Viens semer la
DISCORD(E)



■ Que vous soyez un étudiant ou bien un habitant, votre place est ici ! Bienvenue à Hoshi ! ■
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Toi, moi, et mon petit gâteau ! |PV Yoite Unden|

 :: Université :: 2e Étage :: Toit Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mar 6 Sep 2016 - 12:04
C • Université - 2ième année
avatar
Messages : 587

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
C • Université - 2ième année
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
feat. Yoite Unden
dialogue en gras
pensées en italique
Toi, moi, et mon petit gâteau !
La journée de cours venait tout juste de se terminer. Emi avait passé tout son début d’après-midi sur la piste d’athlétisme afin de faire différents exercices avec sa classe. Faire des études de sport, ce n’était pas de tout repos et c’était justement ce qui plaisait autant à la jeune femme ! Courir, faire des pompes, faire des sauts, ils avaient eu droit à tout un tas de petites épreuves pour tester leurs performances et voir si d’ici quelques semaines, ils arrivaient à se surpasser. Emi était vraiment ravie d’être dans cette université, même si elle devait quand même avouer que ça lui faisait bizarre de ne plus vivre chez ses parents. C’était la première fois qu’elle quittait le domicile familial et même si, d’ordinaire, son foyer était souvent vide jusqu’au retour de son père le soir, ça lui manquait de ne plus l’entendre dire « Je suis rentré à la maison ! » tout gaiement. Mais ce n’était pas le genre d’Emi de déprimer et puis, en y repensant, elle n’avait vraiment pas de quoi ! Elle rentrait chez elle tous les week-ends, sa mère était enfin revenue vivre au Japon de façon plus permanente et elle pouvait faire les études qui lui plaisaient pour peut-être atteindre son rêve de carrière, à savoir devenir professeur de sport pour les plus jeunes.

Se passant son poignet agrémenté d’un bracelet éponge sur le front pour éviter que sa sueur ne dégouline sur son visage, Emi se rendit avec ses camarades dans les vestiaires afin de prendre une bonne douche bien méritée. Chose faite, elle se sécha les cheveux le plus possible avec sa serviette avant de finalement les laisser détachés afin qu’ils sèchent plus vite d’eux-mêmes. Elle enfila des vêtements propres, un short en jean et un débardeur blanc qu’elle surmonta d’une petite veste noire sans manches qu’elle laissa ouverte. Elle avait un style vestimentaire vraiment très sobre et surtout, pas hyper féminin, ce que lui reprochait à chaque fois sa mère qui lui disait qu’elle pourrait faire des ravages si elle faisait un peu plus attention à son apparence. Mais Emi s’en moquait, elle ne voulait pas faire des ravages, elle voulait juste faire ce qui lui plaisait : du sport ! Sa longue crinière brune flottant derrière elle au gré des brises légères de vent, elle quitta donc la piste d’athlétisme, son sac de sport en bandoulière sur une de ses épaules et son portable dans une de ses mains pour vérifier ses messages.

Elle soupira en voyant tous les messages que sa mère lui avait envoyés. Elle devait vraiment s’ennuyer pour lui envoyer des photos toutes les 5 minutes de ce qu’elle voyait par la fenêtre de son nouveau bureau ! Emi ne put s’empêcher de pouffer de rire en voyant la dernière photo de sa mère : elle s’était prise en photo avec une pâtisserie pour faire saliver sa fille, sauf qu’elle s’en était mise plein sur la joue en essayant de tout faire tenir dans le cadre de la photo ! D’ailleurs en parlant de pâtisserie… Le ventre de la jeune femme se mit violemment à grogner alors qu’elle s’approchait du bâtiment de l’université. Elle se frotta le ventre en soupirant avant de soudainement se rappeler qu’elle avait acheté un petit gâteau le midi même et qu’elle l’avait justement mis dans son sac pour pouvoir le savourer après son après-midi riche en sport. C’était parfait ! Il ne lui restait plus qu’à trouver un endroit pour le savourer bien tranquillement ! Le soleil était encore haut dans le ciel, et c’est en le regardant qu’elle trouva un endroit qui ne pourrait que lui plaire : le toit du bâtiment !

C’était la première année d’Emi dans cet établissement, et elle ne savait pas vraiment que l’accès à cette partie du bâtiment était officiellement interdite d’accès. Toujours avec son sac sur le dos, elle grimpa les escaliers, toute souriante et toute joyeuse en pensant à cette délicieuse pâtisserie qu’elle allait savourer. Elle poussa finalement la porte du toit, sans remarquer qu’il était rappelé dessus que l’accès n’était pas autorisé, ce qui était quand même étrange puisque la porte n’était pas verrouillée. Quelqu’un avait dû passer par là avant elle ! En tout cas, l’endroit était absolument parfait ! Il n’y avait personne et on pouvait admirer une superbe vue sur tout le campus depuis cette position ! Se mettant non loin du grillage qui bordait cet espace, elle posa son sac par terre, en sortit sa précieuse pâtisserie, déposant la boîte à côté d’elle, puis elle s’allongea en posant sa tête sur son sac. Elle soupira de plaisir et commença à manger son gâteau en regardant le ciel, une de ses mains sous sa tête. C’était vraiment le bonheur à l’état pur ! Il fallait vraiment qu’elle revienne ici les prochaines fois, c’était encore mieux que de rester allongée sous un arbre !

- C’est vraiment le paradis sur terre… N’est-ce pas petit gâteau ?

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Sam 10 Sep 2016 - 14:18
S • Université - 3ième année
avatar
Messages : 768

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
S • Université - 3ième année
Les vacances d'été avaient beau être terminées, le soleil était toujours au rendez-vous. C'était même devenu un calvaire tant il faisait chaud dans les salles de cours, dans les transports en commun et dans les chambres la nuit. Yoite aimait le soleil, il aimait voir sa peau se tanner un peu plus au fil des ans mais il détestait transpirer, sentir son T-shirt lui coller à la peau ou encore ... devoir faire du sport au-dessus des 25 degrés. Son cursus universitaire ne comportait aucune matière sportive mais il était inscrit dans 3 clubs qu'il considérait comme physiques et sincèrement c'était de la torture.
Était-ce alors une chance qu'il se soit fait passer à tabac il y a quelques jours et qu'il ait ainsi pu bénéficier d'une interdiction de pratiquer du sport pendant 2 mois? A ses yeux, c'était une punition, presque une humiliation mais pour s'en sortir, il préférait n'en voir que les bons côtés et alors que les autres traînaient le pied pour aller dans leurs différents clubs, Yoite entamait la même routine jusqu'à sa guérison totale : le toit de l'école. Les ordres avaient été clairs, il devait rester allonger le plus possible pour bien remettre ses côtes et éviter des problèmes respiratoires sur le long terme. Mais quand c'était les jours de club de natation, il respectait son rôle de Capitaine et allait surveiller ses chers membres mais basket et danse, il n'y avait pas remis les pieds depuis cette histoire.

Allongé sur le sol du toit, sur un endroit un peu plus en hauteur que le reste du bâtiment, Yoite contemplait calmement l'absence totale de nuage, rêvait grâce au ciel bleu qui lui faisait face et appréciait la chaleur qui lui donnait presque envie de s'endormir. Il ne risquait pas de coups de soleil, sa peau était déjà trop habituée et hâlée d'avance. Par contre, il avait apporté sa casquette car plus jeune, il avait fait une insolation une fois et s'était mis à débiter des questions sorties de nulle part, ne reconnaissant plus ses proches et arborant fièrement une fièvre de cheval!
Ce ne fut qu'au bout d'un certain temps que Yoite entendit le bruit tout particulier de la porte du toit qui s'ouvrait. Depuis qu'il venait ici, rares étaient les personnes qui osaient venir là et souvent, ce n'étaient que des professeurs qui faisaient des sortes de ronde pour dénicher les vilains délinquants. Mais cette fois, en se penchant un petit peu du haut de son petit bâtiment surélevé, Yoite vit une fille. Seule. Il ne l'avait jamais vue, il avait la mémoire des visages en général et cette chevelure, cette carrure ainsi que ce style vestimentaire peu recherché ne lui disaient rien du tout.
Curieux, Yoi resta à l'observer sans bouger de sa cachette. Il espérait qu'elle n'allait pas rester très longtemps mais quand il la vit s'installer, s'allonger même!, il soupira. Zut alors! Conscient que ce toit n'était pas qu'à lui, il pensa se rallonger discrètement sans faire part de sa présence. Deux inconnus pouvaient rester deux inconnus, après tout! Mais à ce moment-là qu'il entendit sa voix.

Se redressant en prenant grand soin de ses gestes pour éviter toute douleur superflue, Yoite descendit les petits escaliers et se retrouva sur le même toit que cette jolie inconnue. A pas de loup, il s'approcha par derrière en ayant particulièrement conscience qu'on lui avait dit qu'il faisait peur avec ses bleus sur la gueule. Un bleu mettait un temps fou à guérir et passait par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel mais le jeune japonais ne pouvait pas se permettre de rester 2 mois chez lui juste pour éviter qu'on ne le voie dans cet état. D'ailleurs, son état physique avait beaucoup fait parler mais il s'en fichait. Bientôt, tout ceci ne serait que du passé, il retrouverait son beau visage de serial lover, ses troupes de fans en attente d'un regard et voilà!
Se penchant au-dessus de la demoiselle, lui faisant ainsi de l'ombre comme le ferait un nuage alors que ses lentilles jaunes devaient briller d'un éclat flippant, il prit la parole sans attendre :


"La main dans le sac! Le toit est interdit aux étudiants, mademoiselle. Relevez-vous immédiatement! En tant que président du conseil des élèves, je me dois de vous amener directement dans le bureau des professeurs!"

Ah ah ah.
Il adorait traumatiser les élèves dont il ne se souvenait pas. Au fond, que risquait-il? Qu'elle le croie, qu'il la fasse marcher encore un peu jusqu'à lui dire la vérité et qu'elle parte en furie d'avoir croisé le chemin d'un débile profond. Ou qu'elle ne le croie pas, qu'elle l'envoie chier et l'histoire s'arrêtait là. C'était CE MOMENT précis qui allait décider de leur relation. Victime ou pas. Yoite n'était plus le vilain garçon qui traumatise les jeunes filles comme Saki à l'époque mais il prenait toujours un malin plaisir à faire tourner les plus jeunes en bourrique.


"Et manger aussi! Vous vous croyez chez vous, ou bien?!" ajouta-t-il en lui piquant son petit gâteau.
Le manger? Non, il n'était pas très fan des sucreries mais elle avait semblé lui porter un intérêt tout particulier donc ... confisqué!

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 29 Sep 2016 - 11:05
C • Université - 2ième année
avatar
Messages : 587

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
C • Université - 2ième année
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
feat. Yoite Unden
dialogue en gras
pensées en italique
Toi, moi, et mon petit gâteau !
En toute innocence, Emi avait donc investi le toit du bâtiment universitaire, ne se doutant pas une seule seconde qu’en réalité, il était interdit de s’y rendre. La porte n’était pas verrouillée alors n’était-ce tout simplement pas une invitation à franchir le pas de cette porte qui menait à un endroit vraiment parfait pour se détendre tout en mangeant un petit gâteau ? La jeune femme s’était donc installée, s’allongeant sur le sol en appuyant sa tête sur son sac de sport. Elle avait fermé les yeux, un instant, laissant sa précieuse pâtisserie dans sa boîte à ses côtés, juste le temps de faire un peu le vide et de se laisser bercer par le bruit de la légère brise. En étant parfaitement détendue, elle n’apprécierait que davantage son petit goûter ! Mais alors que le soleil venait lui réchauffer le visage, Emi sentit soudainement qu’un nuage venait gâcher son plaisir. Fronçant les sourcils et esquissant une moue déçue, elle entrouvrit finalement un œil pour regarder ce méchant nuage qui lui jouait des tours. Quelle ne fut donc pas sa surprise de voir qu’en fait, ce n’était pas un nuage, mais quelqu’un qui était penché au-dessus d’elle !

Elle ouvrit donc grand les yeux, fixant d’un air complètement surpris l’homme qui se tenait au-dessus d’elle. Sa tête ne lui disait pas grand-chose à vrai dire. Elle n’était là que depuis peu et elle était tellement à fond dans le sport qu’à part ses camarades de classe, elle ne faisait pas trop attention aux autres. Quand il lui lança qu’il l’avait prise la main dans le sac et qu’elle allait devoir le suivre dans le bureau des professeurs, Emi se redressa à la vitesse de la lumière, s’inclinant vivement encore et encore devant cet inconnu qui se disait président du conseil des élèves, les mains plaquées sur ses jambes, le visage tourné vers le sol.

« Désolée ! Je suis vraiment désolée ! Je ne savais pas du tout qu’il était interdit de venir ici ! La porte était ouverte, alors je… EH ! »

Emi s’était brusquement redressée et avait arrêté de s’excuser quand elle avait vu la boîte de son précieux gâteau quitter le sol. Qu’est-ce qu’il lui faisait ce président ? C’était son gâteau ! La sportive fixait son précieux avec une telle intensité qu’on aurait presque dit qu’elle espérait le faire revenir jusqu’à elle rien qu’en le regardant. Et finalement, son regard azur remonta jusqu’au visage de cet inconnu aux yeux jaunes. Restant un instant silencieuse, elle afficha un air perplexe alors qu’elle mettait les mains sur ses hanches.

« Président du conseil des élèves ? Vraiment ? Vous n’en avez pas vraiment l’allure en tout cas ! »

Ce qui lui faisait dire ça ? Cette peau hâlée, ces yeux de couleur jaune et surtout, la quantité assez incroyable de bleus qui ornaient son visage. C’était sans doute un cliché, mais elle s’imaginait souvent ces personnes avec des lunettes et un genre un peu coincé, ce qui avait l’air d’être totalement à l’opposé du jeune homme qui se tenait devant elle. Elle était naïve, mais elle avait quand même un minimum de jugeote ! Mais après tout, qu’est-ce qui lui disait qu’il ne faisait pas vraiment partie du conseil des élèves ?

« Hum… En tout cas, je suis désolée d’être venue ici alors que c’était interdit. Si vous voulez, peut-être que je peux partager (ses dents grincèrent à cette idée) mon gâteau avec vous ? Je ne suis ici que depuis le début de l’année donc ça serait vraiment injuste de me convoquer pour cette petite erreur de ma part non ? Et puis… Si vous êtes le président du conseil, vous n’êtes pas censé vous assurer que cette porte rester fermée ? »

Emi avait croisé les bras, ses yeux allant du visage de son interlocuteur à sa précieuse boîte, surveillant tout geste brusque de la part de ce dernier qui pourrait lui faire penser qu’il avait dans l’idée de manger son gâteau. Elle voulait bien partager avec lui, mais hors de question qu’il mange tout ! Elle s’était tellement imaginé croquer dedans que ça serait une véritable frustration de ne pas pouvoir le faire. Elle ne savait toujours pas s’il disait la vérité, mais elle ne comptait pas le laisser repartir avec son précieux, président du conseil des élèves ou pas ! On ne jouait pas si impunément avec la nourriture des autres, surtout quand il s’agissait d’Emi !

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Sam 15 Oct 2016 - 13:48
S • Université - 3ième année
avatar
Messages : 768

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
S • Université - 3ième année
Jamais encore on ne lui avait fait le coup d'être penché au-dessus de lui à son réveil alors Yoite imaginait plutôt mal sa réaction. En fait, il s'attendait à tout : un cri, de grands yeux bien ouverts limite exorbités, un sursaut de 10m ... tout. D'après lui c'était plutôt flippant dans son ensemble, encore davantage à cause de ses yeux jaunes. Allait-elle le prendre pour le monstre du toit de l'académie?
A sa plus grande déception, il n'eut que le courage d'ouvrir grand les yeux. Pas de bol pour lui, cette jeune demoiselle disposait d'un sang-froid à couper le souffle. Savoir gérer les situations de peur, de surprise, de stress n'était pas donné à tout le monde. Sans nul doute que, poursuivie par un tueur sanguinaire, elle réussirait malgré tout à imaginer un plan pour le distancer, préparer un piège et le faire tomber dedans avant l'arrivée des secours!

Ne souhaitant pas passer pour un pervers qui reluque les demoiselles dans leur sommeil, Yoite entama un mensonge -à croire qu'il se faisait chier aujourd'hui- pour tenter de déstabiliser son nouvel adversaire. Le résultat importait peu, il aimait juste passer son temps à emmêler les pinceaux des autres, à dissimuler la vraie raison de sa présence ici, à jouer avec les nerfs de ses pauvres camarades. Se faire passer pour le président du conseil des élèves n'était pas la pire des idées, en plus.
Le plan fonctionna à merveille, la petite biche bondit sur ses 4 pattes et rabattit ses oreilles pour mieux amadouer son désormais supérieur. C'était hilarant, Yoi avait envie de rire à pleins poumons, de lui exposer sa fierté en plein visage mais il tint bon et la regarda se confondre en excuses pendant plusieurs secondes. Son délit n'était pas grave en plus, encore moins la première fois. Au pire, elle risquait une remontrance de la part d'un professeur qui lui ferait jurer de ne jamais retourner sur le toit, blabla ... Le discours inutile en somme.

La voyant toute chamboulée, l'I don't care en profita. Évidemment.
La petite boîte à gâteau fut saisie comme pièce à conviction et la meurtrière retrouva alors tous ses esprits. Yoite s'amusa à la fixer, remarqua qu'elle mourrait d'envie de lui reprendre sa fameuse petite boîte mais elle n'était pas bête et restait sur le qui-vive, consciente qu'un réel président des élèves avait plus de droits qu'un simple étudiant. Elle était bien élevée et son caractère, bien dissimulé, promettait de belles choses.
D'ailleurs ...


"Parce que je suis trop beau? Trop stylé? Il me manque les lunettes sur le nez, la raie sur la côté et la cravate nouée à la perfection? Tes préjugés sont carrément démodés."

Réalité.
Aujourd'hui, les membres du conseil des élèves n'étaient pas forcément les élèves les plus détestés de l'école, bien au contraire. Ils étaient souvent populaires, au-dessus des autres, intelligents certes mais pas nerds pour autant. Sa petite-sœur qui était accro aux mangas depuis quelques années lui disait qu'ils étaient tous beaux, genre princiers! Il fallait vivre avec son temps!
Mais Yoite ne l'engueulait pas vraiment. Les préjugés, c'était toute son enfance et c'était pour ça qu'il était devenu un vrai rebelle des bacs à sable même s'il avait conscience qu'il ne changerait pas le monde.

Mais l'inconnue sembla à nouveau faire preuve de sang-froid, retrouvant sa politesse et ses manières correctes en s'excusant dignement et ... en tentant de le compromettre! Ah ah ah.
Yoite se laissa enfin aller à rire. Jamais il n'avait imaginé cette option, il avait pensé à des larmes franchement pitoyables, à une fuite rapide et désordonnée en laissant tout sur place, à une colère maîtrisée avec des mots cassants mais pas ... à une tentative de corruption. C'était hilarant!


"Ahaha, t'es excellente! Genre, tu crois m'acheter avec ton bout de gâteau? Les attentes des jeunes d'aujourd'hui sont bien plus difficiles à réaliser, tu sais. L'académie est peuplée de fils/filles à papa alors ton gâteau, aussi bon soit-il, ne ferait même pas plier un lycéen. Tiens, je te le rends."

Il avait bien rigolé, assurément. Complètement pris de cours par l'inattendu.

Lui rendant sa boîte à gâteau, Yoite s'avança vers la limite du toit où les gérants avaient fait installer des grillages. Ils n'étaient pas si bêtes, même si c'était interdit de venir là, ils savaient bien que les élèves le faisaient quand même et pensaient avant tout à les protéger de "stupides" idées obscures comme le suicide. Touchant, mais tout le monde sait bien que l'argent ne fait pas le bonheur ...

La douleur de ses côtes le lançant à nouveau, signe qu'il était temps pour lui de se reposer comme on le lui avait conseillé, l'I don't care se laissa glisser contre le grillage et finit par s'asseoir en laissant passer un long soupir. Il crevait d'envie d'aller nager, de se laisser porter par l'eau mais il refusait qu'on lui retire son rôle de capitaine pour ne pas avoir pu sauver un jeune en détresse sous sa surveillance. Valait mieux attendre.
Rouvrant les yeux, fixant la demoiselle de ses yeux de félin en chasse, Yoite tapota le sol pour lui faire comprendre qu'elle pouvait au moins se rasseoir. Le jeu n'était plus amusant, rire lui avait fait autant de mal que de bien finalement.


"Ils réussiront jamais à empêcher les élèves de venir ici, même avec une porte bien fermée. C'est pas comme si on faisait quelque chose de mal, après tout. Ça fait 1 mois que je viens ici à l'heure des clubs, je t'avais jamais vue avant. T'es quoi? Une odd affolée à l'idée de croiser des gens? Une Look at me incapable de gérer sa popularité? Une gourmande inavouée?"

Discuter avec elle -toujours inconnue- empêchait Yoite de profiter de ce temps devenu quotidien pour se reposer en bonne et due forme mais il avait conscience que ce moment était unique en son genre et il adorait rencontrer de nouvelles personnes. C'était comme si ses objectifs s'agrandissaient avec le temps, un peu comme le jeu des Sims où sa barre deviendra blanche s'il réussit à se satisfaire. Il n'était pas populaire mais il aimait l'idée que tout le monde connaissait son nom ou l'avait déjà vu une fois. Il n'avait pas envie d'être oublié aussi vite qu'une page tournée d'un livre. Il méritait mieux.
L'heure des clubs était passée, il pouvait rentrer chez lui en ayant bonne conscience mais il était bien là et chez lui, Yoite savait qu'il devrait s'occuper de sa petite Princesse, la câliner, l'aider dans ses devoirs ou tout simplement l'emmerder mais il ne s'en sentait pas la force. Il allait mieux, beaucoup mieux qu'il y a 1 mois mais il devait tenir jusqu'à fin Septembre pour être sûr de ne pas avoir de séquelles. Plus que 3 semaines, en gros. Le plus dur était fait!


"Fais comme si j'étais pas là, hein." ajouta-t-il en désignant le petit gâteau du regard. Les calories, c'était pas son truc d'habitude et ça l'était encore moins quand il ne pouvait pas faire de sport. Elle n'avait rien à craindre de lui!

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Ven 28 Oct 2016 - 16:07
C • Université - 2ième année
avatar
Messages : 587

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
C • Université - 2ième année
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
feat. Yoite Unden
dialogue en gras
pensées en italique
Toi, moi, et mon petit gâteau !
Emi avait été vraiment surprise par cet étrange parasol aux yeux jaunes, tellement qu’elle n’avait été capable que de le fixer avec ses yeux grands ouverts. Elle était restée un instant interdite avant de vivement se redresser pour se confondre en excuses devant ce soi-disant « président du conseil des élèves ». Mais la sportive s’arrêta brusquement lorsqu’elle vit sa précieuse boîte quitter le sol. Ne détachant pas son regard de son bien pendant quelques instants, elle fit remonter ses yeux bleus vers le visage de son interlocuteur, lui faisant part de ses doutes quant à sa fonction de président. Il n’en avait pas l’air non ? Et ce que son vis-à-vis lui répondit la fit soupirer.

« C’est vrai que c’est un peu démodé, mais ils sont toujours comme ça dans les mangas ! Et puis, même si tu es trop beau et trop stylé, il y a un petit quelque chose qui me fait penser que tu n’es quand même pas président. L’intuition féminine peut-être ? »

Bon, Emi ne lisait pas énormément de mangas et dans tous ceux qu’elle avait lus, ils étaient tous du genre intello à lunettes les présidents de conseil des élèves. Elle n’avait pas voulu parler des bleus que son interlocuteur arborait parce que ce n’était pas poli de se mêler de choses qui ne la regardaient pas. Il pouvait très bien être simplement tombé dans les escaliers ! Ou pas. En tout cas, Emi ne pensait pas à tout ça à ce moment précis. La seule chose qu’elle voulait, c’était récupérer son précieux gâteau. Et pour ça, elle était prête à faire des efforts et des concessions énormes puisqu’elle proposait à ce « président » de lui proposait de partager son gâteau afin d’étouffer un peu toute cette fâcheuse histoire. Personne ne lui avait dit qu’elle n’avait pas le droit de venir ici après tout, comment était-elle supposée le savoir ?

Et le visage très sérieux de la sportive laissa place à la surprise puisque son vis-à-vis explosa soudain de rire. Quoi ? Elle avait dit quelque chose de drôle ? Elle avait un truc dans les dents ? Alors qu’elle baissait la tête le temps de passer sa langue sur ses dents au cas où, son interlocuteur lui lança qu’elle était vraiment drôle et surtout qu’il lui rendait son gâteau. Vraiment ? C’était pour de vrai ? Emi afficha un sourire radieux en récupérant sa boîte à gâteau, la câlinant avec sa joue, alors que le jeune homme s’avançait vers le grillage.

« Tu sais, c’est pas n’importe quel gâteau ! C’est un super fraisier qui vient de la meilleure pâtisserie de la ville ! Enfin, c’est ce qu’on m’a dit au magasin… Je ne connais pas encore toutes les pâtisseries d’ici donc je suis dans l’obligation de toutes les essayer pour pouvoir élire la meilleure ! Tu es sûr que tu n’en veux pas un morceau ? Je suis sûre que rien qu’en mangeant la fraise du dessus tu pourrais être à mes pieds ! »

Emi était convaincue de ce qu’elle disait. Du moins, si jamais on essayait de la corrompre avec un petit gâteau, elle savait bien qu’elle ne pourrait pas y résister donc elle supposait que c’était sans doute la même chose pour les autres. En attendant, la sportive ne savait pas trop si elle devait partir ou non, réponse qui lui fut donnée par l’inconnu qui s’était laisser glisser le long du grillage pour s’assoir, tapotant le sol pour lui faire signe qu’elle pouvait faire de même. À ses mots, elle agita sa main de libre.

« Oh là non, pas du tout ! Je suis loin d’être populaire et d’avoir peur de croiser le regard des gens ! Bon, par contre, la dernière description me correspondrait peut-être un peu plus… Je suis sans doute très gourmande, mais j’assume pleinement ! C’est la première fois que je viens ici, je m’étais simplement dit que ça pourrait être l’endroit idéal pour profiter du beau temps après une journée intensive à faire du sport. La détente après s’être dépensé, y’a que ça de vrai ! »

Emi prit place à côté de l’inconnu et lui proposa la fameuse fraise qui reposait sur le dessus de son gâteau. Même s’il n’était pas friand du sucre, il n’était quand même pas allergique aux fraises non ? Elle commença à croquer dedans, s’en mettant plein autour de la bouche, la première bouchée lui faisant afficher une mine satisfaite, comme si le nirvana n’était plus si loin. Avalant ce qu’elle avait dans la bouche, elle attrapa la petite serviette de sa boîte pour s’essuyer les lèvres avant de reprendre la parole. S’il lui avait proposé de s’assoir, c’était bien que sa présence ne le dérangeait pas non ?

« Au fait, je m’appelle Emi et toi Mr le faux Président du conseil des élèves ? Tu ne t’es jamais fait attraper à venir ici depuis tout ce temps ? Et si tu viens pendant les clubs, c’est que tu ne veux pas y aller ? Tu fais partie de quels clubs ? »

Se rendant compte qu’elle avait peut-être posé une question indiscrète, elle s’empressa de s’excuser.

« Ah ! Mais tu n’es pas obligé de répondre si c’est trop indiscret ! Je ne suis pas du genre curieuse au point de me mêler de ce qui ne me regarde pas ! Du coup, pour que ce soit donnant-donnant, moi je fais partie du club de cuisine de et basket, mais je t’avoue que j’aimerais vraiment qu’il y ait un club de football, ça me manque énormément de pas en faire en club. »

Voilà, Emi s’était un peu livrée afin de montrer à son interlocuteur qu’elle n’était pas là juste pour lui soutirer des informations par pure curiosité mais qu’elle était bien décidé à faire connaissance. C’était sans doute naïf de sa part, mais elle était comme ça.

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Sam 5 Nov 2016 - 16:04
S • Université - 3ième année
avatar
Messages : 768

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
S • Université - 3ième année
Ah, l'intuition féminine! Que pouvait faire Yoite contre ça? Absolument rien, c'était une des attaques les plus dures des femmes. Elles avaient comme un 6ième sens complètement flippant qui les rendaient aussi efficaces qu'un détecteur de mensonges! Sa mère était pareille, à l'époque. Ils ne s'entendaient pas bien tous les deux mais à chaque début de conversation qu'ils avaient partagé, elle avait su quand il mentait. Ça expliquait peut-être aussi pourquoi est-ce qu'il ne voulait plus la voir.
En attendant, et parce qu'il détestait perdre même si là le jeu était enfantin, Yoite ne lui donna pas raison. Il se contenta ... de ne rien dire. Son silence disait tout, cette fille en infraction avait déjà compris qu'il n'était effectivement pas le Président du conseil des élèves, inutile d'en rajouter. Ça avait été marrant!

Par la suite, alors qu'il abandonnait toute tentative d'être le plus gros méchant que la terre aie connue et qu'il rendait sa boîte chérie à sa partenaire, Yoite réalisa qu'il y avait comme du changement dans l'air. Positif, en plus. Cette fille n'était pas comme les autres, elle était particulièrement bavarde mais ça lui plaisait, elle n'avait pas peur de lui, ni peur de dire ce qu'elle pensait et encore moins peur d'être elle-même. A bas les attitudes parfaites pour plaire à un mec qui, de toute façon, ne la regardera jamais.
Alors qu'il s'asseyait près du grillage, Yoite esquissa un sourire. Un fraisier, hein. Bah voyons, rien que ça! Ça faisait des années qu'il ne s'était pas empiffré avec une pâtisserie, encore moins pour de grandes occasions comme un anniversaire. Ses pauvres amis préféraient la pizza et les bières plutôt que la tradition d'un gâteau affublé de bougies. Sa petite-sœur? Elle n'était plus si petite que ça et la demoiselle passait son anniversaire avec ses "amies" et non plus avec sa famille. Ils grandissaient, que voulez-vous.


"T'essayes encore de m'amadouer là? Donne-la moi ta fraise, on verra bien si je fais tout ce que tu veux après ça."

L'idée était amusante là aussi.
Yoite, dévoué corps et âme, à une nouvelle fille dans l'académie. Mauvais garde du corps car trop petit, curieux comme un pou, Yoite savait qu'il pourrait s'amuser à jouer ce rôle mais il aimait trop sa propre vie pour passer du temps à s'occuper de celle de quelqu'un d'autre. Il n'était même pas sûr qu'il accepterait de le faire pour sa sœur alors une inconnue ...

Quand elle vint s'asseoir à ses côtés, Yoite se permit de se relaxer. A nouveau, ce sentiment de bien-être comme s'ils se connaissaient depuis des années. Lui-même n'avait pas à se comporter différemment de d'habitude, elle semblait capable de faire face à toutes ses sauts d'humeur, ou ses remarques complètement farfelues. Il l'aimait bien.
D'ailleurs, il chopa la fraise qu'elle lui tendait et croqua dedans en laissant ses papilles lui chatouiller le fond des joues. Un vrai régal, y avait pas à dire! Ça lui aurait presque donné l'envie de succomber à toutes ses envies, de manger tout ce qu'il se refusait de manger en temps normal pour ne pas grossir bêtement et regretter juste après.


"Ah, t'es une sportive alors. On va sûrement se croiser dans quelques clubs bientôt mais en attendant ... on se verra ici, sur le toit. Notre petit rendez-vous secret d'amoureux. On pourra faire des bébés dans le coin, là."

Plus pour tester que pour blaguer.
Yoite adorait en faire trop, mais ne cherchait pas forcément à faire réagir les autres. C'était un peu comme simplement dire ce qu'il avait envie de dire en étant persuadé, assuré même, que personne n'allait se permettre de le juger. Un rire, une continuation de conversation, un blanc ... rien ne le dérangeait sauf un jugement. Chacun avait sa vie, ses pensées, ses envies. Fallait juste apprendre à composer avec ou se taire.

Le visage de sa camarade quand elle pu enfin manger son gâteau le laissa bouche bée pendant quelques secondes. C'était ça d'être heureux? Un visage ridiculement mignon qui donne envie de se mettre en mode bisounours? Les choses simples de la vie lui manquaient, lui qui ne prenait même plus plaisir à apprécier un rayon de soleil sur sa peau, ou l'air frais en début de matinée. Était-ce la société qui prenait le dessus sur son caractère pourtant affirmé? Ou était-il l'unique responsable de tout ça, en préférant profiter de la vie avec autre chose? C'était compliqué de réfléchir là-dessus en sachant qu'il n'aurait pas de réponse.

A nouveau, la bavarde se mit en marche mais cette fois, Yoite pu connaître son nom : Emi. Japonaise, certainement. Jamais entendu parler d'une Emi dans le coin, dommage. Et parce qu'elle semblait déjà mettre quelques limites entre eux, par pure politesse, Yoite s'empressa de les faire voler en éclat. Il aimait la relation qui naissait entre eux, sans tabou, sans gêne et pourtant sans lien.


"Yoite, enchanté Emi. Et soit curieuse, j'adore ça, je suis curieux moi aussi. Je suis dans les clubs de natation, danse et basket mais pas en ce moment car oui ... comme tu l'as remarqué, j'y vais pas là. J'ai eu 2 mois d'arrêt sportif après qu'on m'ait cassé la figure, je dois me reposer le plus possible et ce toit est juste parfait. Calme, bien exposé et interdit."

Tout de même, il avait fait un sacré effort là.
Certains seraient fiers de lui. A personne il n'avait avoué qu'on lui avait cassé la figure, personne. Mais là, comme ça, un peu sur un coup de tête, il l'avait dit à une Emi inconnue à qui il n'était pas sûr de reparler un jour. Était-ce un risque? Oui car elle était bavarde et sans méchanceté, elle pouvait le dire à tout le monde mais ... franchement, ça faisait plus d'1 mois que c'était arrivé, les gens s'étaient déjà faits leur propre pronostic sur la cause de tout ça et ses bleus avaient déjà faits le tour de l'académie. Ce n'était plus si important, surtout qu'il avait gardé pour lui la raison de cette agression.


"Du foot? C'est pas sexy une fille qui fait du foot. Concentre-toi davantage sur le club de cuisine et vient me nourrir tous les jours après les clubs avec tes bons gâteaux. Dans 3 semaines, on pourra se chamailler au club de basket, je serais sûrement apte.

Inutile de lui préciser qu'il avait déjà pensé à quitter le club de basket, en partie à cause de l'inscription de Kim le beau gosse qu'il ne pouvait pas blairer. C'était particulièrement dur de faire un sport d'équipe avec un mec avec qui le courant passe pas du tout. Si Yoite pouvait faire des efforts, il n'avait pas l'envie d'en faire avec ce type alors il profitait qu'Ethan soit son ami pour se permettre de ne pas y aller très souvent. Là, son agression était presque du pain béni.
Mais l'arrivée d'Emi pouvait tout changer, la seule fille en plus. Ça risquait d'être amusant, vu son caractère.

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Lun 14 Nov 2016 - 18:13
C • Université - 2ième année
avatar
Messages : 587

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
C • Université - 2ième année
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
feat. Yoite Unden
dialogue en gras
pensées en italique
Toi, moi, et mon petit gâteau !
L’inconnu ne prit pas la peine de démentir les accusations d’Emi sur sa véritable identité, silence que la jeune femme interpréta comme une affirmation. Elle avait dont eu raison ! Elle ne savait pas si c’était vraiment de l’intuition féminine, mais au moins, elle savait la vérité à présent ! En tout cas, la sportive était vraiment ravie d’avoir retrouvé sa précieuse boîte contenant un fraisier qui la faisait saliver rien qu’en le regardant. Cet inconnu n’était sans doute pas un mauvais bougre malgré sa petite blague, sinon, il ne lui aurait pas rendu son gâteau non ? Et puis, de toute façon, Emi avait la fâcheuse tendance d’être un peu trop naïve et de voir le bon partout. En tout cas, elle refusait de croire qu’il ne pourrait pas céder à la tentation de goûter un peu de son fraisier. Quel estomac pouvait bien résister à ça ? La sportive lâcha un petit rire qui se voulait faussement machiavélique quand le garçon lui lança de lui donner sa fraise. Haha ! Il avait cédé ! Emi s’assit à côté de son interlocuteur, ouvrit la boîte et lui tendit la fameuse fraise qui ornait sa pâtisserie.

« Tu vois ! Tu disais juste avant que les jeunes d’aujourd’hui ne pouvaient pas s’acheter avec des gâteaux, mais tu viens d’en accepter un bout ! Le pouvoir du sucre est le plus grand ! Tiens, goûte, tu verras que j’avais raison en vantant les mérites de cette pâtisserie ! Par contre, savoure bien cette fraise parce que je ne t’en donnerai pas plus pour cette fois ! »

Emi avait faim, il ne fallait pas l’oublier ! Elle avait beau avoir le cœur sur la main, quand on parlait de nourriture, elle savait se montrer un peu plus égoïste. Alors que la sportive prenait son gâteau dans sa main et ouvrait la bouche pour en manger un morceau, elle le fit subitement tomber dans sa boîte en entendant les paroles de son voisin. Euh… Hein ? Quoi ? Elle le regarda avec de grands yeux ronds, la bouche ouverte et la main vide, qui était toujours placée comme si elle tenait encore le gâteau.

« Des-des bébés ? Mais ?! Enfin ! Je veux bien qu’on se retrouve ici pour des rendez-vous secrets et pour manger des gâteaux, mais c’est tout ! C’est que je ne sais même pas comment tu t’appelles en plus ! »

La jeune femme avait accompagné ses paroles en appuyant sur le front de son interlocuteur à plusieurs reprises avec son index. Emi était très surprise, mais n’était pas vraiment gênée en fin de compte. Elle qui n’avait jamais eu de petit-ami, même s’il lui était arrivé d’être tombée amoureuse, ne savait même pas comment elle serait censée se comporter en étant en couple avec quelqu’un. Non pas que Yoite n’était pas attirant, mais la sportive n’était pas comme les filles de shojos à tomber amoureuse au premier regard. Elle aimait apprendre à connaître les gens et passer du temps avec eux pour s’amuser. Elle savait bien sûr ce qu’impliquait le fait de « faire des bébés », mais elle était bien trop novice en la matière et avait peut-être un poil trop peu confiance en elle pour prendre véritablement les paroles de son voisin au pied de la lettre. Il devait sûrement la faire marcher hein ? Enfin, si ce n’était pas le cas, Emi ne saurait sans doute plus trop comment réagit ! Secouant la tête pour passer à autre chose, elle reporta son attention sur son gâteau, tombé à l’envers dans sa boîte. Quand elle le prit en bouche, un air affreusement mignon de satisfaction s’afficha sur son visage. Quel délice ! Entre deux bouchées, la sportive entreprit de se présenter, posant également quelques questions à son voisin pour faire un peu plus connaissance.

« Enchanté aussi Yoite ! Ah ! Tu fais partie du club de basket toi aussi, c’est super ! Comme ça, on pourra se voir là-bas en plus de nos rendez-vous secrets sur le toit ! Toi aussi tu es un sportif du coup si tu fais trois sports en club ! Je fais un peu de natation, mais je crois que je suis plus douée sur un terrain que dans l’eau… Et la danse, je crois qu’il ne vaudrait mieux pas que je fasse une démonstration, je suis sûre qu’on pourrait interpréter ça comme une espèce de danse de la pluie sinon… Rhaaaa, je me demande bien ce que tu as pu faire pour qu’on en arrive au point de vouloir te casser la figure ! Est-ce que tu as fait une mauvaise blague à quelqu’un qui faisait du karaté ou du kendo ? Tu devrais faire plus attention à toi ! »

La bienveillance d’Emi était sans pareille. Si ça se trouve, il avait été exécrable avec quelqu’un et avait vraiment mérité cette rouste qu’il avait subie, mais la sportive ne voulait pas le croire. Ça lui faisait plaisir qu’il lui parle de choses personnelles, mais elle ne pouvait décemment pas lui demander des détails, ça le mettrait sûrement dans l’embarras et là, pour le coup, ça ne la regardait vraiment pas. Quand Yoite reprit la parole, la sportive gonfla ses joues en affichant une moue encore une fois terriblement mignonne, même si pour le coup, absolument pas sexy, la crème qu’elle avait à côté de ses lèvres aidant pas mal.

« Je m’en moque d’être sexy moi ! J’aime le foot plus que tout le reste alors je me moque bien de ce que les autres peuvent penser du moment que moi, je prends du plaisir à faire ce que je fais. Enfin, je ne sais pas si je préfère vraiment le foot à tout le reste parce que j’aime quand même beaucoup les pâtisseries, et mes parents aussi forcément… Mais tu as raison ! Je vais quand même essayer de bien me concentrer sur le club de cuisine pour être une super cordon bleu ! Ma mère va encore me dire que je ne ferai jamais une épouse idéale tant que je ne m’habillerai pas de façon plus féminine, même si je sais cuisiner, mais ce n’est pas grave ! Il faut que tu me dises ce que tu aimes manger pour que j’essaie d’apprendre des recettes là-bas ! »

Emi était vraiment une bonne poire. Un inconnu lui demandait de lui préparer à manger et elle acceptait aussitôt sans se poser de questions. Tout ce qui importait, c’était que ça lui ferait plaisir de cuisiner pour quelqu’un d’autre.

« En tout cas, j’ai hâte de me confronter à toi quand tu iras mieux ! Tu verras, j’ai beau ne pas être sexy, je suis super forte en sport ! »

Emi avait serré le poing et son regard montrait toute sa détermination. Elle n’avait pas encore remarqué qu’elle était l’unique fille de ce club, s’étant dit les autres fois que les membres féminins étaient sans doute absents pour de bonnes raisons. De toute façon, elle s’entendait mieux avec les garçons et parvenait à se surpasser davantage avec eux puisque la plupart du temps, on ne la croyait pas capable de rivaliser avec des sportifs masculins. La jeune femme adorait démentir leurs idées préconçues !

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Sam 3 Déc 2016 - 15:45
S • Université - 3ième année
avatar
Messages : 768

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
S • Université - 3ième année
Alors qu'il acceptait (et dévorait!) la fraise donnée par Emi, humble cadeau de rencontre, Yoite l'entendit argumenter qu'il avait cédé à cause du pouvoir du sucre. Yoite se mit alors à ricaner. Franchement, non ça n'avait rien à voir. C'était plus l'expression du visage de sa partenaire qui l'avait fait craquer, ces petits yeux tout tristes s'il avait dit "non, c'est dégueu!". Ayant été à la limite de faire partie des "maigres" de l'académie y avait de ça 2 ans, Yoite n'était pas gourmand et c'était improbable de l'acheter avec de la nourriture. Même son plat favori ne pourrait pas le faire craquer, il mettait en tête de liste sa ligne et l'image que renvoyait son corps. Il s'aimait énormément et voulait que les autres l'envient, ce qui était devenu un peu plus le cas depuis qu'il avait adopté les abdos. Lui-même s'en trouvait super fier!

"Dévore-le, tu l'as mérité. Et je voudrais pas que tu fasses un malaise sur mon toit."

Certes, Yoite n'était pas un as en matière de premiers soins mais il connaissait les règles principales. Et devoir prévenir quelqu'un alors qu'ils se trouvaient tous les deux dans un lieu interdit risquerait de leur apporter plus de problèmes qu'autre chose. Franchement il espérait réellement que cet endroit, au moins pour les 3 semaines à venir, allait rester leur petit secret, qu'Emi allait être discrète si elle décidait de revenir ici. Sa présence ne le dérangeait pas même s'il savait que le calme pour lequel il avait choisi le toit n'était désormais plus qu'un rêve.
Mais ça lui allait car elle était réellement amusante. Sa réaction au mot "bébés" donna à Yoite une expression d'ahuri complet pendant deux secondes. Son gâteau! Sa belle part de fraisier était retombée dans sa boîte comme si un ovni venait d'apparaître dans le ciel. La tête d'Emi valait tout l'or du monde. Yoite ferma les yeux en riant quand elle lui appuya sur le front avec son index comme pour mieux le sermonner ou le faire revenir sur terre. Les contacts des autres vers lui étaient rares aussi, tiens. Point positif pour Emi qui n'hésitait pas, là encore, à oublier les habituelles barrières japonaises.


"T'as pas besoin de savoir mon nom pour faire un bébé! Allez, juste un quoi!"

Mais Emi semblait catégorique, ce qui le faisait encore plus rire.
En soit, avoir un enfant n'était pas la sainte horreur de Yoite. Il les adorait ces bouts de choux qui étaient capables de vous dire "Monsieur? T'es moche." avec le plus beau des sourires. Il appréciait leur franchise enfantine, leur naïveté et surtout leurs moments de tendresse absolue. Un petit bout qui court vers vous pour vous sauter dans les bras, qui vous regarde comme si vous étiez le dieu de l'univers. Il les adorait et c'était pour ça qu'il voulait finir professeur en maternelle. A cet âge-là, ils apprenaient tout et il n'avait aucun risque qu'on le traite de pédophile simplement parce qu'il était gay.

Yoite, un sportif? Oui ... et non. Ses inscriptions dans les différents clubs tendaient à pencher vers le oui mais c'était bien le seul point. La natation, c'était une passion mais les compétitions c'étaient pas trop son truc. Il adorait simplement nager, s'exténuer à la tâche et se sentir vivant. Le basket, ça n'avait été que pour rencontrer Ethan à la base et il était resté pour son ami et à l'époque, pour se muscler. Quant à la danse, c'était hyper récent et il n'était pas spécialement doué.
Alors non, il n'était pas sportif. Juste réellement pas intéressé par autre chose. Photographier des trucs? Non. Peindre des scènes? Non. Préparer des plats? Non plus. Il adorait mettre les pieds sous la table tant qu'il en avait encore l'occasion.


"Tu jugeras par toi-même si je suis sportif ou non mais je suis sûr que tu changeras d'avis. Et on m'a cassé la figure parce que je suis trop beau, c'est tout. La jalousie, j'arrive pas à empêcher les autres de vouloir être comme moi. C'est dur, tu sais mais promis je ferais gaffe."

Évidemment, Yoite disait ça avec le grand des sérieux.
Même s'il restait persuadé qu'Emi n'allait pas tomber dans le panneau (mais on sait jamais après tout!), il n'empêchait qu'il le pensait un peu de temps en temps. Il se trouvait beau, il aimait son visage quand il se regardait dans la glace et ses potes n'arrêtaient pas de l'appeler "le minet". Il ne plaisait pas à tout le monde mais n'ayant jamais eu de mal à trouver de conquête, il se sentait certain d'être quand même pas trop mal. Après, il n'avait heureusement jamais été frappé pour ça. Ce serait un comble!

Yoite opta à nouveau pour un sourire quand Emi fit la moue une fois qu'il l'ait "accusée" de ne pas être sexy. De son index, il poka ses joues gonflées et resta silencieux sur la crème qu'elle avait autour des lèvres. Une vraie gamine face à un vrai gamin. Y avait fort à parier que s'ils devenaient amis, ils ne cesseraient de se faire de gentilles crasses rien que pour se marrer.
Oooooh! Mais oui! Maintenant qu'il y pensait, ce club de cuisine dont ils parlaient là, il était dirigé par son Sa-chan adoré. Peut-être qu'Emi allait pouvoir le maltraiter un peu.


"Personne n'est sexy en faisant du sport. On transpire, on est éventuellement tout rouge, la concentration nous donne des airs atroces ... Je viendrai peut-être te voir jouer au football un jour, histoire de te déconcentrer. Et Mimi, le président du club de cuisine est super sympa, il adore les câlins et est très ouvert! Tu pourras apprendre pleins de choses mais si vraiment tu veux une recette là tout de suite ... Mmh ... Ah! Fais-moi un beau bentô, j'en n'ai jamais eu."

Restait plus qu'à espérer qu'elle ne prononce pas le prénom "Yoite" devant Sa-chan sinon celui-ci allait encore venir le voir avec les gros yeux.
Le fait d'avoir ajouté "j'en n'ai jamais eu" en parlant des bentôs n'était pas voulu. Yoite avait un peu parlé trop vite sur ce coup-là et révélait que sa mère, personne habituellement qui cuisine pour ses enfants normalement, n'avait pas été à la hauteur pendant son enfance. Quant à son oncle, Yoite l'avait rencontré à un âge où les bentôs n'étaient plus nécessaires. Cette académie était super grande et offrait de très nombreux choix de plats pour les repas mais ils avaient aussi le droit de manger à l'extérieur et le rebelle ne s'en privait pas. Il n'aimait pas préparer à manger, ne savait pas faire de surcroît et considérait qu'il n'avait pas le temps. Même Sakura, sa sœur, était plus douée que lui en cuisine même si Kaji lui faisait régulièrement à manger.

Respirant doucement en posant la main sur son ventre là où sa côte fêlée le faisait encore souffrir, Yoite s'imagina devoir lutter sur le terrain de basket avec Emi. Il n'avait pas fait gaffe quand ils étaient tous deux debout mais ... est-ce qu'il était plus grand qu'elle? De toute façon, le basket ne l'ayant jamais vraiment intéressé même s'il avait fait de réels progrès, le match était joué d'avance. La demoiselle allait davantage s'amuser à lutter contre Ethan que contre lui.


"On lutterait davantage à un jeu de cartes qu'au basket si tu veux mon avis. Raaah j'ai la flemme de me lever là. Faudrait que je rentre, que j'aille chercher ma Princesse mais ..."

Se décalant un peu, Yoite finit par s'allonger sur le toit. La douleur étant moins forte dans cette position, il appréciait davantage le repos qu'on lui ordonnait de prendre même s'il sentait qu'il s'empâtait à ne plus sortir, courir ou faire le moindre effort. D'ailleurs, il s'était retrouvé près de l'hôtel où tout ça lui était arrivé l'autre jour et sincèrement, il avait eut la trouille de recroiser ses bourreaux. A l'hôpital, ils lui avaient posé pleins de questions auxquelles il n'avait pas répondu. Tant que le diagnostic n'était pas vital, il se refusait d'être une balance et il n'avait pas grand chose à dire de toute façon. A part un prénom sur 3 et des descriptions physiques, il n'avait rien eu le temps de mémoriser d'autre.

"Tu t'es fais des potes depuis ton arrivée ou quoi? Des goukons? Sinon on pourra sortir tous les deux, ça me changerait les idées."

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Mer 7 Déc 2016 - 12:36
C • Université - 2ième année
avatar
Messages : 587

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
C • Université - 2ième année
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
feat. Yoite Unden
dialogue en gras
pensées en italique
Toi, moi, et mon petit gâteau !
Emi fit une petite moue faussement contrariée quand Yoite se mit à ricaner après qu’elle lui ait dit qu’il n’avait pas pu s’empêcher de succomber à l’appel du sucre, mais un grand sourire vint bien vite illuminer à nouveau son visage quand il lui lança qu’elle pouvait manger son précieux gâteau. Enfin ! Depuis le temps qu’elle salivait à force de le regarder, la délivrance était proche et son estomac ne cessait de lui rappeler qu’il ne fallait pas qu’elle traîne davantage et se tordant légèrement pour réclamer son dû. Mais alors qu’elle s’apprêtait à enfin croquer dedans, les mots de son interlocuteur la surprirent tellement qu’elle en fit tomber sa belle part de fraisier dans la boîte en un magnifique « splotch ». Des bébés ? Alors qu’ils venaient tout juste de se rencontrer et qu’elle ne connaissait même pas son prénom ? Emi était vraiment abasourdie et avait fini par baragouiner un sermon tout en appuyant son index sur le front de l’inconnu qui insista. La sportive, dont l’expérience amoureuse était toujours au niveau 0, était complètement désemparée.

« O-oui c’est sûr que ce n’est pas obligatoire mais… Mais c’est le genre de chose qu’il faut faire avec quelqu’un qu’on aime sincèrement ! Non ? Je veux bien croire que le coup de foudre existe, mais c’est bien trop soudain et OH ! Mon gâteau ! »

Emi se rendit soudainement compte de la chute de son gâteau, changeant complètement de sujet par la même occasion. C’était que ça la mettait mal à l’aise de parler de ce genre de choses comme elle n’y connaissait absolument rien mis à part ce qu’elle avait pu lire dans les mangas ou voir à la télé. Enfin, il fallait dire que les shojo à l’eau de rose n’étaient pas forcément une vision réaliste de l’amour. En tout cas, la sportive avait été directe sans vraiment le vouloir, faisant comprendre à Yoite qu’elle n’était pas intéressée par le fait d’être plus intime avec lui parce qu’elle ne ressentait rien pour lui qui la ferait aller dans ce sens. Ce n’était pas après quelques mots échangés qu’elle pouvait prétendre aimer quelqu’un. Tout ce qu’elle savait pour le moment c’était qu’elle passait un bon moment avec lui et qu’ils s’entendaient plutôt bien. Il lui en fallait plus pour tomber amoureuse ! Se changeant les idées en savourant enfin son délicieux gâteau, Emi dut faire une pause pour répondre à son voisin.

« Ah oui ? Tu t’es inscrit dans tous ces clubs par dépit alors ? C’est dommage si c’est le cas, mais c’est vrai qu’étrangement, je ne te vois pas trop dans le club de cuisine avec un tablier autour de la taille, même si ça serait plutôt rigolo de te voir avec un fouet dans une main et un saladier dans l’autre ! Vraiment ? C’est vrai que tu es loin d’être repoussant, mais il y a vraiment des gens qui font ce genre de choses ? Surtout que le physique ne fait pas tout… »

Emi était un peu sceptique face à cette révélation sur l’origine de tous ces bleus, mais naïve qu’elle était, elle se disait que ça pouvait parfaitement être une raison pour passer quelqu’un à tabac. Une raison complètement stupide, mais les gens ne pensaient pas tous pareil et avaient tous des priorités différentes. Des gens au physique impeccable pouvaient très bien se révéler être de parfaites ordures et selon la demoiselle, il valait mieux être un peu moins gâté par la nature mais être une bonne personne au fond de soi. Reprenant une bouchée, se mettant plein de crème autour de la bouche, Emi fit de nouveau une moue faussement contrarié quand Yoite lui lança qu’une fille qui faisait du foot, ce n’était pas sexy, lui pokant ensuite les joues avec un sourire.

« Oui c’est vrai que c’est pas la meilleure manière de paraître sexy quand on fait du sport, mais rien n’est plus beau que de voir quelqu’un vraiment passionné par ce qu’il fait ! Il y avait un garçon dans mon lycée, il était super doué en foot et on sentait dans chacun de ses gestes qu’il se donnait toujours à fond, pas seulement pour lui, mais aussi pour son équipe, c’était vraiment passionnant de le regarder jouer ! »

Emi s’arrêta subitement. Qu’est-ce qu’elle racontait encore ? Elle venait de parler à un garçon tout juste rencontré de son premier et seul amour, amour qui n’avait pas été réciproque. Elle repensa alors aussitôt à la suite des paroles de Yoite pour changer à nouveau de sujet, se doutant au fond d’elle qu’il n’allait malgré tout pas laisser passer une occasion de la taquiner à propos de ce qu’elle venait de dire.

« Vraiment ? Il s’appelle Kyôsuke Sasori, c’est ça ? Tu le connais bien ? Je ne sais pas si je pourrais lui faire des câlins comme ça, mais c’est vraiment cool s’il est si ouvert, ça sera plus simple d’apprendre de nouvelles choses ! Un bentô hein… Aucun problème ! Tu verras, je te ferai le meilleur des bentô ! Peut-être pas dès demain, parce que je vais devoir m’entraîner un peu avant, mais d’ici une semaine, je t’en amènerai un ! J’espère que le président ou que quelqu’un d’autre voudra bien me montrer, je n’en ai encore jamais fait et je ne sais pas trop comment faire. »

Emi était en pleine réflexion, essayant de s’imaginer à quoi pouvait bien ressembler un bentô. Elle avait préféré ne pas relever le fait que Yoite n’ait jamais eu de bentô, ne voulant pas s’enfoncer dans une conversation qui pourrait être douloureuse pour son camarade. Et puis, mine de rien, elle avait elle-même avoué indirectement, que sa mère n’avait jamais été présente pour lui apprendre à faire à manger. Son père avait dû se débrouiller seul des années, mais il fallait avouer que c’était plus souvent des plats préparés pris au restaurant que les deux Kuroda mangeaient en tête à tête, son père préférant lui apprendre à jouer au foot plutôt que de faire la cuisine.

« Aux cartes ? Je crois que j’en ai un dans ma chambre, tu voudras que je le ramène la prochaine fois ? Je te préviens, autant je me débrouille en sport, autant je ne suis pas très douée aux cartes. Je ne sais jouer qu’à la bataille alors… Tu n’auras qu’à m’apprendre d’autres jeux ! Ta Princesse ? Tu parles de ta petite-amie ? »

Emi le regardait, curieuse de savoir si cette fameuse Princesse était bien sa petite-amie. C’était un surnom qu’on pouvait donner à la personne qu’on aimait non ? La sportive regarda son voisin s’allonger, puis reporta son attention sur la dernière bouchée de gâteau qu’elle engouffra avec une petite larme à l’œil. Elle attrapa une serviette pour s’essuyer la bouche, lâchant un petit soupir de satisfaction en s’adossant encore un peu plus contre le grillage.

« J’ai un peu parlé avec les gens de ma classe oui, et avec quelques personnes dans mes différents clubs, mais je ne sais pas si on peut vraiment dire que ce sont mes amis. Personne ne m’a encore proposé de faire quelque chose avec moi après les cours, on ne fait que discuter un peu quand on se voit, mais c’est tout. Il faut dire que comme je rentre chez mes parents tous les week-ends, ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour retrouver des gens en dehors de l’Académie. Et euh… Des goukons ? C’est quoi des goukons ? Ça se mange ? En tout cas, je serais ravie de passer du temps avec toi en ville ! Tu pourras me la faire découvrir comme ça ! »

Emi la grande inexpérimentée de nouveau en action !

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Sam 17 Déc 2016 - 15:10
S • Université - 3ième année
avatar
Messages : 768

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
S • Université - 3ième année
Alors là, il était tombé sur une perle. Est-ce qu'elle croyait réellement que Yoite voulait faire un bébé avec elle, là tout de suite, sur ce toit pas forcément propre, et dans son état où simplement respirer était déjà douloureux? Ahah, la belle brune semblait prête à sauter du toit s'il le lui demandait, toute naïve. Il allait devoir se charger de son éducation d'étudiante, lui faire ouvrir les yeux sur le côté moins bisounours du monde dans lequel elle venait d'entrer. Lui, il avait dit ça en blaguant et grossièrement en penchant sur les bébés mais il aurait pu être moins direct et simplement lui demander de coucher avec lui et ... ça aurait pu être tout de suite beaucoup plus vrai. Emi devait apprendre à déceler le vrai du faux!

"Tu veux pas de moi? ... Ahah, t'inquiète. Je blaguais Emiiiii! Faut pas croire tout ce que je te dis sinon tu vas devenir cinglée! Va falloir qu'on traîne plus souvent ensemble tous les deux, t'es trop naïve, je vais m'inquiéter si je te laisse te débrouiller toute seule."

C'était vrai, sans l'être.
Yoite avait beaucoup de mal à porter de l'attention à d'autres personnes que lui-même. Il ne se vantait pas sans arrêt de sa beauté ou autre mais pensait souvent d'abord à lui avant les autres. Même ses amis ne rentraient pas dans la catégorie des choses à surveiller. Il était comme ça, un peu à l'ouest et pas méchant mais pas vraiment présent dans les moments utiles. Alors s'inquiéter pour Emi? Non, peu de chance sauf s'il assistait à une scène quelques jours/semaines/mois plus tard qui lui ferait repenser qu'effectivement il avait dit ça. Il était un homme très occupé.

La discussion sur les clubs lui changeaient les idées. Parler des différentes possibilités auquel Yoite n'avait même pas pensé lui faisait entrevoir un autre avenir. Lui, un tablier autour de la taille, un fouet dans la main ...?


"C'est pas ce genre de fouet-là que j'utilise d'habitude." ajouta-t-il en se voyant déjà fouetter un amant avec un fouet typé sadomaso.
A nouveau, c'était un mensonge. Il haïssait la douleur et la violence même destinées aux autres. Prendre du plaisir en fouettant quelqu'un? Impossible, ça risquait de le faire paniquer et fuir. Ok, il n'avait jamais essayé et dire "je déteste ce genre de trucs" revenait à dire "j'aime pas les tomates" sans en avoir jamais mangé mais le rebelle savait ce qui l'excitait, ce qui lui plaisait et ça s'éloignait grandement de ces choses-là. En plus, Emi allait encore partir sur une imagination débordante (et fausse) alors valait mieux stopper maintenant. D'un commun accord avec lui-même, Yoi décida de ne pas renchérir non plus sur la raison de ses bleus. Inutile.

Et son intérêt fut piqué à vif, comme un 37ième sens, une mèche de cheveux qui se dresse pour vous confirmer qu'il y a un bon sujet à exploiter juste là, sous vos yeux.


"Un garçon de ton lycée, hein. Tu t'en souviens encore parce que ...? C'est lui qui t'a donné envie de faire du foot? Son prénom? Parle m'en plus, allez. Je sens que tu as davantage de choses à dire là-dessus!"

Pousser, encore et encore.
Ça avait le don d'énerver les gens, de les pousser dans leurs retranchements, de les faire se fermer comme une huître et ça confortait Yoite dans son idée qu'il avait visé juste. Les choses sans intérêt, sans lien personnel, se révélaient sans même y penser, sans rien chercher à cacher. Là, si Emi commençait à vouloir prendre le large alors c'était qu'il y avait quelque chose!
De son côté, il ne risquait rien. Il n'avait jamais été amoureux et même s'il avait été pendant 1 an en couple avec un mec, aucun sentiment particulier ne s'était développé alors si la jolie brune voulait d'abord lui poser des questions avant de devoir se dévoiler à son tour, il était prêt à lui raconter son histoire. Sa petite histoire sans intérêt qu'il regrettait presque d'avoir vécu tant elle lui avait fait perdre son temps.

Ah.
Là, ils venaient de se trouver un point commun des plus tristes. Pas de bentô pour Emi non plus durant son enfance. Est-ce qu'elle avait aussi des problèmes avec sa mère? Est-ce qu'elle avait encore une mère d'ailleurs? C'était intéressant mais ... non. Yoite n'allait pas s'engager sur ce terrain car il était de très bonne humeur et il était hors de question que sa génitrice vienne s'incruster dans leur rencontre. Jamais.


"Ouais, je le connais bien, on est amis. Copains de cheveux bleus! Et prends ton temps pour le bentô, c'est pas comme si j'étais à la rue."

Malgré toutes les bonnes choses que Yoite pensait de Kyôsuke, il ne se cessait de se remémorer cette gifle qu'il avait reçu de sa part il y a presque 1 an, cette dispute qui avait suivi et leur douloureuse réconciliation après 1 mois sans nouvelle. Il appréciait Sa-chan vraiment très fort mais il restait sur ses gardes avec lui car, malgré tout, il n'avait pas l'impression de le connaître suffisamment. Ils avaient enfin partagés des choses plus intimes, des éléments plus personnels de leur vie privée, mais tout était resté dans les grandes lignes. C'était un bon début mais du coup, il ne pouvait pas en dire davantage à Emi. Déjà parce qu'il en avait pas envie mais surtout parce qu'il n'était pas confiant sur les mots à choisir. Compliqué.

S'allongeant sur le toit par flemme et légère douleur mélangées, Yoite fixa le ciel bleu de Septembre alors qu'un petit vent frais se levait en cette fin de journée. Jouer aux cartes ... Ça faisait au moins 105 ans qu'il n'y avait pas joué et pourtant il adorait toujours ça et prenait tellement le tout à la légère qu'il n'était jamais mauvais perdant.


"A deux, on n'a pas trop de choix de jeux de toute façon. On se fera une petite bataille, allez. Et non, c'est ma petite sœur, Sakura. J'ai pas de petite-amie, je suis gay. Accessoirement, j'ai pas de petit-ami non plus."

C'était ça la rengaine de faire de faire de nouvelles rencontres, il fallait toujours en arriver à ce moment de révéler des secrets aussi personnels que gênants. Yoite n'avait pas honte de son homosexualité mais il savait par habitude que ça avait tendance à créer une ambiance différente quand il l'avouait à ses nouveaux "amis". Certaines personnes, les mecs en général, se sentaient tout de suite visés et prenaient leur distance. C'était ridicule. Emi allait pouvoir souffler un bon coup, ça mettait un terme à leur plan de fécondation!

A nouveau, la douleur s'accentua quand Yoite eut un fou rire, se tenant le ventre comme pour contenir sa petite souffrance passagère. Un goukon, ça se mange? Non mais, elle était sérieuse? Est-ce qu'il avait vraiment devant lui la seule japonaise qui ignorait ce qu'était un goukon? Elle n'en n'avait jamais fait? Jamais d'amis? Jamais de petits-amis? Son adolescence paraissait soudainement ennuyante au possible! Il était temps d'agir!
Se redressant en grimaçant malgré la joie qui se lisait dans ses yeux, Yoite essuya une petite larme qui perlait à son œil avant de poser ses deux mains sur les joues d'Emi pour bien capter son attention.


"T'es sûre d'être une japonaise, toi!? Un goukon, c'est une sortie entre amis pour faire des rencontres. Genre 4 filles et 4 mecs qui discutent entre eux et si le feeling passe, ça peut aller plus loin. Faut sortir de ta campagne! Et arrête de vouloir tout manger."

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Mar 7 Fév 2017 - 12:32
C • Université - 2ième année
avatar
Messages : 587

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
C • Université - 2ième année
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
feat. Yoite Unden
dialogue en gras
pensées en italique
Toi, moi, et mon petit gâteau !
C’est vrai qu’Emi avait encore énormément de choses à apprendre. Jusqu’à présent, elle avait toujours été couvée par ses parents, surtout par son père, et elle n’avait jamais vraiment poussé ses relations avec les autres. Elle avait bien eu quelques amis, mais elle n’avait pas vraiment gardé de contact avec eux depuis qu’elle était arrivée dans cette université. Ça ne l’avait pas gênée plus que ça parce qu’elle avait le don de s’entendre facilement avec les gens et qu’elle avait rapidement fait de nouvelles connaissances dans sa classe et dans ses clubs. Mais le résultat était qu’au final, elle était un peu comme une petite fille qui avait encore tout à découvrir du monde qui l’entourait. Surtout qu’elle avait tendance à être bien trop naïve et surtout elle n’arrivait pas à voir le mauvais chez les gens. Un véritable bisounours ! Du coup, elle avait vraiment cru que Yoite était sérieux en lui proposant de faire des bébés. Emi ouvrit de grands yeux et afficha une moue faussement contrariée.

« C’est pas un genre de blagues à faire ! Moi je croyais que t’étais sérieux et ça commençait à me mettre un peu mal à l’aise de devoir refuser alors que tu n’as pas l’air méchant du tout ! Enfin au moins, je me ferai plus avoir si jamais tu me reproposes de faire des bébés ! Et puis, je suis grande, je peux me débrouiller toute seule et dire aux gens que je ne veux pas faire de bébés avec eux ! »

Emi disait ça, mais il était certain qu’une personne un peu maline arriverait à faire ce qu’elle voulait d’elle. Heureusement que Yoite n’était pas ce genre de personnes ! Du moins, il fallait l’espérer pour la pauvre sportive !

« Ah oui ? Est-ce que tu fais du cheval aussi pour avoir l’habitude de tenir un autre fouet que celui pour faire de la pâtisserie ? J’ai toujours voulu faire de l’équitation, mais je ne suis pas sûre que les chevaux m’aiment bien, la seule fois où je suis montée sur un poney, il m’a fait tomber en se cabrant. Ça m’a un peu refroidie… »

Encore une fois, la jeune femme était complètement à côté de la plaque, mais en grande novice qu’elle était concernant les relations amoureuses et tout ce qui était lié au sexe, son esprit n’avait pas du tout pensé à ce genre de fouets ! Et sans le vouloir, la conversation dévia sur son premier et unique amour. Détournant les yeux et sentant ses joues se teinter malgré elle, elle essaya de baragouiner quelque chose pour répondre à Yoite.

« Oh non, non, il n’y a pas grand-chose à dire, c’était juste un garçon de mon lycée qui faisait du foot et qui était super doué, c’est tout, vraiment ! Enfin, si tu veux tout savoir, il s’appelle Hiro et je faisais déjà du foot avant de le connaître, mais on s’entendait bien et j’étais aussi une des seules filles à faire partie de ce club. Enfin… Voilà… C’est tout. »

Changer de sujet, il fallait changer de sujet ! Ça ne l’embêtait pas de raconter tout ça à Yoite, c’est juste que ça la rendait un peu triste d’y repenser. Elle qui n’avait été amoureuse qu’une seule fois, elle s’était faire éconduire en beauté alors qu’elle n’avait même pas eu l’occasion de déclarer sa flamme. Hiro avait beaucoup de succès et ne l’avait toujours vue que comme une amie, du coup, il avait trouvé ça normal de lui avouer qu’il avait une copine un beau jour. En tout cas, Emi se promit de cuisiner le meilleur des bentô à Yoite, du moins, le meilleur avec son niveau actuel, il ne fallait donc pas s’attendre à THE bentô ! Alors qu’ils parlaient de jouer aux cartes, le jeune homme avoua alors que cette Princesse n’était autre que Sakura, sa petite-sœur, ajoutant qu’il était gay et qu’il n’avait personne dans sa vie. Alors que n’importe quelle personne aurait pu avoir une certaine surprise à cette annonce, ce qui turlupinait surtout Emi, c’était sa blague concernant les bébés. Oui, elle était restée bloquée sur ça ! Elle fronça ses sourcils et poka à plusieurs reprises le nez du garçon.

« Alors c’était vraiment une blague nulle que tu m’as faite ! Et si j’avais été d’accord, hein ? Hein ?! Tu aurais finalement dit non alors que j’avais dit que j’étais d’accord ? J’aurais été super triste tu sais ! Enfin je crois… Mais on s’en moque, j’avais dit non de toute façon. Alors tu as une petite-sœur ? Ça doit vraiment être chouette… J’ai toujours voulu un frère ou une sœur, mais je suis fille unique. C’est toujours triste quand tu es petit parce que tu n’as personne avec qui jouer. Heureusement que mon père prenait toujours un peu de temps pour moi quand il arrivait à rentrer à la maison ! »

En tout cas, la révélation personnelle de Yoite concernant sa sexualité était passée comme une lettre à la Poste avec la jeune femme. Elle n’était absolument pas du genre à juger les gens sur des petits détails comme ça. Et suite aux paroles de la jeune femme concernant les goukon dont elle ignorait absolument tout, Yoite explosa de rire. La sportive le regarda avec un air un peu surpris. Bah ? C’était si drôle que ça comme question ? Le jeune homme riait tellement qu’il en pleurait. La sportive haussa les épaules et esquissa un petit sourire. Au moins, il avait l’air heureux, c’était le principal, même si c’était parce qu’il se moquait un peu d’elle. Et alors qu’elle allait lui demander ce qui le faisait autant rire, les mains de Yoite se plaquèrent sur ses joues alors qu’il se lançait dans l’explication de ce qu’était un goukon. Ah ! Oui, maintenant qu’il lui en parlait…

« Ah, c’était ça ! Mais ça ne veut pas dire que je vis à la campagne ou que je ne suis pas japonaise si je n’en ai jamais fait ! C’est juste qu’on ne m’a jamais proposé alors je ne pouvais pas savoir ce que c’était ! Et puis, si on fait des rencontres, on mange forcément quelque chose, c’est obligé ! Sinon, c’est nul comme rendez-vous ! Enfin, de toute façon, je doute vraiment qu’on veuille m’inviter à ce genre de rencontres. »

Emi afficha une moue un peu triste en disant ça. Elle se rabaissait, mais elle savait très bien ce que les gens pensaient d’elle. C’était un véritable garçon manqué qui n’accordait pas vraiment d’importance à son apparence physique. Elle avait toujours fait tâche à côté des filles de son âge toutes joliment maquillées et habillées de façon féminine. Elle n’avait jamais plu à aucun garçon non plus puisqu’on la voyait toujours comme une bonne copine. Alors qui voudrait l’inviter à ce genre de rencontres ?

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Lun 6 Mar 2017 - 14:45
S • Université - 3ième année
avatar
Messages : 768

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
S • Université - 3ième année
Emi avait raison, sur certains points en tout cas. Blaguer de "faire des bébés" avec une jeune fille n'était pas drôle. Yoite se savait homosexuel donc pour lui c'était forcément une blague mais Emi ne le connaissait pas du tout donc elle ignorait tout ça. En plus, Yoi avait beau faire officiellement partie du groupe des "I don't care", de ces gens qui se foutaient des règles, il se retrouvait parfois dans les tops des plus populaires du moment ou des mecs les plus suivis par les gonzesses de l'académie. Son homosexualité ne faisait pas un pli mais depuis qu'il avait été mis à jour -on ne sait comment- qu'il avait couché une fois avec une fille, l'espoir semblait être revenu dans le cœur de ses fans. Mais comme il aimait qu'on le regarde, qu'on crie son nom quand il passe, ou qu'on vienne le voir simplement pour qu'il esquisse un sourire, il ne disait rien contre tout ça. Il suivait le courant.

"Je m'excuserai pas, je suis vraiment un vilain garçon."

Plus que la vérité, cette phrase avait surtout pour but de faire ouvrir les yeux à Emi, de lui montrer que les apparences peuvaient être trompeuses parfois et qu'une personne gentille pouvait aussi se transformer en un monstre sans remord pour arriver à ses fins. Ils étaient tous de simples humains, faibles et jaloux.

Yoite, sur un cheval? Ou sur un poney? Ah ah ah.
Jamais il n'était monté sur ces bêtes-là et n'en n'avait pas l'intention. Déjà, il était persuadé que c'était tout sauf confortable et ne pas avoir le contrôle, être à la merci d'une bestiole pacifique ne l'intéressait pas trop. Il aimait garder les pieds sur terre et préférait nettement la complicité d'un chien que le coup de sabot d'un cheval fâché.
Cela dit, comment expliquer à Emi que non ... ce n'était pas non plus de ça qu'il parlait. Son imagination était débordante, Yoi était sûr que n'importe qui d'autre aurait vu l'allusion étrange dans sa remarque et aurait, au pire, changé de sujet. Elle ressemblait à sa sœur de 14 ans, certaine que le monde entier était rose et bon.


"Pas de cheval non plus, mais ... oublie, va. T'es trop jeune pour comprendre, je ne voudrais pas choquer ton esprit si pure."

Cette fois, c'était sa dernière tentative. Soit elle comprenait et décidait de cesser de parler de ça, soit elle bifurquait encore sur un sujet auquel il n'aurait jamais pensé et là ... adviendra que pourra.

Quand ils virèrent de bord pour aborder un sujet nettement plus sentimental, Yoite vit les joues d'Emi se colorer de rouge au fil des mots qu'elle prononçait. Ce Hiro restait gravé dans sa mémoire comme l'un de ses meilleurs souvenirs, à n'en pas douter. Comme lui avec Chika après tout, sauf qu'il n'était pas du genre à rougir et à montrer son ressenti. Les filles avaient ce côté mignon à être gênées pour quelque chose passé depuis des années, comme si les sentiments de l'époque étaient encore à fleur de peau. Ça les rendait adorables, faibles certes, mais vraiment mignonnes et sensibles.


"Alors il s'est rien passé entre vous deux? T'as réparé ton cœur brisé avec un autre mec?"

Ses doutes étaient énormes mais on ne sait jamais!
Mimi avait peut-être simplement abandonné tout espoir avec ce Hiro et succombé aux avances d'un ami avec moins d'intérêt mais toujours présent, qui ne risquait pas de lui faire du mal. C'était du déjà-vu, y a pas de mal à ça jusqu'à ce qu'on réalise que l'ami en question ne faisait, évidemment, pas l'affaire et qu'on perde le lien si précieux qu'il y avait avant.

Parler cuisine, famille et petit-ami n'allaient pas forcément ensemble et Yoite ne savait pas trop comment gérer autant de sujets différents en même temps. D'un seul coup, il avoua être homosexuel parce qu'il avait l'habitude de le dire, avoua aussi qu'il avait une petite-sœur mais dû surtout faire face aux doigts d'Emi qui semblait autant adorer les contacts que lui. Alors c'était donc ça l'effet que ça faisait d'être sans arrêt touché sans rien avoir demandé? Et encore, ce n'était pas des contacts "gênants", juste des frôlements, des touchés amicaux mais ça envahissaient totalement l'espace vital de quelqu'un. A croire qu'Emi était envoyée par le Dieu protecteur de Sa-chan pour lui faire comprendre ce qu'il avait enduré depuis plusieurs mois.


"Perso, je m'attendais pas à ce que tu me croies. T'étais censée rire à la blague, m'engueuler ou carrément t'en aller mais surtout pas réagir comme tu l'as fait. Alors arrête de m'appuyer sur le nez comme ça, tu vas le déformer!"

Petite inquiétude personnelle sur la beauté inégalée de son visage. Yoite aime Yoite.
En attendant, il disait ça avec le sourire, pas d'engueulade en vue ou de prise de distance. Rien que le fait qu'Emi n'ait même pas réagi à sa confession sexuelle valait tout l'or du monde, son monde était rose et pure mais elle semblait tout autoriser et n'avait pas grandi dans un moule aux frontières fermées. C'était tout à son honneur et ça allait sûrement lui permettre de pouvoir parler à n'importe qui, de se faire des tas d'amis qui allaient apprécier son honnêteté et son attrait pour tout ce que la planète avait à offrir.


"Les frères et sœur apportent aussi des inconvénients. Et j'ai 11 ans d'écart avec elle, donc jouer avec n'était pas possible. En fait, on a même de la chance de s'entendre aussi bien avec cette différence, je pourrais déjà avoir quitté la maison et ne jamais la voir. T'es proche de ton père? De tes parents?"

Fille unique, hein.
Mon dieu que sa vie aurait été atroce s'il avait été fils unique. Déjà, ne pas connaître ce lien d'amour fraternel avec sa sœur aurait été atroce mais surtout devoir dire "oui" et "amen" à toutes les attentes de ses parents l'aurait carrément achevé. Après tout, même seul enfant, son caractère de petit rebelle aurait été là, son homosexualité aussi alors ça aurait été vraiment dur à vivre. Sûrement aurait-il été viré de la maison, déshérité et renié peut-être même. Finalement, il n'avait pas à se plaindre ...

La suite fut plus joyeuse mais révéla une tristesse/jalousie sous-jacente un peu trop présente. Jamais de goukon pour Emi qui avait au moins 18 ans puisqu'elle était à l'université, c'était réellement un bien triste constat. Par contre, Yoite plissa les yeux en signe d'incompréhension. Pourquoi est-ce qu'elle n'aurait pas le droit d'y être invitée? Elle avait de si beaux yeux, un corps bien proportionné et beaucoup de discussion. Est-ce qu'il avait mal géré son explication en disant que c'était "uniquement" pour former des couples? Après tout, y avait pas que ça, on pouvait simplement y aller pour passer une bonne soirée, boire et rire en se faisant des amis. Yoite lui-même était souvent invité juste parce qu'il était très sociable et savait mettre l'ambiance. Emi pouvait faire pareil!
Enlevant ses mains de son visage en constatant qu'une petite moue s'y était installée en peu de temps, Yoite reprit son sérieux en même temps que la parole :


"Tu n'auras qu'à venir avec moi au prochain goukon auquel je participerais. Au moins tu verras ce que c'est! Tout le monde n'aime pas ça, tu pourrais même détester et parfois, on fait des rencontres tout simplement horribles mais tu peux aussi t'y faire des ami(e)s. Et crois-moi, t'es pas la seule à ne jamais en avoir fait, toutes les odds de l'université ne sont jamais invitées!" ajouta-il pour lui remonter le moral, en pensant à Ôsen.

Cette petite pouffe devait aussi ignorer ce que c'était, elle était tellement invisible et solitaire que personne n'avait dû pensé à elle pour ce genre de soirée. Au contraire, même! Elle risquait de gâcher l'ambiance avec son aura sombre et ses répliques à deux balles. Emi, elle, allait s'intégrer en un rien de temps, c'était vu d'avance, Yoite en était persuadé! Il était même pressé de la voir en faire sans lui, de la croiser dans l'académie entourée d'une bande d'ami(e)s sincères. Sa vie d'étudiante devait être un souvenir à chérir comme ce Hiro encore si important à son cœur. La vie d'adulte japonais était dure et stressante, alors c'était maintenant ou jamais qu'ils devaient en profiter, tant qu'ils avaient encore du temps de libre et peu de choses à gérer.

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 26 Oct 2017 - 12:25
C • Université - 2ième année
avatar
Messages : 587

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
C • Université - 2ième année
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
feat. Yoite Unden
dialogue en gras
pensées en italique
Toi, moi, et mon petit gâteau !
Yoite venait de lui faire une blague quand même assez limite en lui proposant de faire des bébés, mais nul doute qu’il s’était permis une telle blague parce qu’il avait cerné la personnalité de la jeune femme. Emi était naïve, sans doute trop pour son bien-être, et surtout, elle ne voyait jamais le mal nulle part. Là aussi, c’était assez dangereux pour elle, mais elle voulait croire que tout le monde était beau et gentil. Sans doute qu’un jour, quelqu’un s’amuserait de son caractère trop facilement manipulable et en profiterait pour lui arracher ses petites ailes d’ange pour les jeter au sol et la laisser devant la triste réalité : les gens ne sont pas tous bienveillants. Donc même après cette blague plus que douteuse qui aurait offusqué n’importe quelle autre fille, Emi se contenta de gonfler ses joues. Ça ne l’intéressait pas de faire des bébés et même si elle savait dans les grandes lignes comment il fallait faire, elle n’avait, pour le moment, encore jamais ressenti l’envie de sentir un corps nu contre le sien. Le sport et le sucre, y’avait que ça de vrai pour elle !

« T’as vraiment de la chance que je sois une fille super sympa quand même ! Sinon peut-être que je t’aurais giflé ? C’est comme ça que font les filles qui sont énervées contre un mec pas cool… Enfin, à choisir, je préfèrerai pincer super fort ton nez ou quelque chose du genre… Je crois. »

Emi n’avait jamais été une fan de la violence et même si elle était énervée ou fâchée contre quelqu’un (ce qui était rare et ne durait, de toute façon, jamais très longtemps), elle se contentait de bouder et de montrer son mécontentement sans jamais aller dans la démonstration physique. Elle n’avait jamais levé la main sur quiconque, ce n’était pas dans sa nature. Et elle n’allait très certainement pas gifler Yoite pour une blague qui n’avait pas marché sur elle. Trop jeune pour comprendre ? La sportive se mit à réfléchir, prenant un air vraiment très sérieux. Il n’y avait que les adultes qui disaient ce genre de choses et c’était principalement parce que le sujet concernait la politique, le monde du travail ou… Emi ouvrit grand la bouche, un peu choquée, mais aussi intriguée.

« A-Attends… Est-ce qu’il y a vraiment… Enfin… Tu fouettes des gens Yoite ? C’est super méchant ça ! Ça doit faire trop mal en plus ! Et… Et les gens aiment quand… NON ! Oublie ! Laisse tomber, je veux pas savoir ! C’est trop horrible ! »

Les joues d’Emi s’étaient à nouveau embrasées alors que son imagination débordante lui avait fait imaginer Yoite sur une autre personne en train de le fouetter, le tout en étant entièrement nu. Oui, non, l’image du cheval, c’était très bien ! La sportive secoua la tête et les mains pour essayer de chasser toutes ces images. C’était quoi ça ? Il était clairement en train de la dévergonder là ! Et le pire, c’était qu’il y arrivait rien qu’avec des mots ! Ses joues ne dérougirent pas alors qu’ils abordaient le sujet d’Hiro, son premier et seul amour, même si non réciproque.

« Que… Bien sûr qu’il s’est rien passé ! C-c’était juste un ami ! Et puis, de toute façon, il était déjà amoureux d’une autre fille alors… C’est pas comme si j’avais eu une chance. J’étais un peu triste, mais il n’y avait que lui que j’aimais, j’aurais jamais pu sortir avec un autre ! »

Et voilà, ce qu’elle ne voulait absolument pas dire venait de franchir ses lèvres. En s’en rendant compte, elle plaqua ses mains sur sa bouche, affreusement gênée. C’était la première fois qu’elle avouait à quelqu’un qu’elle avait été aussi amoureuse d’Hiro et peut-être même qu’au final, elle n’avait jamais réussi à tourner la page, préférant s’enfermer dans un amour impossible plutôt que d’envisager qu’il était possible qu’elle trouve un jour chaussure à son pied. Il était chiant ce Yoite en fait ! Il arrivait à lui faire dire tout ce qu’elle ne voulait pas dire ! Reprenant un minimum contenance, Emi se mit à gonfler une nouvelle fois les joues, continuant un instant à lui poker le nez avant d’arrêter en croisant les bras sous sa poitrine.

« C’est pas mon problème si t’as le nez déformé ! C’est ta punition pour avoir fait autant de blagues trop nulles ! Et… Est-ce que ça veut dire que j’ai mal réagi alors ? »

Emi était perdue dans ses réflexions, se frottant le menton pour imaginer les scénarios de Yoite. Elle n’avait pas pris la chose mal donc elle n’aurait pas pu se fâcher et partir. Elle n’avait pas trouvé ça très drôle parce qu’elle n’avait pas compris tout de suite, mais surtout, est-ce qu’elle ne l’avait pas un peu grondé en lui pokant le nez ? C’était sa manière à elle de lui dire qu’il ne fallait pas recommencer parce que ce n’était pas très sympa quand même.

« Je suis sûre que ça a plus d’avantages que d’inconvénients d’en avoir ! Ça fait une personne de plus à aimer très fort ! Mais c’est vrai qu’avec une grande différence c’est un peu compliqué, c’est plus toi qui a joué avec elle que le contraire du coup… En tout cas, ça serait vraiment triste si tu ne pouvais plus la voir… Tu vis chez tes parents avec elle alors ? Ça doit être trop bien de pouvoir se voir tous les jours à la fin de l’école et tout ! »

Elle avait rêvé tellement de fois d’avoir un petit frère ou une petite sœur quand elle était plus jeune… Rien que pour pouvoir s’amuser avec et surtout en prendre soin. Emi avait tellement d’amour à revendre qu’elle aurait vraiment adoré couvrir son ou sa cadette de tous ces sentiments, le ou la protégeant contre vents et marées. Elle ne put s’empêcher d’esquisser un petit sourire à la question concernant ses parents.

« Oui, je suis très proche de mon papa parce que ma maman était souvent absente à cause de son travail, donc je l’ai plus souvent eu avec moi pour jouer et tout ça qu’elle, mais je l’aime tout autant que mon papa ! Même si elle a la fâcheuse manie d’essayer de me faire porter tout plein de vêtements assez gênants… »

Sa mère ne supportait pas de la voir habillée en parfait garçon manqué ne mettant pas assez en valeur son si joli corps. Plusieurs fois, elle avait essayé de glisser des robes dans sa valise lorsqu’elle revenait à l’Académie après un week-end à la maison, mais elle ne pourrait jamais porter quelque chose d’aussi féminin, c’était trop gênant ! En sentant les mains de Yoite quitter son visage, Emi risqua un nouveau regard vers lui, esquissant finalement une petite moue gênée.

« T’es sûr ? Je voudrais pas le gâcher aussi ! Parce que je… bah je suis pas très à l’aise quand il faut parler avec des filles, je suis hum… plus habituée à parler avec des garçons, c’est moins compliqué. Avec les filles, il faut toujours réfléchir à comment bien tourner ses phrases pour ne pas les fâcher… Et si après je parle avec des garçons, ils vont croire que je veux sortir avec eux non ? »

Emi était vraiment à la ramasse, elle ne comprenait pas du tout comment ça pouvait se passer ces rendez-vous. Elle n’avait jamais fait de soirées entre amis, n’avait jamais touché à une goutte d’alcool… En fait, elle ne savait vraiment rien de ce qu’était la vie étudiante, elle était encore et toujours dans son petit cocon dans lequel ses parents l’avaient couvée.

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 16 Nov 2017 - 0:24
S • Université - 3ième année
avatar
Messages : 768

HnM
Un mot:
Voir le profil de l'utilisateur
S • Université - 3ième année
Oh que oui, Emi avait raison. Les filles giflaient quand elles étaient en colère, c'était beaucoup plus clair que des mots et ça marquait davantage aussi. De toute sa vie, jusque-là en tout cas, Yoite n'avait reçu que deux gifles et si celle de Kim était plus vu comme un retour de justice qu'une nécessité, celle de son père par contre l'avait grandement marqué. Elle avait été douloureuse et inattendue et Yoite avait aussitôt eu envie de pleurer. Il aimait son visage, il aimait son père et sa seule réaction face à cette brutalité soudaine avait été de chouiner, de crier "pourquoi" en hurlant partout qu'il allait quitter cette maison de merde, qu'il ne donnerait plus de nouvelles puisqu'il n'avait pas sa place ici, etc ... Puis au fil des secondes qui estompaient peu à peu la douleur sur sa joue, il avait saisi l'importance de ce geste, le sens caché derrière cette action que son père avait à demi regretté. Jamais il n'avait levé la main sur lui avant ça mais cette fois-ci, il s'était senti obligé de le faire comme pour le ramener sur terre. Et ça avait marché, ils avaient enfin parlé à cœur ouvert, rouvrant d'anciennes blessures mais libérant leurs cœurs de ressentiments présents depuis trop longtemps. Aujourd'hui, tout allait beaucoup mieux.
Alors oui, Yoite aimait les gifles, celles qui avaient du sens et non celles qui exprimaient la colère quand les mots trouvaient pas leur chemin. Il n'avait pas changé, il haïssait la violence et ce sûrement jusqu'à la fin de sa vie!


"Je préférerais aussi que tu me pinces, j'ai assez mal partout comme ça! Mais je le ferais plus, je te taquinais."

Elle réagissait tellement de manière inattendue aussi, qui n'en n'aurait pas profité? Yoite n'était pas gentil après tout, il vivait avec ses propres démons et là, l'offre avait été trop belle pour qu'il la refuse!
La suite était pareille en plus! S'il n'était plus question de faire des bébés, ils parlaient désormais de fouet et après de nombreuses vaines tentatives de lui faire entendre ce qu'il souhaitait, Yoite voyait enfin la victoire pointer le bout de son nez. Elle rougissait à profusion, y avait plus aucun doute sur le fait qu'elle avait saisi le fond de ses pensées. S'il continuait sur cette lancée, il allait réellement se prendre une gifle! Il devait cesser de la torturer comme ça car il appréciait sa compagnie, elle lui plaisait beaucoup cette Mimi! Alors il se contenta de rire sans rien rajouter, la regardant souffler et se cacher avec ses mains à force de ne plus savoir où se mettre. Ça devait être super chiant de rougir dans les moments de surprise ou de gêne, de laisser voir à n'importe qui qui passait par-là toutes les émotions qui traversaient votre corps. Un peu comme une atteinte à la vie privée si ce n'est que ça avait un très léger côté mignon quand même. Yoite savait qu'il lui fallait une émotion bien particulière pour le faire rougir et encore, il était loin d'en arriver à la couleur des joues de Mimi!

Au fil des conversations, des questions posées au bon moment et d'une facilité déconcertante à faire parler la jolie brune à ses côtés, Yoite apprenait pas mal de choses sur elle. Là, entre autre, il venait d'apprendre qu'elle avait été amoureuse de ce Hiro et à priori ... que de lui depuis toujours. C'était peut-être fini aujourd'hui mais son instinct lui disait que la jeune fille à ses côtés n'était pas encore devenue une femme. Elle s'était caché la bouche de ses mains comme choquée d'avoir dit ça tout haut mais y avait pas de honte. Enfin si, à un certain âge ça devenait humiliant mais c'était pas comme si Yoite allait se redresser, quitter le toit et dire à toutes les personnes qu'il croisait qu'Emi ne l'avait jamais fait. Déjà, c'était trop gamin même pour lui et puis il n'y gagnerait rien. Il le pensait vraiment, il l'appréciait cette fille et réaliser que personne ne l'avait aimé jusque-là était finalement triste!


"Je suis pas celui à qui tu dois te plaindre physiquement. Si tu me dis "je suis moche" alors je vais te dire "tu es moche". La beauté féminine, c'est un concept qui m'échappe. Un mec hétéro recherche pas la même chose chez une femme qu'un gay chez un homme. Mais ta personnalité par contre ... moi ça m'attire, tu es différente et j'aime. Joue là-dessus!"

Bien sûr, Yoite savait que la physique comptait énormément. Lui-même prenait beaucoup soin de lui car il aimait qu'on le regarde, qu'on le dévore des yeux. Après, les goûts de chacun restaient du domaine privé et si un couple de moches pouvait être heureux alors tant mieux! Il misait sur le physique mais la personnalité avait quelque chose de plus qui rendait le tout tellement mieux. La complicité, les souvenirs, les échanges ... C'était extrêmement important!

Et alors qu'ils se battaient sans violence pour qu'Emi cesse de lui appuyer sur le nez comme si c'était un klaxon, une question plutôt précise franchit ses lèvres et força Yoite à se stopper. Mal réagi? Non, elle n'avait pas mal réagi, il n'y avait pas de mauvaise réaction. Il y avait juste beaucoup d'autres scénarios bien plus faciles à imaginer que celui qu'elle avait choisi. Ça la rendait unique, ça déstabilisait aussi et ainsi, elle pouvait garder le contrôle de certaines situations. Yoite aimait ce qui était différent, ce qui sortait des clichés alors il n'allait sûrement pas lui dire qu'elle faisait rien comme les autres!


"Nan, pas mal. J'avais simplement pas pensé à cette réaction."

Il restait volontairement vaste, en espérant qu'elle allait se contenter de ça. La psychologie féminine, il s'y connaissait pas du tout non plus et tout le monde était d'accord là-dessus : les femmes étaient compliquées. Si Emi commençait à lui poser des questions existentielles, il serait obligé de mettre fin à ses jours pour avoir la paix!

Soupirant en levant la tête au ciel, le petit japonais eut une pensée pour sa Princesse chérie alors qu'ils discutaient famille. Certains souvenirs étaient douloureux et maintes fois il avait espéré n'avoir jamais eu de frère et sœur tant il avait été en colère mais alors qu'il grandissait, ces sentiments négatifs s'estompaient avec le temps et ne laissaient place qu'à un amour démesuré envers celle qui faisait battre son cœur. Son lien avait Kaji par contre ne comptait absolument pas, ils n'étaient pas proches et n'avait aucun point commun. Il restait son frère et l'aiderait si celui-ci avait besoin de lui un jour mais il n'entrerait pas dans sa vie et ne jugerait pas ses choix. Grossièrement, il pouvait dire qu'il s'en fichait.


"Ma famille n'est pas le meilleur exemple mais clairement, j'aurais pas aimé être fils unique. Je sais que toi t'as pas choisi et je sais pas comment se porte ta famille financièrement mais moi j'aurais été obligé d'écouter les souhaits de mes parents, de me marier avec une femme pour faire d'eux des grands-parents heureux, de prendre la relève de leur carrière, d'être super doué dans les études, de fréquenter que des gens biens ... Au fond, c'est l'inverse de ce que je suis aujourd'hui."

Et rien que pour ça, il remerciait Kaji d'avoir vu le jour! Ce petit-frère prétentieux et hautain lui permettait de mener la vie qu'il voulait même s'il avait, en même temps, perdu tout lien avec sa mère. Le sacrifice valait le coup, la génitrice était une peau de vache insensible, elle n'aurait rien eu à lui apprendre!
Il hocha la tête quand Emi lui demanda s'il vivait avec Sakura chez ses parents. Pour le moment, il ne prévoyait pas de quitter le cocon familial. C'était tendu mais y avait encore trop de points positifs pour qu'il prenne la poudre d'escampette. En plus, il était persuadé que son cher papa lui dirait "t'as qu'à bosser si tu veux payer un loyer" puisqu'il était dans l'optique que le petit rebelle profite du foyer familial jusqu'à la fin de ses études vu que l'académie était juste à côté. En soit, il avait raison, c'était comme jeter l'argent par les fenêtres et même s'ils avaient les moyens, c'était ridicule!

C'était amusant d'essayer de cerner les gens. S'il avait eut le temps de se pencher sur la question, Yoite aurait effectivement dit qu'Emi était plus proche de son père que de sa mère et ce, uniquement parce qu'elle était comme elle était aujourd'hui. Garçon manqué, un peu naïve mais forte et positive. Sakura prenait le même chemin qu'elle et passait beaucoup de temps avec leur père. Alors quoi, est-ce qu'il allait aussi devoir faire l'éducation de cette brunette?


"Par vêtements gênants, tu parles de strings et de bikinis? Car sinon, sache que c'est pas gênant mais sexy! Les femmes sont faites pour porter des shorts et des jupes, je trouve! Ça colle avec leur caractère, ça les rend plus fragiles, plus aptes à être protégées. Tu as des formes, faut les montrer!"

Et même s'il ne ferait pas partie de ceux qui regarderaient, Yoite croyait en son discours. La longueur des jambes de certaines femmes était tout simplement hors norme, c'était très attirant tout comme leurs poignets. S'il y avait bien une chose sur laquelle Yoite craquait, c'était les mains et les poignets. Fines, allongées, bronzées, entretenues, le poignet mince et l'os saillant ... Il adorait.

Secouant la tête pour revenir à la réalité en cessant de fantasmer sur les poignets et mains d'inconnus croisés dans la rue, Yoite ricana un instant face aux paroles de Mimi. C'était toujours comme ça entre les filles et les mecs, il suffisait qu'une célibataire discute un peu avec un mec, et les autres pensaient aussitôt qu'il se tramait un truc! C'était l'un des clichés qui le mettait le plus hors de lui! Lui par contre, s'il réussissait à cacher le fait qu'il était homosexuel, alors il pouvait se taper des barres avec tous les mecs du goukon, ça gênait personne! Mais s'ils découvraient la vérité, y avait une foutue barrière qui s'installait comme s'ils craignaient pour la chasteté de leur arrière-train. Au fond, valait mieux avouer directement la vérité et ceux qui voulaient pas lui parler étaient bien plus motivés!


"Je te l'ai dit, tu testeras. Si ça se passe mal ou si t'es pas à l'aise au bout de 15 minutes, on aura qu'à s'en aller. Je m'en fiche moi, j'ai pleins d'amis et je cherche pas à me caser. Mais tu sais Mimi, tu devrais avoir davantage confiance en toi. Si t'as pas envie de parler aux filles, bah le fais pas. Tu ne tireras rien de bon d'une relation forcée de toute façon."

Après, il avait bien sûr conscience que c'était plus facile à dire qu'à faire. Des timides, y en avait tout le temps et souvent c'était pas simple pour eux d'aller vers les gens mais il suffisait d'une personne tolérante pour qu'ils passent tous un bon moment. Si Yoite était cette personne tolérante pour Mimi, alors il serait ravi.
Après, ça n'allait pas se faire tout de suite. Il souffrait encore aux côtes et n'avait donc pas le cœur à s'amuser mais si Emi daignait lui donner son numéro pour qu'ils restent en contact ou lui dise au moins comment la retrouver dans cette grande académie qu'était Chisê, il saurait la tenir au courant!

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Académie Chisê :: Université :: 2e Étage :: Toit-