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Ven 15 Mai - 18:36
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[Avril 2014]

Le vent le fit fermer les yeux alors qu'un frisson lui remontait le long de l'échine. Derrière lui, la porte du bar venait de se fermer pour de bon, il était mis à la porte et c'était sûrement la dernière fois pour ce soir. Cameron était devenu un habitué de ces lieux glauques et sordides qu'il dénigrait pourtant à qui voulait l'entendre quelques mois auparavant mais aujourd'hui, tout avait changé. Depuis Février où il s'était sérieusement pris la tête avec Miya, Cam avait complètement changé ses habitudes, ses points de vue et son allure. Il avait troqué le costard pour des pulls et des jeans délavés, ses cheveux et sa barbe avait poussés de manière drastique et l'homme qui attirait jadis le regard des femmes dans la rue les faisait aujourd'hui changer de trottoir. Il n'était pas devenu alcoolique, bien sûr que non, il avait juste perdu foi en la vie et toute motivation à se battre pour quelque chose. Sa chère Taylor l'avait trahi et il vivait désormais avec une douloureuse cicatrice, Miya n'avait pas insisté pour qu'ils se revoient après leur dispute ce fameux jour et puisqu'il avait fermé son bar clandestin et abandonné son appartement aux soins de la jolie blonde, il n'avait plus rien. Plus envie de rien. Il n'était pas sans le sou et pouvait se retrouver un appartement, un travail et une raison de vivre en moins de deux mais ... pourquoi? Pour être trahi, abandonné et rejeté quelques mois après? Sincèrement, ça valait pas le coup.

Réajustant son écharpe avec l'espoir de ne laisser passer aucune petite brise malicieuse, Cameron se frotta les mains et commença à avancer. Ses nuits à l'hôtel ne lui plaisaient pas du tout, il n'avait pas eu la force de chercher un hôtel digne de ce nom et s'était rabattu sur le premier qu'il avait trouvé. Un endroit bruyant, très fréquenté et peu entretenu. Ça sentant la misère mais avec son allure de clochard, il se trouvait dans son élément. Après, il ne niait pas que le luxe lui manquait, que ses différents parfums de luxe et beaucoup d'autres de ses affaires étaient restées dans son appartement car il se refusait de retourner les chercher et d'éventuellement croiser Miya. Il n'arrivait pas à la pardonner, à se calmer. Cam ne cherchait pas à trouver un coupable, les torts étaient sûrement partagés mais ce soir-là, il avait pensé à toutes les options sauf à celle-là.
Les yeux fatigués, l'alcool coulant allègrement dans ses veines, l'Américain frôlait les murs sans trop savoir où aller. Il n'avait pas envie de rentrer à l'hôtel, il n'avait pas envie de s'allonger seul dans un lit inconfortable, de partir dans ses pensées en se demandant ce qu'il aurait dû faire de différent pour ne pas être dans cette situation mais revenait à Miya. Elle avait été son soleil comme son poison. Elle avait soigné son cœur en faisant de lui, inconsciemment, un homme amoureux avant de le lui briser brutalement. Il n'était pas malheureux, il était juste démotivé. Complètement lassé des aléas de la vie et des mauvais tours qu'elle s'amusait à leur jouer, eux pauvres humains.

Ce ne fut que vers 4h20 du matin que Cameron stoppa ses pas. Il avait quitté les bas quartiers et s'était trainé jusqu'au quartier Suwan, à la lumière de son téléphone. Se tenait devant lui, une belle maison un peu à l'écart. Elle ne lui était pas inconnue même si, jusque-là, il n'y avait jamais mis les pieds. Il ne savait pas vraiment pourquoi est-ce qu'il avait décidé de venir ici, toujours est-il qu'il ne voulait plus s'en aller. L'heure tournait doucement et sa fatigue grandissait à chaque minute. L'alcool qui lui avait tenu chaud à la sortie du bar n'avait plus d'effet et bien qu'il était toujours un peu ivre, il savait ce qu'il disait et faisait. Y avait peu de chances qu'il n'ait pas souvenir de ça au lendemain.
D'un pas lourd et désordonné, Cameron se glissa jusqu'à la porte d'entrée, se laissant bercer quelques secondes par les vagues non loin de l'habitation. Y avait pas à dire, il savait choisir son domicile. D'une main lente et douteuse, il fut enfin capable d'appuyer sur la sonnette. L'heure? Oh, Cam n'en n'avait rien à faire. En fait, c'était plutôt qu'il n'avait pas réellement conscience de ce qu'il faisait, il était un peu perdu et réveiller un vieil ami très tôt dans la matinée n'avait pas effleuré son esprit que ce serait peut-être mal perçu. Laissant son doigt sur la sonnette, de manière à forcer l'hôte à se lever pour faire cesser ce cirque, il tapa du poing sur la porte de son autre main.


    • Allez ouvre, je sais que tu es là! Tu peux pas me laisser dehors!

Il valait mieux pour l'inconnu qu'il se dépêche car Cameron n'avait pas prévu de s'en aller, ni de passer la nuit dehors. Un vent particulièrement frais s'était levé depuis quelques heures maintenant et, habillé comme il l'était, il risquait sans nul doute de se choper une bonne maladie. Un peu de compassion pour un ivrogne? Ou un coup de fil à la police pour tapage nocturne?
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Mer 15 Juil - 13:07
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Dorian se réveilla brusquement. Sans raison. Il calma sa respiration comme s'il sortait d'un mauvais rêve sans en avoir le moindre souvenir et reprit petit à petit ses esprits en regardant autour de lui.
Allongé sur le dos dans son lit, il appréciait de voir la lueur de la lune traverser les interstices de ses volets pour donner une ambiance tout à fait cocooning dans la chambre même en pleine nuit, il aurait voulu que cet espace temps dure pendant des jours entiers. Il tourna la tête de l'autre côté pour apercevoir Yume, endormie. Elle était belle comme un cœur dans cette petite nuisette en flanelle qui mettait en valeur ses courbes de jeune femme. Elle ne semblait pas avoir été perturbée par son réveil un peu brutal. Tant mieux. Il ne souhaitait pas la réveiller. Il préférait la regarder dormir. Il remit délicatement une mèche de ses cheveux à sa place, caressant son front en le frôlant habilement.

Il ne voyait plus du tout le temps passer depuis qu'elle était officiellement entrée dans sa vie. Il s'était pourtant passé tellement de choses depuis ce premier jour à l'infirmerie, mais malgré tout ce qu'on peut penser, le temps panse effectivement les blessures. Il avait beau boiter encore légèrement, la douleur du séisme s'était éteinte et il n'en gardait aujourd'hui qu'un seul bon côté, son rapprochement avec elle.
Il tournait légèrement en rond à cet instant et ça, c'était quelque chose qu'il détestait profondément.

Il préféra se lever pour aller hydrater son corps d'athlète et d'apollon dans la cuisine en buvant presque la moitié d'une bouteille d'eau. Un frisson parcourut son échine et il fit rapidement face à ce problème temporaire en enfilant son gilet noir à capuche sur son torse nu.
Son chat vint se frotter à ses mollets, il se pencha pour le choper avant de lui faire des papouilles sur son petit nez adorable. Il passa plusieurs minutes à le caresser adossé à son bar dans la cuisine.

- Tu as faim moucheron ?

Il le posa délicatement sur le bar, le chat n'en fut pas choqué le moins du monde, Dorian avait toujours tendance à le poser un peu n'importe où comme s'il considérait son chat comme un objet de décoration comme un autre.
Il ouvrit une boîte de pâtée pour chat et la versa délicatement dans une petite assiette qu'il posa au sol avant de lui souhaiter bon appétit.
Il s'apprêtait à retourner dans la chambre pour tenter de retrouver son sommeil perdu quand il sentit son cœur partir dans tous les sens. La sonnette de sa porte d'entrée venait de retentir et avait eut comme effet de le faire hurler de peur intérieurement. S'il avait été cardiaque, il serait tombé raide mort sur le sol de son salon, même son chat avait déserté en faisant un dérapage contrôlé sur le carrelage.

Lorsqu'il comprit que l'inconnu derrière la porte semblait collé à la super glue sur la sonnette, il se rua vers la porte pour faire dégager ce malotru en lui écrasant le nez sur le trottoir. Il eut à peine le temps de mettre une main sur la poignée et l'autre sur les clefs qu'il entendit la complainte du cambrioleur maladroit derrière la porte.
Hein ? Il le connaissait ?
Dorian se laissa aller à la curiosité et posa son œil devant le judas pour tenter de voir qui venait l'importuner à cette heure là. Il fut surprit d'y voir Cameron. Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien foutre ici ?! Et surtout à cette heure si ! Il allait réveiller Yume ce con.

Dorian ne perdit pas plus de temps et ouvrit brutalement la porte pour le choper par le col de son pull et le tirer à l'intérieur avant de refermer la porte derrière lui.
Il se retourna vers Cameron qui devait être légèrement déstabilisé d'être entré si rapidement.

- Bordel mais ... oh ! T'as vu l'heure qu'il est sérieux ? T'es dingue ou quoi ?

Dorian croisait les bras pour montrer son mécontentement. Au fond, il était ravi de revoir Cameron, mais les circonstances désastreuses l'emportaient sur son engouement à recroiser le pas de son ami.

- Hey, tu m'écoutes ? Qu'est-ce que tu fous ici ? Mais t'es ... t'es bourré ou quoi ?

Le son de sa voix derrière la porte l'avait un peu mis sur la voix mais l'attitude générale de Cameron ne faisait qu'approuver sa théorie. Il était raide mort. Et il devait surtout être complètement gelé.
Dorian sentit sa colère retomber. Après tout, Cameron n'avait jamais montré une faiblesse jusqu'à aujourd'hui, alors s'il venait chez lui, transi de froid, saoul comme un fut, et à cette heure si précoce du matin, c'est peut-être que quelque chose n'allait pas.

- Allez assis-toi là, je vais te préparer un café. Fais comme chez toi, je reviens.

Il déplaça le tabouret de bar pour faciliter son accès et partit fermer la porte de la chambre pour ne pas réveiller la belle au bois dormant qui se transformerait rapidement en marâtre sanguinaire si elle voyait ce spectacle.
Dorian retourna dans la cuisine et prépara le café. Il prit une dosette de corsé, histoire de le réveiller un peu pour qu'il lui raconte ses emmerdes. Il pourrait se porter pâle demain matin, ça n'avait pas trop d'impact sur sa réputation.

L'odeur parfuma rapidement la maison et il posa les deux cafés sur le bar, tout en s'asseyant devant Cameron. Il passa une main sur son visage comme pour chasser le sommeil qui semblait avoir reprit du terrain maintenant que c'était trop tard.

- Envie d'en parler ? Ça me fait plaisir de te voir en tout cas.

Même si Dorian avait eut l'envie de lui éclater le nez, de le laisser dehors, ou de lui jeter un billet de 10Y à la figure en ouvrant la porte, il avait préféré le faire entrer, et l'engueuler pour enfin lui dire qu'il était heureux de le revoir.
Chacun sa façon de faire sortir ses sentiments...

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Sam 5 Déc - 13:57
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S'il avait été comme d'habitude, jamais Cameron n'aurait été déranger Dorian, et encore moins à cette heure de la nuit. Les deux hommes s'étaient parlés suffisamment pour être devenus des amis mais pas assez pour pouvoir se permettre ce genre de choses. Qui plus est, l'Américain était un homme assez fier et prétendre avoir besoin d'aide n'était pas dans son comportement habituel. Mais l'alcool transformait les gens et Cam était effectivement en train de déranger Dorian peu avant 5h du matin. Le doigt resté appuyé sur la sonnette, il semblait réagir avec retard aux conséquences de ses actes, s'apprêtant à se reculer quand la porte s'ouvrit brusquement et qu'il fut tiré d'un coup sec à l'intérieur.
Son équilibre étant précaire à cause de tout ce qu'il avait bu, il s'appuya contre le mur derrière lui et posa enfin ses yeux sur celui qu'il avait cherché inconsciemment. Dorian était le seul homme bien dans sa vie, un médecin scolaire réputé dans son domaine et sans passé troublant derrière lui. A leur première rencontre, aux sources thermales, Cameron avait cru être face à un touriste, un bon moyen de raconter sa vie en se disant que même les plus grandes humiliations ne franchissaient pas les frontières mais ... Dorian vivait sur le sol japonais et désormais, il connaissait une partie de la vie illégale de Cam. Si ça l'avait enquiquiné les premières semaines, il s'était finalement retrouvé avec un bilan positif à ses confessions, il s'était fait un ami.

Levant son doigt pour tenter d'expliquer la raison de sa venue, il détourna la tête quand un sermon lui donna mal au crâne. Ouais, ouais, il était très tôt dans la matinée et alors ? C'était pas la fin du monde, il pourrait mieux dormir ce soir ! Fronçant les sourcils, boudant presque comme un gosse, Cameron grogna simplement son mécontentement en ayant absolument pas envie de devoir débattre sur le bien et le mal. Il ne voulait pas d'une leçon de morale, il voulait une épaule. Mais l'Egyptien paraissait vraiment froissé d'être ainsi dérangé et Cameron fut bien obligé d'ouvrir un peu la bouche pour le calmer.


    • J'ai un peu bu, oui. Mais c'était nécessaire, tu sais. Elle a tout gâché.

A l'heure actuelle, ses pensées étaient aussi confuses que ses mots et réussir à le comprendre relevait d'un exploit surnaturel. Mais ça mettait un jour un souci, un vrai souci et pas juste l'envie de se prendre une cuite pour passer le temps. Cameron n'aimait pas ces lendemains douloureux ou seul le mal de crâne régit la journée. Il prenait plaisir à boire de l'alcool, quelques verres de temps en temps mais surtout à se rappeler de ses soirées, de ses discussions et des bons moments. Il haïssait les gens bourrés, il se haïssait à cet instant.

Heureusement pour lui, Dorian se calma presque instantanément et il eut l'autorisation de faire quelques pas de plus dans cette très jolie demeure. Il y faisait bon, bien plus qu'à l'extérieur même si les températures n'étaient pas non plus négatives. Il frissonna en avançant à tâtons et s'installa tant bien que mal sur le tabouret de bar prévu pour lui. Les bras croisés sur le bar en question, Cam prit le temps de regarder les alentours, découvrant l'habitat de son ami pour la première fois en se demandant quand même s'il allait s'en souvenir d'ici quelques heures ... Il y avait comme ... une odeur de femme ici. Pas quelque chose de dérangeant, ni de flagrant mais son côté séducteur à toutes heures lui donnait l'impression, peut-être fausse, que l'homme au-dessus de tous soupçons n'était plus seul dans sa vie.
Il le regarda revenir et préparer du café. C'était plutôt sympathique de sa part, il aurait tout aussi bien pu lui déplier le canapé et lui ordonner de ronfler jusqu'à ce que l'heure soit raisonnable pour le genre humain. Mais non, il prenait le temps de le soutenir, de l'écouter si l'envie de parler lui venait soudainement. Espérait-il peut-être qu'il prenne le chemin de sa maison d'ici quelques minutes ? Cameron ne souhaitait plus retourner dans le froid, ça le rendait agressif.


    • Désolé de venir te voir si tard ... ou si tôt mais y a plus que toi, là. J'étais venu dans ce pays avec tellement d'espoir, tellement de rêves et aujourd'hui, y a plus rien. Mon père doit rire dans sa tombe, je suis bien son fils, un raté.

En toute honnêteté, Dorian ne devait rien comprendre. Ils n'avaient jamais abordé le sujet des familles, des espérances, des raisons qui les avaient tous deux poussés à venir s'installer au Japon. Non, ils avaient parlé de leur métier respectif, de leurs vies sentimentales, des choses personnelles mais banales. Discuter des morts, de l'espoir d'un homme brisé ne faisait pas partie des choses faciles à dire.

Avalant son café après avoir réchauffé ses mains autour de la tasse, Cameron posa sa tête sur son bras près du bar et poussa un long soupir en fixant un des tableaux accrochés. Il se sentait trop saoul pour réfléchir de manière posée mais il avait encore suffisamment de jugement pour se demander ce qu'il allait bien pouvoir faire de sa vie désormais. Financièrement, il était toujours plus qu'à l'abri du besoin mais tous ses soucis n'étaient pas réglés et franchement, ça l'énervait.
Se redressant, titubant légèrement en descendant du tabouret, il tenta un dernier appel au secours un peu dissimulé :


    • Je vais rentrer. Je ... j'aurais jamais dû venir ici.
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Sam 26 Déc - 17:29
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Il était bien loin l'homme que Dorian avait rencontré lors de la sortie aux thermes. Devant lui se dressait plutôt une ... épave. Cameron avait bu, pas jusqu'à l'inconscience certes mais il semblait déboussolé, abandonné et défait de la moindre once d'espoir. Dorian ne s'y connaissait pas trop en dépression et autre douleur affective, mais celle-là, il la connaissait ... Une femme.
Ce ne pouvait être que ça. Il n'y avait pas plus forte cicatrice que celle que peut laisser la gente féminine sur un homme aussi charismatique que lui. Le pire point faible de l'homme, pour son mal comme pour son bien. Cameron n'avait pas encore ouvert la bouche que Dorian avait déjà trouvé la source de son désarroi. Pour ce qui était de la solution, par contre... hélas, les hommes la cherchaient encore.

Effectivement, le jeune homme lui avoua sans tergiverser "qu'elle avait tout gâché", il ne savait pas de qui il parlait, ils n'étaient pas assez amis pour se parler de leur vie sentimentale respective mais il se doutait bien que l'américain avait un charme fou, surtout ici au pays des nippons en manque d'exotisme.
Dorian se servit un café à son tour, il n'avait pas l'intention de se recoucher et ça ne le dérangeait pas plus que ça. Tout ce qui comptait à ses yeux là tout de suite, c'était que Yume finisse correctement sa nuit de marmotte qui prend toute la place dans le lit, et que Cameron ne reparte pas de chez lui dans cet état physique et mental. Il y mettrait un point d'honneur quitte à devoir attendre plusieurs jours que l'homme se remette sur pieds pour empoigner le monde comme il savait si bien le faire.

Lorsqu'il aborda le sujet de son père, Dorian tiqua. Cameron perdait pieds, totalement, jusqu'à remettre tout en cause. Il n'était plus objectif et peu importe que ce que le médecin sortira ce soir, rien n'apaisera la douleur du jeune homme. Il avait besoin de faire le point, de changer de vie, de se trouver une nouvelle raison de continuer, exactement comme lui quand il a perdu son père. Ils semblaient avoir bien plus de points communs tous les deux qu'ils pouvaient l'imaginer.

Dorian se leva de son tabouret quand Cameron tenta de se lever pour partir, mais sans grande motivation. Il fit le tour du bar et lui chopa le bras pour le forcer à se rasseoir.

- Arrête Cam', sérieusement, t'es pas en état là et tu me déranges pas du tout. C'est trop tard pour y penser.

Il lui fit un sourire qu'il voulait compatissant mais il douta que l'Américain soit capable de décrypter les expressions de Dorian à cette heure matinale et avec son taux d'alcoolémie actuel.
Il le laissa s'asseoir comme un poivrot qui sait à peine se servir de ses jambes et repassa derrière le bar pour s'asseoir en face de lui, tout en sirotant son café brûlant. La fumée qui s'en échappait laissait flotter une odeur, mélange d'amertume et de douceur. Le jour commençait légèrement à se lever, se faufilant discrètement parmi les interstices des volets roulants de sa baie vitrée. Le salon était plongé dans un calme si apaisant que Dorian aurait apprécié que ce moment se fige pour qu'il dure bien plus longtemps.

D'une voix feutrée, l'égyptien prit la parole, essayant de lui parler clairement tout en mettant les bons mots sur ce qu'il voulait lui faire comprendre :

- Ne remets pas toute ta vie en question à cause d'un faux pas Cameron, personne n'est infaillible et t'es loin d'être un raté.

Dorian jouait un peu gros sur ce terrain parce qu'en toute honnêteté, il ne connaissait pas très bien Cameron, et il était d'ailleurs très flatté qu'il soit venu chez lui, comme issue de secours, lui témoignant involontairement bien plus qu'une simple confiance amicale ; En lui faisant des compliments un peu banals, il pouvait très bien récolter des remarques acerbes de la part de l'Américain, du genre : "qu'est-ce que t'en sais toi ? tu sais rien de ma vie !" mais Dorian s'y attendait que très peu.
Il n'aurait aucune pitié à la jeter dehors dans la nuit froide s'il venait juste lui manquer de respect dans sa propre maison.

- Mon père était bibliothécaire et il attendait vraiment de moi que je prenne sa suite, mais ça ne s'est pas passé comme ça. J'ai quitté mon pays peu de temps après sa mort parce que j'avais du mal à m'imaginer vivre là-bas sans lui même s'il ne m'a pas laissé que des bons souvenirs. Aujourd'hui, je suis médecin scolaire dans une académie d'ados pourris gâtés et même si tout se passe bien, j'ai encore des doutes sur mon avenir ici. J'ai souvent tendance à tout remettre en question et sans ...

Il fit une pause, il n'avait pas encore parlé de Yume, et il ne voulait pas rouvrir la plaie de Cameron en lui parlant de sa petite amie.
Il se mordilla la lèvre et soupira avant de reprendre le fil de sa discussion. S'il n'était pas assez fort pour supporter une rupture, il ne serait pas assez solide pour faire partie de la vie de Dorian, qui lui, n'aime pas les faibles. Il venait de parler de son père pour la première fois, il n'était pas sûr d'avoir abordé ce genre de sujet avec Yume parce que la compassion féminine avait tendance à lui donner de l'urticaire mais il ne pouvait décemment pas dire ça à sa chérie sans qu'elle se sente frustrée, alors il n'en parlait pas.

- ... sans Yume, je pense pas que je serais resté aussi longtemps au Japon. Le pays n'a rien à voir, c'est plutôt le cercle social que tu te construis qui fait tout. Alors dis-moi Cameron... c'est qui "elle" qui à tout gâché ?

Il mettait volontairement les pieds dans le plat. Si Cameron souhaitait en parler, c'était maintenant ou jamais.
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Sam 30 Jan - 14:39
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Évidemment que tout était lié à une femme, y avait qu'un adverse aussi sexy pour réussir à lui faire aussi mal intérieurement. Les blessures physiques, les coups en traitre, les trahisons, ça c'était typiquement masculin et il savait gérer et s'en remettre (même si ça prenait parfois du temps aussi) mais les souvenirs d'une femme aimée, les images d'elle en train de rire, sa voix, son parfum, sa douceur ... c'était ça qui faisait mal, bien plus que le résultat pitoyable de leur séparation.
Et que Dorian ait pu le comprendre avant même que Cameron ne le lui explique n'avait rien de surprenant. L’Égyptien avait beau être très séduisant, viril et charismatique, il n'en restait pas moins un humain avec un cœur qui peut se briser comme celui de tout un chacun. Peut-être avait-il déjà ressenti ça lui aussi, allez savoir.

Bien décidé à retourner dans sa vie de misère provisoire, suite logique d'une soirée désastreuse, Cam tenta de s'échapper de chez Dorian en prétextant soudainement une remise en question quant à son comportement déplacé. Au fond, il n'espérait qu'une chose, c'était que son ami le retienne, lui interdise de repartir à cette heure-ci et l'autorise à rester ici pour la nuit. De toute façon, d'ici peu il allait s'endormir comme une masse jusqu'à ce que son corps ait enfin reprit un poil de contrôle. Finalement, c'était le lendemain qui allait être prise de tête ...
Et pour cette fois, la chance tourna en sa faveur. Dorian fit tout ce qu'il avait espéré et ses réactions le touchèrent. Il ne pu rien exprimer mais il ressentait ce soulagement intense de ne pas avoir été encore rejeté et de devoir constater froidement qu'il n'avait plus personne sur qui compter. L'homme aurait pu lui claquer la porte au nez à cette heure-ci et Cam ne lui en aurait pas voulu mais ça n'aurait fait qu'agrandir son sentiment d'insécurité et le pousser davantage dans ses retranchements, dans ses envies de rentrer en Amérique pour oublier ce sombre passage de sa vie. Mais même s'il ne parlait plus à Taylor, il était hors de question qu'il se sépare d'elle de plusieurs milliers de kilomètres. Du moins, consciemment. Peut-être était-elle déjà repartie à WaterTown, le laissant seul ici en croyant qu'il menait une belle vie. Grossière erreur.

Se rasseyant sur ce tabouret plutôt confortable dans sa situation, Cam luttait tant bien que mal pour rester conscient et éveillé. Le sommeil semblait le gagner à vitesse grand V depuis que le jour pointait le bout de son nez. C'était comme si la nature le forçait à vite redevenir lui-même pour qu'il constate les dégâts. Mais il aimait cette entrevue, il appréciait la présence de Dorian à ses côtés à ce moment-là, l'odeur du café qui emplissait le salon et la chaleur de la maison en cette saison froide. Il se sentait bien dans un endroit qu'il fréquentait pour la première fois, allez comprendre.
Quand le premier compliment fusa, Cameron eut un sourire. C'était vrai qu'il avait été un peu loin dans son jugement mais qu'aurait été sa vie s'il n'avait pas eut la fortune de ses géniteurs ? Il avait le commerce dans le sang et un sens inné pour parler aux clients mais comment réussir tout ça sans aide financière ? Il n'était pas un raté, il était un assisté, un homme qui a besoin d'un très bon de départ pour pouvoir briller. Mais qu'importe, sa vie n'était pas ratée, il n'était juste pas satisfait comme il l'avait imaginé.


    • Mon cercle social a été dissous pendant le séisme, tu sais ... ce bar, mon bar, y a plus. Je suis passé à autre chose, c'est pas grave. Mais ma Yume ... non, ta Yume pourrait tout te prendre. Elles sont malignes et dangereuses.

Sans vraiment répondre aux attentes de Dorian sur le sujet "elle", Cameron avait caressé sa cicatrice au menton encore récente et expliquait quand même un peu qu'il se sentait vidé de tout son être, toutes ses forces, comme si le départ de cette femme avait emporté une partie de son âme. Il s'était senti amoureux, attaché et ses projets avaient commencé à voir le jour, il avait pensé à se ranger professionnellement et même s'il n'avait pas encore décidé de son avenir pour le moment, son bar avait été légué à quelqu'un d'autre, il avait tourné la page. Sa vie avait prit un nouveau sens, sens qui n'avait plus de raison d'être maintenant qu'elle était partie.

Se relevant, titubant légèrement sur place de sommeil et d'alcool mélangé, Cameron se tourna vers le canapé. Il ne voulait pas parler de tout ça et se réveiller demain sans savoir précisément ce qui avait été dit. Si Dorian insistait de nouveau plus tard, sûrement se confierait-il mais pas maintenant, pas comme ça.
Là, il voulait juste dormir, reposer son corps meurtri et son cerveau embrouillé, repartir rapidement sur des bases saines et redevenir cet homme fier et distant qu'il était en arrivant sur le sol japonais.


    • Des femmes, y en a plein. J'en trouverai une autre, ou plusieurs même. Pourquoi m'emmerder avec une seule, après tout? On n'est pas tous faits pour rentrer tous les soirs à la même heure dans son foyer accueillant, avec sa femme aux fourneaux et les gosses jouant dans le salon. Demain ... tout à l'heure, quoi ... ce sera MOI, et seulement moi désormais.

En ajoutant un "Bonne nuit" à peine marmonné, Cameron arriva tant bien que mal jusqu'au sofa, enleva ses chaussures qu'il laissa tel quel (chose qu'il ne faisait jamais chez lui), fit tomber sa veste et sa cravate et s'allongea enfin. Ses yeux, lourds comme jamais, restaient déjà fermés et même si le jour se pointait rapidement, il savait qu'il ne serait pas dérangé tant il avait sommeil. Yume ? Elle risquait de paniquer en le voyant pour la première fois dans son salon mais sûrement que Dorian allait lui expliquer les choses. Mince Dorian ... il aurait aimé lui dire merci, lui expliquer qu'il voulait juste dormir pour passer à autre chose mais avec tout ça, il s'était juste comporté un peu égoïstement et voilà qu'il s'endormait en ayant réveillé son seul ami à une heure déraisonnable ... Demain, il allait s'excuser, c'était promis. Mais là ... là ... il s'endormait, vite.
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Jeu 5 Mai - 16:30
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Le séisme. Dorian tourna la tête lorsque Cameron évoqua ce souvenir, et inconsciemment, sa main glissa vers sa cuisse meurtrie, il frotta ses doigts contre le tissu de son pantalon comme si le fait de bichonner sa blessure pouvait rassurer la douleur et la faire taire. Il n'avait pas envie de repenser à ça, il n'avait pas envie de se revoir, ni de la revoir perdue au milieu des décombres et surtout blessée. Toute cette souffrance psychologique avait été beaucoup trop longue à se tasser et Dorian se réveillait encore parfois la nuit en étant persuadé d'être encore coincé sur place à cause de ses os brisés.

Il fut donc incapable de rebondir sur cette phrase de son ami, il avait l'esprit ailleurs et il préféra ne pas insister là-dessus. Il le regarda se lever, tituber, maudire la vie avec des phrases qui se voulaient apaisantes, dévoilant son envie d'autonomie et de liberté mais qui transmettaient bien plus sa souffrance et sa solitude. Dorian était bien curieux pour une fois de savoir qui était cette femme mais Cameron ne semblait pas prêt à lui dévoiler cette information. Peut-être que Dorian la connaissait ?
L'homme à terre se jeta sur son canapé, sans la moindre politesse. Un sourire se figea sur les lèvres de Dorian. S'il avait pu le filmer et lui montrer son attitude quelques jours plus tard, Cameron se serait sûrement sentit très gêné d'avoir agi de la sorte alors qu'il s'était déjà invité chez quelqu'un en plein milieu de la nuit. Dorian le laissa faire, il ne chercha même pas à l'en empêcher, c'était inutile. Il se contenta de le rejoindre après qu'il se soit allongé, pour déposer une couverture sur lui. Il ferma un peu plus les volets pour éviter que le jour ne le réveille alors que le sommeil pourrait lui être bénéfique pour digérer cette peine de cœur.

Sans chercher à être discret, Dorian rangea un peu le bordel qu'avait instauré Cameron, ses chaussures, sa tasse à café encore quasiment pleine, et son manteau qu'il avait à moitié abandonné n'importe où. Il rangea tout ça et retourna dans la chambre finalement, rejoindre sa petite caille qui s'était mise à l'aise en prenant toute la place dans le lit. Il retira le pantalon et le gilet qu'il avait mit quand il s'était levé un peu plus tôt et se glissa dans le lit près d'elle. Comme si elle sentait que c'était lui, elle se poussa sans se réveiller, avant de revenir et de se coller à lui. Il n'avait pas spécialement envie de se rendormir, alors il en profita plutôt pour lui caresser les cheveux et sa douce peau sans la sortir de ce calme temporaire. Il embrassa amoureusement son cuir chevelu et se plongea dans ses pensées en mettant son bras derrière la base de son crâne pour se faire un appui un peu plus solide.

Demain était un autre jour, et Yume allait sûrement trouver quelques bons arguments à ne pas avoir envie que Cameron reste par ici mais elle serait sûrement assez éduquée aussi pour ne rien dire devant lui et en parler en privé avec Dorian. Il espérait sincèrement qu'elle comprendrait que cet homme là se sentait seul et que Dorian n'endosserait pas le rôle du connard qui a sa propre vie à gérer et qui ne lui prêterait pas main forte. Les choses peuvent changer si vite que l'infirmer ne pouvait pas jurer qu'un jour il n'aurait pas lui aussi besoin de l'aide de Cameron et ce jour là il sera bien content d'avoir été là pour lui quand personne d'autre ne l'avait fait.
Il ferma les yeux, profitant de ce silence bénéfique. Ses caresses se firent plus irrégulières, pour finalement s'arrêter doucement. Le sommeil s'était de nouveau emparé de lui finalement...

...

- Écoute Yume, je dis juste qu'il a besoin d'un peu de temps et que je compte le lui donner. Ne t'inquiètes pas, il va pas rester ici pendant un mois, ce n'est pas son genre, mais j'ai besoin que tu comprennes ça. Cette maison est grande, on peut réussir à s'arranger, non ?

L'ancienne petite rebelle eut beaucoup de mal à libérer un peu de ce cocon qu'ils s'étaient formés tous les deux, pour laisser un peu de place à Cameron. Elle ne fut pas désagréable, encore moins gamine et capricieuse, mais juste touchante. Dorian tenta de la rassurer au mieux sur le déroulement des choses pendant les prochaines semaines mais même lui ne pouvait pas vraiment savoir à quoi s'attendre de la part de son nouveau colocataire. Elle préféra laissa place libre aujourd'hui et prétexta une excursion à la bibliothèque alors que Dorian possédait ici une très belle collection de bouquins. Il la laissa faire, ce serait sûrement plus facile comme ça, pour tout le monde.

Après qu'elle soit partie, Dorian se retourna vers le salon. Cameron dormait encore à poings fermés mais il était près de 14h maintenant et il était temps de se lever pour ne pas rendre cette journée absolument improductive et de devoir encore se taper une conversation un peu trop déprimante en plein milieu de la nuit. Il prit donc la décision d'ouvrir complètement les volets et d'aller réveiller l'immense intrus sur son canapé.

- Hey, va falloir émerger Cameron.

Il lui laissa quelques minutes pour se réveiller, et en profita pour lui apporter un nouveau café et quelques petits gâteaux. Il rajouta une aspirine et posa tout ça sur la table basse devant lui. Il s'y assit ensuite et en mettant les coudes sur ses genoux, il relança la conversation :

- Alors ? Quelques souvenirs d'hier soir ou c'est le trou noir ? Tiens, je t'ai apporté une aspirine pour le mal de tête sévère que tu dois avoir. Juste à titre informatif, il est 14h, si t'as faim, préviens-moi, je vais te préparer quelque chose.

Dorian se sentait proche de lui, il avait envie de l'aider, pas du tout de lui jeter la pierre. Il avait légèrement pitié de lui évidemment mais il avait surtout besoin de comprendre ce qui se passait dans sa vie, et il sentait qu'ils pourraient devenir de très bons amis tous les deux. Il y'avait cette étrange connexion entre eux dont il avait envie de profiter au maximum. Il manquait de contacts masculins autour de lui.
Alors, oui il était aux petits soins pour son invité.

- Bien dormi ?

Il lui envoya un beau sourire en pleine face pour lui faire comprendre qu'à cet instant précis, Cameron avait la face complètement décalée, style tableau de Picasso. Il aurait voulu caresser un ours en pleine forêt que le résultat aurait pas été aussi réussi...

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