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 The first step.

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Yoite Unden
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HnM
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MessageSujet: The first step.   Jeu 14 Juil - 14:16

Février 2016.

Comme toutes les années depuis peu, 2016 commençait fraîchement mais bien moins que pendant son enfance. Yoite se rappelait très bien descendre dans la rue juxtaposant sa maison pour courir dans la neige, s'arrêter dans un parc pour y faire un bonhomme ou jouer à se lancer de grosses boules de neige avec d'autres enfants du quartier. Les hivers de son enfance avaient été normaux, gelés mais divertissants. Le froid ne comptait pas, il n'avait pensé qu'à s'amuser, à rester chez lui à cause d'un grosse rhume ou à "sécher" les cours car le bus ne pouvait pas rouler. Désormais adulte, le jeune homme constatait avec un brin de regret que la neige avait cessé de tomber depuis longtemps. Il ne se rappelait même pas de la dernière fois qu'il en avait vu rester coller sur les parvis des maisons. C'était triste.

Emmitouflé dans son écharpe bleu sombre, Yoite glissa ses deux mains dans les poches de son manteau d'hiver pour se réchauffer. Il haïssait mettre des gants, c'était chiant. Malgré les températures assez basses en cette fin de matinée (3 degrés), Yoite avait décidé de sortir de chez lui, un samedi matin. Il était déjà plus de 10h mais pour quelqu'un qui aimait les grasses matinées, et rester au chaud, c'était un miracle.
Peu de monde dans les rues, il avait traversé le quartier modeste d'un pas rapide. Il venait souvent par ici mais juste pour flâner. "Modeste", ce n'était pas trop sa tasse de thé, il préférait largement les produits, commerces, et autres du quartier riche où il vivait. Mais bizarrement, le parc d'ici lui semblait le plus beau. Il était entretenu mais pas trop, juste de quoi donner un rendu naturel où tu savais que tu pouvais te promener sans craindre de ruiner une œuvre d'art en marchant dessus. Il y croisait d'ailleurs souvent les mêmes personnes : ces deux femmes qui faisaient toujours leur footing ensemble, cet homme qui promenait son chien en ayant toujours le regard rivé sur son téléphone, ce petit couple de vieux qui revenait de la boulangerie avec des friandises plein leur sac et des enfants, par dizaines qui jouaient à des jeux qu'il ne connaissait même pas.

Le pas ralenti, il se posa contre un réverbère éteint et, le regard suivant les gens, Yoi s'amusa à regarder la buée sortir de ses lèvres comme un enfant. Son humeur était assez maussade malgré tout. Tôt ce matin, il avait reçu un sms d'un pote lui disant qu'il avait croisé Kyôsuke par hasard dans les couloirs et ça lui avait fait se remémorer leur dernière soirée commune : l'anniversaire de Sa-chan. Ça faisait 1 mois qu'il ne l'avait pas revu, 1 mois qu'ils s'étaient méchamment disputés, 1 mois qu'il l'avait serré maladroitement dans ses bras. Le rebelle savait qu'il aurait mettre de l'eau dans son vin et se conduire comme un adulte en retournant le voir pour savoir où est-ce qu'ils en étaient tous les deux mais c'était bien connu, Yoite était toujours un enfant. Borné, et lunatique.
Bien sûr que Sa-chan lui manquait, bien sûr qu'il avait pensé à lui, à lui envoyer des textos, à l'inviter à passer à la maison mais son caractère avait toujours repris le dessus et le temps avait défilé. Évidemment, c'était encore plus dur maintenant. Les remords s'installaient doucement, Yoi était persuadé que Kyôsuke allait lui tourner le dos s'il tentait quoique ce soit désormais en lui renvoyant à la gueule qu'il avait attendu trop longtemps. C'était compliqué.

Il avait repensé à leur dispute, aux quiproquos plutôt énormes qui avaient conduits à cet échange imprévu. Yoite savait qu'il n'ouvrait pas assez son cœur, qu'il n'avait pas été clair sur le sentiment d'amitié réellement présent qu'il ressentait pour Sa-chan, que celui-ci ne le comprenait souvent pas parce qu'il avait des réactions imprévues mais le rebelle avait du mal à se confier, il fallait presque lui forcer la main, ne pas lui laisser d'autres choix.
Cela dit, il restait persuadé qu'il n'avait pas tous les torts et qu'une bonne discussion ne leur ferait pas de mal mais il craignait aussi que ça n'empire les choses. Petit bleu lui manquait, ses réactions presque innocentes lui manquaient. Ce mois avait remis les compteurs à zéro, le fossé entre eux s'était agrandi comme jamais et alors qu'ils avaient mis un temps fou à se rapprocher, il n'avait fallu que quelques minutes pour tout envoyer valser.

Soupirant de frustration, Yoite fut interrompu par le chien de l'homme au portable qui semblait vouloir le saluer avec ses deux pattes sales. Yoite esquissa un sourire et se pencha pour le caresser. Ce chien était moche, ses poils étaient sales et peu entretenus, son collier avait perdu de son cuir mais il restait un gentil chien à qui on avait envie de donner un peu d'affection. D'ailleurs, dès que Yoite posa sa main sur lui, le chien remua la queue et aboya longuement avant de lui tourner autour en tirant la langue.
Peut-être qu'il allait devoir acheter un chien, en faire son meilleur ami pour les moments où, comme maintenant, il se sentait un peu seul. Il craignait de s'enfermer dans une bulle où il ne ressentirait plus l'envie de sortir voir ses amis, plus le temps de partir en vacances sans sa bête poilue ... Non, il devait faire face à ses problèmes, mettre sa fierté de côté.


De: Yoite Unden
A: Kyôsuke Sasori
Objet: Rdv

Salut Sa-chan.
Peux-tu me rejoindre au parc du quartier Sanjuu? Il faut qu'on parle. Stp.

Le mail fut envoyé sans relecture, sans réfléchir sur les mots utilisés, sans prendre le temps de regretter. Restait plus qu'à patienter, à voir si Kyôsuke était enclin à lui reparler ou si leur duo était du passé. Sans réponse de Sa-chan, il allait attendre jusqu'à 13h, parce que c'était lui. Après ... il tournerait la page, pour de bon.

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Kyôsuke Sasori
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HnM
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MessageSujet: Re: The first step.   Dim 31 Juil - 22:08

Kyôsuke n’avait pas hésité à trainer un peu au lit aujourd’hui comme on était samedi. Enfin, tout était relatif, sa vie à l‘internat lui imposait des horaires stricts pour les repas, week-end ou pas. Et son ventre grognait pour lui rappeler qu’il ne devait pas sauter le petit déjeuner. C’était un des rares moments où il regrettait un peu de ne pas avoir sa maison, manger à l’heure que l’on voulait c’était vraiment le pied.  Alors, à moitié réveillé il se tournait et se retournait dans ses couvertures en attendant le plus tard possible pour se lever.
Quand le moment fut venu il se rendit à la cafétéria sans s’être soucié de savoir s’il était présentable ou pas. Il croisa quelques personnes qu’il connaissait vaguement dans les couloirs sans être assez réveillé pour pouvoir les identifier avec certitude, puis il alla rejoindre un petit groupe d’amis qui avaient, eux, presque fini de manger. Cela importait peu, Kyôsuke n’était pas du matin alors il n’avait pas spécialement envie de parler. Il se mit à table à son rythme en regardant la pièce se vider petit à petit jusqu’à ce qu’il soit le dernier à partir.
A peine fut-il remonté dans sa chambre le ventre plein qu’il s’était déjà remis au lit. Ses rideaux laissaient passer un peu de lumière mais le froid qu’il devait faire dehors l’encourageait à rester dans son petit cocon de chaleur. La journée d’aujourd’hui s’annonçait plutôt calme, Kyôsuke n’avait rien de spécial de prévu mais ce n’était pas plus mal de temps en temps. Peut-être irait-il trainer avec des amis quand son courage lui serais revenu.

La sonnerie de son portable le tira hors de ses rêveries. Il dut se concentrer plusieurs secondes avant de réussir à tendre le bras pour voir de quoi il s’agissait, en laissant échapper un grognement au passage.
C’était Yoite qui voulait le voir. Kyôsuke s’attendait à tout sauf à ça, la nouvelle fit monter en lui un léger stress. Il n’hésita pas longtemps avant de se convaincre qu’il fallait y aller, il n’avait  rien à perdre puisqu’ils étaient déjà en froid. Lui-même n’avait pas eu le courage de faire le premier pas. Ce n’était pas l’envie qui lui avait manqué, mais la peur de ne pas savoir quoi dire ou de ne pas comprendre ce que voulait Yoite l’avait empêché de passer à l’action plusieurs fois. Alors quelque part même si c'était un peu soudain, un peu plus tard que ce qu'il aurait voulu, ce message le rassurait. Yoite ne l’avait pas encore oublié. Même s'il avait son côté parasite, être fâché avec lui n'était pas plaisant. Sans le reconnaitre Kyôsuke espérait tout de même que les choses s'arrangeraient. Ce serait dommage de gâcher tous les efforts qu'il avait fourni.
Alors Kyôsuke se leva en baillant, en laissant son lit négligé derrière lui. L’idée de répondre au message de Yoite ne lui avait même pas traversé l’esprit, à croire qu’il n’avait pas encore bien saisit le concept des mails.

Il se leva donc pour la seconde fois et re-traversa les couloirs pour aller aux douches cette fois. Heureusement il était relativement tard et l’endroit était désert. Comme d’habitude il fila dans sa cabine le plus vite possible et se dévêtit dedans. Ici il ne voulait voir personne et il ne voulait que personne ne le vois alors il s'arrangeait pour y passer le moins de temps possible. L’eau chaude le réveilla un peu. Il profita du temps qu’il avait devant lui pour imaginer ce qui allait pouvoir se passer et réfléchir à ce qu’il devrait dire. Il ne fallait pas qu’il perde ses moyens comme la dernière fois.
Quand il sortit de la douche sa peau était toute fripée et l’air était chargé d’humidité. Après s’être séché en vitesse il s’habilla avec un sweat gris, un jogging et des baskets sans passer devant le miroir. Même s’il avait essayé de se dépêcher pour ne pas trop faire attendre Yoite dans le froid, il devait déjà être onze heures passé.

Il enfila anorak et son bonnet avant de partir. Si au lycée les gens s’étaient habitués à sa couleur de cheveux c’était une autre histoire là où il allait alors il préférait ne pas trop se faire remarquer, même si quelques mèches rebelles refusaient de rester dans le bonnet. C’était le signe qu’il ne devrait pas tarder à les couper un peu, d’autant plus que ses pointes commençaient à blanchir.  Aah, c’était fatiguant tout ça.
Il mit aussi un masque. Même quand il n’était pas malade il aimait en porter l’hiver, ça le réchauffait et cachait les rougeurs de sa peau desséchée par le froid. Il n’était pas question de mettre de la crème évidemment, c’était pour les filles ça.
Il avait même hésité à mettre ses lentilles, n’ayant vraiment pas assez de courage pour affronter à la fois Yoite et les regards des passants aujourd’hui, mais au final il était incapable de s’en séparer. Cette fois il était fin prêt, armé de son courage il referma la porte derrière lui.

Le quartier Sanjuu était un côté de la ville presque inconnu pour lui, il avait l’habitude de sortir dans des endroits animés comme le centre-ville plutôt que dans quartiers résidentiels, toutes les rues se ressemblaient et il avait du mal à s’y retrouver. Peut-être que Yoite habite ici. Cette idée rangée dans un coin de sa tête, il observa les maisons en marchant et en imaginant le genre de vie Yoite pouvait bien mener quand il rentrait chez lui.

Il était presque midi quand Kyôsuke arriva enfin au lieu de rendez-vous, en ayant certainement pris le chemin le plus long. Il n’eut pas à chercher longtemps pour trouver Yoite dans  le parc, ses cheveux le rendait repérable de loin. Il s’approcha en se raclant la gorge pour signaler sa présence, toujours avec une pointe d’appréhension. Est-ce qu’ils arriveraient à se comprendre cette fois ?

« Salut, désolé j’ai été un peu long. Hum… ça va ? Tu voulais parler de quoi ? »

Si le premier pas était fait le plus dur restait encore à venir. Kyôsuke n’était toujours pas très sûr de ce qu’il devait faire.

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Yoite Unden
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HnM
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MessageSujet: Re: The first step.   Lun 15 Aoû - 17:06

Yoite ne s'était pas attendu à une réponse immédiate, style 10 secondes après avoir envoyé son sms mais quand il constata qu'il était déjà 11h et que son téléphone n'avait toujours pas vibré en retour, il sentit une pointe de stress l'envahir. Il se souvenait très bien avoir pensé "j'attends jusqu'à 13h et après je lui dis merde" mais même si 13h sonnait, Yoite savait qu'il demanderait des comptes à Kyôsuke s'ils devaient se recroiser quelque part. Il espérait juste ne pas avoir à le faire devant tout le monde, d'où ce petit rendez-vous improvisé dans un parc assez déserté. Leur amitié ne regardait qu'eux et comme ils étaient assez radins sur leurs sentiments tous les deux, valait mieux éviter les endroits bondés, l'académie en elle-même ou un espace clos et suffoquant qui leur mettrait davantage de pression. Ce parc était une bonne idée, malgré le froid. Ils pourraient marcher, s'asseoir sur un banc sans se regarder ou prendre des chemins différents si ça se finissait mal ...

Le temps défila encore. 12h allait bientôt retentir et l'espoir de Yoite continuait de s'envoler. Cette dispute avait-elle été si grave qu'ils ne devaient jamais se reparler? Ou bien devait-il croire naïvement que Sa-chan n'avait pas encore lu son texto, qu'il lui enverrait quelques heures plus tard un "pardon, j'avais pas vu" aussi douloureux que rassurant? Bizarrement, c'était peu probable. Les gens étaient si accros à leur téléphone aujourd'hui qu'ils voyaient presque aussitôt s'ils avaient des mails, sms ou appels en cours.
Regardant une nouvelle fois son téléphone alors que le froid s'insinuait toujours un peu plus en lui, l'attention de Yoite fut attirée par une voix près de lui, une voix qu'il connaissait déjà et qui le fit se redresser presque aussitôt ainsi que rater un battement de cœur : Kyôsuke était là, juste devant lui, caché presque de la tête aux pieds. A dire vrai, il ne voyait que ses yeux bleus et ça lui fit se rappeler que le jeune homme n'aimait pas spécialement le froid ... mais il était venu quand même.

Se mordillant la lèvre inférieure pour tenter de cacher sa joie de le voir ainsi juste devant lui, Yoite s'approcha de lui pour mettre aussi peu de distance que possible entre eux. Sans le toucher, juste en le regardant, il prit enfin la parole :


"Salut Sa-chan. Merci d'être là, je savais pas si tu allais venir."

Ou comment lui dire poliment que 2 caractères bornés étaient plutôt dur à gérer. Chacun semblait avoir mis sa fierté et sa rancune de côté pour mieux avancer. Cela dit, Yoite ne savait pas du tout ce que pensait Kyôsuke. Il aurait pu tenter de lire dans son regard, de feinter des contacts physiques pour voir s'il le fuyait ou tâter son humeur pour savoir s'il était venu par obligation ou par envie mais il préféra ne rien faire de tout ça et se contenta de partir sur la base qu'ils voulaient tous les deux la même chose. Ils DEVAIENT éclaircir tout ça, prendre le temps d'analyser leur dispute.

Lui faisant un signe de tête pour l'inviter à le suivre pendant qu'ils marchaient dans le parc, tentative pour se réchauffer, Yoite continua sur sa lancée. Il était celui qui avait engagé la négociation de paix il devait poursuivre ses efforts et expliquer pourquoi il voulait le voir maintenant et pas avant, etc ...


"J'ai pris le temps de réfléchir au soir de ton anniversaire, à cette dispute qu'on a eu. Les choses ont dégénéré trop rapidement, c'était presque comme si on avait voulu se disputer et la peluche offerte n'avait rien à voir là-dedans."

Ce qu'il avait pourtant prétexté au début, cette histoire de cadeau mal reçu. Évidemment que Sa-chan n'allait pas aimer son cadeau car ça n'avait pas été un vrai cadeau, ça n'avait été qu'une moquerie de plus, un objet là pour lui rappeler qu'ils n'étaient pas sur la même longueur d'onde tous les deux, que l'un aimait davantage se moquer de l'autre plutôt que de lui dire "bon anniversaire" avec sincérité. Elle avait été un point de départ mais ça ou autre chose, ça aurait été pareil.
Glissant ses 2 mains dans les poches de son manteau, Yoite tenta de s'emmitoufler autant que possible dans l'épaisseur de ses vêtements et continua :


"J'ai eu tort de te chercher devant tes amis, surtout ce soir-là. J'ai aussi eu tort de penser qu'un câlin allait te calmer mais tu es parfois si distant. J'ai beaucoup de mal à savoir ce que tu penses. Je dis pas que c'est de ta faute, mais peut-être que si on parlait plus tous les deux, je veux dire si on se dévoilait davantage l'un à l'autre, on n'aurait pas aussi peur de nos réactions?"

Et cette question était très importante.
Yoite se haïssait déjà de l'avoir posé car il n'avait pas l'envie de se confier davantage, de révéler quoique ce soit de personnel sur lui-même et pourtant, c'était ce qu'il s'était passé avec son oncle. Celui-ci l'avait forcé à parler, à se dévoiler et s'il avait eut honte au début, s'il avait hurlé que ça ne regardait personne d'autre que lui, leur relation avait ensuite été si forte et si adulte que sa mort lui avait tout simplement brisé le cœur. Ils devaient prendre leur courage à 2 mains pour pouvoir se faire confiance.
Yoite ne savait pas si Sa-chan était du genre à l'aise en parlant de lui, s'il pouvait lui parler de son enfance sans être gêné ou méfiant. N'ayant pas envie que les questions se retournent contre lui, jamais Yoite n'avait osé lui en poser mais après cette dispute où ils s'étaient tous deux reprochés de ne pas savoir quoi dire ni comment réagir l'un en face de l'autre, il était clair qu'ils avaient besoin de plus.


"Voilà pourquoi je t'ai fait venir aujourd'hui. Avant, j'avais trop de rancune et j'étais pas prêt. Mais notre lien me manque et je veux pas qu'on cesse de se parler sur ce genre de dispute."

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Dernière édition par Yoite Unden le Mar 30 Aoû - 19:33, édité 1 fois
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Kyôsuke Sasori
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HnM
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MessageSujet: Re: The first step.   Lun 22 Aoû - 20:50

Comme son message l’avait laissé entendre, le Yoite que Kyôsuke trouva au parc était bien plus calme et affichait une mine plus sérieuse qu’à son habitude. Pas de câlin de retrouvailles ni de palpage en guise de « bonjour ». Il avait même l’air à la fois heureux et surpris de le voir. Kyôsuke se détendait, il aurait presque abandonné l’air boudeur qui le caractérisait quand il était avec Yoite. Mais avec le peu de visage qu’il dévoilait aujourd’hui, Yoite aurait surement encore plus de mal que d’habitude à deviner tout ça. Et vu la raison pour laquelle ils se retrouvaient aujourd’hui tout portait à croire que c’était son inconscient qui l’avait poussé à se cacher. Sous cette armure de tissus il se sentait protégé.
Ils se mirent à marcher au hasard, ce qui arrangea bien Kyôsuke qui n’était pas obligé de regarder Yoite. A vrai dire son regard était fixé sur les gravillons qui roulaient sous ses pieds à chaque pas. Cela ne l’empêchait pas d’écouter ce que Yoite avait à dire jusqu’à ce qu’il ait totalement fini, hochant parfois la tête, crispant d’autres fois la mâchoire, tout ça en vain puisqu’il prenait soin de ne pas marcher au même niveau que lui, mais plutôt quelques centimètres en retrait. Pas grand-chose mais juste assez pour qu’il ne puisse pas être vu. Le courage incarné.
Bien sûr, lui aussi avait pris le temps de réfléchir depuis leur dispute, mais c’était bien plus difficile d’en parler directement au principal intéressé. Kyôsuke n’avait pas l’habitude de faire ce genre de choses, avec les autres la seule défense qu’il connaissait c’était l’attaque. Simple, rapide, pas besoin de réfléchir, juste de renvoyer des mots piquants à l’adversaire. C’était ce qu’il avait fait avec Yoite, mais force était de constater que ça n’était pas la solution la plus efficace puisqu’ils se retrouvaient là aujourd’hui pour jouer les diplomates. Et ça, Kyôsuke ne savait pas comment faire. Mais il était venu malgré tout parce que même sans le dire il était d’accord avec Yoite. Oui leur lien lui manquait aussi, c’était à son tour de reconnaitre ses torts s’ils voulaient avancer.

« Parfois je suis un peu dur avec toi, plus qu’avec les autres, mais en même temps tu es tellement intrusif que je me sens obligé. Je sais que tu es comme ça, que tu taquines tout le monde, mais quand même je crois que c’est pas à ce point avec tes autres amis. Parce que j’arrive pas à te laisser faire ce que tu veux comme eux le font, surement. T’as pas eu l’air de comprendre puisque tu pensais qu’un câlin allait me calmer, mais quand j’ai dis que j’aimais pas qu’on me touche, c’est parce que vraiment je le supporte pas, honnêtement ça me fait peur. C’est pas contre toi en particulier, je t’en veux pas et je t’en ai jamais voulu parce que je sais que le problème viens de moi. Tout ça pour dire que si c’est une explication à pourquoi je suis comme ça que tu cherches, t’en trouveras pas. Y’a rien à comprendre. »

Si Yoite n’arrivait pas à savoir ce que Kyôsuke pensait, on ne pouvait pas lui en vouloir. En même temps qui comprendrait une telle aversion pour les câlins par exemple avec si peu d’éléments ? On lui demandait juste d’intégrer un fait accompli comme ça, sans explication. Mais les choses ne marchaient pas de cette manière.
Yoite voulaient qu’ils se parlent d’eux-mêmes, Kyôsuke ignorait si ça pourrait vraiment les aider mais une chose dont il était sûr, c’était que cette idée ne l’enchantait pas beaucoup. Même s’il était curieux d’entendre ce que Yoite aurait à raconter il fallait que ça aille dans les deux sens. Et bornés comme ils étaient tous les deux, aucun ne semblait très enthousiaste à l’idée de commencer. Lui-même avait du mal à repenser au passé, alors en parler à quelqu’un… Bien sûr il serait prêt à faire des efforts, mais quoiqu’il arrive, il resterait toujours des vides dans ses histoires. Des parties qu’il ne pouvait pas raconter à Yoite, qu’il ne pouvait raconter à personne d’ailleurs. Mais comment justifier tout ça ? Et puis n’était-ce pas un peu injuste envers Yoite ?

« Mais si tu veux me demander un truc en particulier vas-y. Si tu voulais me dire un truc précis sur toi aussi. Du genre quelque chose qui m’aiderais à comprendre pourquoi t’es toujours en train de te faire remarquer. Tu as été victime d’un manque de reconnaissance dans ton enfance ? »

Kyôsuke disait cela plus pour plaisanter qu’autre chose, imitant le ton des pseudos-astrologues qui sortaient le même genre d’analyses douteuses sur des radios tout aussi douteuses. Mais il espérait que ça permettrait à de Yoite se lancer. Qu’il raconte quelque chose, n’importe quoi, juste histoire de ne pas être au centre de la conversation.

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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: The first step.   Mar 30 Aoû - 20:37

Il ne fallait pas croire, Yoite avait eut envie de toucher Kyôsuke, comme il l'avait toujours fait depuis qu'ils se connaissaient. Ne serait-ce qu'une main sur la tête ou un coup d'épaule taquin mais il n'avait rien fait. Tout simplement parce que Sa-chan n'avait jamais aimé ça et Yoite -même s'il avait pensé au début "pourquoi je changerai?"- réalisait doucement que c'était un peu comme le dilemme "Je veux un enfant mais pas toi.". Il y avait forcément un perdant dans cette histoire et d'office, avec son caractère plus marqué, il avait mis Kyôsuke dans cette catégorie sans même chercher à voir comment est-ce que celui-ci accusait le coup.
Pourtant, au bout de quelques mois, Yoi aurait pu se rendre compte de quelque chose, d'une gêne palpable quand il s'approchait trop de son kouhai ou d'une mine boudeuse dès qu'ils se retrouvaient ensemble mais trop centré sur autre chose, il n'avait rien vu. C'était en réfléchissant à leur dispute et à la raideur de Kyôsuke suite à son câlin qu'il avait vraiment compris son malaise. Il ne le faisait pas pour être différent des autres ou pour l'embêter, il n'aimait réellement pas les contacts. Alors le choix n'avait pas été trop dur : Sa-chan ou les câlins? Sa-chan, sans hésiter. Yoite était prêt à prendre sur lui, à se maîtriser face à des habitudes ancrées depuis des années pour le bien de son ami. Oh, il ne disait pas que ça allait être facile mais qu'il allait faire des efforts!
Et ça avait commencé à l'instant. Une discussion, des salutations sans rien de tactile. Yoite avait l'impression d'être malpoli en n'étant pas lui-même, d'être coincé! Et puisque Kyôsuke ne montrait que ses yeux, le rebelle ne sut pas si sa décision lui fit ou non plaisir. Il allait devoir patienter jusqu'à voir les signes ou carrément lui poser la question.

Leurs pas étaient lents, sans but et Yoite remarqua de suite que Sa-chan marchait un peu en retrait de lui. En soi, ce n'était pas très étrange venant de lui mais aujourd'hui il se demanda si quelque chose lui donnait envie de s'arrêter? Ou de faire carrément demi-tour? Est-ce qu'il était tout simplement mal à l'aise en sa présence mais n'osait pas le dire? C'était vrai qu'ils n'avaient pas grand chose en commun et que souvent ses potes lui demandaient pourquoi est-ce qu'il traînait avec un mec de presque 10 ans son cadet mais même si la raison principale avait été "les cheveux bleus", Yoite s'était attaché à Sa-chan avec le temps. Il avait adoré leurs premiers moments complices, leurs premiers fous rires, les réactions aussi imprévues que mignonnes d'un Kyôsuke gêné ou fâché ... Il était devenu son ami, même s'il y avait beaucoup de blancs. Alors si tout devait s'arrêter aujourd'hui, ce serait douloureux. Particulièrement.

Enfin, ils commencèrent à parler. Le ton était calme, posé. L'heure était aux explications et Yoite fut rassuré. Il s'était dit que Kyôsuke n'allait pas aller dans son sens, qu'il était toujours en colère et que cette discussion était prématurée mais au bout d'1 mois, il trouvait qu'il était temps. Après, il n'avait pas vécu la chose comme Sa-chan, il n'avait pas été "la victime" dans cette histoire et même s'il avait reçu une gifle -après coup, bien méritée- il avait compris qu'il avait dû dépasser les bornes quelque part. Et le mot fut plutôt clair : intrusif.
Oui, on lui avait déjà dit qu'il en faisait trop, qu'il ne connaissait pas les limites et qu'il ne pensait pas aux autres. Là-dessus, il savait que Kyôsuke avait raison mais il apprécia malgré tout d'entendre "je sais que tu es comme ça" car c'était aussi un fait. Yoite était tactile et si petit ça avait été vu comme adorable, les années avaient transformé ça en perversion dans le regard des autres. Un défaut, autrement dit. Mais l'odd marquait un point quand il disait "plus que les autres". Le rebelle était complètement cerné dans ses actes, il avait pris plus de plaisir à toucher Sa-chan justement parce qu'il aimait pas ça, pour le voir ronchonner ou pour le forcer à s'y habituer. Mais il avait oublié ses sentiments et son habitude à tout décortiquer comme s'il n'avait que ça à faire. Les odds dans son genre étaient dangereux, toujours à l'affût de tout.


"J'avoue. Te toucher était devenu plus qu'une nécessité, c'était carrément un jeu à mes yeux. Si au départ, c'était léger avec de simples frôlements ou des gestes trop rapprochés, je suis vite passé aux choses sérieuses en pensant réellement que tu allais t'y habituer comme les autres et ne plus réagir ... me forçant à cesser car ça manquait d'intérêt. Mais tu as pas changé et j'ai continué alors pardon. J'ai enfin compris que tu n'aimais pas ça et je vais faire des efforts pour garder mes mains près de moi mais ... est-ce que tu as peur de moi? Tu ne me regardes pas dans les yeux, tu as toujours sursauté quand je m'approchais trop près et tu m'as carrément giflé quand je t'ai enlacé."

La gifle n'était qu'un exemple parmi tant d'autres, Yoite ne cherchait pas à le faire s'excuser ou quoique ce soit. Mais il aurait aimé faire comprendre à Sa-chan que ce câlin, ce jour-là, n'avait vraiment pas été vu comme une taquinerie. Il avait lui-même fait un effort surhumain pour le serrer dans ses bras car il haïssait les câlins, il n'en comprenait ni le principe ni le sens. D'ailleurs, depuis cette soirée, c'était encore pire. Qui oserait câliner quelqu'un sous peine de se faire frapper? Plus jamais!
Cela dit, même s'ils arrivaient enfin à se parler tous les deux, c'était un peu une discussion de sourds. Kyôsuke ne semblait pas vouloir lui dire pourquoi il haïssait le contact avec les gens (du moins avec les mecs parce qu'il n'avait jamais fait attention si c'était pareil avec les filles) et Yoite ne se sentait pas prêt à lui expliquer pourquoi son câlin avait été sincère et pourquoi il se trouvait parfois si maladroit niveau tendresse. A croire qu'il leur fallait encore du temps.

Mais le temps manqua à Yoite.
La suite des événements le fit carrément s'arrêter dans le parc, d'un coup sec. Son visage afficha une mine "pris en flagrant délit" si éloquente qu'il crut même qu'il rougissait. Pour sûr, Kyôsuke savait taper dans le mille avec ses questions personnelles. Est-ce qu'il avait fait des recherches avant de venir le retrouver? Y avait peu de chance que quelqu'un ait pu lui raconter tout ça, les potins sur la famille Unden n'étaient guère répandus hormis le fait que Madame Unden ne rentrait pas souvent à la maison.
Tournant doucement la tête vers Sa-chan, affichant un sourire carrément gêné et sincèrement surpris, il ne pu cacher sa détresse et dire "non, tout va bien" lui paraissait être la pire solution. Mais parler de ça ... Il devait contourner la vérité, y avait pas d'autres choix.


"T'as de ces questions, toi ... Sache que j'ai toujours voulu être différent et je trouve que je m'en sors plutôt bien aujourd'hui! Mais ça a eut des conséquences plutôt lourdes sur ma famille. Être gay, c'était déjà une mauvaise nouvelle mais avoir les cheveux bleus et les yeux jaunes, ça les a carrément choqué! Heureusement que ma sœur n'est encore qu'une enfant sans préjugés, sinon j'aurais déjà déménagé."

Peu de détails vraiment personnels comme "ma mère ne m'a plus jamais adressé la parole" ou encore "mon frère m'appelle la tarlouze" mais les grandes lignes exprimaient bien un malaise certain. Une famille éclatée, un passé accepté mais toujours douloureux. Yoite avait beau avoir des trous dans son cœur, il n'avait pas de regret. Il n'avait pas tué quelqu'un, ou abandonné un bébé dans un fossé, il avait juste choisi le chemin opposé à celui qu'on lui avait tracé. Est-ce que ça faisait de lui un mauvais fils? Allez savoir.

Reprenant enfin le contrôle de ses battements de cœur, terrorisé à l'idée d'être percé à jour, Yoite se repositionna à la hauteur de Sa-chan. Il avait comme l'impression qu'ils faisaient des pas de géants aujourd'hui même si leur fameuse dispute n'allait pas être effacée simplement en partageant un bon moment ensemble. D'ailleurs, le rebelle était curieux sur la soirée en elle-même, il savait qu'il avait quitté les lieux assez tôt, juste avant d'aggraver la situation mais ... est-ce que Sa-chan avait réussi à donner le change? Il ne pouvait décemment pas lui demander ça.


"Le jour de notre rencontre, dans le salon, tu m'as dit que tu ne voulais pas rester seul, que tu t'étais teint les cheveux en bleu pour attirer l'attention sur toi plutôt que sur "elle". Sur le coup, j'avais trouvé ça courageux de ta part de protéger une fille mais ... est-ce que c'était aussi un manque de reconnaissance? Ou un manque de confiance? D'ailleurs, tu penses quoi des filles?"

Ça paraissait beaucoup moins personnel que le sujet abordé peu avant, mais c'était tout l'inverse. Apprendre à connaître Kyôsuke passait aussi par des questions aussi banales que logiques. Si le jeune homme avait déjà avoué ne pas être gay, alors il devait être hétéro mais jusque-là, Yoite ne l'avait jamais vu en compagnie d'une fille (hormis pendant son anniversaire mais ... bref!). Est-ce qu'il avait une petite-amie dont l'existence était un secret? Ou était-il amoureux sans oser aller se confesser? Des détails mais ils étaient très importants et comme sujet, c'était moins stressant que de parler de la famille, du passé ou du pourquoi du comment pour le moment.

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: The first step.   Mer 14 Sep - 21:38

C’était un bien drôle de jeu que de s’amuser à toucher Kyôsuke alors qu’il détestait ça. Il avait eu beau y réfléchir, il avait du mal à voir quel divertissement on pouvait y trouver. Mais puisque Yoite avait enfin décidé  qu’il allait se calmer à ce niveau, il n’aurait sans doute pas besoin de comprendre. Ca le rassurait, il avait parfois eu l’impression de n’être qu’un objet aux yeux de Yoite, un jouet avec lequel il s’amusait, mais ces bonnes résolutions prouvaient le contraire et avait chassés ces vilaines idées de sa tête.
Car en effet dans ces moment-là, ça lui était arrivé d’avoir peur de Yoite, parce qu’à force de s’approcher son instinct l’identifiait immédiatement comme un danger et parfois les réactions qu’il pouvait potentiellement avoir l’angoissaient. Mais il ne pouvait pas lui dire ça. Il fallait être plus subtil mais c’était difficile.

« Je t’ai dis, c’est pareil avec tout le monde, sauf que t’es le seul à être aussi imprévisible et à t’approcher autant. Mais puisque t’as l’air d’avoir compris, ça devrait aller.. »

Il n’était toujours pas tout à fait à l’aise et la question qu’il avait posé naïvement, juste parce qu’à ce moment il voulait qu’ils parlent d’autre chose sembla avoir un effet imprévu. Yoite s’était carrément arrêté sans raison dans le parc, et en voyant son air ahuri, Kyôsuke se dit qu’il aurait peut-être du réfléchir avant de parler. Il s’arrêta lui aussi à une distance raisonnable et fixa Yoite comme si ça pouvait l’aider à trouver une explication. Ça ne lui ressemblait pas du tout à de réagir comme ça. Alors quoi ? Ca le gênait tant que ça qu’ils se parlent finalement ? Tout ça paraissait un peu bizarre, mais il tout de même droit à une réponse.

Kyôsuke n’y avait jamais vraiment pensé mais l’homosexualité de Yoite lui avait posé des problèmes, il semblait tellement à l’aise avec ça aujourd’hui que ça ne paraissait pas évident, et pourtant c’était sans doute inévitable. Sa réaction laissait penser que ça l’avait plus gêné un peu plus qu’il le prétendait, que peut-être il minimisait la situation, mais après tout c’était courant de ne pas trop vouloir se plaindre, ça pouvait passer pour de l’impolitesse même si Kyôsuke se préoccupait peu de cela.

« Ça a pas dû être facile. »

De son côté Kyôsuke avait plutôt eu de la chance, si on pouvait appeler ça comme ça, à propos de sa couleur de cheveux et des autres changements physiques qu’il avait effectué à la fin de son collège, ses parents étaient déjà trop occupés à se disputer pour y faire vraiment attention à cette période. Il avaient mis ça sur le compte d'une crise d'ado sans chercher spécialement plus loin. Il aurait aimé demander à Yoite à quel âge il avait commencé à se teindre les cheveux ou quand est-ce qu’il avait été fixé sur son orientation sexuelle histoire de savoir si c’était normal que lui soit complètement largué dans ce domaine. Enfin non, il savait que c’était pas normal mais est-ce qu’il y avait encore un petit espoir que sa situation se stabilise ? Mais il ne se sentait pas très à l’aise de poser ce genre de questions et surtout il ne voulait pas trop en demander à Yoite qui avait déjà eu du mal à répondre à sa première question.
Mais la tentation devint encore plus grande quand on lui demanda ce qu’il pensait des filles. Ça lui arrivait de trouver des garçons attirants, il avait même déjà eu quelques histoires au collège, mais évidemment, elles n’étaient pas allées plus loin que quelques baisers. Mais d’un autre côté ça lui était déjà arrivé de craquer sur quelques filles un peu trop mignonnes récemment, ayant du mal à leur refuser quoique ce soit. Alors il ne savait pas et il évitait de se poser la question puisque seul, ses réflexions tournaient très vite en rond.

« Eh bien, j’ai pas vraiment d’avis sur les filles, tu vois.. En fait j’en sais rien. »

Il laissait tout de même une porte ouverte au cas où Yoite se sentirait l’âme d’un conseiller en sexualité. Sans qu’il ne le remarque ses yeux trahirent un peu ce sentiment de détresse, il regardait Yoite une mine plus abattue que d’habitude. Une occasion rare se présentait et il aurait voulu la saisir, même s’il doutait que ça puisse vraiment l’aider. Comment savoir par qui on est attiré quand on ne sait même pas qui on est exactement ? Il préférait ne pas trop y réfléchir, il s’était toujours dit que de toute façon personne ne voudrait de lui et que même si c’était le cas, tant qu’il serait coincé dans cette situation il ne pourrait rien concrétiser. Il enviait tous les gens qui savaient de quel côté s’identifier naturellement, sans jamais s’être même posé la question tellement cela leur apparaissait comme une évidence. Mais lui, il était à la frontière et il s’y sentait très seul.

Mais il avait un peu dévié du sujet initial, on parlait bien de ses histoires de couleurs de cheveux au départ. Il savait que ça arriverait, il n’avait pas l’intention d’essayer d’y échapper. Yoite avait aussi une petite sœur, et Kyôsuke se sentait proche de lui pour ça. Peut-être que lui comprendrait ses choix. Mais s’il choisissait de lui raconter clairement cette histoire, il ne pourrait pas être aussi évasif que la dernière fois. Ce n’était pas facile mais même s'il n'aimait pas s'en rappeler, là il s'y était préparé.

«  Moi aussi j’ai une petite sœur, c’est d’elle dont je t’ai parlé. Mais ce que j’ai fait c’était pas courageux, c’était juste égoïste. C’est un peu compliqué mais… »

Il marqua une pause. C’était compliqué. Il ne savait ni par quoi commencer ni où s’arrêter pour que Yoite arrive à le suivre sans avoir à donner trop de détails. Il était certain qu’il allait se perdre dans ses paroles s’il n’y réfléchissait pas un peu avant. Il fallait organiser son esprit méthodiquement. Simplicité, rapidité, efficacité, c’était tout ce qu’il recherchait mais c’était aussi tout ce qu’il n’était pas. Il visualisait la pellicule du film des évènements, il fallait enlever certaines images sans que le film ne perde sa cohérence. Découper, trier et mettre de côté ces images qu’il ne comptait pas utiliser prit une bonne dizaine de secondes.

« Elle ne souffrait pas des moqueries en fait, elle était trop jeune. Moi par contre je le supportais pas, je me disais qu’il n’y avait pas de raison que ça n'arrive qu'à elle, qu’on était pareil alors voilà.. C’était débile au fond j’ai juste fais empirer les choses, mais parfois j’ai l’impression que-  »

Parfois j’ai l’impression que j’aurais voulu être à sa place.
Non. Il se mordit la lèvre. Il fallait finir cette phrase autrement. Il ne pouvait pas dire ça, il se refusait même à y songer d’habitude. Improvisation.

« …Peut-être que c’était aussi un manque de reconnaissance… On ne s’entend plus très bien dans ma famille depuis qu’elle est née. »

En l’occurrence ça voulait plutôt dire « mes parents ont divorcés, je suis parti et je ne les ai pas vu depuis 6 mois ». Mais avec l’explication pas fausse mais qui occultait tout de même pas mal de points importants qu’il avait fourni, cette réaction paraîtrait un peu surdimensionnée.

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MessageSujet: Re: The first step.   Sam 1 Oct - 16:13

Alors c'était ça? Le fait qu'il soit imprévisible! C'était vrai qu'il ne prévoyait pas à l'avance quand ou comment est-ce qu'il allait toucher Kyôsuke, c'était davantage au feeling qu'au besoin. Ça dépendait de son humeur, il n'avait nullement l'envie d'être tactile quand il avait eut une mauvaise journée ou s'il s'ennuyait, si son corps était mou (de fatigue par exemple). Entre eux, il y avait forcément eut de nombreuses fois où Yoite n'avait jamais touché Kyôsuke mais c'était justement ça le souci. S'il l'avait embêté tous les jours, sans exception, Sa-chan aurait su à quoi s'attendre à chaque rencontre mais puisque ce n'était pas régulier, prévoir ses gestes était devenu un vrai casse-tête pour l'odd.
Sur le coup, il prit ça presque comme un compliment. Yoi aimait être imprévisible, c'était indéniable car il haïssait le principe de la routine. Chez les vieux encore, ça passait car leur santé leur interdisait déjà de faire tout ce qu'ils voulaient mais les jeunes, ils n'avaient que peu de limites.
Prenant conscience qu'ils auraient dû aborder ce sujet depuis bien longtemps déjà, Yoite confirma d'un hochement de tête qu'il avait réellement l'intention de faire des efforts. Et si Sa-chan le remarquait, c'était carrément un bonus. L'I don't care savait que ça allait lui manquer ces petites expressions de surprise ou de recul sur le visage de son ami quand il le frôlait de ses mains mais il avait toujours les souvenirs et à défaut de supprimer tout contact, il pouvait déjà réduire de 3/4. Après tout, faire des concessions, ça marchait dans les deux sens. Il y avait aussi des choses que Yoite n'aimait pas mais ça n'empêchait pas les gens de le faire.

Partant donc sur de bonnes bases, ils entamèrent alors une marche vers un chemin tortueux et difficile. Les révélations n'étaient jamais faciles à dire (ou à entendre) mais se révélaient souvent nécessaires pour avancer. Un peu comme le travail pour pouvoir avoir de l'argent. D'un coup, à discuter ainsi, ils paraissaient tous deux plus adultes, plus matures et penser qu'ils n'étaient qu'étudiant/lycéen donnait presque un sens grossier à leurs confidences.
Et effectivement, ça n'avait pas été simple pour Yoite de révéler à ses parents qu'il était homosexuel. Il s'était toujours imaginé être complice avec sa mère, dans une famille sans préjugé, qu'elle ne le rejette pas et qu'elle soit même plutôt sympathique avec ses petits-amis mais sa réaction avait été l'opposé total. Un silence éloquent, un regard plus sombre que jamais et enfin l'ignorance. Yoite ne savait pas si c'était à cause de lui qu'elle rentrait de moins en moins souvent à la maison, mais il était clair que tout ça s'était passé après qu'il ait avoué le pot aux roses. Son père, lui, paraissait avoir digéré la nouvelle depuis le temps mais Yoi n'était pas dupe et se refusait de présenter ses conquêtes. De toute façon, même s'il avait été hétéro, il n'aurait pas eut l'intention de présenter toutes ses proies mais uniquement celle avec qui il ferait sa vie donc ...


"J'en ai bavé pendant un certain temps, que ce soit chez moi ou à l'école. Les autres n'étaient pas plus tolérants que mes parents mais mon oncle ..."

Yoite baissa la tête.
C'était la première fois qu'il abordait le sujet de son oncle avec Kyôsuke. Le petite rebelle se rappelait déjà de la détresse dans laquelle il était quand il en avait discuté avec Ethan 1 an après. Le temps avait continué à passer mais sa souffrance était toujours vive et il se refusait à s'épancher là-dessus. Il avait même le sentiment qu'il ne tournerait jamais la page. Mentir lui semblait être une bonne issue de secours, pour le moment.


"Lui, il me comprend. Je peux tout lui dire, il me juge pas et il n'est pas là à me surveiller comme si j'avais 12 ans. C'est comme mon autre père, heureusement qu'il est là."

Mais après avoir fini sa tirade chevaleresque sur son oncle-super-héros, Yoite regretta aussitôt ses paroles. Il n'avait pas menti sur la relation qu'il entretenait avec cet homme mais nier le fait qu'il soit décédé ne risquait pas de lui faire voir la vie en rose. Au contraire, sa peine sembla même atteindre un degré supérieur.

Heureusement pour lui, le sujet suivant fut beaucoup plus léger. Parler filles n'avait jamais gêné ou ennuyé Yoite car presque tous ses potes étaient hétéros et fréquenter leurs amies était devenu plus qu'une habitude. Seulement, que Sa-chan lui avoue qu'il n'en savait rien le laissait un peu bouche bée. Attendez, il avait 17 ans celui-là! Comment est-ce qu'il pouvait "ne pas savoir"?
Et le regard de Sa-chan l'acheva dans sa détresse. C'était quoi ça? Un langage de puceau pour dire "tu peux m'aider?"? Les yeux de chien battu de son pote lui donnaient juste envie de lui sauter dessus mais il DEVAIT se retenir et rester mature en toutes circonstances. Plutôt que de l'embêter et de lui faire faire marche arrière, Yoite devait se montrer calme, compréhensif et surtout, éviter de rire ou de se moquer de lui. Après tout, ils naissaient tous puceaux et si pour lui il y avait mis fin assez tôt, certains traînaient plus que d'autres et 17 ans, c'était loin d'être catastrophique!


"Va falloir qu'on s'occupe de ça, tu sais. Discussion, action, conclusion!"

Les grandes lignes l'avaient toujours faire rire car ça na se passait jamais comme prévu. Souvent, avec Yoite, la conclusion arrivait avant la discussion et ça promettait de belles surprises ...
Mais Yoite n'était pas un professionnel en matière de "plan drague" et encore moins sur un critère sérieux. Est-ce que Kyôsuke avait l'intention de vivre des aventures à gogo avant de se poser avec sa dame ou préférait-il jouer la carte "c'est la bonne!" à chaque fois? Après tout, peut-être qu'il pouvait aussi dévorer un homme de temps en temps, ils n'en n'avaient jamais parlé. Un autre jour, ils feraient les commères mais pas à l'extérieur et encore moins dans un endroit public.

Pour l'heure, les discussions continuaient leur route. Aussi personnelles et lourdes que prévu, les deux jeunes hommes prenaient conscience des blancs énormes dans leur plan d'amitié. Jusque-là, ils avaient grossièrement évité tous les sujets fâcheux et s'étaient contentés de vivre au jour le jour sans chercher à approfondir quoique ce soit.
Si après tout ça ils continuaient de se voir, Yoite savait qu'il ne pourrait plus jamais tourner le dos à Kyôsuke, qu'il rentrerait définitivement dans son cercle privé d'amis sincères, ceux qu'on compte sur les doigts de la main. Chaque étape était douloureuse, embarrassante et faisait toujours ressortir des sentiments ou des images qu'on espérait avoir oublié depuis le temps. Mais être amis, c'était aussi se dire les choses qui fâchent, ne pas avoir honte de pleurer ou d'être ridicule. Les amis avec uniquement des bons souvenirs, c'était pas suffisant.


"Tu regrettes la naissance de ta sœur?"

Cette question, paraissant dure et choquante, avait été difficile à prononcer pour Yoite car lui aussi avait haï sa petiote de sœur quand elle était venue au monde, même si aujourd'hui il lui donnerait sa vie.
C'était comme s'ils suivaient un chemin un peu parallèle tous les deux, il ne manquait plus qu'une homosexualité avouée et acceptée pour le jeune Sa-chan et ils seraient plus complices que jamais. Cela dit, Yoite était plutôt perspicace dans la vie de tous les jours et lui qui avait eut un arrêt un peu plus tôt dans la conversation concernant son oncle, capta aussitôt que l'arrêt de Kyôsuke cachait des choses. Il n'avait pas l'intention de lui demander la vérité, rien que la vérité. Cette journée était dure, éprouvante dans tous les sens et même si c'était assez vexant de savoir qu'il ne lui disait pas tout, Yoite pouvait comprendre. Certains éléments avaient besoin de plus de temps, voire de rester cachés pour toujours. Ça ne les empêcherait pas d'être amis.


"Et ta reconnaissance, tu l'as eu au moins? Faire tous ces efforts pour ne pas obtenir ce que tu veux, c'est plutôt frustrant."

Yoite ne savait pas si Sa-chan avait eut cette envie de reconnaissance envers sa sœur ou envers ses parents. Avait-il été jaloux de cette cadette qui prenait trop de place? Ou voulait-il que sa sœur ne regarde que lui, qu'elle comprenne qu'il était là pour elle? Le fait qu'il soit venu dans cette académie, à priori loin de sa famille, tendait la perche vers la première option mais quel frère jaloux se teindrait les cheveux en bleu pour protéger les plus faibles? C'était compliqué, mais parfois, la logique n'a pas de sens.

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MessageSujet: Re: The first step.   Ven 14 Oct - 23:18

Les lèvres de Yoite se délièrent un peu plus, la manière douce était définitivement la plus efficace dans ces moment-là et Kyôsuke en était convaincu. Plutôt que de l’assaillir sous les questions à propos d’un passé qu’il semblait encore avoir du mal à évoquer –même si ce n’était pas l’envie ou l’inspiration qui lui manquaient- il s’était efforcé de comprendre et d’assimiler tranquillement les informations qu’on lui délivrait. Visiblement Yoite aussi filtrait ses paroles, il en était donc capable même si lors de leur dispute à de cette soirée les mots étaient sortis d’eux-mêmes de sa gorge sans qu’il n’en ait plus le contrôle.
Mais maintenant c’était différent, ils se parlaient sincèrement et Kyôsuke n’avait pas trop de peine à imaginer ce que Yoite entendait quand il disait qu’il en avait « bavé ». Kyôsuke avait le même problème avec ses cheveux qui passaient rarement inaperçu et souvent dans le mauvais sens du terme, mais en plus de ça Yoite avait dû lutter pour faire accepter son orientation. Il en fallait du courage pour affronter tout ça en même temps, c’était admirable qu’il n’ait pas renoncé pour essayer de rentrer un peu plus dans la norme. Kyôsuke vivait des jours où il ressentait le besoin de se cacher sous un bonnet ou une casquette comme aujourd’hui mais il n’avait jamais vu Yoite faire ça. Au contraire il rayonnait, ses cheveux étaient toujours colorés à la perfection, il était évident qu’il les entretenait avec beaucoup plus de soin que Kyôsuke.
Il apprit aussi que Yoite avait un oncle qui l’avait aidé à surmonter tout ça, c’était la première fois qu’il entendait parler de son existence, mais il ne pouvait qu’avoir un a priori positif sur lui à présent puisqu’il semblait très cher à Yoite. C’était rassurant de savoir que tout son entourage n’était pas opposé à ses décisions. Finalement, puisque Yoite s’était presque confié de lui-même cette fois, Kyôsuke osa poser la question qui lui brulait les lèvres depuis tout à l’heure.

« C’était quand que ça a commencé ? Tu avais quel âge ? »

La réponse était importante à ses yeux même si elle ne lui servirait probablement à rien d’autre qu’à se rassurer ou au contraire elle accentuerait son angoisse sur sa situation actuelle. Même s’il n’était pas sûr que Yoite soit vraiment un exemple à suivre… Certes il souhaitait se connaitre un peu plus mais il ne comptait pas non plus finir aussi dévergondé que son ainé. Il hocha tout de même la tête avec un air presque déterminé quand Yoite sembla prêt à le soutenir.
D'habitude il avait tendance à laisser le temps passer, les choses se faisaient et se défaisaient toutes seules au bout d'un moment et lui il se laissait porter par le courant tranquillement, il faisait ses choix par rapport à son humeur du moment au lieu d’y réfléchir sérieusement. Mais Yoite avait raison, sur ce coup il ne pouvait pas se contenter d'attendre que la réponse tombe du ciel. Il avait même déjà fait le premier pas pour rechercher ses réponses en osant avouer à Yoite son manque d’expérience et c'était assez encourageant. Yoite ne s'était même pas moqué de lui alors qu'il était persuadé qu'avant leur dispute il ne se serait pas gêné pour le faire.

Avant leur dispute le sujet de sa sœur n’aurait sans doute pas non plus été remis sur le tapis. S’il avait évoqué cette histoire le jour de leur rencontre très maladroitement, l’heure était maintenant venue de démêler toute cette histoire plus clairement. Yoite avait des questions et c’était bien normal.
Kyôsuke ne regrettait pas la naissance de sa sœur malgré que ses paroles aient pu être interprétées de cette façon. Il y avait souvent songé mais c'était impossible pour lui de lui en vouloir après tout le temps qu'il lui avait consacré. Peut-être que si elle n'avait pas été là ses parents n'auraient pas divorcés, mais qui sait si Kyôsuke aurait été plus heureux qu'il ne l'était maintenant. S'il était resté fils unique avec eux il aurait surement toujours le sentiment de ne pas être à sa place à l'heure actuelle. Les choses se seraient déroulées différemment c'est sûr, mais impossible de savoir si ça aurait été mieux. Ici il avait des amis, il s'occupait tranquillement à son rythme et ses parents ne lui manquaient pas, il leur en voulait toujours de les avoirs délaissés, sa sœur et lui, au moment où ils auraient eu le plus besoin d’être soudés. Voir comment ses parents avaient changé ne lui donnaient pas envie de retourner avec eux, il ne souhaitait même pas que les choses redeviennent comme avant la naissance de sa sœur puisque maintenant il savait que l’équilibre apparent de cette période avait pouvait être brisé au prochain obstacle.

« Non pas du tout, ce n’est pas sa faute. J’aime tous les moments que je passe avec elle, plus qu’avec tout le reste de ma famille, c’est eux les fautifs. »

Il s’efforçait de ne pas parler au passé et c’était une sensation étrange, comme s’il évoquait une chose encore en cours alors que pour lui, tout ça c’était du passé. Il était bien conscient que comme ça il allait donner l’impression qu’il avait abandonné sa sœur en venant ici mais il ne voyait pas comment faire autrement. Si ça éveillait les soupçons de Yoite… Sa capacité à improviser serait mise à l’épreuve. Un peu d’entrainement ne lui ferait pas de mal, si on voiyait les choses d’un côté positif.
Pour ce qui était de la reconnaissance on ne pouvait pas dire que le bilan ait été très positif. S’il avait pensé que le fait de se teindre pour la première fois les cheveux en bleu alarmerait ses parents, ils avaient été trop occupés avec leurs problèmes de couples suite à la naissance de leur seconde fille et de sa maladie pour y prêter attention, et sa mort n’avait fait qu’empirer les choses. Maintenant ils appelaient rarement Kyôsuke et les rares fois où ça arrivait leurs conversations ne duraient pas très longtemps et elles se composaient essentiellement de banalités ennuyantes qui ne faisaient en rien évoluer leur situation. La distance s’installait de plus en plus et le fait de vivre séparément s’ancraient petit à petit dans leurs esprits puisque de chaque côté, personne ne semblait décidé à faire quoique ce soit pour arranger les choses. Kyôsuke ignorait ce que ses parents pensaient réellement de tout ça puisqu’ils n’en avaient jamais parlés ensemble, mais à présent il n’avait même pas envie de faire des efforts pour comprendre. Personne n'avait essayé de le retenir dans son choix de partir étudier à Chisê. Certes maintenant ça le confortait dans l'idée qu'il avait pris la bonne décision mais au début ça lui avait brisé le cœur.
Pour ce qui était de sa sœur, il ne risquait pas de recevoir de la reconnaissance de sa part mais évidemment Yoite ne pouvait pas le savoir. De toute façon comme il l’avait dit, il n'avait pas décidé de se teindre les cheveux pour qu’elle lui soit reconnaissante plus tard de l’avoir soutenue, -bien conscient que ce « plus tard » n’arriverait peut-être jamais- mais il l’avait fait pour lui-même, pour se débarrasser de la frustration que seul sa sœur soit victime de moqueries. Au fond de lui Kyôsuke était satisfait d’avoir passé tout le temps qu’il avait pu avec sa sœur, s’il était conscient de ne pas toujours avoir fait les bons choix, celui-ci lui lui apportait au moins le réconfort de ne pas avoir de regrets pour tous les autres.
Il n’avait plus besoin de la reconnaissance de ses parents maintenant et il tenait à ce que ce soit clair.

« Oui c’était frustrant, mes parents m’ont laissé faire tout ce que je voulais, même quand je suis parti de la maison ils ne s’y sont pas opposés. Mais ce n’est plus très important, maintenant je suis ici et c’est mieux je crois. »

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MessageSujet: Re: The first step.   Sam 29 Oct - 15:15

Contrairement aux apparences, Yoite en avait aussi bavé à cause de ses cheveux et du choix de ses lentilles jaunes mais son homosexualité étant un sujet bien plus facile à critiquer, ses détails physiques étaient passés à la trappe plutôt facilement. D'ailleurs, s'il n'avait pas eut des amis fidèles et un caractère "grande gueule", nul doute qu'il serait redevenu brun et dans la norme en très peu de temps. Yoi était contre la routine, contre les clichés et la société qui veut tout contrôler mais en tant que petit être humain faible et solitaire, il ne pouvait pas lutter de toutes ses forces. Il était donc hors de question qu'il gâche sa seule petite vie pour ... rien. Mais il avait résisté et son enfance n'avait pas été la pire au monde. Certes, ses parents étaient comme divorcés, son frère le détestait sûrement et sa petite sœur restait naïve dans un monde de bisounours où son 'nii-san" était le meilleur mais ... tant pis.

D'ailleurs, il se sentit un peu comme un Nii-san là aussi, à devoir parler de sa première fois avec un plus jeune, comme s'il était un modèle à suivre. Évidemment, Yoite savait que ce n'était pas le cas et que Sa-chan se posait juste des questions, sûrement pour savoir s'il était normal. En soit, le rebelle avait des réticences à lui en parler car il craignait de lui ouvrir les yeux sur le monde des homosexuels alors qu'une fille toute douce et choupinette pouvait tout aussi bien combler les attentes de l'odd.
Mais que dire? Kyôsuke était un grand garçon, il savait différencier le bien du mal et Yoite n'était pas réellement son grand-frère. En plus, s'il s'avisait de lui dire "fais ceci et pas cela", ça risquait de remettre de la tension entre eux et ils avaient fait beaucoup trop d'efforts aujourd'hui pour se quereller sur un tel sujet. Non, il devait simplement lui dire la vérité, le reste se ferait petit à petit.


"J'avais 16 ans. Je fréquentais le club de natation de mon ancien lycée et là-bas, j'avais un ami avec qui je passais tout mon temps. Il a été mon premier, j'avais même jamais embrassé une fille jusque-là et j'ai tout de suite su que c'était pas une erreur. J'avais pas de regret, pas de honte même si je savais que c'était 'pas normal'. Et c'est mon oncle qui m'a aidé à gérer tout ça à cette époque."

Ça lui faisait bizarre de reparler de Chika aujourd'hui, en sachant à quel point il se sentait dépravé désormais. A cette époque, il avait été certain d'éprouver quelques sentiments novices et sincères pour le garçon, du moins jusqu'à ce celui-ci ne le laisse en plan. Il se rappelait de tous les détails, de toutes ses nouvelles sensations qui paraissaient presque dérisoires maintenant. C'était moche de vieillir.

Mais le japonais avait conscience que vieillir lui permettait aussi de mieux se rappeler de certaines choses. Toute son enfance était floue, les détails inexistants, il ne se rappelait que de vagues moments grâce à des photos ou autre. Mais il se souvenait très bien de l'été dernier, ou encore de cette fois où sa petite sœur avait hurlé à la mort jusqu'à ce qu'il rentre pour lui faire un gros câlin. Il appréciait davantage les moments qu'il vivait maintenant que ceux d'avant et rien que ça, ça le faisait avancer. Sa mère pouvait bien penser ce qu'elle voulait, il s'en contrefichait!
Et Sa-chan semblait pareil. Sa famille paraissait avoir souffert aussi de son côté, les blessures étaient toutes ouvertes et la rancune de l'odd était palpable. Sans nul doute que cette petite sœur lui manquait, si loin de cette nouvelle école. D'ailleurs, ça rappelait à Yoite qu'il avait rencontré Kyôsuke pendant les vacances scolaires, enfermé dans la bibliothèque. Pourquoi n'était-il pas rentré voir sa sœur? N'avait-il pas eu le courage d'affronter les critiques de ses géniteurs?


"Tu devrais profiter de ta sœur, tu sais. J'ai pas souvent envie de rentrer chez moi pour affronter mon prétentieux de frère ou mon père désabusé, mais je rentre pour Sakura. Pour son sourire, pour lui montrer que je suis là. Quand elle aura quitté la maison, tout sera différent, j'y remettrai jamais les pieds."

Et ce sera sans regret.
Yoite venait d'une famille riche et il était certain que s'il demandait à son père aujourd'hui de l'argent pour un appartement en ville, celui-ci ne lui dirait pas non. Il pouvait aussi bosser mais c'était hors de question! Il aimait son temps libre, ses soirées en ville, ses heures perdues à ne rien faire mais aussi ... les repas déjà prêts en rentrant, la maison propre et l'insouciance d'une vie de famille. Alors il prenait sur lui pour rester poli, pour respecter son paternel jusqu'à ce qu'il soit mis à la porte.
L'I don't care aurait aimé demander à Kyôsuke si sa sœur s'en sortait sans lui avec sa famille, s'il ne craignait pas qu'elle se sente abandonnée ou rejetée mais il n'avait pas vraiment l'envie de lui fourrer des idées néfastes dans la tête. Yoite ne savait pas d'où venait Sa-chan, s'il habitait à des centaines de kilomètres d'ici avant de venir migrer vers Hoshi mais l'absence de sa petite sœur devait suffisamment peser sans qu'il en rajoute une couche!

En plus, Kyôsuke paraissait plutôt heureux de vivre désormais ici même s'il avait, semble-t-il, un mal fou à exprimer ses sentiments. Avec ce qu'il avait appris niveau familial, Yoite avait comme l'impression que la famille de Sa-chan était responsable de tout ça et qu'il aurait été dans le même état, sinon pire, si son oncle n'était pas intervenu. Est-ce qu'il était donc raisonnable de penser qu'il n'était pas trop tard pour Kyôsuke? Yoite ne se sentait pas assez fort pour faire avec Sa-chan le travail qu'avait fait son oncle avec lui. Il lui en avait fait baver à ce vieil homme, il l'avait insulté, rejeté, il s'était moqué de lui mais celui-ci n'avait jamais abandonné et ça avait payé.
Eux, deux jeunes hommes un peu perdus, ne seraient pas capables de résister à tant de méchancetés. Le caractère de Yoite était trop susceptible pour ça et il ne pouvait pas se donner un tel rôle sans craindre le pire. Quand à Kyôsuke ... il lui cachait sûrement encore trop de choses pour que le rapport confiance soit total. C'était carrément impensable.


"Sans vouloir te vexer, t'as déjà essayé d'aller voir un psy? De te confier tout simplement? C'est très dur mais c'est aussi vraiment nécessaire. Moi j'y vais pas car je me ferais interner ... et je sais que tu peux pas te passer de moi."

Basé sur son physique, son orientation sexuelle, ses rapports familiaux, ces bagarres imprévues et son parcours scolaire un peu désordonné, il risquait de finir shooter aux médocs et c'était pas le but. Yoite avait conscience que sa vie était un peu bizarre, qu'il y avait de sacrés problèmes dont il devait s'occuper mais il avait appris à se mettre en première ligne aussi, à vivre SA vie en bon japonais égoïste pour ne pas avoir de regret.
Il acceptait d'être là pour Sa-chan, d'être son confident s'il avait quelque chose à lui dire, d'être celui qui lui changera les idées avec des conneries ou des sorties imprévisibles, d'être son ennemi les jours de quiproquos ou de mauvaise humeur. Tout ce qui comptait, c'était qu'il serait là. Il ne pouvait pas faire plus et ne voulait pas faire moins. Le taquiner comme il venait de le faire était juste une tentative pour alléger l'ambiance, restaurer cette complicité qu'ils avaient fini par trouver au fil du temps.


"Tu n'as personne pour te surveiller, alors lâche-toi! Va voir n'importe quelle fille qui te plaît et deviens un homme! Après, tu me raconteras."

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MessageSujet: Re: The first step.   Mer 7 Déc - 22:52

Kyôsuke n’avait pas imaginé que Yoite entrerait autant dans les détails en répondant à sa question. Il fixa de plus belle le sol de gêne. Si ça continuait comme ça il aurait bientôt un torticolis et connaitrait exactement le nombre de gravillons qui recouvraient l’allée. Il était conscient que lui raconter ça revenait à lui apporter du soutien, Yoite essayait de l’aider évidemment mais il était incapable de réagir autrement ou d’être un peu plus enthousiaste. Tant pis s’il passait pour un ingrat, sa première priorité pour le moment était d’empêcher que ce qu’il entende ne se transforme en image dans sa tête. On se concentre et on cherche ce qu’il y a à tirer de cette histoire. Évidemment leurs situations étaient très différentes, même si Kyôsuke en était parfaitement convaincu son inquiétude avait redoublé d’intensité quand il avait appris que Yoite avait franchi le cap à 16 ans. Il ne voulait pas se comparer à quelque chose d’incomparable, mais il n’y pouvait rien. Malgré toutes les difficultés qu’il avait traversées, Yoite n’avait pas perdu son temps. L’imaginer à 16 ans était à la fois drôle et effrayant. A coup sûr il était encore plus turbulent qu’aujourd’hui.

Les conseils qu’il lui donna sur sa sœur étaient tout aussi peu pertinents que les précédents, sans qu’il ne puisse toujours rien en savoir. Évidemment Kyôsuke ne lui en tenait pas rigueur, il releva même les yeux vers lui. Quand il parlait comme ça il passait presque pour quelqu’un de responsable. Kyôsuke n’était pas dupe, mais tout de même, la dévotion de Yoite auprès de sa sœur était admirable.

« Je fais ce que je peux… Tu fais un meilleur grand frère que moi. »

Encore une fois il se comparait à Yoite, mais il ne pouvait pas s’empêcher de se demander ce qui se serait passé si sa sœur n’avait jamais été malade. Est-ce qu’elle aurait accepté un adolescent apathique et paumé dans son propre corps comme grand frère ? Qui voudrait de ça, franchement ? Il aurait même pu avoir une mauvaise influence sur elle alors qu'il n’aurait surtout pas fallu qu’elle tourne comme lui. Il n’y avait qu’à voir les quelques années ou Kyôsuke avait détenu le titre de grand frère, il avait enchaîné les mauvaises décisions. Non, c’était tout sauf un bon frère.

Un petit sourire chassa ces vilaines pensées en traversant son visage lorsqu’il entendit la plaisanterie qui ponctua la phrase suivante de Yoite. Elle était d’une innocence rare, Kyôsuke voulait l’encourager dans ce sens alors il ajouta un « Oui » presque spontané, même s’il n’était pas vraiment d’accord avec le fait que Yoite soit bon à être interné. Malgré tous les trucs bizarres qu’il pouvait faire, il n’était pas atteint à ce point-là… Mais il n’était pas question de lui dire, ça lui ferait trop plaisir.
Pour sa part il n’était jamais allé chez une psy. Ce n’était pas les occasions qui avaient manqué pourtant, avec le temps qu’il avait passé à faire des allers-retours l’hôpital les médecins avaient fini par connaitre la situation dans laquelle il se trouvait et on lui avait proposé de nombreuses fois. Mais il avait toujours réussit à y échapper, par principe et aussi un peu par peur de l’inconnu, même s’il avait plus de mal à se l’avouer.

« J’ai pas envie de me confier à quelqu’un que je connais pas, surtout s’il est payé pour ça. »

La réponse était catégorique, son opinion se baisait uniquement sur des préjugés personnels, mais il n’avait aucune confiance en ce genre de thérapie. S’il avait besoin de se confier il se contentait de se parler à lui-même ou à des objets inanimés, ce qui revenait au même finalement. Il arrivait plus ou moins à s’en sortir comme ça, même s’il y avait des périodes plus dures que d’autres. Yoite pensait-il vraiment qu’il avait besoin d’une aide extérieure ?  Il n’était pas vraiment vexé mais plutôt interloqué, il ne voyait vraiment pas ce qu’un psy pourrait bien faire de plus pour son cas. Ce n’est pas comme si ces gens possédaient une baguette magique à redonner confiance en soi, non ? C’était pourtant ça dont il avait besoin en ce moment. Sinon qu’il gère ses émotions seul ou avec un inconnu, il ne voyait pas la différence excepté que l’une des solutions était beaucoup plus contraignante.

« Est-ce que j’ai pas l’air bien ? C’est pour ça que tu dis ça ? »

Il n’y avait pas d’animosité dans sa voix, cela ressemblait plutôt à de l’inquiétude en fait. Il se demandait simplement quelle image il avait pu renvoyer jusque-là pour que Yoite en arrive à lui proposer de se faire soigner. Et ce n’est pas la dernière réplique qu’il lança qui lui redonna confiance. Était-ce vraiment une façon sincère de l’encourager ? Il avait l’air sérieux pourtant ce genre de remarque ne marchait pas avec Kyôsuke et il devait s’en douter. Il ne tenait pas vraiment à faire ça avec n’importe qui comme on lui suggérait et surtout pas raconter ce genre de choses à Yoite…

« Hum, c’est pas vraiment comme ça que j’envisage les choses mais merci de ton soutien… »

De toute façon une fois encore cette stratégie était plus facile à dire qu’à appliquer. Ce n’était pas comme si les filles faisaient la queue pour lui parler. Et même si c’était le cas le plus dur resterait encore à venir. Forcément Yoite se posait moins de questions et il expliquait ça si naturellement qu’il aurait presque pu convaincre n’importe qui qu’en effet ça pouvait se faire en un claquement de doigts. Mais on ne pouvait pas lui en vouloir, il avait du succès, lui, et surtout il avait 25 ans, normal qu’il simplifie autant les choses dans cette situation. Alors Kyôsuke se contenta de soupirer en regardant Yoite qui semblait presque s’être métamorphosé en coach l’espace d’un instant, d’un air dépité qui en disait long. Mais c’était surtout de lui-même qu’il était lassé, comme il l’avait craint, en parler ne lui apportait aucune solution et il ne pouvait pas se résoudre à en dire plus.

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MessageSujet: Re: The first step.   Sam 14 Jan - 14:00

Dire qu'il y avait mis des détails n'était pas la bonne expression. Vu la tête de Sa-chan une fois qu'il eut fini de parler, Yoite su qu'il l'avait gêné, qu'il évitait son regard parce que le sujet restait sensible même entre deux mecs et pourtant, il avait pris la peine de ne sortir aucun mot trop cru, de ne pas raconter leurs ébats ni même de préciser les sensations qu'il avait ressenti. Quand son oncle avait fini par lui demander bien plus tard comment avait été sa première fois, il avait voulu tout savoir! Bien loin du monde homosexuel et toujours amoureux de sa femme décédée, Himura s'était révélé curieux sans jugement, là pour écouter et particulièrement friand des réactions de son neveu. Si Yoite avait été atrocement gêné de tout lui raconter à cette époque, il avait ensuite pris un malin plaisir à donner le moindre détail à son oncle sur ses conquêtes suivantes. Ils formaient une paire de crétins complets.
Le fait que Sa-chan ne pose pas de questions ne surprit pas vraiment Yoi. Déjà, son histoire allait peut-être le faire réfléchir, le faire agir et un jour, il allait venir le voir pour lui dire "voilà, je suis un homme maintenant alors arrête de te moquer"! C'était tout ce qu'il espérait!

La suite le laissa un peu perplexe. Un meilleur grand-frère, hein? C'était vrai qu'il était toujours là pour Sakura, qu'il accourait comme un Chevalier si elle avait des problèmes et qu'il paniquait si elle disparaissait de sa vue sans qu'il sache où la retrouver mais il était loin d'être un "bon" grand-frère. Sakura était aveugle à son égard, elle se faisait de lui une image pratiquement fausse. Ok il lui avait déjà dit qu'il "aimait les garçons" pour qu'elle sache à quoi s'attendre mais Kaji, son autre frère, était bien plus normal que lui. Il aidait Sakura à faire ses devoirs, il lui préparait ses repas quand leur père n'avait pas le temps, il gérait aussi les comptes de la famille quand l'envie lui en prenait. Yoite? Il allait chercher la midinette à l'école, la décoinçait un peu en lui faisant faire des choses que d'autres ne feraient jamais dans leur vie, il la taquinait sans arrêt. Il était un peu comme son mauvais côté et sans surprise aucune, c'était vers lui qu'elle se tournait toujours. Allez comprendre.


"On est tous différents. Peut-être que l'année prochaine, ma sœur me détestera pendant sa crise d'ado. Si tu fais ce tu peux, alors tu n'as pas à t'en vouloir."

C'était délicat d'en parler sans connaître tous les détails mais Yoite commençait à bien connaître Sa-chan et celui-ci ne faisait jamais dans la demi-mesure. S'il lui disait qu'il donnait tout ce qu'il avait pour sa sœur, alors c'était que ça devait être vrai. Pourtant, il avait un mal fou à l'imaginer heureux. Les fois où Kyôsuke souriait étaient rares et celles où il rigolait étaient inexistantes. N'était-il donc pas heureux d'être venu ici? D'étudier dans une des meilleures écoles du Japon? De pouvoir sortir avec des amis sans avoir de couvre-feu? Les plaisirs simples de la vie ne semblaient pas combler le poids de ses soucis.

Yoite esquissa un sourire et tapota gentiment la tête de Sa-chan quand celui-ci confirma qu'il était bon à interner. Ce petit passage plus léger lui fit un bien fou, comme si leur complicité était revenue le temps d'un instant. Certes, Yoite était susceptible mais ces petites blagues de très bon goût le faisait toujours marrer au possible. Il adorait ça quand Kyô l'embêtait en retour.
Mais à nouveau un sujet sérieux fut mis sur le tapis et Yoite se mordit la lèvre. Mmh, c'était délicat de lui répondre en toute franchise. Certaines personnes n'aimaient simplement pas montrer leurs sentiments mais ça voulait pas dire qu'elles étaient malheureuses. Et d'ailleurs, ceux qui rigolaient tout le temps pouvaient aussi cacher une vraie part de tristesse!


"Je suis loin d'être le mieux placé pour te répondre mais parfois, tu as l'air triste ou carrément absent. Je te disais pas d'aller voir un psy "parce que t'es cinglé" mais juste pour pouvoir parler à quelqu'un sans être gêné de le recroiser le lendemain. Les amis, c'est pratique mais ça peut vite devenir encombrant et t'as pas forcément envie qu'ils sachent tout de ta vie. Alors un inconnu, même payant, peut s'avérer plus simple. Mais si tu veux pas, alors t'y vas pas hein."

A cet instant, Yoite avait repensé à la fois où il avait dit à l'un de ses amis qu'il pensait avoir une MST. Son histoire avait fait le tour de l'académie simplement parce que son pote avait cru bon de retrouver son amant pour qu'ils puissent régler leurs problèmes. L'aide extérieure était parfois particulièrement maladroite même en voulant bien faire.

"J'ai été obligé d'aller voir le psy de l'école après mes TIG, et tout ce qui l'intéressait c'était mon côté homosexuel. Comme si j'avais développé une maladie rare, tu vois. Franchement, il était nul mais au moins je l'ai pas payé celui-là ..."

Yoite ricana de sa connerie.
Ces séances obligatoires avaient été longues et fastidieuses. Yoi avait fini par ne plus dire un mot en face de cet homme, à attendre simplement que les séances passent et s'arrêtent. Il était adulte et même si en tant qu'étudiant il était soumis au régime de l'académie, son caractère lui avait envoyé un signal d'alarme quant à l'idée de se confier à quelqu'un du service. Sa vie ne regardait que lui et lui seul!

D'ailleurs, Kyôsuke semblait penser la même chose mais de façon un peu perdue. Un jour, il lui demandait des conseils et l'instant d'après, il lui expliquait clairement qu'il allait faire à sa manière. Yoite ne s'était pas attendu à ce qu'il lui saute dans les bras tellement son idée était géniale mais tout de même, il aurait apprécié qu'ils discutent davantage, qu'ils échangent leurs avis, qu'ils finissent sur un désaccord même!
Allait-il oser pousser un peu plus loin? Que risquait-il à part perdre son ami pour toujours? ...


"Sinon on peut se cacher derrière un buisson, je te dépucèle et on n'en parle plus."

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: The first step.   Jeu 26 Jan - 17:30

Evoquer sa sœur avec Yoite commençait à devenir éprouvant. Kyôsuke savait qu’il n’était pas le meilleur acteur du monde, puis ça ne lui plaisait pas plus que ça de mentir encore une fois à son ami. Il avait envie que le sujet change, Yoite avait beau essayer de le rassurer à sa façon ça ne changeait rien. Il ne pouvait pas comprendre, alors Kyôsuke ne préféra pas s’enfoncer encore plus dans les mensonges et se contenta d’hocher la tête, feignant d’être convaincu.
Comment réagirait-il s’il apprenait la vérité ? Il serait surement déçu, peut-être même qu’il se mettrait en colère contre lui. Et pour en avoir déjà fait les frais ce n’était pas beau un Yoite en colère. L’idée que ça recommence l’effrayait, en fait le futur qu’ils auraient tous les deux était assez incertain et Kyôsuke ne pouvait pas s’empêcher de ressentir un peu d’appréhension. Mais le désir de le retrouver avait été plus fort, c’était bien pour ça qu’il était venu après tout, non ? Il allait se contenter de se laisser porter comme toujours et on verrait bien ce que cela donnerait…

Confirmant ses craintes, Yoite lui confia ensuite que quelque part, non, il n’avait pas l’air tout à fait « bien ». Il ne devait pas dire ça sans raison mais Kyôsuke ne se rendait pas vraiment compte qu’il pouvait avoir l’air triste. Ca faisait bien longtemps qu’il n’avait pas vraiment pris le temps de se regarder dans un miroir. Il se savait un peu moins expressif que la plupart des gens mais peut-être qu’il se surestimait et qu’en réalité il inspirait juste la pitié. Fallait-il qu’il se fasse violence pour sourire un peu plus ? D’un côté il avait envie de passer pour quelqu’un de normal, mais en même temps les efforts qu’il devrait faire pour arriver à se faire accepter l’ennuyaient profondément. Puis c’était les filles qui souriaient le plus et ça leur donnait un air affreusement naïf et faible. Il n’avait pas envie de paraitre docile comme ça, il sourirait quand il en aurait envie. C’est juste qu’il n’avait pas envie souvent. Oui peut-être qu’il était juste habitué à être triste finalement.

En tout cas le témoignage que Yoite lui rapporta des psys le refroidit encore plus quant à la perspective d’aller en consulter un. Son visage se tordit un peu. Est-ce qu’ils posaient vraiment des questions à propos de l’orientation sexuelle de leur patient ? Définitivement, Kyôsuke préférait en dire moins à quelqu’un de confiance plutôt que de tout déballer à un inconnu. De toute façon les psys ce n’était qu’une sorte de médecins, et les médecins il les fuyait depuis des années. Il n’avait pas envie de se dévoiler entièrement à quelqu’un, il préférait largement garder son jardin secret.
Par ailleurs un autre détail de l’expérience de Yoite avait piqué sa curiosité.

« Pourquoi t’as du faire des travaux d’intérêt généraux, toi ? »

Certes ce n’était pas les idées débiles qui manquaient à Yoite, mais en général ce genre de sanctions était appliqué dans des situations plus sérieuses que ses plans habituels. Il ne savait pas de quand datait cette histoire mais il n’en avait jamais entendu parler, cela devait remonter à avant leur rencontre. Bien que Kyôsuke n’était pas de genre à écouter des rumeurs, il n’aurait pas pu passer à côté d’une aussi grosse que celle-ci. Ce qui concernait Yoite l’intéressait un minimum, même s’ils avaient été en froid ces derniers temps.

L’ultime proposition de Yoite pour l’aider à régler ses problèmes sentimentaux fit tressaillir Kyôsuke de surprise, qui enchaîna sur un bon en arrière. Il avait beau avoir été taquiné régulièrement, cette attaque-là était particulièrement directe, il avait perdu l’habitude à force de ne plus fréquenter Yoite. Mais ce n’était qu’une plaisanterie… N’est-ce pas ? Si Yoite bougeait d’un centimètre avant qu’il n’en ait eu la confirmation il était prêt à se défendre en tout cas !

« Hein ?? M-Mais non.. il fait trop froid… »

Comme si le froid était la seule chose qui le dérangeait dans le plan qu’on lui proposait… Mais c’était la seule chose qu’il avait trouvé à répondre, dans la panique. Il n’avait plus la force de s’énerver après tous les efforts qu’il avait fournis pour parler à Yoite.

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MessageSujet: Re: The first step.   Sam 18 Fév - 13:25

L'évidence même que leur avenir amical était incertain ne traversait pas l'esprit de Yoite car il était persuadé que Kyôsuke était un mec, un vrai. Jamais il n'avait eut de doute sur une voix trop aigüe, sur des gestes trop féminins ou des formes désormais impossibles à cacher. Ok il ne s'était pas spécialement attardé sur le corps de Sa-chan non plus car il le considérait comme son ami précieux, le genre d'amis avec qui on ne PEUT PAS aller plus loin. Kyôsuke faisait partie de ceux qu'il pouvait compter sur les 10 doigts de ses mains. Il lui était précieux.
Et c'était ce qui rendait justement cet avenir certain si Yoi devait en arriver à apprendre ce fameux secret. Un jour peut-être, Sa-chan allait finir par lui dire la vérité, ou simplement se faire griller mais ce jour-là ... qui sait ce qui allait vraiment se passer. En attendant, le petit japonais était heureux comme tout de pouvoir discuter avec son ami comme il le faisait 1 mois plus tôt, comme si cette dispute n'avait pas eu lieu. Pourtant, au fond, il était assez satisfait de cette dispute, ça leur avait permis d'être francs l'un envers l'autre, de mettre à jour des désaccords qui devaient être réglés, d'instaurer un malaise certes mais d'approfondir leur lien. C'était tout bénèf'!

Les psys, les TIG, c'était assez difficile pour Yoite d'en parler car il craignait toujours que ça amène la question "pourquoi?" jusqu'à ce que ça remonte à l'origine de tout ça. Sa-chan n'avait pas connu son oncle et ne serait donc pas spécialement concerné s'il devait apprendre que celui-ci était mort mais s'il faisait le lien oncle mort = Yoite déchainé, il comprendrait que celui-ci avait dû avoir beaucoup de peine et le rebelle ne souhaitait pas sa pitié, surtout pas aussi longtemps après. Il voulait tourner la page, oublier ... sauf que voilà ... un premier "pourquoi?" fut posé et Yoite baissa les yeux.
Ça allait encore, il pouvait s'en sortir de celui-là.


"J'ai été impliqué dans une bagarre y a presque 2 ans. J'ai fini à l'hôpital donc l'académie a été au courant et "les fils à papa n'ont pas le droit de se battre", tu sais. Alors hop, puni! J'étais beau dans ma tenue de jardinier, t'aurais vu!"

Yoite eut un rire moqueur envers lui-même.
Sincèrement, il ne s'était pas regardé habillé comme ça mais y avait fort à parier qu'il avait été tout sauf sexy! La combinaison avait été trop grande en plus, vraiment sale, et ... bref, ça avait été chiant. Ce moment restait quand même un bon souvenir car il avait pu renouer contact avec Ethan, apprendre les dernières nouvelles de celui-ci et retrouver son ami d'avant. Bizarrement, d'une manière un peu maso, ça les avait rapproché ça aussi.
Yoite se demanda si ça allait suffire à satisfaire la curiosité de Sa-chan. S'il avait été attentif depuis plusieurs mois, alors celui-ci devait savoir que Yoite n'aimait pas la violence et ne se battait jamais, même quand il recevait le premier coup. Il était tellement plus compliqué de régler le tout avec des mots que les gens optaient pour le plus simple mais non, pas Yoite. Il n'était pas toujours à l'aise de devoir s'expliquer sur telle ou telle chose mais il avait, malgré lui, prit exemple sur sa mère. Jamais il n'avait eut de fessée, ou de gifle. Toujours des regards très expressifs, et surtout des mots. Sa mère l'avait éduqué avec des mots, froids et distants.

Quand, pour rire, Yoite proposa à Kyôsuke de faire de lui un homme derrière un buisson, il le perdit de vue quelques secondes, carrément surpris de ce bon en arrière qu'il fit comme si une attaque sexuelle était imminente. Cette réaction blessa un peu Yoite. Ils étaient encore loin d'avoir tout réglé mais il avait saisi le principal : pas de contact. Pourtant, ça avait été une blague grossière, Sa-chan aurait dû le savoir!


"T'es mignon, comme si c'était le froid qui te gênait le plus ..."

Cette délicatesse (volontaire?) de Sa-chan empêcha Yoite de lui dire ce qu'il pensait avec des mots secs et trop directs. Si son ami n'avait pas pu s'empêcher de réagir, ce n'était pas sa faute après tout. L'instinct ça se contrôle pas.
Toujours sans bouger car la tension restait palpable, Yoite se tourna simplement vers Kyô pour lui faire face et se remit à parler, d'une voix calme et très posée :


"Je blaguais, y aura jamais de ça entre nous. Je sais que mon côté tactile de l'époque te rend méfiant envers moi mais arrête, s'il te plaît. Je te l'ai promis, je vais tout faire pour éviter de te toucher de manière ambigüe car je tiens à toi, je veux pas qu'on se dispute à nouveau pour ça. Mais je peux pas changer du jour au lendemain et si mes mains doivent rester sages, alors tu vas devoir t'habituer à m'entendre dire des cochonneries. Je suis comme ça."

Et non, il n'en n'avait pas honte.
Yoite n'était pas un pervers qui ne savait pas se contrôler. Il pouvait très bien ne pas dire de cochonneries à Sa-chan mais il n'en n'avait pas envie. Celui-ci étant en plus encore puceau, ses réactions allaient tout simplement être merveilleuses. Le petit rebelle adorait être taquin et ce, envers tout le monde. L'inexpressif Sa-chan allait juste devoir apprendre à gérer ses émotions, à garder son sang-froid sinon les disputes qui les attendaient risquaient d'être tout aussi vilaines que celle passée.

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MessageSujet: Re: The first step.   Jeu 23 Fév - 21:50

La curiosité de Kyôsuke avait été piquée en entendant Yoite parler de ses travaux d’intérêt généraux. Il lui expliqua ce qui était arrivé avec étrange une assurance qui aurait presque pu presque passer pour de la fierté si son regard tourné vers le sol ne trahissait pas une certaine gêne. C’était une blague ? Yoite faisait à peine plus de sa taille et il s’était battu au point d’en finir à l’hôpital ? Ça avait l’air sérieux, Kyôsuke s’attendait bien à tout sauf à ça. Est-ce que Yoite avait pu tant changer en deux ans ? Avant, il se bagarrait et maintenant il ne rendait même pas les gifles qu’ils se prenaient. Cette histoire sonnait un peu bizarre, Kyôsuke n’avait pas envie d’entrer dans le jeu de Yoite qui essayait visiblement de focaliser l’attention sur sa punition plutôt que sur ce qui avait causé tout ça.

« Non, j’ai pas envie de voir ça… T’es vraiment un boulet. »

Imaginer Yoite se battre était à la fois désolant et ridicule, Kyôsuke avait du mal à se représenter la personne qui avait bien pu vouloir se battre avec cet espèce de cafard. Il avait beau être chiant il était inoffensif, non ?
Yoite le tira de ces songes lorsqu’il lui lança une remarque dont lui seul avait le secret, qui provoqua une prise de distance instinctive de Kyôsuke. Heureusement il eut vite la confirmation que Yoite n’était pas sérieux. C’était évident, mais il fallait croire que Kyôsuke n’était pas encore habitué à faire totalement abstraction de tout ça quand il était pris autant au dépourvu. Il fit un pas timide vers son ainé, se trouvant un peu bête sur le coup.

« Oui c’est vrai, t’as raison. Désolé, je suis fatigué. »

Oui oui fatigué alors que l’après-midi commençait tout juste. Ça ressemblait à une excuse mal improvisée pourtant c’était la vérité. Il avait l’impression de sortir d’un marathon. Cette rencontre avait été soudaine, il y a encore quelques heures il ne s’imaginait pas qu’il se retrouverait là à devoir se rabibocher avec Yoite qui avait fait le mort pendant plus d’un mois. Et surtout, ça avait été intensément stressant, il avait dû choisir chacun de ses mots et faire attention à ce qu’il disait, au lieu de se contenter d’écouter son instinct comme il le faisait d’habitude. Le stress et l’appréhension étaient montés d’un coup et  ils commençaient tout juste à redescendre sans prévenir, laissant Kyôsuke tout ramolli. Yoite avait tout de même interrompu sa grasse matinée et cela commençait tout juste à se faire ressentir.
Kyôsuke soupira, affligé de sa propre faiblesse et regarda Yoite en face, presque sans s’en rendre compte alors qu’il réfléchissait. Il n’avait qu’une envie : c’était de finir ce qu’il avait commencé, c’est-à-dire de retourner se glisser dans ses draps et de s’endormir. Il se connaissait bien, et il savait que s’il commençait à faire autre chose, ses pensées seraient focalisées sur ce qui venait de se passer avec Yoite. Hors il ne voulait pas ressasser cela alors que tout était encore si frais. Il n’avait pas envie de se dire des « J’aurais mieux fait de lui dire ça à ce moment-là », ni s’inquiéter de ce que Yoite pouvait penser de lui maintenant, ni de penser à ce qui les attendrait à l’avenir. Dormir, ça paraissait être la bonne solution pour éviter tout ça.

« Je crois que je devrais rentrer. »

Il jeta un regard hésitant sur le côté, pas certain de ce qu’il devait dire. Cette façon de dire au revoir était plutôt nulle, non ? Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien faire d’autre ? Il n’avait pas envie de faire comme si de rien était et de le saluer comme il le faisait naturellement toutes les autres fois où ils s’étaient vus, justement parce qu’à ce moment-là, ça ne lui paraissait pas naturel. Et comme il n’était pas non plus doué pour les grands discours de réconciliation, il se contenta de rassembler le peu de courage qu’il lui restait pour placer quelques mots, histoire de ne pas trop passer pour un ingrat.

« Merci de m’avoir rappelé. »

Il chancela un instant, doutant soudain de quel chemin il devait prendre pour rentrer à l’internat. Il fit un pas à gauche, avant de finalement décider de plutôt partir vers la droite alors qu’il n’était absolument pas sûr de son choix, adressant un petit signe de la main à Yoite avant de se retourner. Sortie triomphante, à la hauteur de tout le reste.

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