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La faute à pas de chance. [Clos]

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Ven 15 Mai - 16:58
S • Université - 3ième année
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HnM
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S • Université - 3ième année
[Fin d'année 2011]

Il y a toujours des jours sans et des jours avec. En règle générale, Yoite s'en sortait plutôt bien jusque-là, terminant plus souvent de bonne humeur que l'inverse et repartant vaquer à ses occupations avec un moral tout neuf dans un corps tout rafraîchi. Malheureusement, les pourcentages ont la vie dure et les exceptions ne sont pas là que pour faire joli : aujourd'hui était un jour sans. Sans quoi? Sans passion, sans plaisir, sans envie d'en faire plus pour tenter de rattraper le coup. La faute à qui? On va dire 50-50, les torts étaient partagés, ce mec qu'il avait prit dans la rue après que celui-ci soit passé au moins 10 fois devant lui sans oser lui parler devait avoir 19 ans au grand maximum. Un mineur en somme, dans ce pays mais qu'importe. Il était pas mal, sincèrement, mais il avait aussi tout l'air d'un inexpérimenté en la matière! Malgré tout, il lui avait laissé une chance, prétextant qu'il n'avait rien d'autre à faire pour le moment de toute façon (et c'était vrai).
L'action était longue, trop longue. Allongé sur le dos, nu et les jambes relevées, Yoite fixait le plafond en tentant de trouver une occupation qui lui ferait passer le temps. Les gémissements de son nouvel amant ne lui apportaient rien, ses coups de reins non plus et bien que son visage déformé par le plaisir lui envoyait quelques frissons de temps en temps, le résultat était catastrophique. Yoite aurait pu le lui dire, mettre fin à cet acte sans intérêt mais ils étaient dans un Love Hôtel et il n'avait pas envie de payer la note. Il avait même prévu de rester poli jusqu'au bout, de lui faire voir monts et merveilles pour la suite pour qu'il paye tout en se roulant presque à ses pieds. Mais son caractère prenait doucement le dessus alors que son envie déclinait rapidement, elle.
Par chance, ça se termina dans les 5 minutes suivant ses pensées et alors que l'autre s'allongeait sur le lit dans un état de "je suis usé!", Yoite se redressa pour enfiler son boxer. Les rendez-vous passés avec Wunjo avaient porté leurs fruits, le rebelle ne prenait plus jamais le risque sans préservatif. C'était moins agréable mais bon ... Restant assis, il alluma la télé en s'adossant contre le haut du lit, sans voir que son "nouvel ami" lui chipait son téléphone portable en douce. Au bout de quelques instants, Yoite entendit :


- C'est qui, lui ? Ton petit-frère ou ton amant ? Moi ... je te veux pour moi tout seul.

Comprenant aussitôt la situation, Yoite vit rouge sans perdre une seconde de plus. D'un coup de pied magistral, il l'envoya valser du lit alors que son portable faisait un petit vol plané avant de s'écraser un peu plus loin sur la moquette. Surprit, l'inconnu se redressa en cherchant des explications mais le rebelle n'était plus enclin à discuter :

"Je peux savoir pour qui tu te prends? C'est pas parce que t'as réussi à me sauter que tu peux fouiller dans ma vie privée! Dégage de là et que je revois pas ta tronche dans les parages! ... Oh et tu sais quoi? Essaye pas de me rappeler tant que t'auras pas appris à baiser!"

Des vêtements furent balancés et une porte claqua alors qu'un long soupir était poussé. Le silence s'installa doucement, faisant reprendre à la télé son rôle principal dans la pièce, avant que Yoite ne l'éteigne pour de bon.
Secouant la tête de droite à gauche, il récupéra son portable avant d'aller s'allonger sur le dos sur le lit. Il se sentait lassé de toujours devoir chercher quelqu'un pour passer un bon moment. Saden semblait injoignable ces derniers temps et les autres se trouvaient tous quelqu'un petit à petit. Un jour sans ...

Tiens? ... Cette photo. C'était qui déjà? Ah! Mais bien sûr, c'était Ôsen! Le regard rivé sur son téléphone portable, Yoite sentit sa joie de vivre refaire surface en moins de 2 secondes alors qu'il se redressait sur le lit. Ôseeeeeen, sa chère et tendre petite déprimée! Ça faisait bien ... ouh là, 1 an sûrement qu'il n'avait pas pensé à elle. Fallait dire qu'elle n'était vraiment d'aucun intérêt pour lui, toujours sombre, anti-sourire, prête à se suicider au moindre regard porté sur sa personne. Vraiment pas intéressante. Ahahaha, même ce plouc l'avait prise pour un mec, décidément.
Vêtements enfilés, coiffure réajustée et billets laissés [. . .], Yoite quitta le Love Hôtel en moins de 10 minutes, se retrouvant à nouveau dans les rues de Chisê alors que le soir déclinait enfin. L'ambiance s'améliorait en même temps que son humeur et le sourire à nouveau sadique, il chercha dans son répertoire avant d'appeler Ôsen. Comment? Un Unden curieux ne reste pas sans ressources. En attendant, il ne comptait pas trop sur sa chance de l'entendre décrocher pour balbutier un petit "allo?" mais il allait insister jusqu'à ce que! Persévérance, il adorait ça et puis, il avait déjà une idée de ce qu'il allait lui demander.
Un jour avec.
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Mar 19 Mai - 12:54
M • Université - 4ième année
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HnM
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"Et s'il n'y avait jamais d'accidents dans notre vie ?
Si tout, absolument tout, avait une signification ?
Si le hasard n'était qu'une illusion ?"



- Admettons qu'on te dise le jour et les circonstances de ta mort ! Tu ferais quoi ?

La bombe était lancée. Saki garda la même moue blasée qu'elle affichait depuis plusieurs minutes. C'était quoi cette question ?! Elle haussa les épaules et étira ses lèvres vers l'avant comme pour témoigner de son indécision. Cette fille en face d'elle... Yukiko apparemment, elle n'avait que cette question en tête depuis ce matin. C'était quoi son problème ? Elle ne parlait jamais avec Saki d'habitude mais là elle semblait vouloir son avis. Elle attendait, patiente avec un petit sourire en coin. Elle n'était pas du genre indiscrète ou médisante, elle était vraiment simplement curieuse de connaître sa réponse. Bien mal lui en prit... Quelques mois plus tôt, Saki avait perdu son père adoptif. Elle avait beaucoup de mal à s'en remettre et le fait d'aborder le sujet de la faucheuse ne la rendait que plus... amère.
Elle tourna la tête vers la fenêtre et regarda au loin pendant que ses yeux devenaient brumeux en repensant aux derniers instants de son "papa" et des révélations qui avaient suivies. Rien n'était drôle en ce moment...

- Alors alors Sakiiii-Chaaaaan !

Elle grogna intérieurement de l'entendre si familière alors qu'elles ne s'étaient quasiment pas adressé la parole de l'année...

"J'attendrais... impatiemment."

Evidemment, il y eut un blanc. Saki venait clairement d'afficher son envie de changer de monde. Elle ne le pensait pas... elle ne le pensait plus depuis qu'elle avait rencontré les bonnes personnes. Mais elle avait préféré lancer une phrase morbide pour qu'on lui foute la paix.
Yukiko avait au moins perdu son sourire niais et s'était contentée de retourner à sa place pendant que le cours reprenait. Saki secoua la tête alors que déjà de nouvelles rumeurs -provoquées certes- parcouraient les couloirs de l'école. Saki la suicidaire... Bof pourquoi pas.

Pourtant elle allait mieux dernièrement. Sa vie n'était faîte que de hauts et de bas. Sa rencontre avait Ashley puis avec Yoite l'avait déstabilisée, elle s'était retrouvée appauvrie de répartie et de confiance en elle-même. Heureusement des personnes avisées et généreuses s'étaient aussi immiscées dans sa vie. Elle esquissa un petit sourire tout timide en pensant à Saitô et tapota discrètement des pieds sur le sol, elle avait envie de le voir et d'aller prendre un chocolat chaud plein de crème avec lui. Elle ne lui avait pas parlé de ses récents problèmes mais elle savait qu'en l'occurrence, si un jour l'envie lui en prenait, il l'écouterait.
Et la personne qui l'écoutait et la soulageait dernièrement c'était Shiki. Elle lui avait témoigné son angoisse et même si les premiers rendez-vous avaient été plus que distants entre eux, elle sentait qu'elle comptait pour lui et elle se sentait protégée lorsqu'il était à ses côtés. Bien sûr, son emploi du temps était chargé et ils avaient un peu de mal à se voir mais un simple petit mail de sa part la rendait toute guillerette.

Elle n'avait pas revu l'idiot à la teinture bleue depuis des mois. Il n'était pas au lycée et ça l'arrangeait bien de ne pas le croiser même si chaque détour de couloir l'oppressait par peur de tomber direct sur lui. Chaque jour qui passait depuis leur dernière rencontre la confortait un peu plus dans l'idée qu'il l'avait oubliée et qu'elle devait faire pareil. Ce n'était pas si facile mais si elle se concentrait sur ses amis... ça devrait le faire.

Lorsque la sonnerie retentit, Saki rangea ses affaires et sortit sans préavis. Elle n'avait personne à attendre et personne qui l'attendait non plus. Elle se fichait pas mal de ne pas avoir d'amis et certaines personnes de sa classe étaient vraiment trop bizarres... trop... tactiles. Dangereuses.
Elle traversait tranquillement la cour en se rendant compte que son jean traînait par terre quand son téléphone vibra. Elle s'arrêta curieuse et regarda l'écran : Inconnu. Elle haussa les épaules et raccrocha, simplement. Elle reprit sa route vers l'hôpital, elle travaillait à la cafèt' là-bas et elle allait voir Lin. Elle était contente. Il était gentil et amusant. Elle passait son temps à parler de tout et de rien avec lui pendant qu'il mangeait une glace. Il ne la jugeait pas sur son attitude et elle faisait pareil. Ils s'entendaient bien.

* * *

Son téléphone sonna encore par la suite, deux fois, quatre fois... Au bout de la cinquième fois, Saki commença à s'inquiéter, c'était peut-être important finalement cet appel, ou alors c'était un imbécile qui voulait la faire chier. Elle avait fini son petit "service" et rentrait au pensionnat par un soir frisquet mais agréable. Lorsque son téléphone sonna encore, elle s'arrêta, nerveuse. Ce genre d'appel c'est jamais bon signe. Si c'était important, la personne aurait laissé un message. Si c'était quelqu'un qu'elle connaissait, elle aurait son numéro d'enregistré.
Elle sentit sa main trembler lorsqu'elle approcha son doigt de la touche "Répondre". Inconsciemment, elle avait une drôle d'impression... Comme si elle savait que cette conversation allait gâcher sa journée... sa soirée, sa semaine ?

Prenant son courage à deux mains, elle décida qu'il était temps pour elle de laisser son passé en friche et d'affronter ses peurs et ses fantômes. Elle posa son téléphone sur le petit muret à côté d'elle en attendant un nouvel appel et sauta sur place pour se réchauffer tout en s'activant pour garder cette onde d'adrénaline qui la traversait. Lorsque la sonnerie retentit de nouveau, elle murmura un petit "Yosh !" en serrant les deux poings pour se motiver et décrocha. L'heure de la révélation avait sonné.
Son ventre se serra par avance de ne pas savoir à quoi s'attendre et elle entendit sa voix trembler lorsqu'elle prononça :

" Allô ?"

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Jeu 21 Mai - 18:48
S • Université - 3ième année
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S • Université - 3ième année
7 fois . . . Attendez . . . AU MOINS 7 fois! C'est qu'elle avait encore du culot de ne pas décrocher cette vilaine. Certes, le numéro de Yoite n'était évidemment pas enregistré dans le répertoire de Saki mais n'avait-elle pas une once de curiosité en elle? Ne souhaitait-elle pas savoir qui était derrière ces appels incessants? La réponse cliché des gens peureux "ils ont qu'à laisser un message" énervait Yoite, il ne voyait pas en quoi répondre "Allo" à un numéro même inconnu changeait sa vie. Au pire, personne parlait ou bien c'était une erreur, pas de quoi baliser. Son portable n'était pas toute sa vie comme certains mais sa vie sociale dépendait quand même beaucoup de ce petit machin qui savait vibrer tout seul comme un grand. Ses relations les plus lointaines restaient connectées grâce à lui et ça, c'était pas rien. Même sa princesse avait un téléphone maintenant et parfois, les jours de bonne humeur extrême, ils s'envoyaient des conneries par sms ...
Alors là, 7 fois, c'était un record pour Yoite d'insister autant. Dommage pour Saki, oui mais vraiment, elle avait le don de lui changer les idées et tant pis pour elle si ce n'était pas en sa faveur. En tout cas, à quelques appels près pour ce soir, il aurait fini par abandonner, aurait retrouvé une humeur dégradante et serait rentré chez lui ou ailleurs en traînant la patte. Ce n'était que partie remise! Peut-être lui aurait-il laissé un message du genre "à demain" mais il fallait alors se dire qu'elle risquait de ne jamais décrocher ... Seulement voilà, elle décrocha. Son petit "Allo" un peu douteux conforta le rebelle dans le fait qu'elle n'était déjà pas à l'aise avant même d'avoir entendu sa voix. Qu'allait-elle faire en découvrant son identité? Se mettre à chouiner? Oser lui raccrocher au nez? C'était possible mais le mal serait fait et ses tremblements risquaient de remonter en flèche surtout que Yoite n'était pas du genre à lâcher prise comme ça. Le lycée n'était pas bien loin après tout ...


"... Ôsen ... Devine qui pense à toi?"

Sincèrement, il faisait flipper. Il aurait lui-même entendu ce genre de remarques à l'autre bout du fil, il aurait aussitôt pensé qu'un psychopathe en voulait à sa vie. Il devait se contrôler, ce petit jeu entre eux ne devait quand même dépasser les limites du raisonnable, ce serait moche d'être intercepté par la police pour harcèlement. Yoite avait beau être un rebelle, il n'était encore qu'un gosse et le fait d'en être conscient, le rendait juste un tout petit peu plus mature que l'année dernière mais ça se jouait vraiment pas à grand chose. Il devait retrouver son ton d'arrogance, son chantage à deux balles et son air détâché-insistant. D'ailleurs, il était temps d'exposer son plan fait à la va-vite, les choses avaient stagné depuis trop longtemps!

"Écoute-moi bien Ôsen car je le répèterai pas. Ce soir je m'ennuie et pour éviter que ça ne recommence demain, tu vas venir à la piscine après tes cours. Je sais que tu viendras car j'ai toujours notre petite photo ... Tu voudrais quand même pas qu'on te pense avec moi, hein? Et puis une rumeur ... ça empire vite, faudrait faire attention."

Sincèrement, il avait envie de rire. Si tout à l'heure, il s'était trouvé flippant, là il se trouvait ridicule. Un chantage pareil risquait de ne pas fonctionner mais il n'était plus à ça près. La traquer à la sortie des cours pouvait aussi devenir une solution mais il devait avouer qu'il n'avait pas envie de perdre son temps à la chercher. Saki faisait partie du club de natation, elle ne venait pas souvent - logique - mais elle était là alors sa présence ne risquait pas de choquer outre-mesure. Quant au rôle de Yoite là-bas ... cette petite déprimée ne savait pas spécialement nager alors un petit cours perso n'allait pas alerter les autres.
Yoite réprima un bâillement en mettant sa main devant sa bouche. Y avait pas à dire, cette soirée était vraiment pourrie, ce mec l'avait usé en étant aussi nul et au lieu d'être rafraichi genre "prêt à faire la fête", il avait juste envie d'aller se coucher ... à l'heure des poules! Décidément, 22 ans ça pèse!

Se mettant alors en route tout en gardant le téléphone collé à son oreille, Yoite se laissait facilement distraire par les gens à l'extérieur. Les réverbères donnaient déjà leur petite lueur nocturne, emplissant d'un trait jaune les trottoirs de la ville. Les fréquentations changeaient, les costards-cravates semblaient sortir de nulle part, tel des fourmis, pour aller se nicher dans le premier bar venu, que ce soit professionnel ou pas d'ailleurs. Ce n'était pas un train de vie qui dérangeait vraiment Yoite, il se voyait éventuellement porter un costard plus tard, un petit attaché-case pour toujours garder sa paperasse sur lui mais ... comment garder son air "jeune et rebelle" s'il devait perdre ses cheveux bleus. Ouais, chacun sa vision des choses ...
En attendant, il aimait beaucoup cette ambiance et c'était dommage de déjà rentrer mais vraiment ... marre. Ses jambes n'avaient plus envie de le porter, il commençait à baver en pensant à son lit. Aussi, il ajouta :


"T'as quand même vraiment pas de bol. Tu sais que je t'avais oublié? ... et c'est grâce à notre petite photo que j'ai repensé à toi. C'est mignon ... nan?"
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Ven 22 Mai - 23:35
M • Université - 4ième année
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HnM
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Comme si un vent glacial avait décidé de changer brusquement de direction pour venir claquer ses petites joues tendres et roses, Saki sentit son cœur rater un battement quand elle reconnu la voix au téléphone. Son corps entier marqua un temps d'arrêt. Elle était déjà debout sans bouger mais elle sentit ses genoux s'entrechoquer l'espace d'un instant. Des frissons se mirent à se faufiler sur ses bras, puis jusqu'à l'échine de son dos, provoquant au final un tremblement succinct. Elle ne répondit pas. Le silence était beaucoup plus éloquent dans son cas.

Yoite.

Des mois avaient passés depuis leur dernière "rencontre". Elle ne l'avait pas oublié, certes non, jamais... mais elle avait apprit à positiver, à voir au-delà des événements troublants de sa vie. Elle se forçait à se battre contre ce vent si violent qui s'acharnait à la faire reculer. Elle tremblait, ses vêtements semblaient vouloir fuir eux aussi, mais elle continuait d'avancer, pas à pas, abandonnant au passage quelques larmes emportées par l'insatiable mistral entêté.
Au-delà des sarcasmes de cet imbécile aux cheveux bleus, Saki avait vécu bien des souffrances et même si aujourd'hui, elle se considérait comme étant plus à-même d'affronter ce genre de bêtises, elle s'avoua déstabilisée à l'instant même où sa voix se faufila dans son oreille. Il l'avait marquée bien plus qu'elle ne l'aurait pensé. La période pendant laquelle il l'avait harcelée était beaucoup trop instable pour qu'elle s'en remette aussi facilement qu'aujourd'hui.

Sac en bandoulière posé parterre à côté d'elle, Saki oublia tout le reste. Le monde autour d'elle s'effaça comme pour laisser place uniquement à cette petite bulle de souvenirs indésirables.
Comme s'il était impatient d'entendre encore sa voix, Yoite reprit la parole. Il allait droit au but.
Venir à la piscine ? Demain ? Alors là tu peux te pendre, je viendrais pas ! C'est ce que pensa Saki mais elle ne répondit rien. Le courage était parti quand elle avait répondu au téléphone. C'était Yoite. Il pouvait très bien lui taper dessus, il n'était pas en reste avec elle. Le temps avait passé mais comme il semblait toujours aussi immature et con, elle ne serait pas surprise qu'il ait décidé de jouer un cran au-dessus. Ce genre de déséquilibré ne se rendait parfois pas compte des erreurs qu'il commettait et il ne fallait jamais les provoquer alors autant jouer la carte de la fille soumise. Ça pourrait peut-être marcher...

Elle s'apprêtait à répondre quelque chose de négatif sans être trop agressive mais la suite de sa phrase la bloqua. Une photo ?
Elle se tapa le front tout en fermant les yeux. Merde... elle l'avait oublié celle-ça aussi improbable que ça puisse paraître. Beaucoup de gens diraient que c'est qu'une photo, tout le monde s'en fout, après tout, elle n'aurait qu'à dire que c'est un pauvre type qui raconte des bobards mais que penserait Shiki en la voyant avec ce genre de personne ? Elle ne le connaissait que si peu. Leur relation était si fragile et si délicate et si ce genre de comportements puérils venaient entacher cette idylle qu'elle affectionnait tant, elle risquait de perdre à jamais cet être adorable malgré sa popularité débordante.

Elle serra des dents, le cul coincé entre deux chaises. Il aurait été sûrement plus facile de prendre les choses par leur début et d'expliquer la situation à son ami précieux, mais elle ne pouvait pas. Elle avait trop honte d'être aussi faible, trop honte de n'être qu'elle-même, une fille banale et sans intérêt, une pauvre fille incapable de régler ses propres problèmes alors que Shiki se battait pour les siens.
Elle pensa aussi à Saitô qui donnerait sûrement tout de sa personne pour lui venir en aide là tout de suite en combattant le dragon de son épée de fer pour sauver la demoiselle en détresse, mais où était l'intérêt de récupérer une princesse en guenilles ? Cendrillon de nos jours, ça vaut plus rien du tout. On sait tous que les Princes ne s'intéressent plus à la personnalité, mais juste à la beauté. Comment lui prouver qu'elle avait fait un pas en avant si aujourd'hui elle l'appelait à l'aide comme une pauvre merde écrasée sous une chaussure ? Elle voulait tellement lui prouver qu'il pouvait être fier d'elle...

Lorsque Yoite reprit la parole pour insinuer ironiquement qu'il l'avait oublié, elle lâcha prise. Ses phalanges perdirent leur couleur blanchâtre d'être trop serrées et tout son corps se relâcha. Elle baissa la tête comme pour fixer ses pieds et alors que le vent se faufila entre les mèches de ses cheveux les faisant tomber sur ses yeux comme pour masquer l'humiliation qu'elle subissait, elle abdiqua, lâchement.

"Ok c'est bon tais-toi... Je viendrais."

Et elle raccrocha. La conversation n'avait pas lieu de durer. Yoite avait ce qu'il voulait et même si le caractère de Saki s'était affirmé au point d'être capable aujourd'hui d'avoir une conversation sensée avec lui, elle n'irait pas dans le but de tenter de le raisonner mais bien dans l'optique de calmer le jeu et d'essayer de faire tout son possible pour amadouer le loup débile qu'il était pour qu'il lui foute la paix, à elle et à ses proches. Quitte à endurer ça des mois s'il fallait.
Rageuse, elle serra le téléphone entre ses doigts de toutes ses forces et après avoir prit conscience de son manque de courage, elle reprit sa route. La bandoulière de son sac fut attrapée brutalement et ce fut bientôt des bruits de pas rapprochés qui martelèrent la rue pluvieuse. Comme si le temps s'accordait parfaitement à la situation...

* * *

La nuit fut agitée. Forcément. Saki était rentrée au pensionnat comme une furie détrempée. Ses camarades de chambre l'avait regardée d'un œil bizarre, comme d'habitude. Elle avait grogné quelque chose d'incompréhensible et l'attention s'était détournée quand elle s'était effondrée sur son lit sans chercher à expliquer les choses plus que ça. Les filles avaient l'habitude des comportements décalés de la Creepie, et elles s'en plaignaient à chaque fois d'ailleurs mais ça ne faisait pas avancer les choses lorsque Saki s'entêtait à répondre qu'elles n'avaient qu'à changer de chambre. Elle détestait devoir ranger ses affaires dans une valise pour aller les défaire quelques mètres plus loin, tout ça pour déranger une nouvelle personne. Elles n'avaient qu'à fuir le tas d'immondices qu'elle leur imposait depuis plus d'un an maintenant avec un sourire hypocrite et parfois agressif.

Les heures étaient passées, la nuit était tombée, les filles s'étaient couchées, puis endormies. Saki elle... avait veillé. Des minutes, des heures. Finalement elle avait allumé son ordinateur et avait joué à des jeux débiles jusqu'à se donner mal au crâne. Elle avait ouvert un paquet de chips (pourquoi faire dans la discrétion quand tout le monde dort ?), pour n'en manger que trois avant de le délaisser, mais ça n'avait réveillé personne. Finalement, ce n'est que vers 5h du matin que le sommeil l'avait attrapé plus fort que le stress et c'est toute habillée qu'elle s'était endormie sur un lit trempé, ordinateur sur les genoux, encore allumé. Royal.
Le réveil avait été cinglant. Les filles ne s'étaient pas priées pour faire du bruit et pour se moquer d'elle mais elle s'en fichait. Elle avait ouvert les yeux, s'était retournée et avait attendu qu'elles dégagent pour enfin décider à se lever. Il ne lui fallait rarement plus de 10mn pour être prête. Elle s'était jeté sur un baggy noir, beaucoup trop grand pour elle qu'elle avait serré comme une malade avec une centure bas de gamme blanche délavée. Elle avait ajusté avec ça un t-shirt rouge qui rendait son teint encore plus horrible. Une sorte de bolero kaki par-dessus avait fini le tout. De toute façon, elle allait mettre son manteau ou un pull par-dessus alors elle en avait bien rien à faire de tout ça. Elle chaussa ses éternelles basket usées et après s'être lavé les dents, la journée pu commencer.

Elle fut longue, très longue. Et pourtant trop courte. L'heure de l'affrontement était déjà arrivé.
Elle quitta sans regret la salle de classe et les énergumènes qui en squattait les sièges et elle partit tête haute vers la piscine. Elle était stressée, elle ne le cachait pas, mais plus elle attendrait, et pire ce serait. Elle n'avait pas envoyé de message à Shiki, elle n'avait pas croisé Saitô et c'était parfait. Leur mentir aurait été de mauvais goût.
Elle poussa la porte brutalement, elle était clairement de mauvaise humeur et elle savait qu'il y'aurait affrontement verbal en plus de l'affrontement physique. Déjà, pour marquer le coup, elle n'avait pas prit son maillot de bain. Elle n'allait pas pousser l'humiliation jusqu'à être en petite tenue devant lui. S'il la mettait dans l'eau, elle irait tout habillée, elle en avait rien à faire.

Elle poussa un soupir pour se donner un peu de courage et sourcils froncés, elle passa le pédiluve avec ses chaussures comme pour irriter le maître des lieux. Elle arriva face à la piscine toute habillée. Elle ne l'aperçut pas tout de suite, parce qu'elle fut bêtement absorbée par la beauté des lieux lorsque personne ne s'y trouvait. C'était calme. L'odeur du chlore avait beau être infecte en général, ici c'était comme si c'était son antre.
Finalement, elle se retourna et il était là, mains dans la poche, en train de la fixer comme pour marquer encore plus intensément sa victoire sur elle. Elle ne se démonta pas sur le coup mais le fait de l'avoir en face d'elle la rendit bien plus peureuse qu'elle n'aurait pensé. Elle eut du mal à soutenir son regard doré. C'est donc avec des yeux fuyants les siens que Saki mit les pieds dans le plat. Autant ne pas traîner.

"Qu'est-ce que tu veux ?"

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Ven 22 Mai - 23:42
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La parole est d'argent, le silence est d'or. La tête de Yoite était illuminée par une lumière invisible et pourtant, les traits de son visage reflétaient sans peine la joie immense qu'il ressentait à l'instant. C'était comme s'il venait de recevoir LE cadeau désiré sans jamais l'avoir avoué. Le rebelle s'était toujours comporté ainsi, un éternel gamin qui a des côtés adorables, qui peut se montrer so friendly mais qui cache malheureusement des côtés si sombres que certains de ses amis refuseraient même d'y croire. Sincèrement, il n'y avait jamais pensé plus que ça, c'était normal selon lui mais sûrement avait-il besoin de s'installer quelque part et de se poser les bonnes questions pour comprendre la raison de tout ça.
En attendant, il se retrouvait aussi heureux qu'un pauvre soudainement riche et ce ... pourquoi? Parce que Ôsen ne disait pas un mot. Elle avait décroché face à ses appels insistants et devait déjà le regretter. Pourtant, elle ne raccrochait pas cette cruche! Qui pouvait être si facilement manipulable aujourd'hui? C'était quand même pas croyable de ressentir sa détresse à travers un petit appareil électronique. Que pouvait-il lui faire ce soir, il ne savait même pas où elle était! Peut-être pensait-elle plus loin et se voyait déjà alpaguée à la sortie des cours. Yoite n'était pas exclusif, il vivait sa vie avec une rage intense, refusant de perdre la moindre seconde à se faire chier sans trouver la motivation de dire "j'ai pourtant cherché". Attendre Saki n'était pas dans ses plans, il préférait la traquer, lui faire peur ou la terroriser rien qu'en lui montrant qu'il la surveillait. Il aimait ces petits jeux qu'il considérait comme excitants à certains points de vue. Mais Ôsen n'était pas un jeu, elle était sa proie, son côté obscure. Elle donnait tellement envie de se pendre que Yoite avait le besoin de lui jouer des mauvais tours pour prouver, à lui et au reste du monde, qu'il aimait la vie. Le comprendrait-elle un jour?

Insistant autant sur les paroles qu'il avait pu le faire sur les appels, Yoite laissa échapper un rire satisfait mais surprit quand la tonalité lui fit comprendre que leur conversation était terminée. Il avait juste voulu jouer, lui faire peur, l'agacer peut-être. Mais elle avait dit "oui" et cette soudaine bébé rebelle attitude avec son "tais-toi", c'était juste adorable. Genre, Yoite faisait 40 kilos tout mouillé mais elle ... elle? Bah 10, à peine. Certes, le jeune rebelle ne savait pas se battre et n'aimait même pas ça mais s'ils devaient lutter pour leur survie tous les deux, il se savait gagnant. Déjà, elle n'avait pas la rage de vivre, elle semblait même attendre la mort, comme si tous ses proches l'avaient déjà abandonné. N'y avait-il donc rien au monde qui pouvait la faire sourire ou avancer?
Elle était chiante, la Ôsen.


- * - * - * - * - * -

Ses manches de sous-pull relevées, Yoite se frotta les mains. Décidément, il commençait un peu à abuser de sa place de vice-président dernièrement. Ouvrir le club rien que pour lui et sa proie alors qu'il était normalement fermé aujourd'hui relevait un peu d'une insubordination mais il n'était pas rebelle pour rien et ce n'était pas comme s'il avait invité trouze-mille gens à sa pool-party. Il n'avait pas non plus l'intention de tout casser ou de vandaliser le matériel. Il aimait cet endroit, le vénérait presque et aurait aimé pouvoir profiter de cette piscine seul plus souvent mais il pouvait accepter le fait que d'autres personnes puissent aimer nager aussi. Ce n'était pas unique comme désir, heureusement.
Tranquillement, il posa son petit derrière sur le banc là où trônait habituellement du matériel qui allait bientôt servir et attendit la vilaine. Elle allait venir, il en était certain et cachait mal sa joie. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui faire aujourd'hui? Il n'y avait même pas pensé, il voulait juste voir sa tronche rabougrie de devoir le fréquenter encore une fois. Rien de plus? Non, il avait rangé son portable dans sa poche après leur "échange" et était rentré pour se coucher ... que dis-je, pour dormir comme un loir. Les soucis, c'était pas son truc, il avait tout le temps d'y penser quand il était éveillé alors dormir était un luxe qu'il entretenait. Yoite avait toujours dormi sur ses deux oreilles, même la veille d'un examen ou après la mort d'un proche. Ça ne l'empêchait pas d'être stressé ou triste, c'est juste qu'il savait faire la part des choses.
La porte s'ouvrit brutalement et ça lui donna le sourire. Jeune effrontée qu'elle était, elle entra avec ses souliers de pauvre dans une tenue ... visiblement prise à la va-vite. Elle était déplaisante physiquement. Aucun attrait et ça, ce n'était pas parce qu'il aimait les mecs. Elle le repoussait sans même ouvrir la bouche.
Lentement, le japonais se redressa, enregistra la question qu'elle lui posa et s'approcha d'elle. Ce qu'il voulait? Si seulement il le savait lui-même.


"Je voudrais que Sakura reste une petite fille pour toujours. Je voudrais aussi manger vietnamien ce soir, et peut-être adopter un écureuil. Mais vraiment ... tu t'intéresses à tout ça sur moi? Je suis touché, laideron."

Délicatement, conscient qu'il était en position de supériorité bien qu'il soit toujours aussi petit physiquement, Yoite commença à lui tourner autour. Malgré sa pauvreté personnelle saisissante, Ôsen sentait bon. Ce n'était pas un parfum précis acheté dans une boutique en solde, mais plutôt une odeur corporelle bien à elle. Rien à voir avec le propre ou le féminin en général, c'était plutôt doux, chaleureux.
Il s'arrêta alors qu'il était dans son dos et glissant son visage au niveau de ses cheveux, il vint coller sa joue à la sienne :


"Dis plutôt "qu'est-ce que tu ME veux?" car oui, on parle bien de toi à l'instant, pour une fois. Alors j'ai ta réponse Ôsen, je te veux ... là-dedans."

Et comme par magie, malheureuse ici, un petit maillot de bain rose fit son apparition sous les yeux de Saki. Yoite devait l'avouer, ce coup-là il l'avait préparé. Il n'avait pas pensé l'utiliser un jour mais voir le monstre dans un maillot de bain pour bébé, c'était son rêve le plus fou. Il n'avait pas été sadique jusqu'au bout, il avait quand même pris la bonne taille ... Maintenant, restait plus qu'à attendre le verdict. Acceptera ou pas? La réponse importait peu, le crapaud finira quand même par se mouiller.
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Ven 22 Mai - 23:45
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A cet instant précis, Yoite ressemblait diaboliquement à un fauve. L'animal tournait autour de sa proie comme si elle était une magnifique cuisse de gazelle appétissante aux yeux d'un jeune lion fougueux et affamé. La faim devait être terrible à en juger son regard à la fois avide et satisfait.
Coincé dans son costume de biche sauvage, Saki ne savait plus où se mettre. Peu importe où elle tentait de poser ses yeux, il semblait capable de croiser son regard en toutes circonstances. Il n'avait même pas besoin de parler pour qu'elle soit terrifiée mais il ne donnait pas l'impression d'avoir l'intention de s'en priver pour autant. Au moins, il semblait prêt à aller droit au but. Parlons peu mais parlons bien.

Elle ne comprenait rien à ses élucubrations. Elle avait été assez assommée moralement par son appel mais quand même... C'était qui Sakura ? Et pourquoi il partait dans ses délires. Anh... d'accord. Ironie. Décidément, il était toujours aussi con.
Sûrement encore plus même.
Laideron... Le mot résonna à ses oreilles plus fort que d'habitude. Elle tiqua intérieurement, blessée en son fort intérieur mais avec l'oppressante envie de lui rétorquer une cynique riposte aussi ciblée et douloureuse qu'un uppercut dans son menton d'androgyne.
Si Saki avait été le genre de filles sûres d'elles, rebelles et excentrique, elle n'aurait pas fait partie du fan-club de Yoite, clairement. Au contraire même, elle aurait été de celles qui se moquent de lui constamment. Il fallait dire qu'il y avait matière à rire aussi, des cheveux bleus horriblement assortis à de sordides lentilles jaunes -depuis quand c'est joli ?-, une taille qui n'impose pas le respect, une voix à la limite de la puberté, et un physique clairement trop longiligne malgré des heures de sport pour le muscler. Si en plus, elle avait apprit qu'il était gay, la question du dominant/dominé aurait assurément fait parler.

Hélas, Saki n'avait pas été entraînée à rétorquer ou à se moquer, mais plutôt à subir et se blâmer. Belle ironie du sort. Du coup, elle était là, droite comme un piquet malgré de légers tremblements qu'elle ne pouvait réprimer, à tenter d'éviter son regard animal. Et lui ? Ben il se pavanait en petit Simba de la savane, prétentieux, arrogant, beaucoup trop sûr de sa victoire sur la petite mal-aimée de l'école si facile à déstabiliser. Mais attention où tu mets les pieds Monsieur Nain, les temps changent, les jours passent et les caractères évoluent. Un jour ou l'autre, tu paieras le revers de la médaille et ce jour là... Saki te regardera. Dominant/Dominé, telle est la question.

En attendant...
Elle frissonna de dégoût et de surprise quand elle sentit son visage venir frôler ses cheveux jusqu'à se coller à sa propre joue. Elle n'appréciait pas outre-mesure la proximité avec les gens qu'elle aimait alors avec un jeune imbécile qu'elle détestait plus que tout au monde, autant vous dire que son estomac semblait prêt à rendre le si peu qu'elle avait avalé.
Quand il osa lui foutre ce ridicule maillot de bain pour bébé sous le nez, elle craqua. Non seulement, il était à deux doigts de l'humilier mentalement et physiquement, mais elle se rendit compte que si elle ne disait rien là tout de suite, la prochaine fois ce serait pire et à un moment, elle ne s'en relèvera pas. Elle se devait de se défendre, aujourd'hui elle avait des gens sur qui compter, des amis qui la soutenait, certes ils étaient pas au courant de tout ça, mais elle pouvait être sûre qu'ils seraient de son côté alors elle n'avait qu'à prendre son courage à deux mains et à agir pour sa propre fierté. Assez de se faire marcher dessus comme ça, assez d'être nulle et passive. Ce connard n'aura pas ce plaisir.

"Sérieusement, tu te prends pour qui ?"

Sa voix sortit plus clairement qu'elle ne l'aurait pensé et ça lui redonna encore un peu plus de courage. Elle tapa du revers de la main dans le maillot de bain rose qui s'échappa des mains de son bourreau pour aller s'échouer lamentablement sur le sol de la piscine. L'eau s'en empara aussitôt. A ce stade, il était rose foncé, c'était déjà moins laid.
Elle se retourna, le visage légèrement possédé par une rage nouvelle. Ses sourcils étaient froncés et elle serrait si fort des mâchoires qu'elle en avait mal aux gencives.

"J'en ai marre de céder aux caprices d'un idiot en proie à une solitude qu'il ne supporte pas ! Si t'as une vie de merde, j'y peux rien et c'est pas une raison pour pourrir la mienne !"

Jamais elle n'aurait pensé oser lui parler sur ce ton, mais là, face à elle, bien que son regard devienne mauvais, elle n'avait pas peur de lui. Elle stressait, évidemment, mais elle n'avait plus peur. Elle était emportée par son courage, un peu trop d'ailleurs...

"C'est la dernière fois ! T'entends ?!"

Elle voulu pimenter son geste en le poussant d'un geste beaucoup plus théâtrale que persuasif. Elle n'avait pas de force, elle le savait, mais elle voulait lui montrer qu'elle était prête à se battre, quite à finir à l'hôpital, au moins, là il cesserait tout.
Hélas... ce fut une belle erreur.
Quand sa main gauche se posa maladroitement sur le torse de Yoite pour le bousculer légèrement, c'est elle qui perdit l'équilibre à cause de ses baskets plus qu'usées qui glissèrent sur la surface humide de la piscine. Tout se passa très vite, trop vite, mais Saki elle, vit la scène au ralenti devant ses yeux, et elle comprit qu'une fois de plus, c'était pas elle qui gagnerait cette manche. Le destin lui jouait encore un mauvais tour.

Sa chaussure droite glissa vers l'arrière, lui faisant perdre l'équilibre, sa main ripa sur le pull de Yoite, n'ayant pour effet que de froisser légèrement son vêtement, tout au plus. Saki se sentit partir à la renverse, elle se faisait absorber littéralement par la gravité terrestre. Et si d'habitude, elle chouinait de tomber sur le bitume, là, ça l'aurait arrangée. Mais non Saki, tu en demandes trop... de l'eau c'est tellement plus agréable.

Elle ne chercha pas à s'accrocher à lui pour éviter de tomber, même par réflexe, elle préférait encore éviter tout contact avec ce monstre. Elle était résignée à subir sa peine suivante. Elle ferma les yeux pour éviter d'avoir mal à cause du chlore et attendit avec une dose d'effroi d'être happée par la piscine. Ce qui ne tarda pas. Son corps tout entier s'enfonça dans l'eau dans un bruit de plongeon raté pas glamour du tout et absolument ridicule.
L'eau se faufila partout sur elle, sous ses vêtements, dans ses oreilles, et même dans sa bouche qu'elle se pressa de fermer pour ne pas avaler trop d'eau. Elle s'était laissée tomber comme un poids mort, sachant très bien qu'elle n'aurait pas mal.
Lorsque ses oreilles devinrent comme bouchées, elle ouvrit les yeux. La piscine était vide, elle était seule dedans. Elle fit quelques mouvements de bras pour prendre une position normale -parce qu'avoir la tête en bas et le cul à la limite de la surface, c'est pas agréable-. Elle  gonfla ses joues et releva la tête pour apercevoir le reflet floué de Yoite au-dessus d'elle. L'envie de rester dans l'eau pour toujours lui traversa l'esprit mais elle n'y songeait pas vraiment. Elle savait nager, évidemment puisqu'elle faisait partie de ce club de natation. Mais là, elle n'en avait pas l'envie.

Pendant une fraction de seconde, elle fit le point sur cette relation abracadabrante. Ses poumons commençaient clairement à manquer d'air. Elle sentait cette -trop connue- sensation d'oppression qui s'emparait d'elle. Pourquoi alors qu'elle avait décidé de se battre, les choses tournaient si mal ? Pourquoi ne l'avait-il pas retenue ? Il aurait ainsi démontrer involontairement qu'au fond de lui-même, il était pas ce mec débile et mesquin qu'il s'amuse à jouer. Mais aucun geste n'avait été fait de sa part. Au contraire. C'était limite s'il n'avait pas haussé un sourcil pour témoigner de sa méprise. Saki le détestait tellement.

Elle ne pouvait plus respirer. Elle lâcha l'air qui était dans ses joues pour gagner encore quelques secondes, le temps de se résigner à remonter à la surface.
Elle ne fit qu'un battement de jambes, après tout, elle n'était pas tombée dans le Pacifique. Sa tête sortit lentement de l'eau, ses cheveux se collèrent sur son visage et elle ne les retira pas. La honte s'emparait d'elle, et elle préférait rester cachée -même si ses cheveux étaient trop courts pour masquer son visage-. Elle ne sortit que son visage a hauteur de son nez. Sa bouche elle, resta dans l'eau. Elle ne voulait pas lui parler. Elle... était humiliée.
Elle n'attendait qu'une seule chose, qu'il s'en aille. Ses vêtements étaient trempés, et elle devait se sécher et donc les enlever avant de sortir d'ici... Il l'avait sûrement comprit...

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Ven 22 Mai - 23:49
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Yoite avait toujours aimé dire des conneries, s'amuser du manque de précision des autres. C'était comme ça qu'il était en temps normal, plutôt joueur, taquin mais toujours agréable (sauf pour ceux qui prenaient mal ses blagues). Il n'était pas méchant, il était juste trop gamin, trop borné et aussi beaucoup trop prétentieux mais il avait été élevé comme ça et son attirance certaine pour la rébellion n'avait fait qu'empirer les choses. Bilan, s'il posait la question "t'en veux une?" à quelqu'un et que l'autre en face disait "oui" sans demander de quoi il s'agissait, il finissait toujours par se manger une mandale. Il avait 8 ans d'âge mental et il se complaisait dans cet aspect pourtant dérisoire de lui-même.
En attendant, il était bête mais ça ne l'empêchait pas de s'assumer et même si Saki avait eut le courage de lui dire ses 4 vérités, il l'aurait juste ignorée. Elle n'aurait pas été la première à rire de ses goûts personnels, à critiquer ses habitudes ou ses manières, à vomir en le voyant arriver le matin ou à détourner les yeux pour masquer sa répugnance. Yoite ne plaisait pas à tout le monde et il le savait mais il en avait strictement rien à foutre! Il ne s'était pas teint les cheveux en bleu pour plaire aux autres mais pour lui-même, et pour déplaire à sa mère (même si aujourd'hui, il trouvait que c'était devenu son style). Ses attributs physiques avaient tous une raison, il ne perdait pas de temps à comprendre pourquoi untel avait préféré rester sobre -typiquement japonais- plutôt que d'essayer une ou deux teintures. Il comprenait très bien qu'on avait tous des goûts différents, lui il avait fait le sien, point. Les ragots pouvaient continuer, empirer, il s'en foutait.

Ce qu'il n'aimait pas par contre, c'était le rébellion des autres. Depuis quand une creepie tentait de se défendre plutôt que de se fondre dans la masse? Du coup, les premières secondes furent déstabilisantes, Yoite en perdit même le maillot des mains quand elle tapa dedans sans grande force et fronça les sourcils à son tour. Oh! Ça va, oui! Qui c'est qui commande ici! Cependant, il la laissa déblatérer sa colère. Ce n'était pas prévu au programme mais ça restait quand même dans la lignée de ce qu'il avait eut envie de voir depuis le début de cette mascarade. Il l'avait voulu cette Ôsen en colère, il en avait même rêvé de ce jour où elle dirait enfin ce qu'elle pense, comme s'il avait réussi à bien l'éduquer et que l'élève venait de dépasser le maître. Loin était la sympathie cependant et si là il ne disait rien, c'était juste pour apprécier le moment mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n'inverse à nouveau la tendance. Elle était trop frêle pour gagner même avec des mots et une colère justifiée. Yoite était beaucoup trop prétentieux et égocentrique pour être vexé par quelques petits crachats de serpent en rogne.
D'ailleurs, il n'eut rien à faire pour le démontrer. C'était comme si le destin jouait en sa faveur, rendant les choses encore pire pour la demoiselle. Il la vit tomber en très peu de temps -trop peu même- et resta là sans rien faire, laissant juste un sourire se dessiner sur ses lèvres en comprenant ce qu'il se passait. Le manque d'action à retenir la bête qui tombe à l'eau n'était pas volontaire, Yoite était juste trop taquin en général pour retenir qui que ce soit de tomber dans l'eau. Ce n'était pas de la lave ou autre, il n'y avait pas danger de mort et Ôsen faisait partie du club de natation, il savait qu'elle n'allait pas se noyer. Il avait beau être con, il savait quand même où se situaient les priorités et les limites. Là, c'était juste jouissif! Il aurait aimé filmer la scène pour pouvoir la regarder encore et encore et la diffuser un peu partout!

Yoite recula d'un pas lorsque l'eau absorba sa proie, ayant été éclaboussé et comprenant trop tard que le chlore allait tâcher ses vêtements. Ceux de Saki seraient bien pire ... Une fois qu'elle fut complètement dans l'eau, il se rapprocha et se pencha au-dessus comme pour s'assurer qu'elle était bien toute mouillée. Il ne pu s'empêcher de laisser passer un ricanement, c'était franchement inattendu donc trop drôle. Il n'avait rien eut à faire, elle se portait elle-même la poisse! Qui l'eut crû!
Il se mit alors en mode accroupi près de l'eau, attendant patiemment qu'elle daigne sortir sa tête pour reprendre le contrôle de sa vie. Le rebelle savait qu'elle devait être humiliée à ne plus vouloir jamais croiser le regard de quelqu'un mais elle avait ce désir de vivre qui la faisait pourtant avancer un peu plus chaque jour. Il n'avait qu'à attendre qu'elle vienne lui montrer sa honte. Et quand elle se montra enfin, il glissa sa main au niveau de ses lèvres pour dissimuler -ironiquement- sa joie nouvelle. Elle était encore plus affreuse que d'habitude.
D'un geste rapide et géré, il attrapa le petit maillot mouillé qui gisait sur le sol et le fit se balancer au-dessus de l'eau :


"Tu aurais dû la fermer et accepter."

Se redressant, il s'étira avec toujours ce sourire aux lèvres devenu sûrement insupportable. Il avait beau chercher encore un peu d'envie, il n'en n'avait plus. Trouver une meilleure idée que celle de se jeter elle-même dans la piscine, il ne pouvait pas. Du coup, il rendait les armes. C'était trop rapide à son goût mais c'était aussi plus que génial. Il aurait pu rester quelques minutes de plus, la forcer ainsi à croupir dans cette eau qu'elle devait haïr plus que tout au monde mais il n'avait pas que ça à faire et sa victoire ne faisait déjà plus aucun doute.

Il fit alors un petit demi-tour sur place et se dirigea vers la porte de sortie, repassant le petit bain d'eau froide pieds nus. Il ouvrit la porte pour sortir, puis lui jeta un dernier regard et essuyant une larme de joie d'avoir tant ri, il lui envoya juste un simple mot, assurément fatal, avant de passer la porte et de reprendre le cours de sa vie. Sa journée était magnifique!


"Merci."
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Ven 22 Mai - 23:55
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Connard.
Si Saki pouvait un jour espérer transmettre ses pensées par télépathie, elle aurait souhaiter le faire à ce moment-là. Elle se savait capable d'apprécier quelqu'un ou même de le détester sans problème, mais haïr une personne aussi fort qu'elle haïssait Yoite à cet instant la surprenait. Ce type odieux lui sortait par les yeux mais avant ça il avait dévasté toutes ces entrailles. Ses tripes tournaient sur elle-même et les traces de ses ongles dans les paumes de ses mains s'accordaient tellement bien à toutes les courbatures qu'elle avait à cause de ses violentes crises d'angoisse qui contractaient tous ses muscles sans qu'elle s'y attende. Elle aurait aimé être violente, ou même être un homme pour pouvoir lui exploser sa face de petit rat si prétentieux. Elle en était même rendue à presque prier le soir pour qu'il lui arrive malheur.
Seulement, elle n'en faisait rien parce que si un jour il lui arrivait un accident, elle ne pourrait même pas savourer intensément sa joie sans ressentir une petite onde de culpabilité. Super...

Elle le suivit du regard -le rendant aussi noir que possible- quand elle ressortit la tête de l'eau. Sincèrement, Sadako elle-même serait partie en hurlant en voyant la tête de Saki sortir de l'eau avec les cheveux collés sur le front. Elle était terrifiante de mocheté.
Il ramassa le petit maillot devenu rose foncé et s'accroupit au bord de la piscine. Elle ne s'aventura pas à effectuer de mouvements superflus pour s'éloigner de lui parce que de toute façon elle était déjà dans l'eau et elle risquait plus grand chose, voire plus rien du tout.
Sa petite remarque acerbe fit bouillir encore quelques bulles de plus mais elle ne répondit rien, elle ne réagit pas non plus. Elle avait tellement honte.
Ce petit sourire narquois qui trônait sur son visage lui donnait envie de lui mettre des baffes. Le problème de Saki, c'est qu'elle détestait les représailles, et qu'au contraire des gens, elle n'avait pas l'esprit de vengeance et encore moins celui d'une personne forte... enfin pas autant qu'elle l'aurait voulu. Littéralement parlant, elle aurait voulu attraper son bras là alors qu'il était à moitié en déséquilibre sur la pointe des pieds et le tirer dans l'eau pour le faire chier aussi. Mais déjà elle pensait aux conséquences...
Par exemple :

• Serais-je assez rapide pour sortir de l'eau avant qu'il ne se reprenne et me poursuive comme un requin en furie ?
• Même si j'y arrive, il va me courir après, et me tabasser ?
• Si je sors de la piscine malgré tout, qu'est-ce que ça va être après ? Il va venir me tuer pendant mon sommeil ?

Ce genre là...
Alors du coup, trop indécise ou poule mouillée, Saki ne faisait rien. Elle le regardait, en le maudissant de toute son âme et en imaginant avec plaisir que les bulles qui bouillonnaient à la surface de l'eau pouvait être empoisonnées et lui intoxiquer ses poumons.

C'est beau de rêver... et tellement agréable et facile.

Quand il se releva, Saki commença enfin à espérer pouvoir sortir de l'eau. Elle crevait de froid puisqu'elle ne bougeait qu'un minimum. Il la regarda de façon si méprisante qu'elle sentit son cœur se déchirer. Il s'approcha de la porte, allez allez encore quelques pas ! mais non... il acheva l'humiliation en revenant légèrement en arrière pour lui montrer une dernière fois sa face de sale pouilleux et ajouta un horrible "merci" sûrement pour le plaisir qu'il avait ressenti à la voir se splasher lamentablement dans l'eau toute seule comme une grande fille autonome. Elle ferma les yeux pour essayer de chasser cette image de lui riant en partant.

De longues minutes passèrent sans que Saki ne fasse rien. Elle était terrifiée à l'idée de sortir de la piscine et que quand elle se sécherait, il en profiterait pour revenir et la harceler encore. Elle savait vraiment pas quoi faire...
Allez Saki, décide-toi. Ne sois pas dépendante d'une merde comme lui...
Elle regarda autour d'elle, comme pour vérifier une dernière fois, et enfin ses bras à moitié ankylosés se mirent à effectuer des mouvements plus larges et elle mit peu de temps à attraper le petit escalier au bord de la piscine. Son baggy trop grand lui collait aux mollets et c'était franchement désagréable. Ses baskets étaient pleines d'eau. Elle ne chercha pas plus loin et s'assit juste après être sortie pour les enlever. Elle retira ses chaussettes aussi et se releva en traînant des pieds comme un zombie pour se diriger vers les vestiaires. Elle aurait bien prit une douche bien chaude mais le risque était trop grand, elle devait rentrer au pensionnat. Elle trouva quand même une serviette, qui devait plutôt être une sorte d'assise pour les chaises longues qui étaient au bord de la piscine. Elle se sécha les cheveux en broussaille et frotta ses vêtements sans les avoir enlever. Elle avait trop peur qu'il revienne.



La porte claqua... Elle releva la tête avec un mélange de sursaut et d'angoisse. Elle cacha pudiquement son corps mouillé derrière la serviette comme si elle avait été nue. Elle ne chercha pas à se faufiler dans un coin pour se dissimuler de l'inconnu trop connu qui revenait, elle n'était pas encore remise de sa précédente défaite qu'il remettait le couvert ? Elle attendit... Un pas, puis un autre. Le petit bleuet prenait son temps.
Il arriva. La poignée de la porte du vestiaire se pencha et une tête passa la porte.

- Mais enfin qu'est-ce vous faîtes ici ?

Saki resta con. C'était pas Yoite. C'était un membre du personnel, sûrement du ménage d'ailleurs. Elle ne pipa mot, trop choquée pour dire quelque chose. Son visage devait sûrement dire "Gné ?"

- Hé ! Tu m'entends ? T'as pas le droit d'être là. Mais... tu es allée dans l'eau toute habillée ?
" Euh non, je ... laissez-tomber..."
- Très bien, je m'en vais, prends le temps que tu veux.

Gné² ?
Pourquoi il réagissait aussi bien ? Il repartit aussitôt, refermant la porte du vestiaire derrière lui. Le claquement de la porte la sortit de son état léthargique. Saki marqua un temps d'arrêt avant de jeter la serviette n'importe comment et de lui courir après. Elle ouvrit la porte à la volée et cria :

"Attend... ez..."


Elle saccada son appel parce que cette fois, ce fut de la peur qui s'imprima sur son visage. Il n'y avait absolument personne. Plus de bruit, plus de pas. Elle était seule, depuis qu'il était partit. Seule, beaucoup trop seule pour tout ça. Elle porta la main à sa bouche comme pour se mordre et se réveiller de ce mauvais rêve. Ses mains vinrent se confondre dans ses cheveux en broussaille et elle secoua la tête en fermant les yeux et en se recroquevillant sur elle-même.
Qu'est-ce qu'il se passe ici bordel ?

De rage d'être aussi tourmentée, Saki laissa tout derrière elle dans cet état et sortit en courant de la piscine. Les larmes coulaient sur ses joues parce qu'elle se rendait compte qu'elle commençait désespérément à devenir cinglée.
Le froid qui régnait en maître dehors la violenta quand elle sortit mais elle ne s'arrêta pas pour autant. Elle devait courir, vite, aussi vite qu'elle pouvait pour fuir cette épreuve. Elle ne devait pas laisser son esprit commencer à perdre pied pour la sortir de cette méprisante vie qu'était la sienne en ce moment. Elle était plus forte que ça.


Le lendemain, le personnel de la piscine trouva un petit maillot rose foncé, taille enfant, au bord de la piscine. L'incompréhension marqua leurs visages l'espace d'une minute puis ça passa, évidemment. Pour eux, c'était qu'un petit maillot...
Ne ressentaient-ils pas cette sensation d'oppression et de honte que Saki avait laissé derrière elle ? Bien sûr que non... parce que ...

• Chacun sa vie... et surtout chacun sa merde.

FIN

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