s'était réveillé dans sa chambre universitaire. Il ne se rappelait plus pourquoi il était resté sur le campus hier soir mais c'était sûrement pour être sur le terrain plus tôt que s'il avait dormi dans son appart'. Il s'était rendu dans la salle commune pour prendre un café au calme. Peu de personnes venait ici et ça l'arrangeait bien. Il aimait cette ambiance discrètement chaleureuse et il pouvait se réveiller tout en douceur.
Ensuite, il s'était rendu à son club, il avait vérifié le matériel et mit en place les plannings de la journée avec les rotations pour le ménage et le rangement du matériel par ses membres. Et puis alors qu'il était 9h tout juste, il était parti faire un petit footing autour de la piste d'athlétisme pour se défouler. Il avait à peine eut le temps de rentrer et de se doucher qu'il fallait déjà aller en cours.
S'en était suivi sa pause de midi où il avait préféré rentrer chez lui pour se cuisiner un petit poulet au curry bien savoureux et ... la porte des toilettes s'ouvrit à la volée derrière lui, le coupant dans pseudo-biographie de la journée. Il referma sa braguette et se retourna pour aller au lavabo tout en regardant qui était entré derrière lui. C'était encore cette sangsue de Yoite. Il y'eut comme un regard entre eux, qui fut loin d'être chaleureux. Ils n'avaient aucun point commun tous les deux et n'en auront jamais !

Kim se lava les mains tranquillement sans dire un mot pendant que mini-Yoite arrosait les urinoirs sûrement déçu ne de pas pouvoir en mettre plein les murs pour s'amuser.
Le coréen se sécha les mains et sortit sans un regard de plus pour son camarade et referma la porte derrière lui. Il n'y avait plus personne dans la salle, même plus l'intervenant. Il soupira d'être aussi déçu même par le comportement de son aîné. Il mit les mains dans les poches de son jean et se dirigea vers la porte de l'amphithéâtre pour l'ouvrir. Il fut assez décontenancé de voir qu'elle ne voulut pas s'ouvrir. Il sortit aussitôt les mains de ses poches et appuya plus fort sur l'espèce de poignée "push" tout en poussant la porte au cas où elle serait coincée mais il n'y avait rien à faire. Elle était fermée.

Il resta interdit pendant un instant. Il essaya de comprendre ce qui s'était passé et se retourna même vers les "gradins" pour voir si on ne lui faisait pas une mauvaise blague, mais il semblait que non. Le professeur avait sûrement voulu partir un peu trop vite et a négligé les toilettes au profit de sa soirée personnelle. MALIN !
Il fit quelques pas rapides, un peu agacé et nerveux de cette situation. Maintenant, il était enfermé dans une salle, il était 18h passé, et l'Académie allait se vider rapidement, il se retrouvait seul comme un... il s'arrêta et se tapa le front... Il n'était pas tout seul. Hélas. C'était bien pire... Le jeune rebelle allait bientôt sortir des toilettes et il allait se rendre compte lui aussi du traquenard. Sa réaction pour l'instant était un mystère pour Kim alors il profita de ce petit moment où il était tout seul pour reprendre une contenance.

Il se calma - beaucoup plus pratique pour réfléchir - et posa son fessier sur l'une des tables du premier rang. Il croisa les bras et attendit que Yoite sorte des toilettes. Il avait envie d'assister au spectacle. Il masqua le petit sourire un peu moqueur sur ses lèvres, parce que de toute évidence, ça allait énerver le rebelle et en plus, il n'avait vraiment aucun avantage à tirer de cette situation, alors il n'y avait pas de quoi rire du tout...

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Dernière édition par Kim Chae Young le Lun 15 Juin - 13:02, édité 1 fois
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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Sam 23 Mai - 19:25

Au fond, cette réunion n'était pas si mauvaise que ça. Bien sûr le contexte sérieux de la chose était ennuyant au possible et Yoite aurait préféré faire quelques plongeons dans la piscine au lieu d'être là mais cette "classe" faite de différentes personnes avait des allures de nouveauté. Toutes les personnes qui étaient ici tenaient un rôle capital au sein de l'académie, avaient des responsabilités et ça faisait un peu une sorte d'élite. S'ils décidaient de se mettre en grève ou de boycotter cette grande et belle école, à coups sûrs les journaux risquaient d'en parler. Ils avaient le pouvoir.
Il fut quand même surpris de voir le nom de Kim cité dans les nouveautés. Ainsi lui aussi venait de monter en grade ... Ça leur faisait un point commun, même si ça ne risquait pas de changer sa vie. Pourtant, dernièrement, Yoite se prenait à penser à lui un peu plus chaque jour, à le comparer à Wunjo qui avait été proche d'Ethan, à tenter de savoir s'il était son nouveau bro, sa nouvelle moitié et puis il repensait au fait qu'il avait eut ce visage choqué de vierge en détresse quand son passé avec la racaille avait été évoqué en plein milieu du parking. Des vrais amis se disaient tout, non? Est-ce que Kim avait été choqué par la nouvelle ou simplement déstabilisé de voir qu'on lui avait volé l'homme de sa vie le temps d'une nuit? Apprendre qu'il avait une petite-amie avait résolu la question rapidement. Le rouquin était du genre à aimer les clichés, à respecter les règles et c'était ce qui avait déclenché chez Yoite cette toute petite haine à son égard.

La réunion se termina sans qu'il n'ait rien vu venir et clignant des yeux pour revenir à la réalité, il constata que son bloc-note était vide de toute écriture. Il n'avait rien noté, rien écouté. Allons bon, tant que son club restait actif, il n'y avait sûrement rien à craindre. Se redressant en laissant ses affaires là, il s'étira et bailla de nouveau avant de sortir son téléphone de sa poche. Il avait 3 mails, dont 1 de Sakura qui lui demandait quand est-ce qu'il allait rentrer car elle voulait lui parler. Laissant passer un soupir triste, Yoite regarda par la fenêtre de la salle pendant quelques secondes, il ne savait pas quoi lui répondre. Un malaise s'était doucement installé entre Yoi et le reste de sa famille depuis la mort d'Himura. Oui, ça faisait 1 an 1/2 mais Yoite n'arrivait toujours pas à rentrer chez lui sans penser à son oncle, sans regarder la porte de sa chambre désormais toujours fermée, sans attendre ses petits plats au petit-déjeuner, sans entendre son rire tonitruant qui l'avait pourtant si souvent agacé. Il lui manquait et voir que Sakura et Kaji continuaient leur vie comme si de rien était l'énervait au plus haut point. Il n'avait plus personne à qui parler, c'était douloureux.
Reglissant son téléphone dans sa poche sans avoir rien répondu, ni même lu ses 2 autres mails, il prit la direction des toilettes et poussa la porte d'une main vive et puissante. Bien vite, ses yeux de fauve se posèrent sur Kim et quand leurs regards se croisèrent, Yoite n'eut pas le courage de l'ignorer ou d'être adulte. Il fronça les sourcils pour lui faire comprendre que rien n'avait changé même au bout d'1 an. Le laissant s'en aller, il alla se soulager à son tour en se disant qu'à quelques secondes près, il aurait pu voir l'anatomie de ce cher Coréen ... hé hé.

Au moment où il quitta les toilettes, Yoite avait le visage baissé vers le sol alors qu'il remettait son pull bien comme il faut. Il était désormais libre et il avait pris la décision d'aller rejoindre ses potes. Il était toujours bien coiffé, ses vêtements étaient propres, à lui les boissons!
Pourtant, quand il releva la tête et vit Kim assis là comme s'il l'attendait, son cœur rata un battement. Merde, est-ce qu'il s'était décidé à lui foutre une raclée lui aussi? La dernière qu'il avait reçu l'avait déjà bien soigné et sincèrement, il n'avait pas envie de souffrir à nouveau. Déglutissant, il tenta de faire bonne figure et alla chercher son bloc-note en lançant quelques petits coups d’œil furtifs pour contre-attaquer ... sait-on jamais. Mais Prince Roux ne bougeait pas d'un pouce, le fixant comme s'il jugeait une bête féroce. Là tout de suite, il crevait d'envie d'ouvrir sa gueule et de l'agresser avec des mots rien que parce qu'il le regardait mais il craignait un peu la confrontation. Alors avec toute sa dignité, il passa à côté de lui sans rien dire et se dirigea vers la porte, pressé de relâcher la pression et d'oublier ce petit moment de stress. D'un geste habituel, il tenta de la faire coulisser mais il échoua. Appuyant un peu plus sa prise, il retenta son geste mais échoua à nouveau.


"Put**n, c'est quoi ça ..."

Rageusement, il balança son bloc-note vers la gauche et avec ses deux mains, il força sur cette fichue porte qui lui bloquait l'accès à la liberté. Au bout de quelques minutes, de coups de pieds, d'insultes et d'efforts surhumains inutiles, Yoite laissa ses bras retomber le long de son corps et se tourna vers Kim avec une respiration saccadée. Le Coréen n'avait pas bougé d'un iota, ne serait-ce que pour lui donner un coup de main ou pour se moquer de sa force de gonzesse. Alors quoi? Est-ce qu'il comptait le torturer dans cet amphi à l'abri du regard des autres? S'il avait prit la décision de lui parler, il pouvait se lancer là. Yoite n'allait pas aller bien loin!

Avançant de quelques pas, complètement démotivé, il alla s'appuyer contre le bureau de l'intervenant de tout à l'heure et croisa les bras à son tour. Son cerveau tournait à plein régime pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Bien vite, il réalisa qu'ils étaient enfermés tous les deux dans cette salle, que l'heure à laquelle la réunion s'était terminée tendait à penser qu'il n'y avait plus personne ou presque dans les couloirs de l'école et que s'ils voulaient sortir d'ici, ils n'avaient qu'à soit prévenir l'un de leurs potes de contacter un prof ou autre, soit d'attendre le gardien de nuit en priant pour qu'il soit rigoureux dans son travail.
Et puis soudain ...


"En fait, t'avais déjà essayé hein. T'aurais pas pu me le dire, au lieu de me regarder m'énerver sur cette fichue porte? Boulet, va."

Ok, c'était gamin de réagir ainsi sans preuve particulière. Mais qu'est-ce qui avait empêché Kim de le prévenir au moment où il avait quitté les toilettes? Tous les jours, Yoite croisait quelqu'un d'assez franc pour lui rappeler qu'il n'était pas mature, qu'il se comportait en gosse capricieux et qu'il avait atteint l'âge de grandir mais là, le plus immature des deux, c'était le Coréen. Un mec si populaire qui se comportait ainsi, c'était humiliant pour lui.

Conscient que rester ici n'était pas envisageable car c'était Kim en face de lui, Yoite ressortit son téléphone de sa poche en cherchant déjà qui est-ce qu'il allait contacter. Ses potes les plus proches étaient sortis, c'était inutile mais il avait d'autres fréquentations. Alors qu'il faisait la liste, il réalisa qu'un temps considérable allait passer avant qu'un prof ou qu'un concierge ne vienne les sortir de là. Et si ... et s'il en profitait un peu?


"Au fait, je vais bien. Merci de t'être inquiété de mon sort après mon séjour à l'hôpital. T'as revu Saki? Ou Ethan? Bizarrement, j'ai comme l'impression que non ... Un Prince ne passe pas son temps avec une pauvre et encore moins avec un gay. Je me trompe?"

Kim pouvait très bien ne pas répondre et se contenter de l'ignorer mais Yoite n'avait pas l'intention de se taire pour autant. Il était même prêt à inventer des mensonges pour dire qu'il avait revu Saki, qu'il l'avait encore fait pleurer ou bien qu'Ethan et lui avaient remis ça y a quelques semaines. Il se fichait bien des conséquences, il voulait juste que le rouquin parle. Il s'était montré chevaleresque et bavard sur le parking alors là aussi, il pouvait se lâcher.

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Kim Chae Young
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Dim 12 Juil - 15:02



Yoite ne tarda pas à sortir des toilettes après lui, Kim manqua presque de temps pour parfaire sa contenance afin de ne pas éveiller de soupçons. Il sentit la petite touche d'hésitation de Yoite quand il l'aperçut, cul posé sur la table, à le regarder sans bouger et sans sourire. Il y'aurait eu une marche qu'il l'aurait raté. Kim ressentit un peu le même pincement au ventre quand le rebelle posa involontairement sa paire d'yeux en amandes sur lui. Son regard était pénétrant, ce qui lui allait comme un gant quand on connaissait son attitude et sa désinvolture, il n'avait honte de rien, c'était un danger public.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Ce fut historiquement mémorable de voir le petit bonhomme à la chevelure bleue impeccable se déchaîner sur cette pauvre porte qui n'avait rien demandé. Le visage déconfit de Yoite valait tout l'or du monde. On aurait presque dit un gamin à qui on avait retiré le jouet parce qu'il était trop bruyant ou qu'il n'avait pas fini son assiette. Il sembla alors prêt à bouder et aller à son tour s'asseoir, sûrement un peu honteux d'avoir été si 'mis à nu' devant quelqu'un qu'il n'apprécie pas du tout.
Kim s'était laissé aller à sourire dans sa barbe inexistante quand il l'avait vu balancer littéralement son bloc note au sol - et ben bravo ! - pour libérer ses mains et espérer avoir plus de forces ainsi, mais la porte avait gagné, même contre ses coups de pieds...

Ronchon jusqu'au bout, Yoite ne semblait pas prêt à lâcher sa rage facilement, alors puisqu'il ne pouvait plus s'en prendre à la porte, il décida de se retourner vers Kim, la seule cible disponible pour le petit fougueux en herbe... Il comprit enfin que Kim était au courant et que c'était pour cette raison qu'il s'était assis là, à attendre sagement son sort et surtout de voir le petit rebelle s'énerver pour rien. Kim se s'attendait pas vraiment à ce qu'il lui adresse la parole même si au fond c'était plutôt inévitable.
Il releva la tête, comme si le jeune homme le sortait d'une réflexion intense en le dérangeant au plus haut point. Avec un de ses sourcils relevé, son visage disait Oh mais tu es là, toi ?, il se contenta de sourire bestialement :

- Parce que tu m'aurais cru peut-être ?

Fallait l'avouer. Si Kim avait prévenu Yoite que la porte était fermée en sortant des toilettes, n'aurait-il pas eu la tentation d'essayer quand même, juste pour vérifier que le coréen ne se foutait pas de sa gueule ? Si ! Alors autant qu'il essaye et qu'il s'en rende compte de lui-même. Parlons peu mais parlons bien. Le coréen n'avait pas non plus une joie immense en voyant le rebelle alors il allait pas lui faciliter la vie. Faut pas rêver.
Il le vit sortir son téléphone. L'objet indispensable aux personnes qui souhaitent s'enfermer dans leur bulle, ou ne pas adresser la parole aux 'étrangers' autour d'eux. Ou bien, une fois de temps en temps, cette saloperie de technologie était parfaite pour son utilisation de base, c'est à dire ... téléphoner ou envoyer des messages.
Kim y avait pensé aussi à appeler quelqu'un pour faire prévenir le concierge ou une autre personne responsable de l'académie mais là tout de suite, il ne voyait personne de son entourage qui était présent près de l'académie ou qui pourrait contacter quelqu'un pour l'aider... pour les aider. Alors il avait préféré attendre que le petit japonais lui mâche le travail. Et il ferait avec son incapacité à garder le silence dans cette situation abracadabrante et loufoque.

Il reprit la parole une fois de plus. Et bien, et bien... il en avait des griefs le petit nippon. C'était quoi cette attitude très étrange qui donnerait envie à n'importe qui de le gifler ? Pourquoi est-ce qu'il se sentait toujours obligé d'agresser les gens sur des sujets qu'il savait sensibles. Où était l'intérêt là tout de suite de passer les deux prochaines heures à se prendre la tête dans un amphi ?
Kim savait qu'ils ne se seraient pas mit à jouer aux cartes non plus mais peut-être aurait-il pu faire l'effort de ne pas chercher les embrouilles, non ?

Trois sujets tabous furent abordés en l'espace d'une phrase, quel connard. Il lui rappela violemment la bagarre sur le parking, Ethan et Saki. Rien ne s'était vraiment arrangé depuis tout ce temps finalement. Kim n'avait pas reparlé à Ethan, il évitait même toute confrontation parce qu'une sorte de rancœur hostile s’immisçait en lui dès qu'il apercevait son ancien ami et il ne voulait pas devenir aussi con que lui, il ne voulait pas céder à cette rage qu'il avait fait naître en lui. Il le trouvait fade et fané, comme si quelque chose avait cassé en lui et qu'il avait été incapable de réparer. Il préférait ne plus faire attention à lui... et il devait bien avouer qu'il avait un mal de chien à le faire.
Concernant Saki, c'était plutôt l'inverse. Ils étaient devenus amis, très bon amis même, au point que la petite chétive avait même tendance à sourire aujourd'hui et ils passaient beaucoup de temps ensemble. C'était une personne adorable et Yoite avait fait beaucoup de dégâts en s'en prenant à elle pour rien.

Après ... concernant l'état de Yoite après la bagarre, là c'était différent... Kim avait eut la noblesse d'appeler une ambulance pour éviter qu'il ne reste à pourrir sur le parking de l'école, et effectivement, après il n'avait pas prit de nouvelles de lui. Est-ce que le rebelle l'aurait souhaité ? C'était en désaccord avec son attitude actuelle. Il était vraiment difficile à comprendre.

- T'as juste pris quelques coups - bien mérités au final -, d'autres sont passés par là avant toi. T'étais pas non plus à l'article de la mort et je pense pas que tu aurais apprécié que je vienne te voir à l’hôpital parce que crois-moi, t'aurais encore passé un sale quart d'heure.

Evidemment, Kim ne faisait pas allusion à la violence, ici. Mais il lui aurait encore remit une couche de sermon et Yoite devait se sentir presque reconnaissant de pas y avoir eut droit.

- Et en ce concerne Ethan ou Saki, ça ne te regarde pas. Tu pourras bien dire ce que tu veux, je ne me mettrais pas dans l'état que tu attends de moi. Tes petites gamineries ne me feront pas sortir de ce calme que j'arbore en ce moment. Je suis comme ça, et tu devrais peut-être en prendre de la graine. T'es chiant à pas savoir fermer ta gueule. Je suis ici parce que j'ai pas le choix, pas parce que j'avais envie de te parler.

Kim soupira légèrement, il avait été un peu plus agressif qu'il n'aurait pensé. Pour plusieurs raisons. Un, parce que Yoite avait abordé des sujets dont il avait clairement pas le droit de parler avec lui. Il avait provoqué cette merde qui arrivait désormais, il était LE dénominateur commun à tous les problèmes qu'il avait. Ils ne se connaissaient pas tous les deux, et pourtant ils se détestaient déjà. Kim ne comprenait pas qu'on puisse être aussi con volontairement ; et de deux, parce que si Yoite perdait du temps à lui parler, c'est sûrement parce que lui non plus, il n'avait pas d'ami qui puisse le sortir d'ici en moins de temps qu'il faut pour le dire. Ce qui signifiait en gros, qu'ils allaient devoir rester ici jusqu'à ce que le concierge vienne vérifier si les portes sont bien fermées... Elle l'es, bordel.

Kim eut alors une idée, pour éviter que le concierge fasse un peu de zèle au moment de la vérification. Il prit un bout de feuille de papier blanc de son cahier et nota dessus :


Nous sommes enfermés à l'intérieur de l'amphi. Ouvrez-nous svp. Merci !


Il se déplaça pour le glisser sous la porte, la satanée porte qui les emprisonnait de leur liberté. Il se mit alors dos à la porte et croisa les bras, tout en regardant Yoite.

- Je sais d'avance que tu vas pas te taire, alors si t'as envie de parler, dis-moi plutôt pourquoi t'as fais ça à Saki ? Qu'est-ce qu'elle t'avait fait ? Et ne me dis pas que c'est un délit de sale gueule, elle a une bien meilleure tête que toi...

Kim relâcha ses bras et fit quelques pas. Il passa une main sur son front et se frotta les yeux en soupirant. Les frasques de Yoite faisaient parler. Il était célèbre comme le loup blanc dans toute l'académie, et pourtant certains disaient qu'il était génial, que c'était un pote en or, toujours prêt à rendre service et à faire rire tout le monde. Alors pourquoi était-il si con par moments ? C'était quoi son problème au juste ?

- J'avoue que je te comprends pas. Je sais pas ce qui te pousse à te comporter comme un gamin idiot et insupportable, mais y'a une différence Yoite entre lancer des boulettes de papier sur les profs pour faire rire tes camarades de classe, ou faire la bombe dans la piscine pour éclabousser tout le monde et harceler Saki pour finir par la frapper sur le parking de l'école alors qu'elle ne t'a jamais rien fait de mal. Ta limite au juste, elle se situe où ?

Finalement, le discours moralisateur qu'il aurait dû avoir à l'hôpital, il allait l'avoir ici. Fallait pas lancer la conversation, maintenant, t'es là, t'es coincé alors assume et réponds-lui...

... ou ferme ta gueule pour de bon.

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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Mar 21 Juil - 20:20

Définir Yoite comme étant quelqu'un de sanguin n'était pas spécialement vrai. Oui, il avait tendance à s'énerver assez vite sur certaines choses et ses réactions pouvaient parfois en dérouter plus d'un mais généralement, le jeune rebelle savait se contrôler et préférait rester de marbre car il avait remarqué que c'était tout aussi énervant pour la personne en face. Ignorer volontairement les piques adverses, se croire au-dessus d'eux rendaient les autres réellement minables. Seulement voilà, là ce n'était pas une personne mais une simple porte qui lui tenait tête et savoir que le coréen moralisateur se trouvait derrière lui, à le regarder de la tête aux pieds comme s'il descendait direct de Pluton le rendait particulièrement conscient de la situation. Pas forcément mal à l'aise, il voulait juste pouvoir garder la tête haute et partir sans un regard pour faire comme si Kim ne comptait pas.
Son plan était un échec total, la porte comptait bien rester fermée malgré ses supplications inconscientes et Yoite dû se rendre à l'évidence : Kim s'était joué de lui avec une réussite totale. Il ne lui restait plus qu'à ravaler sa fierté et a ronchonner comme un gosse de 10 ans pour tenter de ne pas simplement sombrer dans la honte. S'en prendre à Kim n'était pas la meilleure solution mais il en avait très envie et puisqu'ils étaient coincés là tous les deux pour quelque temps au moins, il pouvait tenter de lui parler. Il y avait fort à parier que le Coréen l'aurait snobé dans les couloirs si Yoite s'était avisé de lui poser des questions. Là, il pouvait toujours l'ignorer mais Yoite croyait en ses capacités d'agacement ...
L'expression du populaire fut franche, froide. Il le haïssait. Rien de surprenant même si, personnellement, Yoite trouvait ça un peu limite. Certes, il avait frappé une fille mais ce n'était pas ce qu'on pouvait habituellement retenir de lui alors c'était un peu frustrant de laisser ceci comme dernier souvenir.


"Bien sûr que non mais j'aurais pas passé 10 minutes à essayer."

Bref, l'incident était clos. En soit, ce n'était qu'un tout petit accrochage de rien du tout. Le plus important résidait dans le fait qu'ils étaient coincés ensemble jusqu'à ce que quelqu'un les aide. Une situation amusante si on imaginait ça d'un point de vue positif. Le rebelle aurait préféré être à 1 000 lieues d'ici que coincé en sa compagnie. Kim avait certes une belle réputation à son actif, ami fidèle, populaire souriant, bon élève et beau gosse mais Yoi avait aussi découvert un côté grave, sans appel. Une sorte de Kim version sombre, comme si tout ce qu'il avait construit jusque-là n'était qu'une façade.
Et casser les façades, c'était son truc. Alors aborder 3 sujets difficiles fut un jeu d'enfant et sans perdre de temps, son petit manège fut mis en route grâce aux réponses rapides du populaire. Comme attendu, il le dénigra à la première occasion et Yoite réalisa qu'en effet il le haïssait pour ce qu'il avait fait à Saki, uniquement pour cette petite gifle sur une fille sans défense. Le principe était mauvais, le geste n'était pas non plus signe de fin de monde, hein ...


"Ôsen n'est pas si fragile que ça et je dirais même que c'est grâce à moi si elle commence à montrer les dents. Une gifle n'a jamais tué personne mais des coups de poings comme ceux de ton cher pote ... c'est différent. J'avais pas mérité une telle colère et même si c'est ce que je cherchais à ce moment-là, c'est pas une raison. Quant à ta morale de super-héros à deux balles, tu oublies j'en ai rien à cirer."

Avouer que c'était ce qu'il avait cherché à ce moment-là pouvait mettre le doute dans l'esprit de Kim, le faire se demander comment est-ce que quelqu'un pouvait en arriver à vouloir se faire frapper mais qu'importe. Yoite avait tourné la page, tant bien que mal. Son deuil était fait, Himura avait quitté ce monde et lui il continuait à avancer malgré tout. La douleur du manque avait laissé place à la tristesse ou encore à la mélancolie. Le rebelle se perdait parfois dans des souvenirs, c'était tout ce qui lui restait mais lui rappeler ce jour sur le parking n'amenait rien de bon. Ça le faisait repenser à l'état dans lequel il avait été et il se connaissait assez bien pour savoir que le résultat aurait pu être bien pire. Kim l'avait aidé déjà, mais si ça avait été des inconnus au lieu de ces 3 personnes de l'académie, peut-être que le rebelle aurait pu rejoindre son oncle pour lui demander des comptes. Depuis, il s'était ressaisi, la morale de son frère qui ressemblait à Kim au fond, l'avait remis sur le droit chemin et l'amour de Sakura l'avait aidé à remonter la pente. Il ne devait pas oublier qu'il n'était pas seul même si un vide l'avait envahi.

Malgré son changement évident de comportement, Yoite fut un peu subjugué de voir que Kim réussissait à se maîtriser et défendait son calme légendaire avec rage. Ainsi, il avait comprit ce que le rebelle cherchait à faire? Il était loin d'être idiot! Mais ce n'était pas pour ça qu'il allait cesser! Les minutes défilaient doucement, très doucement et ils avaient le temps de revenir sur pleins de choses, d'apprendre peut-être à se connaître un peu ou de se détester davantage. Qu'importe. Il voulait juste qu'il parle.
Au moment où il le vit écrire sa détresse sur un bout de papier ridicule, Yoite bougea du bureau pour se rapprocher, frôlant les sièges sur lesquels ils étaient tous assis tout à l'heure et fixant le ciel bleu dehors en se demandant s'il allait sortir de là avant qu'il ne fasse nuit.


"J'ai pas envie de te parler non plus mais j'apprécie pas le fait que tu me détestes sur une simple conclusion et j'aime pas le silence. En plus de ça, t'es bien trop calme pour être parfait. J'ai beau avoir été rapidement dans le cirage ce jour-là, j'ai eu le temps de voir ton expression de dégoût et ta déception quand tu as réalisé que ton pote pouvait prendre du plaisir avec un mec. Alors quoi, t'es jaloux? Tu le veux rien que pour toi? Ou alors, t'es juste un sale homophobe sous ton sourire éclatant?"

L'attaque était directe, là aussi. S'il y avait bien quelque chose que Yoite détestait par-dessus, c'étaient ces gens qui ne pouvaient pas s'empêcher de montrer au monde entier leur haine pour telle ou telle chose. Le rebelle, en tant que tel, pouvait comprendre qu'on se plaigne ouvertement contre des principes, des actions, des clichés ou autre mais dénigrer le choix de quelqu'un, c'était tout simplement intolérable. Défendre Ethan n'était pas la question, en fait il parlait davantage pour lui-même. Si Kim pouvait pas supporter d'avoir un pote gay, il pouvait sûrement pas blairer les autres non plus. En somme ... il le haïssait parce qu'il aimait les hommes? Si tel était le cas, ils risquaient fort d'avoir une conversation bien plus sérieuse que prévu!

Doucement, comme une feuille qui tombe d'un arbre, les graines qu'avait semé Yoite semblaient pousser dans l'esprit de Kim et le Coréen ouvrait enfin la bouche pour se laisser aller. Son ton de voix était toujours aussi glacial et le rebelle sentait bien qu'il mourrait d'envie de s'en aller de cet endroit mais il paraissait prendre son mal en patience et accepter la confrontation.
Bien!
Malheureusement, les questions furent directement reliées à Saki et Yoite se pinça les lèvres. Cette petite pouf ne l'intéressait pas, il ne voulait pas parler d'elle. Depuis ce jour-là, il ne l'avait pas revu ou alors il n'avait pas fait attention mais il avait eut vent de certaines rumeurs sur ce qu'il s'était passé. Des inconnus étaient venus le voir à son retour de l'hôpital pour savoir s'il allait bien, d'autres étaient simplement passés lui dire qu'il l'avait cherché. Les filles en général l'avaient dénigré avec un air de chiennes bafouées mais il n'en n'avait que faire. Quelques-unes d'entre elles avaient prit soin de le dorloter et de rendre Saki coupable de tout.
En se hissant légèrement sur la pointe des pieds, Yoite posa ses fesses sur l'un des pupitres. Il se trouvait maintenant à 3 mètres de Kim, au lieu de 6 tout à l'heure. De cette façon, il pouvait le détailler et chercher à lire ses expressions. Mais il paraissait juste agacé et Yoite baissa les yeux :


"Pourquoi pas elle, après tout. Dès son premier jour, elle s'est fait humilier et prendre la suite était juste la solution la plus simple. A la base, c'était qu'un jeu, une sorte de pari débile que j'adore relever et puis, les circonstances ont fait que j'ai continué. 1 mois, 6 mois et puis 1 an ... 2 ans ... Ôsen évoluait au rythme de mes mesquineries, je l'ai vu grandir et se renfermer dans un monde qu'elle a elle-même choisi. Elle est responsable."

Que cherchait Yoite en avouant de suite les raisons de cette traque malsaine? Lui-même ne le savait pas, surtout que ça ne le mettait pas du tout en valeur. Il s'en était prit à une faible, à une jeune fille fragilisée dès son premier jour juste parce qu'elle représentait une cible facile. Alors oui, il était lâche et ça ne risquait pas de changer. Il l'avait toujours été et l'avait surtout assumé.
Pourtant au fond, il savait qu'il avait espéré autre chose de la part de Saki. Il avait maintes fois rêvé de ce jour où elle prendrait son courage à deux mains, où elle lui dirait ses 4 vérités au point qu'il ne saurait plus quoi dire en face. Il n'avait pas de force, ni de carrure et Ôsen aurait pu réussir à le briser avec quelques mots bien trouvés mais les années avaient passé et son mutisme avait grandi. Elle était faible et elle le resterait.

Relevant la tête avec les sourcils froncés, Yoite afficha une moue contrariée, proche de la colère à la dernière question de Kim. Sa limite? Attendez, il disait ça comme s'il était le responsable de tout mais sur quoi il se basait? Il ne connaissait rien de sa vie, de son passé, de sa souffrance ce jour-là et pourtant, il le jugeait avec une facilité franchement déconcertante.
D'un geste rageur, il se redressa et s'avança encore d'un mètre pour imposer son humeur :


"Tu crois quoi? Que je me suis levé ce jour-là avec l'idée de lui foutre une branlée? Tu me prends pour qui? Je ne suis pas violent mais comme tout le monde, j'ai des jours où rien ne va et où ça dérape. Ôsen aurait dû fermer sa gueule et se soumettre comme elle le faisait d'habitude mais non, elle a choisi pile ce moment pour sortir les griffes. Je voulais pas la frapper mais ..."

Reprenant sa respiration, Yoite cessa sa phrase pour la laisser telle quelle, en suspens. Ce n'était pas son truc de dire la vérité avec autant d'aisance. Parler de son oncle lui était toujours impossible, aussi il se ravisa et fit demi-tour en fermant les yeux pour tenter de retrouver son calme. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer, quelqu'un allait arriver et ils allaient pouvoir se séparer tous les deux et s'éviter comme la peste. Le rebelle ne voulait pas reparler à Kim, il en avait marre de chercher à se justifier, il allait cesser de chercher à comprendre pourquoi est-ce qu'il le haïssait autant. Il allait juste apprendre à l'ignorer, à vivre sa vie comme si ce jour n'avait jamais existé et qu'il n'avait jamais rencontré ce Coréen aux allures fières.

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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Mer 16 Sep - 20:33

Yoite était bien plus qu'un gamin idiot ou simplement désinvolte, il était volontairement lâche et grossier. Il assumait son côté rebelle au plus haut point. Ce que les gens un peu influençables ou naïfs prenaient pour de la sympathie chez lui, était finalement bien plus de l'égoïsme de sa part et surtout une grosse erreur de jugement. Yoite est un mec super sociable signifie en fait qu'il parle à tout le monde avec facilité, mais ça ne veut pas dire qu'il est agréable et encore moins que les personnes en face de lui veulent aussi lui parler. Yoite fait rire tout le monde, ça c'est quoi ? Bah en fait qu'il se moque sans arrêt et que ses imbéciles de camarades dans sa classe trouvent ça délirant parce qu'eux aussi, ils ont un QI digne d'adolescents boutonneux en quête de popularité.

Aucune qualité ne sautait aux yeux de Kim, et plus il parlait, et plus Kim le détestait. Il n'avait pas une once de remords, pas de remise en question, pas de mea culpa, non que de l'agressivité et de la défense un peu trop rapide et justifiée pour qu'elle soit sincère. A part cette petite remarque un peu étrange "même si c'est ce que je cherchais ce jour là", Yoite semblait surtout cacher LA réelle cause de toute cette histoire. Ça n'expliquait pas tout et surtout, ça ne cautionnait pas tout...
En gros, Yoite n'avait rien apprit de son erreur, et c'était bien dommage... pour lui et pour le monde qui l'entoure.

- Là encore, tu as tort de croire que Saki n'est pas fragile et qu'elle est même sortie plus forte de cette histoire. Tu attends quoi au juste ? Des remerciements de sa part ? Tu es vraiment étonnamment crétin, tu n'as jamais entendu parler de traumatisme ou de douleur psychologique ? Ce que tu as fais subir à Saki, pendant toutes ces années, c'est presque comme si tu l'avais battue à longueur de temps. Et je n'ai jamais dis que l'attitude d'Ethan avait été la bonne. Je déteste la violence, et même si je te trouve plus que dévastateur dans ta façon d'agir avec les autres, tu ne méritais pas ça. Pas comme ça.

Les images d'Ethan bloqué sur Yoite en train de lui défoncer le visage revinrent un peu trop facilement dans sa mémoire et encore aujourd'hui, il ne comprenait pas pourquoi son ami avait lâché prise à ce point-là, cédant à cette rage qu'il avait laissé s'échapper. Ce regard de fauve déchaîné qu'il arborait et le poing qu'avait prit Kim en essayant de le retenir témoignait bien qu'il n'avait pas fait semblant.
Le visage de Yoite avait reprit une forme parfaite mais les boursouflures et le sang qui maculait sa peau ce jour là hantait encore le Coréen. Il avait prit sur lui pour ne pas être aux petits soins avec le rebelle lorsque l'ambulance l'avait emmené. S'il n'avait pas frappé Saki quelques minutes plus tôt, Kim aurait sûrement apprit à le connaître d'une toute autre façon.

Il sortit avec stupeur de ses pensées adoucissantes quand l'imbécile profond lui envoya en pleine gueule qu'il était homophobe et sûrement dégoûté par Ethan. C'était quoi encore ce gros cliché ? Venant de la part de Yoite, le rebelle par excellence qui ne veut rien faire comme les autres moutons de la société, c'était comme l'état français qui rechigne à collecter les impôts...
Il ne put s'empêcher de sortir de ses gonds là, outré par un tel propos. Subitement il se posa une multitude de questions, se recentrant sur lui-même, se demandant si c'est ça qu'Ethan avait cru aussi, et si c'était l'image qu'il avait renvoyé à ce moment-là.

- J'y crois pas ! Tu te permets de me juger sur une simple expression de mon visage à un moment précis ? T'étais bien content de toi surtout de balancer une révélation aussi intime à un moment vraiment mal choisi. Ça me fait surtout penser à ce que tu as dis y'a pas 2 minutes, tu cherchais à te faire frapper, alors c'est pour ça que tu as fais tout ça ?

Kim leva les yeux au ciel. Mais oui, bien sûr. Le rebelle avait juste voulu en arriver là, tout simplement. Peu importe comment, ou avec qui, il voulait juste se faire frapper. Pourquoi ? Ça, c'était un mystère, et sans grande intelligence, c'était facile de deviner que ça allait être un sujet tabou et absolument inabordable entre eux. Mais d'un coup, tout devenait plus clair. Le coréen ne prit même pas la peine de répondre à ses élucubrations ni à ses questions, il n'envisageait pas du tout de parler de son mode de vie, de sa morale, ou de sa relation avec Ethan, ça ne le regardait pas, et c'était pas Kim qui avait un problème !

- Ce qui m'exaspère c'est que tu te rends pas compte à quel point tu peux être égoïste ! Tu as eu une sale journée, pour une raison qui te regarde, et tu n'as pas eu le cran ou la décence de te gérer toi-même en te bourrant de cachetons pour te calmer ou de rester chez toi pour éviter de pourrir l'ambiance. Non ! il a fallu que tu bousilles la journée de trois personnes de plus rien que pour quelques petites heures d'inconscience ?!

Jamais il ne s'est dit qu'il allait rendre malheureuse une fille déjà instable, qu'il allait bousiller une relation d'amitié avec un gars qu'il apprécie bien plus qu'en simple ami visiblement, et se faire royalement détester par un inconnu. Visiblement, Yoite ne sait pas réfléchir avant d'agir. Le monde ne tourne qu'autour de lui. Il devait se faire soigner.
En sachant ça, Kim fut à deux doigts de regretter d'avoir stopper Ethan dans sa vengeance sauvage. Au moins, mort, Yoite aurait eu tout le temps de pleurer sur son pauvre sort.

Le coréen regretta aussitôt cette pensée atroce. Qu'est-ce qui lui prenait de réagir comme ça ? Il ne connaissait pas le problème de Yoite mais il ne doutait pas une seconde que ça devait être quelque chose de fort. Il se mordit la lèvre comme pour se punir d'avoir de telles horreurs dans la tête et il détourna le regard de cet être infâme qui le rendait fou. C'était même pas de la colère qui l'animait, c'était plutôt une sorte d’hébétement constant de voir à quel point il pouvait être consternant. Il manquait presque de vocabulaire pour essayer de lui faire ouvrir les yeux sur ses agissements.

Quand Yoite repartit sur le sujet de Saki, en essayant vaguement d'expliquer pourquoi c'était elle qui avait été la cible de toute cette vendetta, Kim eut presque envie de défoncer la porte à coups de hache pour ne plus avoir à entendre de telles conneries.
Yoite était si con qu'il mettait encore toute la faute sur Saki. A l'écouter, on avait presque l'image de la petite japonaise qui venait l'embêter en lui demandant d'être méchant avec lui parce qu'elle était trop faible et qu'elle voulait devenir forte. Depuis quand le harcèlement aide les gens dans leur vie future ? Kim avait déjà bien assez parlé avec Saki au jour d'aujourd'hui pour savoir qu'elle avait été à deux doigts de dire adieu à la vie par moments, et que le rebelle n'y était pas pour rien. Kim aurait aimé la connaître plus tôt, et l'aider bien plus que ce qu'il fait aujourd'hui.

Pour en revenir à un sujet abordé un peu plus tôt dans la conversation, tout le monde a des problèmes. Et Yoite a interféré dans la vie de Saki sans lui demander son avis, et sans savoir si à côté de ça, elle n'était pas déjà au bord du gouffre. Il n'a pas pensé un instant qu'il faisait une connerie, qu'il passait pour un pauvre type. Le japonais tentait de se défendre en disant qu'il avait dérapé, que c'était pas une bonne journée. Mais si tout le monde réagissait comme ça, mais y'aurait des massacres à tous les coins de rue.
Kim se retourna au moment où Yoite s'arrêta brusquement de parler. Il le fixa, bras croisés, avec le regard dur et le front plissé.

- Mais quoi ? C'est là toute la question, Yoite. Peu importe la raison qui ta poussé à agir aussi bêtement ce jour là, tu t'es jamais penché sur ce qui fait de toi ce que tu es, sur tes actes dans ta vie, sur ce que tu veux laisser derrière toi. Je suis sûr que ta famille te vois comme un mec cool, souriant, bien sympathique. Vive la double personnalité, hein. Peut-être que tu me trouves chiant à être réglo, à te faire la morale et à essayer de te raisonner avec patience malgré ton incapacité à entendre ce que je te répète depuis tout à l'heure, mais au moins moi j'ai pas honte de ce que je suis aujourd'hui. Y'a rien dont je dois avoir honte, et si tu me dis que toi non plus, alors j'arrête de te parler, ça sert à rien, t'es irrécupérable, et tu mérites vraiment pas d'être connu.

Les minutes s'écoulaient, parfois vite, parfois beaucoup trop lentement mais pour l'instant, pas de signe de délivrance.
Kim commençait à se noyer dans cette atmosphère un peu trop lourde et il était déjà en train de s'imaginer s'enfermant dans les toilettes avec une chaise qui bloque la porte pour ne plus voir cette tête de rat qui lui faisait face et qui semblait prêt à bondir sur lui.
Viens te battre petit con, je suis anti-violence mais je n'ai rien contre la légitime défense et s'il faut en arriver là, alors j'hésiterais pas à te "foutre ta branlée" comme tu dis si poétiquement ...

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HnM
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Mar 27 Oct - 18:45

Traumatisme? Douleur psychologique? Oh si si, Yoite savait bien ce que ça voulait dire mais en toute honnêteté, il n'associait pas du tout ces mots avec Ôsen. Jamais il ne pourrait avouer ou concevoir que ce qu'il lui avait fait subir depuis plusieurs années maintenant relevait aujourd'hui d'un choc émotionnel et que si elle était ce qu'elle est, c'était à cause de lui. Dès le début, Saki s'était mise à l'écart, elle n'avait jamais tenté d'en parler à quelqu'un, de se défendre en prenant pour raison qu'elle n'avait rien à perdre. Ok, elle avait aussi eut son lot de malchance de recroiser le rebelle alors qu'il l'avait parfois complètement oubliée mais qui dans ce monde n'a pas ce sentiment de colère qui grandit un peu plus chaque jour jusqu'au point de non-retour? Où était la limite de Saki, c'était ça la vraie question!

"Tu me ferais jamais croire que je suis l'unique responsable. Au mieux, j'ai une part de responsabilité mais à part cette gifle, je ne l'ai jamais touchée. Qui se braque pour une confession -même fausse-, une photo dans la cour, ou encore une petite blague avec un maillot de bain? Bordel, elle est majeure et vaccinée!"

Bizarrement, Yoite pensa aussitôt à Sakura, s'imaginant la demoiselle en détresse. Alors certes, il était persuadé de sauter immédiatement sur son cheval blanc pour la secourir mais il était aussi sûr et certain qu'il la gronderait d'être aussi faible, de ne pas sortir assez rapidement les griffes pour mériter un minimum de respect. Ces jeunes filles avaient beau être frêles, elles avaient de quoi se défendre si elles cherchaient bien. Yoite ne serait sûrement pas le pire adversaire de Saki au cours de sa vie.
Le japonais tiqua un peu quand ils abordèrent un sujet où un brin de point commun faillit naître. Quand Kim avoua qu'il n'avait pas mérité ces coups de poing agressifs, Yoi eut presque envie de sourire par sympathie mais les derniers mots le firent avaler de travers.


"Pas comme ça? Cherche pas, va. Je méritais pas ça, point. Au pire, Ethan aurait pu me gifler pour venger Ôsen mais il ne fait pas dans la demi-mesure alors disons qu'il a pu se retenir. La question, c'est pourquoi t'as pas simplement levé la main sur moi, toi qui considères que je méritais quand même quelques coups! Un prince avec un bâton, c'est juste un tyran."

Pour le coup, Yoite était choqué. Choqué de réaliser que certaines personnes croyaient sincèrement qu'il avait mérité son châtiment. Mince, il n'avait jamais frappé personne de toute sa vie à part Ôsen et voilà qu'il représentait le mal incarné? Allons bon! Un peu de bon sens! Une fessée cul nu aurait eut bien plus d'impact qu'un tabassage en règle sur un parking désert. A part le rendre moche pendant plusieurs semaines et le faire se haïr d'avoir été vu en train de commettre ce crime, Yoite n'avait pas retenu particulièrement de leçon importante si ce n'est de ne jamais frapper une gonzesse.

Debout, proche de Kim sans jamais l'être trop, Yoite prenait plaisir à la conversation. Certes, elle avait le don de le pousser dans ses retranchements, de l'énerver rapidement mais elle avait un sens. Il y avait un réel problème entre eux et ce n'était pas qu'une gifle mal venue. Kim n'appréciait pas Yoite en lui-même et pourtant, le japonais découvrait le coréen avec intérêt. Il était beaucoup moins lisse que prévu, beaucoup plus surprenant que ce qu'il avait pensé.
D'ailleurs, quand il le vit enfin réagir à sa remarque sur son éventuelle homophobie, Yoite jubila presque. Alors c'était ça? Fallait pas toucher à son image dorée de prince parfait? Bah désolé, mais y avait encore du boulot!


"Oh que oui je te juge, tout comme tu m'as jugé pour cette gifle sans chercher à voir derrière. Ça n'amène jamais rien de bon de se fier aux premières impressions mais y a pourtant que ça qui te fait réagir! Si tu tiens pas à ce que je te juge sur autre chose, sois plus clair désormais."

Dangereux comme proposition car elle pouvait très bien se retourner contre lui. Après bon, s'il devait en arriver à prononcer les mots "décès" et "oncle" dans la même phrase, il n'allait pas non plus s'effondrer de chagrin. Il allait juste peut-être montrer davantage de faiblesse que ce qu'il aurait voulu. En attendant, il devait rester fort, droit et prétentieux comme il le faisait si bien d'habitude. Ces confrontations faisaient passer le temps à vitesse grand V alors de quoi se plaindrait-il? Que ça finisse en bain de sang? Valait mieux pas les laisser 3 heures de plus juste pour le savoir ...
D'ailleurs, il fut piqué à vif quand Kim lui fit remarquer qu'il aurait dû rester chez lui à se shooter de médocs ou à se bourrer la gueule plutôt que d'emmerder les autres mais qu'est-ce qu'il savait de ces semaines avant ce jour J? Ses potes savaient eux, que Yoite avait été absent pendant plusieurs jours, qu'il avait des crises de tristesse pendant les cours et qu'il devait se cacher pour pas que les autres voient ses larmes, qu'il avait même perdu l'envie de se coiffer (ce qui relevait finalement d'un gros choc). Le critiquer sur cette seule sortie à la piscine qu'il avait effectué pour se défouler le mettait hors de lui. C'était immonde de l'engueuler pour ça!


"Parce que tu crois quoi?! Que j'ai giflé Saki et mis Ethan en colère juste parce que je me suis levé du pied gauche?! Bordel mais ouvre les yeux! Tu dois quand même bien savoir ce que représente une période difficile? Mène ton enquête si tu me crois pas. Je suis non-violent, je suis égoïste et je suis lâche. Les confrontations c'est pas mon truc et pourtant, j'ai volontairement poussé Ethan à bout ... Putain, qu'es-ce que je dois dire pour que tu comprennes que j'étais vraiment mal?!"

Loin de lui l'idée de déclencher un sentiment de pitié en Kim, il doutait même que ce soit encore possible aujourd'hui, mais réussir à lui mettre le doute, à le faire tenter de voir l'autre côté de l'histoire lui enlèverait une épine du pied. Il avait ses tords pour avoir maltraité Ôsen depuis des années mais ce jour-là, si ça avait été une autre pouf bien chiante qui l'avait soulé, le résultat aurait sûrement été le même. Chouiner et rabâcher que Saki méritait pas ça et qu'elle était traumatisée aujourd'hui le laissait de marbre. Cette fille était perdue et ce n'était pas de faute.

Et vint à nouveau la morale bienfaitrice ... avant la fin du conte de fées? Si seulement! Mais voilà, ils revenaient sans cesse en arrière, ne trouvant jamais d'accord, ne serait-ce que sur un tout petit sujet. Au fond, est-ce que ça servait à quelque chose qu'il s'expliquent ainsi? Est-ce que Yoite n'aurait pas mieux fait de rester silencieux après son accrochage avec Madame la porte? Peut-être que si, mais jamais il n'aurait tenu. Il était maladivement curieux et c'était surtout la seule perche qu'il avait eut à portée de main pour faire parler le Prince Roux.
Baissant les yeux sans cesser de l'écouter, il eut l'impression de se retrouver sous les mots acerbes de son frère cadet, bien plus imposant qu'il ne le paraissait.  "Je n'ai pas honte de ce que je suis" ... mais Yoite non plus n'avait pas honte. Il regrettait certains de ses actes mais pas jusqu'à l'humiliation. Ça ne l’empêchait pas de vivre d'avoir frappé Saki, d'avoir pris un petit gros en photo dans les vestiaires et d'avoir charmé un homme marié juste pour voir. Ce n'étaient que des détails mais Kaji lui avait bien fait comprendre que lui il avait honte de son frère ainé, qu'il ne le présenterait jamais à ses potes ou à sa pouf, qu'il ne voulait pas trainer avec lui et qu'il attendait le jour où Sakura allait enfin ouvrir les yeux.
Se mordant la lèvre, le rebelle releva la tête et adressa à Kim un regard lassé.


"Mon frère a honte de moi, je dois pas être si parfait que ça. Pourtant, j'ai du mal à voir le mal que j'ai fait. Ok, j'ai frappé Saki mais je vois pas en quoi c'était un geste impardonnable. J'ai fait une erreur, je l'assume et je passe à autre chose. Je recommencerai pas, on est d'accord mais ... non, j'ai pas honte de moi. Je suis pas quelqu'un de mauvais, je fais juste des mauvais choix de temps en temps."

Passant deux doigts sur sa lèvre inférieure, Yoite repensa à ce jour où son oncle Himura était venu le voir dans sa chambre pour qu'ils discutent. Il avait d'abord été très froid avec lui, lui refusant presque l'entrée mais l'homme avait insisté sans jamais lever le ton, toujours souriant. Petit rebelle en détresse avait fini par baisser sa garde, lui ouvrir la porte puis lui ouvrir son cœur. Tout ça pour maintenant souffrir comme jamais car il n'était plus à ses côtés. Plusieurs fois il s'était demandé ce qu'il aurait préféré : ne jamais le connaître et avait toujours vécu dans une famille contre lui, ou ne rien changer à ce qu'il vivait aujourd'hui. Il souffrait comme c'était pas permis mais les moments qu'ils avaient passé ensemble valaient de l'or.
Yoite aurait aimé dire à Kim qu'il avait un mal fou à faire confiance aux gens, qu'il fallait énormément insisté pour percer sa coquille d'enfant rejeté depuis toujours mais il n'avait pas envie de se confier à lui, de lui conter les déboires des dernières années. Il espérait juste qu'il allait mettre un peu d'eau dans son vin et mettre en avant un brin de tolérance, quitte à mettre Ôsen de côté le temps d'un instant.

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Kim Chae Young
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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Dim 3 Jan - 23:35


Lorsque Yoite parla des différentes épreuves qu'il avait fait subir à Saki, Kim tiqua. La jeune fille lui en avait parlé et elle n'avait pas utilisé de mots aussi doux pour les décrire. Yoite ne se rendait toujours pas compte aujourd'hui de l'impact que pouvaient avoir des actions aussi débilement simples mais tout autant humiliantes sur des esprits déjà fragilisés. Lui il était mentalement fort, d'une façon très bête certes mais fort quand même. Et bien qu'il semblait blessé dans son petit cœur faussement tendre, il continuait à ne voir que le tour de sa personne. Kim avait envie de le prendre par les épaules et de le secouer si fort que ses dents lui en tomberaient de la bouche.
Comment lui faire entendre et comprendre qu'il n'y avait pas besoin de frapper quelqu'un pour le mettre plus bas que terre, ou encore tenter de lui faire ouvrir les yeux sur le fait qu'il n'a pas le pouvoir de juger la capacité de quelqu'un à se débrouiller tout seul et à se sortir de toute situation. Il n'avait tout simplement pas le droit d'interférer aussi fort dans la vie de quelqu'un et d'en rire à cœur joie. Quel homme oserait faire le con toute sa vie sans accepter qu'un retour de bâton puisse être juste ? Mais non une fois de plus, Yoite avait raison et son entourage avait tort. Peut-être qu'il détestait que le coréen lui rappelle ses erreurs et lui tienne tête malgré son insistance à se trouver des excuses, mais peu importe, Kim ne lâchera jamais l'affaire, au mieux il se taira.

En parlant de bâton, Kim fronça les sourcils quand Yoite releva ces petits mots qui lui avaient échappé quelques minutes plutôt. Effectivement, il avait laissé passer qu'il n'avait pas mérité ces coups là, enfin 'pas comme ça'. Pour Kim c'était clair, Yoite méritait une bonne correction mais pas forcément des coups. Il aurait été préférable qu'il ait une bonne conversation d'homme à homme avec Ethan et que Kim vienne le gifler de temps en temps tout en le prenant en photo dans un maillot de bain de petite fille ridicule pour l'humilier devant toute l'académie. Oui, ça aurait été beaucoup plus juste.. Kim soupira pendant que Yoite implorait des coups.

- Ce n'est parce que je trouve qu'effectivement une bonne petite claque ne t'aurait pas fait de mal que j'allais me proposer pour être ton bourreau. La différence entre toi et moi Yoite, c'est que je suis capable de considérer que mon jugement n'est pas forcément la meilleure ni la seule solution à retenir. Je peux me tromper, je ne suis qu'un homme, et toi aussi.

Il insista bien sur les trois derniers mots.
Kim n'était pas du tout le genre de mec facile à déstabiliser ou à mettre hors de lui à cause de propos qui créeraient des conflits en lui ; et pourtant, en une si courte période, l'idiot du village avait totalement réussi à faire tomber sa sympathie, son indulgence et sa patience à zéro. Pour faire simple, Kim avait clairement envie de lui en détourner une, pour plusieurs raisons. Pour le faire taire évidemment mais surtout pour le réveiller. Visiblement, rien ni personne n'avait osé lui dire stop quand il s'était embarqué dans sa petite ruée vers la connerie et aujourd'hui il se croyait pas moins que le roi du monde qui fait ce qu'il veut quand il a envie et à qui il faut tout pardonner sans poser de question. Sauf que ... revers de la médaille, Kim n'était pas du genre à laisser filer ce genre de gaillard qui vient toutes épaules dehors, se frotter à lui pour essayer de faire grimper encore un peu plus sa petite personne. Il n'aurait sûrement pas le dernier mot, parce qu'il préférera quitter cette pièce à l'atmosphère plus lourde qu'une étroite galerie souterraine que de le supporter davantage, mais au moins il n'aura pas plié genoux devant un tel cancre lâche et insensible.

Dos à Yoite, les yeux fixés sur la cour de l'Académie, Kim l'entendit tenter de créer en lui une once de pitié, mais il ne l'écouta que d'une oreille parce que là, fallait pas abuser. Kim n'avait pas un cœur de pierre mais il n'allait pas non plus trouver un sourire charmant à quelqu'un capable de faire autant de mal autour de lui. Il pouvait cautionner que chaque personne ait des soucis et des journées sans, mais ce qu'il ne cautionnait pas c'était l'énergie qu'il pouvait mettre à nier son erreur et à se trouver des excuses.
Il se retourna et leva les mains au ciel, par désespoir de pouvoir enfin un jour entendre quelque chose qui lui plairait. Il s'approcha de Yoite en quelques pas, il n'en pouvait plus de cette discussion muette :

- Mais bordel arrête Yoite ! T'as envie que je te plaigne ? T'as envie que je te dise que je te comprends et que tu as eu raison de la gifler ? Réveille-toi, je ne te le dirais jamais. Et d'ailleurs, je me demande bien pourquoi tu insistes autant à essayer de trouver une porte de sortie auprès de quelqu'un comme moi alors que tu cries si haut et fort que tu me méprises.

Il se rapprocha encore plus de lui et croisa les bras en le fixant sans ciller. Un sourire carnassier vint ajuster les lèvres du populaire.

- Grande nouvelle, je te méprise aussi ! Mais si t'as vraiment envie de te borner à dire que t'avais de quoi être mal ce jour là et aussi toutes les fois où tu l'as emmerdée, alors vas-y je t'écoute. T'as envie que je sois de ton côté ? Que j'arrête de la défendre ? Alors pose carte sur table Yoite ! Arrête de tourner autour du pot et dis-moi clairement les arguments que tu as pour oser penser que t'as rien à te reprocher !

Son ton était monté, graduellement. Le silence qui régnait maintenant dans l'amphithéâtre était presque salvateur. Il faisait un bien fou à Kim qui commençait à avoir mal au crâne à force de se battre spirituellement avec ce crétin.
Ses pectoraux montaient et descendaient au fil de sa respiration. Il avait perdu son calme légendaire. Là, il se sentait presque comme un PDG qui tente de faire avouer un crime à un de ses employés.
Il frotta son menton et sa moustache inexistante et passa la main dans ses cheveux. Il retourna le dos à Yoite en s'éloignant de lui comme s'il avait la peste. Il retourna près de la porte et retenta de l'ouvrir. Il était à deux doigts de passer au travers de la fenêtre tellement ce mec lui sortait par les yeux. En temps de guerre, cet idiot aurait été plus efficace qu'un gaz hilarant pour rendre folle une armée entière.

Il ne vit pas Yoite baisser les yeux, il entendit juste que son ton était beaucoup moins présomptueux à cet instant et qu'il semblait presque être en train d'avouer ses pêchés à demi-mot. Le rebelle semblait avoir des difficultés à s'entendre avec son frère. Et ?! Ce genre de choses étaient courantes et Kim s'en contrefichait royalement. Ce qui était beaucoup plus douloureux à entendre, ce fut ce qu'il avoua après. Il ... assumait.
Kim se retint de se retourner pour applaudir Yoite qui clamait fièrement qu'il assumait. Bravo, son honneur était sauf s'il assumait son geste. Il fallait désormais tourner la page et continuer d'avancer. Kim n'avait plus rien à dire, il se devait de la fermer. Chapeau bas.

- Tu n'es pas quelqu'un de mauvais ? Tu fais juste des mauvais choix de temps en temps ? Cette phrase a été inventée par des bouffons qui veulent se donner bonne conscience après avoir fait des conneries. Tu veux te racheter ? Va t'excuser auprès d'elle, et si t'as envie de t'entraîner, n'hésite pas, tu peux déjà le faire auprès de moi.

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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Lun 18 Jan - 12:40

Le problème se situait justement là : aucun des deux ne voulait lâcher prise. D'ailleurs, c'était bien pour ça que malgré cette discussion prenante et exposée, ils ne tomberaient jamais d'accord sur quoi que ce soit car chacun des deux était persuadé d'avoir raison dans son point de vue. Il aurait fallu une concession de la part de l'un, qui pourrait en entraîner une de la part de l'autre mais le premier pas restait toujours le plus difficile à faire. En tout cas, Yoite ne donnerait jamais raison à Kim de s'être mêlé d'une chose qui ne le regardait pas du tout, il détestait les mecs comme lui qui se sentent l'âme d'un héros dès qu'une injustice pointait le bout de son nez. Ôsen aurait pu revenir vers lui et exiger des excuses, mais non ... comme d'habitude, elle ne faisait rien. Elle au moins, elle avait cerné le caractère de Yoite et ne cherchait pas à lui faire dire quelque chose qu'il était incapable de prononcer. C'est là qu'intervenait Chae Young, en jurant parler pour le bas peuple de la ville. Mon dieu, ces chevilles devaient peser une tonne ...

"Bien sûr que non, hors de question que tu te salisses les mains. Toi tu juges, tu critiques, tu regardes de haut et tu laisses les autres payer à ta place. Ethan a écopé de TIG à cause de toi juste parce que t'as pas eu les couilles de faire ce qu'il a fait. C'est toi qui as rassemblé tout le monde à ce moment-là, c'est toi qui sembles super en colère contre le monde entier mais au fond ... c'est toi qui t'en sort le mieux, comme toujours."

Et rien qu'à cause de ça, y avait tout simplement aucune chance que leur relation ne s'améliore un jour. Kim se croyait au-dessus des lois, au-dessus des violents, au-dessus des erreurs. A croire que son parcours était sans faute et ça ... ça, c'était juste impossible.
Le fait qu'il déclare "je ne suis qu'un homme" fit quand même rire Yoite. Jamais il ne s'entendrait dire ce genre de phrase, il n'avait pas besoin de l'exprimer pour en être convaincu ou pour convaincre les autres. Ouais, si Kim le disait, c'était juste au cas où on ne l'aurait pas remarqué avec ses attitudes princières et son sourire parfait. Prétentieux comme c'était pas permis.
D'ailleurs cette attitude à lever les mains au ciel lui donna juste envie de lui en foutre une, ne pouvant supporter cette gestuelle qui allait pourtant parfaitement avec le reste de l'individu. Pour qui se prenait Kim, au juste? C'était comme s'il était mieux que tout le monde, comme s'il était improbable qu'on lui fasse une remarque négative ou qu'on le détrône en cours. Ce mec était juste imbuvable, totalement perché et fixé sur sa petite personne. Y avait fort à parier que ses amis étaient faibles ou naïfs pour pouvoir le supporter sans se sentir agressé par tant de fierté.

Et il se sentit agressé plutôt rapidement, pour sa part. Le Prince était revenu vers lui, le dépassant de par sa stature et profitant ainsi de l'effet que ça pouvait rendre. Les paroles qu'il débita firent un peu de peine à Yoite, qui avait pensé qu'en se dévoilant un peu il mettrait un brin de doute dans l'esprit du coréen mais c'était peine perdue. Il était aveuglé par sa colère et coincé sur l'image de lui giflant Saki. Yoite n'avait jamais dit que Saki avait mérité cette gifle, juste qu'elle avait été au mauvais moment mais ça ... ça ne comptait pas, seule ressortait cette foutue gifle.
Avec cette perche tendue sur le pourquoi de cet incident, Yoi aurait pu tout déballer et instaurer un autre climat que celui tendu et nerveux qui prenait place ici mais il commençait à cerner le lascar et Kim allait juste se moquer de cet oncle décédé qui était cher au petit cœur de Yoite. Et s'il pouvait tolérer qu'on se moque de lui, qu'on le juge et qu'on le rabaisse, il était hors de question qu'il laisse quelqu'un critiquer son oncle, encore plus depuis qu'il n'était plus là pour se défendre lui-même. Kim ne l'avait pas connu, il ne connaissait rien de leur passé, de l'enfance de Yoite, de ce qu'il serait aujourd'hui si Himura ne lui avait pas tendu la main. Il ignorait tout et celui-ci ne voulait pas qu'il sache. Il n'allait pas s'expliquer devant ce pauvre type déjà persuadé que les arguments en face de lui ne tiendraient pas la route. Il parlait d'un discours de muet mais lui, il était sourd à tout argument.
Sans rien dire, le laissant reprendre une respiration plus calme en étant intérieurement plus que ravi de le voir dans un tel état de rage, Yoite le regarda tenter à nouveau d'ouvrir la porte. Mon dieu qu'il regrettait d'avoir été aux toilettes un peu plus tôt, Kim se serait retrouvé coincé seul comme un con à se vanter lui-même d'être spécial et merveilleux. Lui aussi, il n'espérait plus que cette porte s'ouvre pour annoncer leur libération et mettre un terme à cet échange aussi infructueux que non-constructif. Ils ne faisaient que se renvoyer la balle, se cogner au mur de l'un et l'autre sans cesse. Ça ne pouvait plus durer.


"Tu n'es personne. Bien moins qu'un homme, tu n'es encore qu'un gosse qui se prend pour le meilleur et avec de tels arguments, tu espères que je t'ouvre mon cœur pour t'exposer mes raisons? Mais regarde-toi, si t'avais pas ton physique tu serais juste le mec le plus con de l'académie. Ton caractère est juste atroce, tu souris quand tu as besoin de quelque chose, tu interviens pour soulager ta conscience. T'es jamais franc, c'est à vomir."

Bon ... il s'était promis de ne pas repartir sur un sujet encore tumultueux mais ce n'était pas comme s'il pouvait dire "ok, c'est bon, tu me soules" et cesser de parler. Non pas qu'il espérait avoir le dernier mot car c'était trop mal parti mais plutôt qu'il ne pouvait pas s'empêcher de parler, de lui dire ses 4 vérités juste pour être sûr que quelqu'un aura au moins essayé de le mettre en garde ne serait-ce qu'une fois. Tant de prétention en une seule personne, ça relevait presque du miracle. Aucun défaut personnel, aucune erreur de parcours, une vraie vie de champion!

Prenant son téléphone, il recomposa le numéro de Takumi en espérant que celui-ci allait enfin lui répondre. Cet échange ne devait plus durer, ça allait lui donner un ulcère! Et peut-être parce que les forces supérieures étaient d'accord avec lui, son interlocuteur lui répondit enfin et Yoite ne pu contenir sa joie :


"Ah, enfin! Tu peux venir à l'amphi Lincoln avec le concierge, je suis coincé à l'intérieur ... Ouais, non mais oublie ... Dépêche-toi au lieu de rire! ... Tu seras là dans combien de temps? ... Ok, ouais merci."

Raccrochant, il poussa un profond soupir de soulagement. D'ici peu, son pote allait venir le sauver là, se moquant assurément de lui pendant un sacré bout de temps mais ne se rendant sûrement pas compte de l'urgence de la situation. D'ailleurs, il allait se faire un malin plaisir de tout lui raconter, de dire à qui voulait bien l'entendre que ce coréen ne valait pas la rumeur qui lui était pourtant bien attachée.

Relevant les yeux vers Kim alors qu'un poids plus qu'important venait de quitter ses épaules, il repensa à ce qu'il lui avait dit quelques secondes avant qu'il ne prenne son téléphone. Toujours ces fichues excuses à faire pour ... quoi? Que Kim lui pardonne? Mais qu'est-ce qu'il aurait à gagner dans cette histoire? La reconnaissance d'un mec qu'il pouvait pas blairer? Le voir un peu plus chaque jour parce qu'ils deviendraient amis? Non merci, il avait beau en avoir plein le dos de ces engueulades, c'était toujours mieux que de devoir le supporter et l'écouter se plaindre de quelqu'un d'autre.
Glissant son tel dans sa poche, attendant sans patience qu'un bruit de clef se fasse entendre, il décida de continuer sur sa lancée, jusqu'au bout du bout!


"Je suis PAS désolé! Et même si je l'étais, je ne te le dirais pas. Tu es si égocentrique que tu crois mériter des excuses? Si tu veux vraiment que je te prenne pour Ôsen, je peux aussi te donner un maillot de bain. Tu en veux un, un petit maillot rose bonbon qui te moulera bien les burnes? Reste en dehors de ça, t'as rien à faire dans cette histoire."

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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Lun 28 Mar - 16:28


Près de la porte, les yeux rivés sur cette serrure désespérément close qui avait ruiné sa journée, Kim repensa aux paroles de Yoite. La description qu'il avait fait de lui était vraiment pas glorieuse. Est-ce que c'était comme ça que Kim passait aux yeux des gens ? Pour un mec égoïste qui se remet jamais en question et qui laisse personne lui dire qu'il est pas parfait ? Un mec horriblement prétentieux, incapable de faire la moindre erreur et centré sur lui-même ?
Kim se savait bien loin de cette personne là mais il n'avait pas envie de justifier la chose à ce petit connard de Yoite qui osait prétendre qu'Ethan avait chopé des TIG à cause de lui. Non, le seul responsable dans l'histoire c'était Ethan, il était assez grand pour prendre ses décisions lui-même et assumer aussi qu'il avait dépassé les limites. Kim n'avait rien à voir là-dedans et c'était Yoite en plus qui l'avait poussé à bout pour se prendre des coups, alors indirectement toute la merde venait de lui, comme d'habitude. Sauf que Kim voyait bien que Yoite était incapable d'accepter qu'il avait fait une boulette et d'oser dire tout haut qu'il regrettait. Très sincèrement, Kim pensait même qu'il se mentait à lui-même en masquant ces regrets et ses remords et en continuant de prôner haut et fort que si c'était à refaire, il le referait avec plaisir.

Un sourire se ficha sur les lèvres de Kim quand Yoite lui martela qu'il n'était qu'un gamin prétentieux, et opportuniste. Il ne le connaissait même pas et il était persuadé de tout savoir sur lui. C'était un peu d'ailleurs ce que Yoite reprochait à Kim. Il n'appréciait sûrement pas qu'un mec sorti de nulle part vienne se mêler à ses problèmes et qu'en plus il ose lui faire la leçon. Ça, Kim pouvait le comprendre et non effectivement, ça ne lui était jamais arrivé parce qu'il avait jamais osé faire ce genre de gestes aussi ridicules que désespérants. Il ne se reconnaissait pas dans la façon dont Yoite parlait de lui.
Alors, oui, effectivement Kim était peut-être arrogant dans sa façon d'être sûr de lui, de ses décisions, de ses jugements et de ses pensées mais en quoi c'était un mal d'être quelqu'un de stable et de droit ? La seule critique qu'il aurait pu accepter, c'était qu'on lui dise qu'il n'avait pas assez l'esprit ouvert et que sortir des chemins tout tracés ressemblait fortement à des erreurs à ses yeux.
Mais depuis quand venir en aide à une femme qui se fait frapper était un geste irritant et montré du doigt ? Dans l'histoire, Kim aussi avait perdu beaucoup. Il s'était prit un coup de poing magistral de la part de son ancien meilleur ami, qui l'avait profondément marqué physiquement et mentalement, et ils ne s'étaient toujours pas reparlé. L'histoire avait fait le tour de l'académie et Kim avait été convoqué et s'était prit une soufflante de la part du Directeur pour ne pas avoir appelé aussitôt la sécurité de l'école. Alors oui même le 'héros' du jour s'était prit une remarque et sa fierté avait été rabaissée. Aujourd'hui, il se retrouvait à devoir donner des cours de soutien à des élèves qui galèrent pour redorer son image et il avait Saki - petit oiseau blessé - sur les bras, qui semblait incapable de rire naturellement à nouveau sans être persuadée que quelqu'un allait lui lancer des pierres parce qu'elle faisait trop de bruit.

Kim ne comprenait pas en quoi le fait de vouloir faire les choses bien et proprement était un défaut. Il avait été fabriqué dans un moule de droiture et de règles strictes et il ne regrettait rien. Ses amis pouvaient compter sur lui en toutes occasions et il était heureux de penser que l'inverse était aussi valable. Il n'avait jamais fait de mal à personne, ni insulté quelqu'un et encore moins porté la main sur une femme ; même pas sur un homme. Alors qu'est-ce qu'il venait lui donner son point de vue l'autre bouffon qui se pavane de ne pas faire partie de la plupart des gens en clamant que ses décisions sont les meilleures et qu'il est seul décisionnaire de sa vie.
Oué, t'as raison, continue de penser que tu t'en sortiras dans la vie avec tes grands airs de rebelle du dimanche mais tu finiras bien avec un boulot comme tout le monde et des emmerdes dans ta vie de couple comme tout le monde.

Kim sortit de ses pensées quand Yoite parla au téléphone avec un de ses amis. Ah bon, enfin une bonne nouvelle ! Pour une fois que le petit homme se rendait utile, il fallait faire une croix sur le calendrier !
Kim restait près de la porte, à attendre le bruit de la serrure sans regarder Yoite qui ne se gênerait pas pour le fixer avec un air désagréable. Il serait même capable de lui faire une grimace pour l'énerver au plus haut point. Mais Kim ne se rabaisserait pas à rentrer dans son jeu. Et si c'était son aptitude à rester au-dessus de tout ça qui le rendait arrogant et prétentieux, alors oui, Kim assumerait et il se contenterait de s'excuser d'être parfait, rien que pour le faire chier. Il avait décidé de ne plus lui adresser la parole, c'était inutile et épuisant, Ethan devait être méchamment bourré quand il avait couché avec lui. Ou alors justement, pour le supporter, fallait être éméché. Tout prenait un sens.

Hélas, Yoite n'avait pas besoin de croiser son regard pour pimenter de nouveau la situation et envoyer valser le décor en lançant de nouvelles provocations verbales. Il allait loin, très loin et Kim eut énormément de mal à ne pas réagir à cette ultime tentative auto-destructrice de la part son adversaire. Il fronça les sourcils et serra les poings. Il ferma les yeux et des images de Saki aux prises avec ce psychopathe passèrent devant ses yeux. Il la revit pleurer dans ses bras parce qu'elle n'arrivait pas à sortir de cette gangrène effrayant qui lui rongeait les organes et la tétanisait lorsqu'elle appréhendait de le croiser dans les couloirs.
Kim se retourna pour revenir sur ses pas et retourner vers Yoite. Il venait de prendre une décision, une de ces décisions qui allait changer sa vie, sa façon de voir les choses aussi, et son mode de pensée mais il ne pouvait pas laisser les choses en état. Il se posa en face de Yoite qui semblait jouir de cette puissance verbale qu'il venait de dévoiler, et qui s'attendait à une énième crise de colère de la part du coréen.

- Oh tu as envie de reparler de ces humiliations ? Très bien, mais reprenons les choses dans l'ordre, tu veux.

Il gifla méchamment Yoite, sans retenue, d'un bon plat de la main qui épousa parfaitement la courbe de sa joue. Yoite ne devait pas s'y attendre et sa tête sembla se retourner sur son axe.
Kim ne ressentit aucun remord même son visage s'arqua dans une souffrance lisible. Il détestait ces gestes, il détestait cette façon de régler ou causer des problèmes mais le jeune homme semblait incapable de se rendre compte de la portée de ses actes, alors si Kim lui montrait littéralement ce que ça faisait, peut-être qu'il se remettrait un peu plus en questions.

- Tu m'excuseras si j'y suis pas allé de main morte, mais t'es un homme, t'es capable d'encaisser. Enfin je crois.

Il entendit une clé dans la serrure et son visage se détendit aussitôt en comprenant qu'il allait enfin sortir de cette prison dorée. Il revint vers la porte et frotta ses mains l'une contre l'autre. La peau de sa main endolorie chauffait légèrement et il se mordilla l'intérieur de la lèvre en imaginant la douleur sur la joue de Yoite mais lorsqu'il qu'il repensa à celle de Saki, son geste lui parut être un simple retour des choses.
La porte s'ouvrit et Kim put voir le concierge et l'ami de Yoite qui fit une drôle tête en ne croyant sûrement voir que son pote à l'intérieur de l'amphithéâtre.

- Merci d'être venu.

Il se contenta de ça, puis il se retourna une dernière fois vers Yoite, il aurait aimé lui dire quelque chose de gentil pendant toute leur conversation mais absolument rien ne lui venait à l'esprit et puis l'envie n'y était pas alors il se contenta de le regarder et d'espérer le comprendre au travers de son langage corporel plutôt que verbal mais il n'en était rien. Kim ne le comprenait pas et n'y arrivera jamais.
Il allait juste reprendre le cours de sa vie et espérait avoir réveillé la conscience du jeune rebelle, même si le moyen employé avait été un peu trop ... brutal.
Cette épreuve imposée avait été épuisante et il se sentait profondément chamboulé par tout ce qui était arrivé. Il passa la porte qui le retenait de sa précieuse liberté et traça son chemin.

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MessageSujet: Re: On n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.   Sam 23 Avr - 15:07

Il l'avait senti venir cet affrontement depuis ce jour sur le parking, depuis cet instant où Kim s'était interposé entre eux. Un peu comme si, en venant près d'eux, il s'était de lui-même incrusté dans leurs vies sans demander leur avis. Désormais, même si la situation d'aujourd'hui n'était qu'un manque cruel de chance, ils se croisaient dans les couloirs, détournaient volontairement la tête ou s'affligeaient des regards noirs qui en disaient long. Aucun des deux ne pouvait revenir en arrière ni passer à autre chose d'ailleurs. Le temps s'était figé à l'instant où cette fameuse gifle avait brulé la joue d'Ôsen. Finalement, elle l'avait sa vengeance cette petite garce, elle s'était fait défendre par son prince charmant qui n'avait pas peur des mots ni du regard des autres. C'était trop facile comme solution, Yoite n'avait rien fait à Kim pour mériter autant d'acharnement, il le trouvait culotté de venir se mêler de tout ça simplement parce qu'il avait pitié d'une inconnue manchot!
C'est justement là-dessus qu'il joua ses dernières cartes. Takumi n'allait sûrement pas tarder et critiquer Saki pour finir allait juste servir de coup fatal pour être certain que le coréen n'oublie jamais cette discussion. Ils n'avaient pas avancé d'un pouce, ni prit le temps de s'écouter calmement car ils étaient trop en colère mais le summum de la rage de Kim fut lorsqu'il porta la main sur Yoite. La douleur fut tout simplement atroce, presque autant que l'humiliation de se prendre une gifle -un peu comme celle que son père lui avait donné y a quelques mois. Ces gestes avaient pour effet de calmer Yoite en une fraction de seconde mais l'émotion qui grandissait en lui par la suite n'était pas forcément plus agréable que la colère. Le jeune japonais était rancunier et même si Kim se fichait bien qu'il lui fasse la gueule, il venait tout simplement de mettre un terme à leur échange. Pour toujours. Des mots pour le coréen, il en aurait d'autres mais plus jamais il ne reparlerait de cette histoire. Kim avait tout donné dans cette gifle, sûrement comme lui sur le parking à cette époque, et à son tour il ne regrettait pas. Est-ce qu'il se sentait soulagé? Revigorer d'avoir ainsi marqué la joue de quelqu'un d'autre d'un rouge vif? Pas sûr.

L'acte était mérité, lui donner une gifle comme celle qu'il avait donné à Saki juste pour lui faire comprendre son erreur n'était pas une mauvaise technique. Le seul souci, c'était qu'une vengeance arrivant plus d'1 an après ne faisait que faire ressortir les souffrances de cette époque. Yoite avait déjà mis un temps fou à remonter la pente et voilà qu'il allait devoir vivre avec cette sensation brûlante et ce souvenir douloureux pour seul compagnie.
Tendant l'oreille plus par instinct que par mouvement, Yoite prit le temps de répondre une dernière fois alors que sa tête fixait toujours le sol après que la gifle l'ait fait tourner de quelques degrés.


"Au fond, on n'est plus si différents désormais."

Kim pensait sûrement qu'il avait fait ça avec une raison bien précise, un rappel à l'ordre pour remettre les choses à leur place mais il aurait simplement dû avouer qu'il en avait eut envie, qu'il n'avait pas pu se retenir de lui en foutre comme Yoite envers Saki par un accès de rage de similaire, et comme Ethan envers lui-même pour des raisons communes. Tous les 3, ils étaient désormais liés par cet incident et par cette violence qu'engendrait leur colère. Kim se joignait au groupe par cette claque et ne pourrait jamais faire machine arrière.

Portant sa main à sa joue comme si toucher l'endroit brpulant l'aiderait à atténuer la douleur, Yoite releva la tête vers la porte alors qu'elle s'ouvrait. Kim fonçait déjà vers la sortie, sûrement plus que pressé de respirer de l'air pur et de se calmer dans un climat moins tendu. Il croisa son regard, comprit le sens et le besoin d'y lire des remords mais Yoite ne fit rien de tout ça. Il se contenta de le fixer avec ses yeux de chat, comme il l'avait fait depuis le début : sans sentiment. Désormais lui, il était calme. Humilié, profondément gêné que son pote le voie avec une joue rouge et comprenne de suite ce qui s'était passé mais calme. Le coréen s'en alla et Yoite se dirigea vers la sortie. D'un regard presque pitoyable, il remercia le concierge et prit la suite de Takumi qui, par sympathie, ne pipa mot. Il connaissait le petit rebelle et savait que celui-ci allait avoir besoin d'un peu de temps avant de se confier, qu'il était inutile de lui poser des questions pour le moment et qu'il suffisait de rester à ses côtés, de le toucher avec l'épaule pour remplir à la perfection le rôle d'ami très proche. C'était grâce à ces potes qu'il tenait bon dans de tels moments et qu'il pouvait à nouveau se lever le lendemain sans se sentir plus bas que terre.
L'affaire Chae Young-Ôsen était close, pour de bon. Le dossier Chae Young prenait par contre la tête de liste. Aucune vengeance à l'horizon, aucun plan machiavélique pour le faire pleurer en public, juste une façon pour lui-même de ne pas oublier ce gosse en colère qui mériterait presque de se prendre un échec brutal en pleine face pour redescendre de son petit nuage. Un jour.


[Clos]

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