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DISCORD(E)



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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

 :: Campus :: Bâtiment abandonné Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Ven 13 Nov - 21:05
P • Université - 1ière année
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HnM
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P • Université - 1ière année
La sonnerie retentit, annonçant la fin des cours pour aujourd’hui. Les élèves qui avaient surement déjà l’esprit ailleurs depuis un moment s’étaient dépêchés de ranger leurs affaires pour vaquer à des occupations sans doute plus divertissantes que les leçons d’aujourd’hui. Et au milieu de cette agitation, un petit bonhomme bleu, éternel odd était toujours en train de ranger ses affaires à un rythme lent et posé, en songeant sa journée à lui aussi que n’était pas encore finie, tandis que la classe se vidait. En effet il lui restait à faire, programme du jour : expédition en terre inconnu, le bâtiment abandonné sur le campus. Et ce n’était pas pour le ravir car il avait déjà entendu des conversations d’autres élèves racontant qu’il était hanté pendant la période d’Halloween qui venait tout juste de passer et ça l’avait plutôt refroidi. Pas qu’il soit spécialement superstitieux mais… Un peu quand même, on ne sait jamais. Et puis il n’était pas du genre aventureux, ni très courageux d’ailleurs alors même s’il avait certes toujours trouvé que ce bâtiment était un peu intriguant et déteignait dans le paysage, ce n’était surement pas assez pour qu’il soit fait pour ce genre d’expédition.
Mais le jeu en valait la chandelle, alors aujourd’hui il prenait son courage à deux mains. Il lui manquait du matériel pour son club et il se trouvait qu’après avoir demandé au professeur référent, tout n’aurais pas été transféré après que les clubs aient déménagés, faute de volontaire pour reprendre du club de cuisine. Il aimait vraiment cuisiner et en être privé à cause d’une pénurie de casseroles était impensable car actuellement il n’avait aucun autre moyen de cuisiner sinon que par le biais du club. Et comme il avait du temps devant lui aujourd’hui c’était l’occasion d’y aller il faudrait bien le faire un jour ou l’autre de toute façon. Toujours indépendant, l’idée de demander de l’aide ne lui avait même pas traversé l’esprit. Un peu de courage, tout doit attendre sagement dans un carton il va seulement falloir le transporter. « Après un petit nettoyage ce sera comme neuf » qu’on m’a dit. Heureusement, j’espère que ça vaut le coup de se fourrer là-dedans.

Comme le temps se rafraîchissait à mesure que l’on s’enfonçait dans l’automne, aujourd’hui Kyôsuke avait un bonnet noir vissé sur la tête, son anorak de la même couleur et son sempiternel jogging. Il traversa le campus à grandes enjambées pour se retrouver devant ledit bâtiment, non sans appréhension. Il n’avait rien pour s’éclairer alors il ne fallait pas trainer. Quand il faut y aller, il faut y aller. Après un soupir pour se donner du courage il poussa la porte silencieusement et se hâta à l’intérieur.
Kyôsuke avançait à pas de loup, jetant des coups d’œil dans toutes les pièces sans vraiment s’attarder dans aucune d’entre elles pour autant. Il ne savait pas trop par où commencer à chercher. Et aussi il fallait bien avouer que cette ambiance ne le rassurait pas du tout. Seul le bruit sourd de ses semelles sur le sol et celui de sa respiration assez irrégulière brisaient l’atmosphère silencieuse qui régnait. La luminosité orange du soleil qui se couchait de plus en plus tôt en cette saison qui se reflétait sur des feuilles de la même couleur avant de traverser les vitres mettait en valeur les particules de poussières omniprésentes dans cet air. Ambiance sortant tout droit d’un mauvais scénario d’horreur. A tout moment la paranoïa de Kyôsuke lui hurlait qu’un fantôme ou qu’un zombie allait surgir d’un recoin sombre pour le tuer. Il lui suffisait de se focaliser un peu trop longtemps sur un endroit pour y deviner une silhouette venant tout droit de l’au-delà.

Jusqu’à ce qu’une pièce particulière retienne plus son attention que les autres. Etrangement elle paraissait plus entretenue comme si quelqu’un était venu il n’y a pas si longtemps. Bizarre pour un bâtiment dit « abandonné ». Il se risqua à y poser un pied, dedans il y avait, bien rangé, le même genre de matériel qu’il utilisait en cours de science. Rien pour le rassurer en somme, au contraire. Qu’est-ce que c’était que cet endroit ? Le laboratoire d’un savant fou ? Le repère secret d’un tueur en série ? Kyôsuke n’imaginait pas qu’un tel endroit se cachait ici. Il balaya la pièce du regard pour vérifier qu’aucune créature digne du docteur Frankenstein n’était pas en train de roupiller tranquillement dans un coin. Non heureusement. Périmètre sécurisé, au moins il avait l’air seul.
Il s’approcha du matériel par curiosité, l’effleurant du bout des doigts. Il était tout ce qu’il y a de plus banal. Soudain un bruit le fit sursauter alors qu’il se retournait vers la porte par laquelle il était entré renversant au passage quelques-uns des ustensiles en verre qui se brisèrent dans un bruit strident en touchant le sol. Boum. Encore un bruit. Des pas ? Kyôsuke ne songea pas à s’enfuir tout de suite, il resta juste pétrifié, la mâchoire tendue quelques secondes. Comment  sortir de ce pétrin ? Les bruits semblaient se rapprocher. Trop tard pour sortir par là où il était arrivé sinon il allait tomber nez à nez avec cette chose à coup sûr. Impossible aussi de sauter par la fenêtre avec style, même du premier étage il se serait surement brisé les os, on n’était pas dans un film malheureusement. Boum. Cette fois il était fini, le fantôme arrivait. Ah non, un fantôme ça n’a pas de bruit de pas. Un zombie alors. Oui un zombie c’était plausible. J’aimerai juste me réveiller là.

« Q-Qui est làà ? »

Voix beaucoup trop hésitante et moins forte que ce qu’il imaginait. Puis un zombie ne répondrait jamais à ce genre de question. Alors sûrement qu’au fond de lui il gardait l’espoir que ce soit juste un humain aussi perdu que lui.
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Sam 26 Déc - 19:15
M • Université - 4ième année
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- Ça fera 1200 Yens Mademoiselle !

Saki sortit tout ça de son petit porte-monnaie noir en priant pour que personne vienne lui voler son précieux argent pendant qu'elle le triait et elle le donna à la caissière de ce petit magasin bien unique. Elle récupéra son sac avec un sourire satisfait qui se plaqua sur son visage. Elle était pressée d'aller les installer dans son petit laboratoire clandestin.
Elle retourna vers l'académie mais elle ne prit pas le chemin des bâtiments classiques, au contraire. Elle se dirigea aussitôt vers le bâtiment abandonné. Elle avait installé son petit QG là-bas, en étant persuadée que personne ne la verrait y aller et que surtout personne ne soupçonnerait ce qu'elle pouvait bien faire là-bas, parce qu'elle risquerait de se faire virer, alors qu'elle le faisait pour la science !!
Elle flâna quelques instants autour de l'entrée en épiant les gens pour savoir s'ils la regardaient, puis elle entra.

La porte grinça comme d'habitude, un peu comme si elle disait bonjour à la petite odd qui venait plusieurs fois par semaines. Le chemin qu'elle emprunta pour aller à son petit laboratoire était un peu laborieux mais elle le connaissait par cœur, capable de le faire les yeux fermés et de se fier uniquement au son du sol qui craque et des fissures le long des murs qui s'effritent. Du coup, elle n'utilisa pas de lampe torche.
Lorsqu'elle arriva sur le palier de sa pièce principale, elle entendait comme un fracas cristallin. Elle s'arrêta net et laissa échapper un "Oh !" de surprise et de peur. Quelqu'un était là, quelqu'un était dans son labo et il était en train de tout casser.

Elle se retourna aussitôt par instinct et commença à prendre la fuite, elle ne voulait pas se faire prendre, et en même temps, elle était tellement curieuse et fâchée qu'elle se stoppa dans sa course et prit une profonde inspiration tout en fermant les yeux. Elle fut soudain partagée entre deux sentiments. La peur cernait ses entrailles mais elle était tellement attachée à tout le travail qu'elle avait abattue jusqu'ici qu'elle ne pouvait pas se résoudre à tout abandonner.
Ce fut une petite voix mal assurée, sortie de nulle part qui la sortit de son hésitation et la réconforta dans son approche. La personne dans SON laboratoire semblait aussi apeurée qu'elle, alors elle prit son courage à deux mains et revint sur ses pas, pour se présenter par la porte, tout en ayant peur de voir sur qui elle allait tomber.

Elle passa la tête par l’entrebâillement, peu consciente de l'effet de terreur qu'elle pourrait avoir sur l'indésirable inconnu par manque de lumière et regarda directement à qui elle avait faire. Elle prit peur quand elle vit des cheveux bleus. Elle pensa aussitôt à Yoite et sentit son cœur partir en vrille mais elle se rendit vite compte que c'était pas lui. La teinte était différente et la peau du jeune homme devant elle, était très pâle contrairement au hâle peu naturel de l'autre rebelle à deux balles.
En toute sincérité, il semblait encore plus terrifié qu'elle. Autant Saki avait eu très peur d'être prise sur le fait, autant depuis, elle était juste intéressée par autre chose. Elle entra entièrement et se posta devant lui, avec son petit sac en papier entre les mains.

- Qui es-tu toi ?

La question la taraudait violemment ! Elle ne l'avait jamais vu auparavant et bien qu'il ait pas l'air méchant, elle avait apprit à se méfier de l'eau qui dort.
Elle le regarda d'un air un peu hébété, sans bouger davantage. Elle portait son K-way noir qui lui arrivait presque aux genoux. Elle avait fait des ourlets aux manches pour pouvoir utiliser ses mains. Son pantalon baggy kaki était trempé en bas puisqu'il pleuviotait dehors désormais. Ses baskets étaient désormais plus noirs que blanches et la poussière collée aux gouttes d'eau n'arrangeait rien.

Et puis son regard se porta sur ce qu'il avait cassé. Elle lâcha son sac en papier qui tomba au sol lui aussi dans un bruit un peu sourd et se rua sur les éprouvettes qui gisaient au sol. Le liquide s'était répandu par terre et glissait entre les fentes du plancher fatigué.

- Oh non, tu as ruiné toute mon expérience de cette semaine, il va falloir que je recommence tout !

Elle soupira. En soi, il n'y avait rien de dramatique, des éprouvettes, elle pouvait en voler autant qu'elle voulait à l'académie mais son projet venait de prendre presque une semaine de délai supplémentaire et même si elle avait beaucoup d'avance sur ses camarades, elles espérait vraiment avoir fini un peu plus tôt que prévu.
Elle se redressa, tenant les petits morceaux de verre entre ses mains. Elle ne s'était pas énervée, elle était plutôt désespérée parce qu'elle avait peur qu'il raconte tout à l'administration ou à ses petits camarades qui allaient s'empresser de venir tout casser.

- Pourquoi tu es venu dans mon labo ?

Comment avait-il pu trouver son repère et pourquoi était-il venu ici ? Est-ce que c'était pour elle, pour l'embêter ? Pour la balancer ? Ou tout à fait par hasard ? Et dans ce cas là, elle allait sortir les griffes !
Elle le regardait sans aucune méchanceté, c'était plus de la tristesse qui s'échappait de son regard. Elle ramassa son petit sachet et attendit qu'il daigne enfin expliquer les raisons de sa présence ici.

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Dim 3 Jan - 21:53
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P • Université - 1ière année
La porte s’ouvrit dans un grincement terrifiant pour laisser apparaître une petite tête moins imposante que ne se l’était imaginé Kyôsuke, mais tout de même un peu inquiétante. Un teint blafard, un corps caché sous d’épais vêtements… malgré tout ce n’était peut-être pas un zombie. Cette impression se confirma quand la silhouette se rapprocha calmement et se mis à parler. C’était un humain, une jeune fille, d’accord. Kyôsuke s’était encore fait des films pour rien, bien sûr. Mais il ne comprenait pas ce qu’elle faisait là, ça faisait un peu trop dans monde dans un bâtiment soi-disant abandonné. Il l'écoutait parler sans réagir, se contentant de se balancer frénétiquement sur ses pieds pour essayer de faire descendre sa tension, ce serait bête de faire une attaque maintenant qu’il n’avait plus rien à craindre. Il avait vraiment eu une belle frayeur. Elle allait le prendre pour un fou  à se trémousser dans tous les sens surtout qu’elle faisait preuve de beaucoup de sang froid. Peut-être trop. Peut-être était-ce un cyborg. Stop.
Kyôsuke lança un regard mauvais, refusant d’abord de lui répondre. Puisqu'elle-même ne s’était pas présentée alors qu’il lui avait demandé en premier, il ne comptait pas le faire non plus.
Mais quand elle se baissa précipitamment pour ramasser le matériel que Kyôsuke avait fait tomber accidentellement il comprit mieux ce qu’il se passait. Tout ça c’était à elle, c’était lui qui avait fait intrusion dans son territoire et pas l’inverse. Mais aussi elle ne correspondait pas du tout à l’image du savant fou que Kyôsuke s’était faite du propriétaire de ces lieux. C’était juste une étudiante. Elle n’était même pas en colère qu’il ait cassé ses affaires, elle paraissait juste déçue ce qui était presque pire, ça fendait le cœur. Elle n'avait vraiment pas l'air méchante à bien y regarder.
Soudain pris de remords, Kyôsuke sortit de sa torpeur statique et se décida à l’aider comme il pouvait en se baissant à son tour pour l’aider à ramasser les morceaux de verre qu’il avait brisé. Il se mordit un peu la lèvre, ne sachant pas trop comment s'y prendre maintenant qu’elle devait s’être fait une mauvaise image de lui.

« Je voulais pas les casser, c’est que tu m’as fait peur en arrivant alors je n’ai pas fait attention. Quelle idée de faire un laboratoire ici ! ...Enfin c’est pas de ta faute, mais hum… Je suis désolé. »

Il avait honte d'avouer que le simple fait de l’entendre arriver l'avait effrayé même s’il avait évidemment omis de raconter la partie dans laquelle il la prenait pour une créature surnaturelle, ce n’était pas la peine de s’enfoncer tout seul. En se relevant lorsqu’ils eurent fini le ménage, Kyôsuke osait à peine la regarder. Il alla jeter ce qu'il avait ramassé un peu plus loin le temps de rassembler le courage nécessaire pour continuer à assumer.

« Je m’appelle Sasori Kyôsuke et je suis au lycée, mais je ne savais pas que c’était à toi tout ça… Je n’étais même pas au courant qu’on pouvait utiliser cet endroit. Moi, j’étais venu pour chercher des cartons et quand j’ai vu cette pièce différente elle m’a intriguée alors je suis rentré, simple curiosité. Désolé j’aurais pas dû. »

Ce n'était pas dans ses habitudes de s'excuser autant mais là c'était un cas de force majeure : il avait cassé quelque chose qui avait l’air important c’était insupportable. Kyôsuke aurait détesté qu'on se mêle de ses affaire comme ça, il aurait chassé l'intrus sans même chercher à comprendre ce qu'il s'était passé alors il profitait d'être tombé sur quelqu'un de visiblement plus compréhensif. Ainsi peut-être accepterait-elle de ne pas trop ébruiter ce qu’il s’était passé.

« Je peux t’aider à refaire ton expérience. »

Même si ça ne le passionnait pas spécialement, Kyôsuke n’était pas mauvais en chimie, du moins il n’avait jamais fait explosé son établissement ou asphyxié des élèves, c’était déjà ça.  C’était le moyen le plus efficace auquel il pensait pour se faire pardonner dans l’immédiat.

« Enfin, si ça te dérange pas. »

Après tout ce qu’il avait fait il était fort probable qu’elle le voit juste comme un gros boulet dont elle ne voulait surtout pas se charger.
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Dim 14 Fév - 16:58
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Saki resta un petit instant à fixer le jeune homme qui se trémoussait devant elle, il semblait vraiment pas à l'aise. En fait, du point de vue de Saki, il ressemblait à un enfant de 5 ans qui vient d'être prit sur le fait après avoir cassé un vase à sa maman et en espérant soit qu'elle ne le remarque pas, ou alors plus réalistement que le châtiment ne soit pas trop dur. Il se balançait sur ses pieds. Saki fut amusée intérieurement, mais n'en fit rien transparaître, pour l'instant, il était un ennemi violemment infiltré dans son camp, alors il fallait se méfier de chaque geste, même anodin.

Pendant qu'elle ramassait les petits bouts de verre éparpillés, Saki le vit se rapprocher pour faire pareil. Elle fut encore indécise là sur la marche à suivre face à ce rapprochement incontrôlé. Elle avait envie de lui dire "Naaaaa pas touche, c't'a mwaaaa !" dans un baragouinage qui n'est rien qu'à elle, mais elle ne le fit pas, de peur d'être jugée ou pire d'être frappée pour son manque de tact. Elle avait assez donné, alors elle se tut mais elle le fixa d'un regard de coin, un peu suspicieux en espérant qu'il ne le remarque pas.
Cependant, quand il tenta de s'excuser en rejetant la faute sur elle, elle arqua un des ses sourcils en le fixant sans ciller. Sérieusement ? C'était donc de sa faute à elle s'il était entré dans le bâtiment, qu'il avait poussé la porte de son labo clandestin et qu'il avait touché à son matériel ? Bon effectivement, elle aurait pu fermer la porte mais le bâtiment était tellement vieux qu'elle ne fermait plus et si elle commençait à se ramener avec des outils de chantier pour tenter de fabriquer une serrure ou de bloquer le tout avec une grosse chaîne, elle risquait d'attirer beaucoup trop l'attention sur elle et ça en serait la fin de son petit coin de tranquillité.

Elle faillit lui répondre un petit truc pas très agréable quand il commença à l'accuser mais visiblement il se rendit compte bien vite que c'était pas la marche à suivre alors il se reprit et il s'excusa tout simplement.
Ce fut suffisant pour Saki pour qu'elle oublie cette intrusion même si honnêtement, elle n'était pas très à l'aise de se retrouver là avec un garçon qu'elle ne connaissait pas. Elle aurait préféré faire sa petite routine en sifflotant l'air de la famille Adams, et de repartir au bout d'une petite heure, sereine de voir les choses avancer doucement, mais pour cela, il aurait fallu qu'il ait fui lorsqu'il l'avait vue entrer mais non ... ils étaient là tous les deux, un peu gênés et peu enclins à faire un pas l'un vers l'autre.

Evidemment, ce fut lui qui reprit contact avec elle, Saki elle, pouvait rester des heures à côté de quelqu'un sans lui adresser le moindre mot. Elle avait une certaine faculté à se fabriquer une petite bulle dans laquelle elle s'enfermait sagement et qui la protégeait de toute attaque extérieure.

- Des cartons ?!

Saki n'avait pas pu s'empêcher de réagir lorsqu'il avait dit ça. Pourquoi des cartons ? C'était si facile d'en trouver à l'école directement ou dans les commerces. Ça sentait la mauvaise excuse à plein nez mais elle ne pouvait pas être trop désagréable avec lui sinon il allait forcément aller cafter son petit manège à quelqu'un d'autre et elle serait obligée de tout arrêter. Alors elle préféra arrondir les angles en restant sympathique mais distante. Elle baissa les yeux et joua avec l'emballage du sac en papier qu'elle tenait toujours dans ses mains depuis tout à l'heure.

- C'est pas tout à fait autorisé de faire ça ici... Mais je fais rien de mal ! Je veux dire ... regarde, elle est abandonnée cette pièce et moi je gêne personne tu vois... Enfin voilà si tu ... si tu pouvais garder ça pour toi, ce serait ... cool ?

Gêner personne, c'était vite dit. Elle avait volé plus de la moitié du matériel qui travaillait sans elle ici, alors qu'elle avait les moyens de demander à sa mère de lui les acheter mais c'était pas sa façon de faire. Saki faisait toujours les choses dans le sens inverse d'une attitude normale. Elle avait un côté rebelle qu'elle ne pouvait pas renier. Elle aimait être inclassable, différente, 'bizarroïde' diraient certains. Elle n'avait pas envie qu'on lui colle l'étiquette d'une fille sage, populaire, riche, gentille, jolie, ou même tout autre adjectif péjoratif. La seule étiquette qu'elle acceptait c'était 'je sais pas', parce qu'elle aimait se croire trop étrange pour être comprise par la plupart des gens. Ceux ou celles qui arrivaient à voir au-delà du fumigène qu'elle mettait volontairement en place, pouvaient alors apprendre à connaître la vraie petite Saki. Et pour l'instant, ils étaient plus que rares.
Du coup, la position qu'elle occupait là tout de suite lui déplaisait au plus haut point parce qu'elle avait l'impression de confier une partie de son destin dans les mains d'un inconnu et pour une fois dans sa vie, elle apprécierait qu'il soit là réellement pour des cartons et qu'il ne veuille pas lui faire de mal.

Elle fut à deux doigts de lâcher son sac de nouveau lorsqu'il lui proposa de refaire son expérience. Elle fut agréablement surprise mais très décontenancée. Elle était tellement passionnée par ce qu'elle faisait qu'elle avait très envie d'en parler à quelqu'un mais Kim avait été très clair sur ça, il ne voulait pas qu'ils parlent ensemble de tests sur les animaux. Saki avait essayé de rétorquer que ses souris ne souffraient aucunement et qu'elle ne faisait qu'étudier leurs cellules, mais il avait été intraitable. Donc, clairement... la tentation pour Saki de pouvoir montrer son travail à un petit homme qui semblait prêt à partager ça avec elle, était immense. Elle avait envie de sautiller sur ses petits pieds mais elle se savait un peu trop naïve malgré tous les coups bas que la vie lui avait offert, alors elle hésitait grandement à accepter cette proposition.

Elle fit quelques pas dans la pièce un peu plus sale depuis qu'elle y avait emmené son K-Way trempé et se dirigea vers la table où étaient apposés tous les appareils desquels la mixture que Sasori-Kun avait fait tomber, était sortie.
Elle laissa glisser ses doigts sur les tubes, tout en fixant le jeune homme qui attendait une réponse de sa part. Elle ne savait pas ce qu'il voulait vraiment. Voulait-il sincèrement l'aider ou cherchait-il plutôt à être poli en espérant pouvoir se tailler d'ici si elle disait non ...

- Je ... je ne te connais pas, je sais pas si je peux te faire confiance, tu comprends ?

Elle avait préféré jouer la carte de l'honnêteté. Elle en avait marre de se retrancher dans une attitude d'huître grognon. Kim lui avait dit qu'elle devait prendre confiance en elle et qu'elle pouvait essayer de discuter avec les gens qui viennent vers elle pour tenter de voir leurs intentions, si elle avait un doute, elle avait le droit de leur botter le cul pour les faire dégager de sa vie. Quoiqu'il en soit, elle savait qu'elle pourrait toujours compter sur Kim, même si elle avait mit énormément de temps à lui ouvrir son cœur.

- Écoute, on va faire un test de ... sang-froid !

Elle hocha la tête en souriant bêtement parce qu'elle avait bien vu qu'il était loin d'être à l'aise depuis tout à l'heure, pire qu'elle pour être honnête alors que la jeune Odd n'était pas réputée pour être courageuse.
Elle revint vers lui et le dépassa pour aller se planter dans le fond de la salle, près d'une bâche jaune qui semblait cacher quelque chose d'autre. Elle lui fit signe avec ses petits doigts comme si elle grattait l'air ambiant, d'approcher sans faire de bruits. Elle souleva la bâche de sa salle et lui fit découvrir l'autre partie de son laboratoire. C'était là où vivaient ses petites souris. Elle entra derrière lui, lui laissant le temps de se familiariser avec l'odeur pas toujours agréable et de prendre conscience de ce qu'elle lui proposait.
Elle se planta devant l'une des cages et alors que l'ourlet de sa manche se délassa, elle ouvrit les bras pour montrer son univers.

- Ce sont mes petites souris. Je ne leur fais pas de mal à part une petite prise de sang de temps en temps mais je les soigne et je les nourris bien.

Elle secoua son petit sac en souriant. Elle l'ouvrit et en sortit un petit paquet de graines pour souris avec un petit jouet pour la numéro 4 qui semblait mal se remettre depuis quelques jours.
Après quelques secondes de battement, elle se rapprocha de Sasori-Kun et ramassa quelque chose par terre, derrière lui.

- Voilà... Sinon tu... tu peux prendre ce carton... pour... ton truc.

Elle lui tendit un carton vide, un peu sale mais en bon état. Elle ne savait pas pourquoi il en avait besoin mais elle respecterait son choix et elle espérait grandement que quoiqu'il choisisse, il respecterait son laboratoire et qu'il ne la dénoncerait pas.
Elle ne lui avait pas dit son nom, ni son but, ni rien la concernant parce que pour l'instant, elle n'avait aucune confiance en lui et elle doutait très fortement que ça l'intéressait de toute façon. Ils étaient semblablement différents tous les deux...

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Dim 28 Fév - 18:30
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P • Université - 1ière année
Comme à son habitude, Kyôsuke était tombé totalement à côté de la plaque, la propriétaire des lieux lui expliqua un peu naïvement qu’elle n’avait pas franchement le droit de s’installer ici. C’était une information intéressante qui rassura un peu le bleu : en réalité ce n’était pas lui le plus mis en difficulté par cet accident puisque la jeune fille ne semblait toujours pas ressentir une once de rancune envers lui comme si ses excuses minables avaient suffi. L’impression qu’elle dégageait pouvait plutôt être qualifiée d’hésitante. Elle semblait l’évaluer longuement et leur conversation n’était pas immédiate, il y avait des silences entre chaque phrase prononcée comme si chacun devait choisir soigneusement ses mots pour s’exprimer. Kyôsuke avait du mal à deviner ce qu’elle pensait vraiment de tout ça et de lui. Était-elle juste polie et n’osait pas montrer qu’on la dérangeait ou bien avait-elle sincèrement peur d’être dénoncé alors elle montrait bonne figure ? Heureusement pour elle Kyôsuke ne voyait pas vraiment ce qu’il pourrait gagner à lui faire du chantage –pour l’instant du moins–, elle ne méritait pas ça alors il se contenta d’hocher sagement la tête pour montrer qu’il n’avait pas l’intention de partager le secret. Il était sincèrement d’accord avec le fait que ses expériences ici ne faisaient de mal à personne.

Pourtant, cela ne suffit visiblement pas à satisfaire complètement la brune qui, après quelques hésitations, avoua qu’elle était toujours méfiante vis-à-vis de lui. Kyôsuke eut une petite moue et souleva un sourcil interrogateur, ne se rappelant pas avoir déjà inspiré ce genre de sentiment chez quelqu’un, d’habitude c’était même plutôt l’inverse. Se retrouver dans cette position était très déstabilisant, il ne savait pas trop comment la rassurer puisqu’il ne comprenait pas ce qu’elle craignait. Dès le premier coup d'œil on réalisait voir qu'il était tout sauf intimidant. Est-ce qu’on avait trouvé plus paranoïaque que Kyôsuke ? Au moins ça avait le mérite de lui redonner un peu de confiance en lui car pour sa part, une fois sa première frayeur passée, il ne ressentait aucune crainte vis-à-vis de son interlocutrice, elle paraissait tellement inoffensive…

« Je comprends pas de quoi tu as peur, on va juste faire une expérience, non ? Il peut rien t’arriver. Dans le pire des cas si tu cries à l’aide assez fort d’ici, on t’entendra. »

Kyôsuke appuya ses propos en ouvrant ses bras pour montrer qu’il n’avait rien à cacher, mouais il n'était définitivement pas encore au point pour rassurer les gens. Peu après la fille se décida à dévoiler ce qui était caché sous une bâche de l’autre côté de la pièce en guise de test. Une sorte de cérémonie d’entrée dans le groupe des scientifiques officieux ? Kyôsuke craignait le pire –il n’avait aucun sang-froid– mais s’était malgré tout approché à distance raisonnable de la scientifique, piqué de curiosité par tant de mystère. Qu’est-ce qui se cachait donc là-dessous ? Des armes chimiques ? Une machine à remonter le temps ? Le suspens fut rapidement balayé quand la bâche tomba, Kyôsuke découvrit de petits animaux bruyants et odorants s’agiter dans des cages. Des souris de laboratoire ?

Il s’approcha plus rapidement qu'à son habitude de l’une des cages, en posant ses mains autour. Il sentit rapidement les petites moustaches des souris lui effleurer les doigts et c’était très agréable. Trop mignon même, il fondait intérieurement même si son visage ne se détendait que de manière presque imperceptible. S’il avait été seul ce phénomène aurait assurément été amplifié, il aurait même certainement engagé une conversation – unilatérale, certes– avec les rongeurs. Seulement voilà il y avait cette scientifique dont il ne connaissait toujours pas le nom d’ailleurs. Il ne fallait pas oublier sa présence. Elle se manifesta en garantissaient du bon traitement qu’elle fournissait à ses souris, elle paraissait vraiment consciencieuse et Kyôsuke en fut rassuré. Car malgré tout voir des animaux enfermés lui faisait un peu de peine mais il était conscient que ce traitement n’était rien comparé à certains vrais laboratoires. Quelque chose l’intriguait tout de même, sans prendre la peine de détacher ses yeux de la cage il demanda :

« Si tu as besoin de sang pourquoi tu n’utilises pas le tien ? »

On arrivait bien vite aux limites entre Kyôsuke et la science. Pour lui du sang, c’était du sang. Et puisqu’elle en voulait elle pouvait théoriquement se faire une prise de sang toute seule. A moins  que ce ne soit vraiment un cyborg ? Ça expliquerait tout… Roooh, il n’allait pas être obligé de vérifier tout de même ? Aller, on redescend sur Terre.
Elle lui donnait un carton ? Ah oui, c’est vrai elle avait eu l’air surprise quand Kyôsuke avait donné le motif de sa visite ici, il l’aurait presque oublié.  Mais elle avait compris de travers ses explications bancales. Il se retourna enfin dans sa direction en reposant le carton à sa place initiale, faisant son maximum pour être plus clair cette fois.

« Merci mais je ne parlais pas de carton vide. Des cartons remplis de matériel plutôt. On m’a dit qu’il y en avait ici, c’est pour le club de cuisine. Ce doit être dans une autre pièce je suppose, tant pis je chercherais plus tard. »

Son exploration serait en effet surement remise à plus tard. Il avait déjà perdu du temps ici et la luminosité baissait à vue d’œil. Il n’avait aucune envie de se ré-aventurer dans la pénombre et l’atmosphère flippante et poussiéreuse du bâtiment alors qu’il commençait tout juste à récupérer un peu de contenance. Et il ne pouvait décemment pas non plus sortir d’ici les mains vides ou sa camarade commencerait à se poser de sérieuses questions. Soit il aurait inventé cette excuse de cartons et il aurait eu en réalité d’autres intentions obscures, soit son côté lâche était mis à jour. Et il n’en était pas question. Alors le nouveau plan était de la coller jusqu’à ce qu’il réussisse à sortir d’ici accompagné, sans pour autant qu’elle le devine. Dur dur.

« Ecoute je suis pas spécialement doué en expériences mais je peux faire mon possible pour t’aider un peu si tu as des missions à mon niveau. Même si c’est juste du baby-sitting de souris, ça me dérange pas du tout. »

En réalité ça l’arrangerait même complètement, c’était amusant. Kyôsuke aurait toujours aimé avoir des animaux de compagnie mais ses parents n’y avaient jamais été très favorables, et l’internat du lycée n’en acceptait certainement pas. De toute façon même quand il avait recueillis ou soigné en cachette toutes sortes d’animaux qui venaient s’échouer dans son jardin étant enfant, ils finissaient par s’enfuir ou se faire renverser. A croire qu’il portait vraiment la poisse tout le monde, c’était un peu déprimant. Alors ici il appréciait vraiment les souris, ce n’était pas très difficile de s’en rendre compte. Il avait envie d’ouvrir les cages pour les libérer, voire les tenir dans ses mains mais elles fuiraient surement immédiatement alors il ne préférait pas aggraver son cas. Pas question de se faire mettre à la porte. Dans un élan de détermination il posa ses mains sur ses hanches et jeta un regard de battant à la jeune fille. Même sa voix dégageait plus d’énergie c’était assez rare pour être souligné.

« Alors en quoi ça consiste cette expérience ? Qu’est-ce qu’il y avait dans ce que j’ai renversé ? J’aimerai bien savoir comment tu t’appelles aussi, promis je suis pas un agent secret. Sinon je te donne un surnom ridicule. »

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Mer 24 Aoû - 19:12
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Saki ne se priva pas de reluquer le jeune homme qui passa a côté d'elle sous cette bâche jaune, lorsqu'elle lui ouvrit la porte sur son monde privé. Elle avait besoin de savoir qui il était, et ce qu'il ressentait. Elle n'était pas douée du tout pour comprendre la nature humaine alors elle s'était dit que peut-être qu'en regardant intensément le visage de chaque personne qui l'intriguait, elle réussirait peut-être à percer dans ce domaine et à glaner quelques informations qui pourraient lui être utiles. Hélas, le jeune garçon ne semblait pas fan des mimiques expressives. Il était aussi peu exubérant qu'elle était jolie.
Elle se rendit quand même compte qu'à peine la bâche jaune passée, il s'était magistralement détendu et ça lui avait permit de faire de même. Ils semblaient avoir trouvé un terrain d'entente tous les deux et les souris ne paraissaient pas effrayées outre mesure de voir un autre humain venir les déranger dans leur studio aménagé sobrement.

- Oh, mon projet est bien plus complexe que ça. C'est long à expliquer.

Elle avait envie de se contenter de ça, elle n'avait pas envie de lui révéler le fin de l'histoire, parce qu'elle avait peur qu'il lui pique ses idées. Tu es dans MON labo, avec MES souris et je vais te laisser participer à MON expérience, mais ne prends pas toute la place, s'il te plaît... ne m'en demande pas trop.
Elle avait eu envie de lui confier ses doutes, ses appréhensions ; elle se demandait encore pourquoi il avait été si facile pour lui de rentrer dans cette bulle qu'elle avait créé depuis des semaines. Se sentait-elle seule à ce point là ? Avait-elle besoin de partager cette petite expérience secrète qu'elle vivait ? L'adrénaline lui était-elle montée à la tête ? Elle restait persuadée que dès qu'ils allaient quitter les lieux, elle allait regretter sa proposition mais qu'elle serait beaucoup trop renfermée pour lui dire de la laisser tranquille. Les représailles d'une personne blessée dans sa fierté ou éconduite sont toujours sources de soucis, et surtout imprévisibles. Elle n'avait pas envie d'être encore dans une situation compliquée.

Elle le vit remettre au sol le carton qu'elle lui avait proposé, elle se sentit très bête d'un coup d'avoir donné celui-là, il était sûrement trop sale ou trop abîmé pour qu'il en veuille.

- Ah ! Tu cherches ces cartons là. Je sais où ils sont, j'ai arpenté le bâtiment pendant des jours pour trouver le meilleur endroit pour mon laboratoire. Je te montrerais où ils se trouvent si tu veux, et je pourrais t'aider à porter un carton.

Elle se stoppa dans son élan et se prit la tête entre ses mains. Mais c'était quoi ça ?! Elle était là à lui dire amen à tout, à lui donner ce qu'il veut, à littéralement se livrer dans la gueule du loup, les deux pieds dedans. Elle ne savait pas pourquoi elle réagissait ainsi. Il lui inspirait confiance malgré ses cheveux bleus.
C'était peut-être parce que son regard n'était pas agressif, et qu'il mettait beaucoup de délicatesse lui aussi à choisir ses mots pour ne pas l'effrayer. En fait, elle avait l'impression de se voir au masculin. Elle aurait pu lui ressembler. Elle l'imagina dans le club de cuisine, littéralement recouvert de farine sur une surface non négligeable de son visage, embêtée par une recette qui lui donne trop de fil à retordre et sauvagement agressé par la chaleur d'un four tourné sur le mauvais programme. Ça pouvait être très marrant à voir.

Lorsqu'il se retourna vers elle, avec cette braise ardente dans les yeux, prêt à rendre service, et avec cette attitude volontaire qui donnait envie de croire en ses bonnes intentions, Saki eut presque envie de rire. Il était décoiffé et sa peau, légèrement blafarde semblait avoir envie de reprendre ses couleurs sans y arriver réellement. Il ressemblait à un fantôme avec l'effet de la bâche jaune sur ses joues.
Il lui demanda son prénom sous peine de la harceler avec un surnom ridicule. Elle comprit la blague mais ne s'y identifia pas ; mauvaise habitude d'avoir été trop souvent victime de moqueries. Elle ne releva pas, consciente que c'était sûrement pas l'intention qu'il avait voulu projeter et préféra se concentrer sur sa tignasse.
Elle porta la main à sa bouche pour masquer ce petite sourire irrésistible qui s'empara d'elle. Elle sentit alors le contact du k-way trempé sur ses lèvres et recula sa main avec dégoût. Elle était dans un état pitoyable. Elle retira son k-way et eut l'impression de perdre 20 kgs d'un coup. Elle l'accrocha au porte-manteau derrière elle, et elle se lança, en retroussant les manches de son pull marin, pour montrer ses petits bras tout maigres.

- Je t'explique. J'aimerais trouver un vaccin pour toutes les maladies que je connais et à ce niveau-là, les recherches se situent au niveau des molécules, des globules. Je pourrais prendre mon sang mais si j'ai choisi ces souris, c'est pour une bonne raison. Elles sont d'une race particulière. Toutes ces souris que tu vois souffrent d'un mal étrange, et qu'on arrive pas à expliquer. A la naissance, leur sang est pur et en bon état, et plus elles vieillissent, plus leur état de santé se dégrade. J'ai besoin de comprendre pourquoi.

Elle se promena parmi les cages, lui montrant les souris récemment nées pour lui faire comprendre la différence. Lorsqu'ils arrivèrent aux cages du fond, le jeune homme put voir de ses propres yeux que les souris semblaient comme paralysées ou sur le point de rendre l'âme.

- Elles n'ont que quelques mois et déjà elles semblent atrocement victime de cette saloperie. Je prélève leur sang à intervalles réguliers de leur croissance pour déceler les changements et comprendre pourquoi. Je ne suis qu'à un petit niveau mais je peux déjà essayer de trouver une solution, tu comprends ?

Elle se mordit la lèvre, elle espérait que son explication avait été claire et qu'il était toujours partant pour participer à cette étude. Elle ne savait pas encore ce qu'elle allait faire de lui. Elle pouvait lui dire de nettoyer les cages ? Ou encore de nourrir les souris et de leur apporter de la chaleur humaine, c'était peut-être le plus simple et le meilleur traitement du monde.

- La fiole que tu as cassée, c'était un prélèvement infecté auquel j'avais intégré une solution antibiotique au niveau cellulaire pour essayer de contrer la prolifération du virus. Je n'ai pas pu en voir les résultats, mais c'est pas grave, je recommencerais.

La passion frôlait ses lèvres, elle se contrôlait un minimum pour ne pas s'emporter devant tout ce qu'il lui restait à faire, elle était ravie d'avoir mit en place ce projet. Elle se sentait l'âme d'un scientifique fou, mais sans le côté expérience humaine ou complexe de dieu. Elle avait envie d'aider le plus de personnes possibles. Elle ne voulait plus jamais affronter la mort, sauf si elle s'appelle vieillesse.

- Tu pourrais m'aider avec les souris ? Les nourrir, leur parler un peu, les rassurer. Elles n'aiment pas trop les prises de sang, c'est normal. Et puis il faut de temps en temps les accoupler pour que je puisse avoir de nouveaux sujets sains vu qu'elles meurent très rapidement.

Elle le regarda avec des yeux de merlus fris, ou mort sur l'étalage d'un poissonnier. Elle attendait sa réaction.
Et puis comme si l'étincelle avait frôlé son esprit tardivement, elle repensa à sa dernière question. Elle avança d'un pas décidé vers lui, et lui tendit sa main froide et maigrichonne.

- Je suis Saki. Pas de surnom ridicule, juste Saki. Et toi ?

Si Kim avait été là, il aurait sûrement été très fier de l'assurance qu'elle avait mis dans son attitude et dans sa voix. Elle semblait sur son terrain, elle donnait l'impression de maîtriser la situation et de pouvoir gérer l'ajout d'un nouveau facteur dans son équation.
Elle devait s'avouer intérieurement que s'il refusait la proposition et qu'il s'en allait, elle serait déçue de continuer ce chemin toute seule et d'avoir pris la peine de mettre des mots sur ses pensées pour finalement retourner dans le noir avec ses petites souris. Alors maintenant il s'agissait d'attendre, de soutenir son regard un peu fuyant et d'espérer qu'un mot positif allait sortir de sa bouche.

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Ven 2 Sep - 20:54
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Kyôsuke se sentait un peu observé et ça ne lui plaisait pas beaucoup. Mais comme ici c’était lui l’intrus il n’avait certainement pas son mot à dire, il se contenta d’éviter tout contact visuel avec la jeune fille en focalisant attention sur les souris. Il pouvait comprendre qu’elle le trouve un peu bizarre, ce n’était pas la première fois qu’on le regardait comme ça, mais ça restait toujours aussi gênant. Il préférait quand les gens lui disaient directement s’ils avaient un problème avec son apparence, même quand c’était agressif ça avait au moins le mérite d’être clair. Là il ne savait pas, il craignait d’avoir fait mauvaise impression, qu’il se retrouve finalement mis à la porte mais son inquiétude se dissipa quand la jeune fille continua leur conversation comme si de rien n’était, et il fut même carrément soulagé quand elle se proposa de l’accompagner pour chercher ses cartons. Si ça avait été une souris, il lui aurait sans doute fait un gros câlin de remerciement, mais comme ce n’était qu’une humaine il se contenta de la gratifier d’un sourire poli et d’un petit « Merci » sans prêter attention à son étrange posture, elle pouvait bien se tenir comme elle voulait. Le plus important, c'était que son plan fonctionnait à merveille pour le moment, et heureusement car à travers la fenêtre le soleil continuait de décliner et ne rendait l’atmosphère que plus effrayante.

Puis virent les explications. Tout ça paraissait un peu technique pour Kyôsuke mais il écoutait attentivement en suivant la jeune fille comme si c’était son mentor. Il fit de son mieux pour assimiler les informations qu’on lui donnait. Elle avait l’air vraiment passionné par son sujet et ça faisait plaisir à voir, même s’il évitait de regarder son visage il était presque sûr de savoir à quoi il ressemblait rien qu’au ton de sa voix, c’était impossible de douter de sa sincérité. Peu à peu tout paraissait plus clair, elle voulait aider les souris et c’était le principal Kyôsuke n’avait plus aucune raison de refuser de coopérer surtout qu’il n’avait pas besoin de connaitre autant de choses qu’elle pour pouvoir l’aider. Les nourrir, il s’en sentait capable, leur parler aussi même si ce n’était pas dit qu’il arrive à être rassurant. Pour ce qui était de les accoupler, il n’avait jamais fait ce genre de choses avant, il ne savait pas comment il fallait s’y prendre mais si on lui montrait il ne devrait pas y avoir de problèmes. Mine de rien il était plutôt bon quand il s’agissait d’imiter des choses, son expérience en cuisine lui avait donné l’habitude de reproduire des gestes quand il suivait des recettes.

Puis sans trop de logique –ou peut-être avec une logique propre aux cerveaux de scientifiques, il ne préférait pas trop s’y pencher–, l’exposé fut conclu par la présentation de la scientifique qui se nommait Saki. Et qui lui demandait aussi son nom même s’il l’avait déjà donné. La passion l’avait-elle enivré au point qu’elle oublie ça ? C’était plus amusant que vexant.
Kyôsuke se retourna vers elle avec un léger sourire pendu aux lèvres qui disparut bien vite quand il vit petite main tendue dans sa direction qui attendait sans doute d’être saisie, lui donnant l’impression qu’ils étaient de véritables collègues qui s’apprêtaient à collaborer. Le geste le surpris un peu et il hésita quelques instants sans savoir comment réagir. S’il était capable de camoufler beaucoup de choses, ses mains rentraient incontestablement dans le top 3 des choses qu’il détestait sur lui. Il ne pouvait rien faire pour changer ses doigts trop fins et ses os qui ne leur donnaient aucun relief alors en général il évitait de mettre sa main à côté de celle des autres car c’était dans ces moments que ces détails étaient les plus frappants. Mais là il était coincé, comme Saki le scrutait avec un air à la fois mignon et inquiétant il s’efforça de soutenir son regard pour capter son attention sur lui plutôt que ses mains. Puisqu’elle l’avait tant fixé tout à l’heure ça devait être possible et il savait que ses lentilles aidaient comme elles attiraient l’œil.

« D’accord, moi c’est toujours Kyôsuke Sasori. »

Avec tout son courage, il saisit en même temps la main qu’on lui tendait en essayant d’être ferme mais pas trop parce que physiquement Saki semblait pouvoir se casser en deux facilement si on ne faisait pas attention. C’était le genre de fille qui risquait de s’envoler au moindre coup de vent, il s’en rendait compte maintenant qu’elle s’était débarrassée de son manteau et avait retroussé ses manches : ses bras étaient tout fins, elle avait la peau sur les os. Ca ne le dérangeait pas, il ne l’avait simplement pas deviné jusque-là avec les vêtements trop larges qu’elle portait, mais après tout lui aussi utilisait plus ou moins la même technique, même s’il se demandait quand même pourquoi elle avait choisi de s’habiller comme ça.
Il ne mit pas longtemps à lâcher la main de Saki, n’ayant pas envie que le contact s’éternise. Il allait mettre ça sur le compte de l’impatience, puisqu’il s’était déjà éloigné pour quitter son anorak et son bonnet qu’il accrocha à côté du k-way encore dégoulinant d’eau de Saki. Elle avait dû avoir froid là-dedans, heureusement que lui avait réussi à échapper à la pluie.
De son côté il ne comptait pas retrousser les manches de son sweat avant de mettre la main à la pâte, alors il se retourna directement vers Saki en croisant les bras pour signifier qu’il était fin prêt cette fois.

« Je vais t’aider. Aujourd’hui il faut recommencer le prélèvement que j’ai cassé, c’est ça ? Tu as ce qu’il faut ? »

Il se rapprocha des souris, en se demandant si elles avaient chacune un petit nom, ou laquelle serait choisie aujourd’hui pour qu’on lui prenne du sang. Celles qu’il avait vu dans les dernières cages lui faisaient vraiment de la peine et cela renforça sa volonté d’être utile. Il s’était naturellement rapproché d’elles plutôt que de celles dont aucun symptôme n’était visible, sans se rendre compte qu’il n’avait pas arrêté de faire des allers retours aux quatre coins de la pièce depuis tout à l’heure.

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Mer 12 Avr - 23:55
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Le bruit sec et froid de l'eau qui tombe goutte après goutte sur le bois pourtant déjà imprégné du liquide lui martela les tympans pendant ces longues secondes figées dans le temps. Sa petite main tendue vers l'inconnu restait là à attendre un contact sans savoir si elle allait le recevoir ou pas. Cet effort lui avait demandé une énorme quantité d'énergie et si elle avait su que ça mettrait son camarade dans une situation de malaise, elle s'en serait bien passée aussi. Le contact physique c'était pas sa tasse de thé.
Alors c'est très naturellement qu'elle fut à la fois soulagée de le sentir lui serrer la main comme de la relâcher presque aussitôt. Elle n'eut pas le temps de voir les détails de ses doigts qui le hantait. Elle était à milles lieux d'imaginer être en face d'une jeune fille plutôt que d'un jeune homme.

La façon dont il lui annonça son prénom lui tira une grimace d'incompréhension. Elle mit presque une minute à percuter son raisonnement et à comprendre qu'il lui avait sûrement déjà dit quelques minutes avant et qu'elle avait complètement zappé l'information.
Elle ne s'excusa pas, pas son genre. Elle se contenta d'hausser les épaules tout en souriant furtivement pour soutenir sa crédulité et elle passa à autre chose. Malgré le fait qu'elle soit japonaise pure souche, Saki n'avait pas prit l'habitude de respecter les coutumes et traditions japonaises qui lui demandaient d'appeler les gens par leur nom de famille, tout en rajoutant un suffixe. Elle n'en avait jamais éprouvé l'envie et de mois en moins au fil des jours qui passaient quand elle voyait comment les autres se comportaient avec elle. Du coup, dans sa tête Kyôsuke Sasori, alias Sasori-kun était déjà devenu Kyôsuke mais elle se garda bien de le lui dire, il l'apprendrait bien assez tôt de lui-même et peut-être qu'il lui fera la remarque mais ça ne changera rien pour elle. Il n'aura qu'à faire de même.

Elle l'observa retirer son manteau et faire le tour des cages pour s'habituer aux lieux et sûrement faire connaissance avec les souris.
Elle s'approcha de lui, tout en laissant une bonne distance de sécurité entre eux, -2 ou 3 kilomètres devraient suffire...- et puis après une intense réflexion elle préféra reporter son prélèvement.

- Mmh, j'ai tout ce qu'il faut mais ça va être trop compliqué pour ce soir. La nuit tombe et comme je veux pas me faire remarquer ici je peux pas allumer les lumières comme j'aurais envie alors je vais reporter le prélèvement à demain. Mais par contre, on peut les nourrir.

Elle fit craquer le sol malgré son poids plume en traversant la pièce pour aller récupérer un sac de graine un peu poussiéreux qui traînait dans un coin. Elle en sortit une petite cuillère et apporta le tout à Kyôsuke.

- Tiens, il te suffit de remplir la petite coupelle qu'il y'a dans chaque cage avec la cuillère, mais n'ouvre pas les cages sinon elles risquent de s'enfuir. Fais au travers du grillage, stp.

Elle le laissa gérer le truc, c'était pas compliqué. Elle prit le parti de s'occuper de l'eau de son côté. Elle sortit une bouteille d'eau de son sac à dos qu'elle avait amené avec elle et elle s'organisa pour remplir les petites pipettes qui donnait à boire à chaque souris.

- Je m'attends des fois à trouver des souris dans le sac de graines, vu que c'est leur nourriture. Et pour une fois, je serais même contente d'en trouver, mais il n'y en a jamais, ah ah !

Elle n'avait même pas esquissé un sourire, elle s'était contentée de faire comprendre par le son de sa voix que c'était une sorte de petite blague, mais si ça ne la faisait pas rire elle, pourquoi lui rirait-il ? Elle n'y avait même pas pensé. Elle ne faisait que mettre un mot sur ce qui lui passait par la tête.
Elle croisa Kyôsuke qui s'attelait à sa tâche et ils mirent moins de quinze minutes à deux à faire tout ça. Elle rangea sa bouteille d'eau et elle prit quelques minutes pour noter sur son journal de bord du rat de laboratoire par excellence qu'elle n'avait rien pu faire aujourd'hui et que sa science était reportée à demain.
Une fois que tout ça fut prêt, elle se retourna vers lui et l'invita à repasser derrière la bâche jaune pour retourner dans la petite pièce un peu plus respirable et studieuse.

- Tu veux qu'on aille chercher tes cartons maintenant ? On aura pas le temps de tout prendre aujourd'hui mais on peut déjà en sortir un chacun ?

Elle fouilla dans son sac à dos à la recherche d'une lampe torche. L'endroit était sombre de base mais avec la nuit qui approchait, c'était pire. Saki n'avait pas peur de cet endroit, elle le connaissait vraiment par cœur pour l'avoir arpenté pendant des semaines afin de trouver le meilleur endroit pour être tranquille... Effort vain.
Elle sortit de son laboratoire et prit à droite. S'il ne voulait pas y aller maintenant, il n'aura qu'à le lui dire et ils reporteraient ça aussi. Elle se demandait si il allait avoir envie de revenir demain ou pas... Elle n'arrivait pas à savoir ce que ça allait donner toute cette embrouille. Elle ne devait pas se braquer et en même temps, elle n'avait pas envie de nouer contact avec un inconnu non plus. Elle savait son prénom, et aussi qu'il faisait partie du club de cuisine, ça lui suffisait largement comme information au final.


CRAC !


Le bruit la fit sursauter bien plus que le choc. En montant l'escalier qui menait à une pièce un peu isolée, Saki avait mit le pied sur une marche fragilisée et son pied était passé à travers. La lampe torche lui avait glissé des mains et elle s'écroula bêtement en se rattrapant comme elle put.
Son front heurta l'une des marches un peu plus haute.

- Aïe ! Merde, j'ai pas vu le trou...

Saki n'avait même pas réalisée qu'elle avait créé le trou, elle était persuadée qu'il était là avant elle et qu'elle l'avait raté. Elle chercha à dégager son pied mais elle se rendit compte qu'il était bien enfoncé et que des morceaux de bois lui lacéraient doucement la peau. Elle jura et abandonna.
Elle regarda Kyôsuke avec un regard blasé et annonça la couleur :

- Je crois que tu vas devoir monter tout seul, je suis coincée. C'était pas une bonne idée de monter les chercher ce soir.

Et comme pour mettre un point final à sa tirade d'une logique imparable, Saki sentit un très léger filet de sang couler sur son front et filer vers son nez. Elle soupira et croisa les bras. Elle avait prit le parti d'attendre sagement que la situation s'arrange. Elle ne voulait surtout pas qu'il aille chercher de l'aide ou autre chose de la sorte parce que son laboratoire finirait par être découvert et elle ne voulait pas tout perdre.
Son pied et son front pouvaient attendre, toute la nuit s'il le fallait mais ses souris ne devaient pas en pâtir.

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Dim 14 Mai - 22:23
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Leur poignée de main se passa étrangement bien, au plus grand soulagement de Kyôsuke. Saki ne semblait pas être le genre de fille à s’attarder sur les détails, en fait elle devait même être complètement ailleurs puisqu’elle avait réussi à oublier qu’il lui avait donné son nom quelques minutes plus tôt. Qu’elle oublie son nom, pourquoi pas, mais qu’elle oublie carrément  le fait qu’il lui ai donné, ça c’était du jamais vu. Il ne savait pas trop comment le prendre, s’il devait plutôt mettre ça sur le compte de son propre manque de prestance ou si Saki était simplement distraite. Mais en tout cas il n’était pas vexé, c’était même assez amusant de voir son air  décontenancé. Aucun doute possible elle ne s’était pas moquée de lui, elle avait vraiment oublié.

Il alla faire connaissance avec les souris en attendant les instructions, jusqu’à ce que Saki vienne se glisser à côté de lui. Sa proposition paraissait plus sage en effet, il valait mieux qu’il évite de faire encore des bêtises à cause de l’obscurité. Kyôsuke hocha la tête, de toute façon nourrir les souris avait l’air carrément plus amusant que de faire de la chimie, le programme lui convenait parfaitement. Il écouta attentivement les instructions, puis pris tout le nécessaire qu’elle lui avait apporté pour commencer sa tournée des cages, avec soin. Les souris se précipitaient sur la nourriture qu’il leur apportait, c’était vraiment adorable. D’ailleurs Saki devait aussi avoir remarqué leur voracité puisqu’elle en plaisanta. Enfin plaisanter était un grand mot, son air stoïque ne l’avait pas quitté malgré le ton léger de sa remarque. Quelle drôle de façon de s’exprimer, ce n’est pas la blague mais bien l’attitude de Saki qui lui arracha un sourire. Ça avait beau être bizarre, ça lui allait bien de parler comme ça.

« C’est vrai, c’est des ventres sur pattes. »

Une fois qu’ils en eurent fini avec tout ce qu’ils avaient à faire dans cette pièce pour aujourd’hui, Kyôsuke alla rendre à Saki la cuillère et les graines dans l’autre partie de la pièce, au-delà de la bâche. Puis elle lui proposa qu’ils aillent chercher ses cartons avant de partir. Il était venu pour ça au début, mais il les avait presque oubliés avec tout ce qu’il s’était passé.

« Ouais t’as raison, on y va. »

Il n’avait même pas hésité. Dès qu’il s’éloignait des souris, il se rappelait à quel point le lieu dans lequel il se trouvait pouvait être flippant. Il parut d’ailleurs soulagé en voyant Saki sortir une lampe torche. Dire que lui n’avait même pas pensé à s’équiper alors qu’il savait très bien que la nuit allait tomber, il avait un peu surestimé son courage. Ce bâtiment abandonné était bien pire qu’il ne se l’était imaginé.
Il emboita le pas de près à Saki qui semblait connaitre le chemin. Il songeait qu’il avait peut-être eut de la chance de la rencontrer finalement, puisque maintenant il avait un guide quand un grand craquement se fit entendre. Kyôsuke sursauta et du se rattraper contre un  mur pour ne pas tomber. Il n’en menait pas large jusqu’à ce qu’il comprenne ce qui avait provoqué bruit. Saki avait le pied enfoncé dans le plancher.

« Oh, ça va ??? »

Il se hâta de récupérer la torche qui avait roulé un peu plus bas, et remonta pour éclairer la jambe de Saki. S’il avait d’abord été soulagé que le bruit ne soit pas le fruit de la colère d’un esprit frappeur qui hanterait les lieux, la panique le gagna quand même en voyant que Saki ne parvenait pas à se dégager. Mais elle semblait pourtant parfaitement sereine, et l’invita même à monter sans elle. Kyôsuke était septique, il avait bien compris qu’elle avait un caractère hors norme, mais là ça dépassait l’entendement.

« Qu’est-ce que tu racontes ? Je vais pas te laisser comme ça … »

De toute façon il avait trop peur de monter tout seul, que ce soit par crainte des fantômes ou par peur qu’il lui arrive la même chose. Ils auraient l’air malins s’ils se retrouvaient bloqués tous les deux. Mais il n’allait pas appeler les secours non plus, bien conscient qu’ils allaient avoir des ennuis s’il faisait ça. Non, il allait se débrouiller tout seul.

« Tu peux éclairer le trou ? Je vais l’agrandir pour que tu puisses sortir ton pied … »

Il lui tendit sa lampe torche pour avoir les deux mains libres s’accroupi à hauteur du trou et tira sur un bord de toutes ses forces dans l’espoir d’en arracher un autre morceau. S’il avait cédé sous le poids plume de Saki, ça devait être dans ses cordes. Le sol mit plusieurs dizaines de secondes à céder mais il réussit finalement à ouvrir un espace assez grand pour que Saki puisse déloger son pied. Il la regarda pour voir comment elle allait, espérant ne pas lui avoir fait mal lorsqu’il avait tiré, mais il constata avec panique qu’un filet de sang lui coulait du front. Elle avait dû se faire ça en tombant, il ne l’avait pas remarqué jusqu’alors. Pourtant elle ne semblait toujours pas plus inquiète que ça, Kyôsuke en vint à penser que c’était parce qu’elle était sonnée par le choc qu’elle s’était prise sur la tête.

« Mais tu saignes … ! T’as mal à la tête ? Et ta jambe ?»

Il s’était un peu penché vers elle pour examiner son front de plus près, et l’incita à ne pas se relever tout de suite mais plutôt à s’asseoir sur les marches en lui poussant doucement les épaules en arrière. Il manquerait plus qu’elle fasse un malaise.
Il voulait faire quelque chose mais n’osait pas trop la toucher plus que ça. En plus, ses mains avaient touché le sol pourrissant, il avait peur d’infecter la blessure de Saki. Déjà que s’ouvrir le front sur des marches à l’abandon c’était loin d’être le top niveau hygiène, pas la peine d’aggraver la situation. Ils avaient intérêt à nettoyer ça le plus vite possible, pas le choix ils devaient sortir avant de faire quoique ce soit.

« Ecoute les cartons c’est pas très important, on ira les chercher un autre jour. Là il faut te soigner, tu peux marcher ? J’ai des pansements et du désinfectant à l’internat mais je peux pas te laisser là … »

Kyôsuke se voyait mal emmener Saki à l’infirmerie, de un parce qu’ils devraient certainement s’expliquer sur la cause de l’accident et que cela mettrait en péril le laboratoire clandestin, et de deux parce que lui-même fuyait cet endroit comme la peste depuis le début, en fait il n’y avait même jamais mis les pieds. Il avait donc son petit stock de médicaments dans sa chambre, qui risquaient de leur être bien utiles aujourd’hui, il fallait juste espérer que ce ne soit pas trop grave. Mais il ne pouvait pas se résoudre à laisser Saki ici dans cet état pour aller les chercher, qui sait ce qui pouvait arriver. Elle pouvait se sentir mal, l’escalier pouvait finir de s’écrouler... En plus si quelqu’un le voyait faire un aller et retour dans ce bâtiment abandonné, ce serait franchement suspect, et le secret serait mis en péril. Ils allaient devoir sortir, et être discrets.

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Dim 9 Juil - 14:39
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Pendant que le filet de sang venait se faufiler dans son sourcil, Saki attendait patiemment que Kyosuke prenne une décision et aille chercher son carton. Elle ignorait totalement s'il allait partir sans elle ou pas et honnêtement elle n'y pensait même pas. Elle était là, fâchée intérieurement de ne pas avoir vu ce trou pourtant presque aussi gros que son mollet. Elle avait fait un effort pour ne pas être contrariée de ce changement de planning par rapport à ses expériences souricières déjà mais il semblerait que quelqu'un avait décidé de lui pourrir sa soirée toute entière en lui rappelant qu'elle n'était qu'une toute petite maille d'une immense chaîne et qu'elle n'avait pas du tout le pouvoir.
Elle avait donc croisé les bras, et elle boudait, clairement. Cette immaturité de sa part à ce moment là avait au moins deux avantages, d'un elle ne cédait pas à la panique et de deux, elle était insensible à la douleur pendant cet instant et tant mieux parce que c'est ce moment là que choisit Kyo pour aller récupérer la lampe torche et tenter de sortir son pied du petit trou.

Elle avait tenu la lampe torche docilement et elle avait seulement commencé à comprendre ce qui lui arrivait quand il lui avait gentiment fait comprendre qu'elle délirait un peu dans ses élucubrations. Elle décroisa les bras et regarda le jeune homme faire. Elle vit alors les éclats de bois dans sa cheville et le sang qui coulait légèrement de ses blessures. Et puis elle comprit. Elle avait créé ce trou.
Elle se gratta la tempe droite en réalisant ce détail un peu dérangeant :

- Il faudra que j'amène des clous et un morceau de b ...

Elle n'avait pas pu terminer sa phrase, son corps vacilla et elle fut à deux doigts de tomber dans les pommes à cause du choc à la tête.
Kyo fut interpellé, et il paniqua aussitôt. Enfin non ... il eut une réaction humaine plutôt normale. Saki elle se contenta de se taire en fermant les yeux et de frotter la plaie avec ses petits doigts, étalant le sang sur son front comme si ça allait tout soigner.
Quand elle prit le temps de rouvrir les yeux, le visage de Kyosuke se trouvait si près du sien qu'elle eut envie de hurler de terreur devant ce manque d'espace vital. Si elle avait été en pleine possession de ses moyens, elle l'aurait sûrement violemment repoussé en hurlant et puis elle serait partie en courant, laissant tout sur place. Mais comme c'était pas le cas, elle avait simplement retenu sa respiration en collant au maximum sa tête contre la planche de bois dur derrière elle, se créant un mignon petit double menton.

Et puis il se recula, il semblait contrit, comme si tout ça avait été sa faute. Mais .... ça l'était. Il était responsable de ce qui venait d'arriver à Saki ce soir, alors oui il allait tout faire pour la sortir de là et il devra même faire pénitence pendant des semaines pour se rattraper.

- Mhoui...

Elle se leva, un peu trop vite, bêtement et se rattrapa au mur à côté d'elle. La douleur à sa cheville était la plus lancinante mais sa blessure à la tête était celle qui l'handicapait le plus. Elle réalisa qu'elle était incapable de sortir de ce bâtiment sans une aide extérieure, et la solution de Kyo la soulageait énormément aussi, elle refusait d'aller à l'infirmerie. Le Fatalys lui dirait sûrement encore qu'elle était trop maigre et que son mutisme et son renfermement ne ferait pas d'elle une jeune femme épanouie. Elle ne pouvait pas supporter ce type. Ce type qui avait dragué une de ces étudiantes, il était pourri de l'intérieur, profitant de la faiblesse de Yume qu'elle connaissait de loin et qui avait fui depuis, comme si cette histoire avec le médecin avait chamboulé sa vie. Elle ne voulait pas croiser le regard de cette fouine, qui se sentait en droit de lui piquer les veines. Elle avait envie de lui mordre la jugulaire.
Elle regarda Kyosuke et avec un visage un peu stressé et nerveux, elle lui demanda, à contrecoeur :

- Désolée mais il faut que tu m'aides à marcher, je me sens un peu ... pompette.

Même ses mots n'étaient pas très clairs, elle était sûrement sous le choc. La vision du sang lui avait froidement rappelé au mauvais souvenir du séisme et de cette fille qui s'était faite écrabouillée sous ses yeux, par un feu de signalisation tombé du ciel. Le sang qui avait volé en fines gouttelettes sur son visage lui rappelait celui qui coagulait sur sa cheville. Elle n'avait pas eu envie de se souvenir de ce moment, et puis Ethan était venu la voir à l'hôpital... enfin peut-être, tout était flou. Elle ignorait même si Ethan était vraiment quelque part ici à Hoshi, parce qu'elle ne le croisait jamais.
Elle tendit sa main vers Kyosuke pour lui attraper l'épaule et passa son bras autour de lui. Elle n'était pas du tout dans l'optique de sentir les formes de son corps sous ses doigts, elle était plutôt concentrée à tenter de marcher droit, et à ne pas vomir.

Elle guida Kyosuke jusqu'à la sortie, qui fut particulièrement laborieuse pour elle comme pour lui qui devait galérer à la soutenir malgré son faible poids, elle lui murmura d'éteindre la lampe torche lorsqu'ils arrivèrent près de la porte du bâtiment, et qu'ils s'apprêtaient à partir. Elle lui conseilla de sortir la tête pour voir si personne était dehors. La nuit était tombée depuis un petit bout de temps maintenant, et ils étaient sûrement en infraction du couvre-feu désormais. Ils allaient vraiment devoir faire très attention pour ne pas se faire attraper, et en plus, Saki allait se retrouver dans le dortoir des garçons pour la toute première fois. Elle n'était pas le genre de filles à faire attention à ce détail là, et elle en avait strictement rien à faire mais elle espérait ne pas tomber sur Yoite, elle ignorait s'il possédait une chambre ici ou pas.

- Et ton colocataire, tu vas lui dire quoi ?

Saki ignorait bien sûr qu'au vu de sa condition un peu étrange, Kyosuke avait demandé à être seule dans sa chambre, et tant mieux au final.
Ils mirent moins de temps à rejoindre le pensionnat que de sortir du bâtiment et quand Kyosuke actionna son badge pour entrer, ils furent soulagés tous les deux de constater qu'aucun surveillant n'avait eut envie de passer le temps en traînant dans les couloirs.
La chambre de Kyo était près de la porte de sortie et il laissa Saki se reposer contre le mur le temps de pénétrer dans le St Graal. Elle fit le tout dernier effort pour entrer et il referma la porte derrière elle. Elle ne se fit pas prier et s'assit directement sur le lit, sans penser que ça pouvait être mal interprété. Elle se pencha pour défaire les lacets de sa basket et elle sentit sa tête tourner encore, alors elle abandonna en cours de route et elle grimaça de douleur. Elle ferma les yeux et elle attendit qu'il revienne vers elle pour la soigner. Elle n'aimait pas le contact physique elle l'avait dit, mais là, elle espérait qu'il le ferait bientôt et que ce serait pas trop douloureux.

- Tu as une pince à épiler ? ... demanda-t-elle espérant que le jeune homme soit légèrement coquet pour pouvoir retirer les éclats de bois dans sa cheville sans lui laisser d'atroces piquets qui pourraient s'infecter rapidement. Et des bonbons .... ? Ou une sucette ?

Elle lui fit un sourire angélique en demandant ça, elle était un peu distraite mais elle avait retrouvée ses esprits en règle générale et là, elle se rendait compte qu'elle était dans la chambre d'un inconnu aussi timide qu'elle, dans la nuit, et d'un coup, sa seule échappatoire fut de blaguer un peu pour détendre l'atmosphère. Elle espérait juste qu'il rirait un peu, mais en attendant, dans la faible lueur de la pièce, Saki était obnubilée par ses cheveux bleus, à croire que c'était la mode ici...

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Lun 17 Juil - 20:22
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La panique avait gagné Kyôsuke en voyant Saki se blesser, et celle-ci n’arrangea rien en se mettant à frotter sa blessure au front. C’était assez dangereux de faire ça, et surtout inutile. Elle n’allait ni arrêter le saignement ni atténuer sa douleur, elle risquait juste de se créer des complications plus tard. Mais c’était surement instinctif, elle n’était pas tout à fait dans son état normal alors Kyôsuke se contenta de la mettre en garde.

« Ne fais pas ça… »

Pas la peine de s’étendre en explications, il n’était pas sûr que Saki ait bien compris ce qui lui arrivait. Il espérait juste qu’elle obéisse sans trop se poser de questions, jusqu’à présent elle l’avait écouté. De toute façon, il suffisait qu’ils sortent assez vite d’ici pour désinfecter ses blessures et il ne devrait pas y avoir de problème, alors il fallait plutôt se concentrer sur cet objectif plutôt que de s’étendre en explications.
Finalement il fallut que, dans sa panique, Kyôsuke se penche un peu trop près sur Saki pour que celle-ci semble enfin s’inquiéter un peu. Comme si ses blessures étaient plus supportables que le fait qu’on entre dans son espace vital. Elle devait être aussi mal à l’aise que Kyôsuke pour se rapprocher des gens, mais son visage effrayé était plutôt drôle. Néanmoins il la laissa vite tranquille, comprenant totalement son malaise. Et puis, lui non plus n’avait pas l’habitude de faire ça, ça lui faisait bizarre aussi.

Désormais à distance raisonnable, il lui proposa plutôt de venir se soigner dans sa chambre. Il fut soulagé d’entendre Saki confirmer qu’elle se sentait capable de marcher, mais il dut tout de même l’aider à se déplacer.
La sensation du bras de Saki sur ses épaules le surprit un peu malgré le fait qu’il avait été prévenu, mais ce n’était pas le moment de protester. Il prit sur lui malgré sa sensation de malaise, et aida du mieux qu’il pouvait Saki à se déplacer en la soutenant par la taille. Malgré tout, il devait sûrement paraitre assez raide. Un contact aussi long et important ça n’arrivait pas tous les jours, heureusement Saki ne devait pas être assez en forme pour être suspicieuse. S’accrochant à cet espoir, il suivit à la lettre les instructions éclairées de Saki, et précisa qu’ils ne risquaient pas d’être dérangés par qui que ce soit une fois arrivés dans la chambre de Kyôsuke.

« T’inquiète pas, je suis tout seul. »

Ils parvinrent finalement à avancer tant bien que mal, jusqu’à rejoindre le dortoir. Il laissa Saki se reposer sur son lit, pendant qu’il allait fermer les volets avant d’allumer la lumière. Là, ils étaient enfin en sécurité. Mine de rien leur petite sortie nocturne avait fait monter un peu d’adrénaline chez Kyôsuke, qui n’avait pas pour habitude d’enfreindre les règles. Heureusement ils ne s’étaient pas fait prendre.
Il se tourna vers Saki, constatant avec soulagement qu’elle avait meilleure mine maintenant qu’ils étaient ici. Ou alors, c’était peut-être juste la lumière qui faisait ça… Elle trouva quand même la force de réclamer des sucreries, ce qui soulagea Kyôsuke. Heureusement qu’il avait l’esprit trop préoccupé pour pouvoir imaginer des sous-entendus dans le comportement de Saki.

« Euh… Il doit me rester des gâteaux. »

Il alla fouiller dans son sac pour en sortir une boite qui contenait les restes des cookies qu’il avait préparés hier au club de cuisine. Ce n’était pas les bonbons qu’elle avait réclamés, mais c’était tout ce qu’il avait dans l’immédiat… Il préférait manger ses gâteaux plutôt que d’acheter des bonbons. Manger lui ferait surement du bien quand même. Il posa la boite sur le lit et retourna chercher sa trousse médicale et se laver les mains. Maintenant il n’avait plus qu’à s’improviser médecin.

« T’es prête ? Je vais essayer de faire ça bien, mais dis-moi si ça te fait trop mal… »

Rassemblant tout son courage, il s’assit à son tour sur le lit pris d’abord le pied de Saki pour ôter la chaussure qu’elle n’avait pas réussi à enlever tout à l’heure. Elle avait de la chance, sa trousse médicale contenait bien une pince à épiler, dont il ne s’était d’ailleurs jamais servi. Il la désinfecta quand même, par précaution, et se pencha sur le pied de Saki pour être sûr de ne louper aucune écharde. En s’attelant à son travail minutieux, il commença un peu à douter de sa décision d’emmener Saki dans sa chambre pour la soigner. Après tout, il n’était pas sûr de faire ce qu’il fallait, si Saki rencontrait des problèmes avec ses blessures par la suite, ce serait de sa faute… Ça valait peut-être le coup d’appeler des secours, quitte à s’attirer des ennuis vis-à-vis de l’école.

« On devrait peut-être t’emmener l’hôpital quand même, non ? Enfin, je sais pas… »

Il ne lui avait pas vraiment demandé son avis jusque-là, en fait… Mais peut-être qu’elle préférait être prise en charge par des professionnels, ça pouvait se comprendre. Kyôsuke l’avait amené ici en ne pensant qu’à sa propre peur des hôpitaux et du personnel soignant, c’était assez égoïste, Saki n’était peut-être pas comme lui.
Il releva finalement les yeux vers elle lorsqu’il estima qu’il avait retiré toutes les échardes, posa sa pince pour prendre du coton qu’il imbiba de désinfectant. Il en donna un à Saki pour qu’elle l’applique au niveau de son front, pendant que lui s’occupait toujours de sa cheville.

« Tu crois que ça va aller ? Tu es à l’internat, ou tu dois rentrer chez toi ? »

Il ignorait l’endroit où Saki habitait mais il ne voyait pas comment elle pourrait rentrer alors qu’elle n’avait même pas réussi à marcher seule pour venir jusqu’ici. En fait, il préférait presque qu’elle reste ici cette nuit plutôt que de devoir ressortir après le couvre-feu pour l’aider à se déplacer. Mais il avait un peu peur de lui proposer, vu comme elle semblait timide. Il ne voulait pas en faire trop, ou que ce soit mal interprété… En même temps, il ne pouvait pas mettre Saki dehors comme ça…

« S-sinon tu peux rester là… Comme tu veux… »

Il n’en revenait pas lui-même de ce qu’il proposait. Saki avait de la chance d’être une fille d’avoir l’air si inoffensive, sinon ça n’aurait même pas été envisageable. Il préféra détourner les yeux, se concentrant sur sa trousse médicale qu’il fit mine de ranger. En tout cas, il ne faudrait surtout pas que ça se sache, ou alors ils auraient des ennuis tous les deux, en plus d’une sacré réputation…

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Dim 20 Aoû - 19:48
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Quand Kyo l'informa qu'il était tout seul dans sa chambre, Saki ne pensa à rien d'autre qu'au fait qu'elle aussi elle était toute seule à l'époque dans la sienne à l'internat et elle fut un peu contente de retrouver ce point commun sur son nouveau stagiaire de laboratoire. Elle aurait été très gênée d'arriver dans une chambre habitée par un autre mec, qu'elle connaisse ou pas, elle aurait préféré retourner chez sa mère, souffrir toute la nuit et perdre son pied que de parler de se sentir épiée.

Désormais assise sur le lit, elle se rendit compte qu'elle était fatiguée par tout ça, cette dose d'adrénaline en rencontrant kyosuke, la peur, la déception, l'hésitation, ça faisait beaucoup d'émotions en peu de temps pour elle et elle sentit ses nerfs lâcher. Tout son corps se détendit, elle oubliait la nervosité, l'angoisse, la peur, et ne pensait plus qu'à ... la douleur dans son pied.
Elle essaya de penser à autre chose mais c'était difficile en sachant qu'il allait bientôt lui charcuter la cheville avec sa pince à épiler. Elle faillit tourner de l'oeil alors quand il posa la petite boîte de gâteaux sur la couette juste à côté d'elle, elle se permit de l'ouvrir sans bouger son pied blessé et malgré son appétit de moineau et surtout son manque d'envie de goûter les choses dont elle ignorait la provenance, Saki eut des petites étoiles dans les yeux en voyant des petits cookies tout ronds empilés les uns sur les autres. Ils semblaient avoir été faits mains et elle sentit son ventre gargouiller en les observant. Elle en prit délicatement et croqua un petit morceau.  Elle ne mit pas plus d'une minute avant d'exprimer sa satisfaction.

- 'Sont bons tes cookies, c'est ta mère qui les a fait ?

Bien loin d'elle l'idée de vexer Kyo en ne le pensant pas capable de les faire lui-même mais Saki étant une intellectuelle plus qu'une manuelle était totalement incapable de cuire des pâtes ou des oeufs. Alors imaginer qu'une jeune garçon timide et renfermé puisse faire d'aussi bons cookies "made in home, faits avec amour par maman" ne lui sautait pas aux yeux.
Mais elle oublia ce petit moment délicieux quand il retira sa chaussure, même s'il prit soin d'être très délicat. Elle agrippa la couette de sa main libre et grimaça de douleur mais sans émettre le moindre son. Elle ne voulait pas qu'ils se fassent choper dans cette situation qu'ils auraient bien du mal à expliquer. Ce fut la plus forte douleur qu'elle ressentit au final parce qu'après il prit tellement le temps de bien faire les choses qu'elle s'amusa même à regarder, tout en dévorant ses cookies, les uns après les autres. Les échardes étaient assez grosses pour être visibles mais trop petites pour avoir causé des dégâts importants. De son avis d'expert médical, elle dirait qu'elle est éraflée, et elle dira à sa mère ce qui s'est passé si jamais elle lui pose la question.

Quand il parla d’hôpital, Saki eut un tressaillement. La dernière fois qu'elle avait été là-bas, c'était pour assister à la mort de son père, et elle avait forcément détesté ce moment alors il était hors de question pour elle de retourner dans cet endroit qui pue la mort et la tristesse.

- Non je veux pas y aller, j'ai ... même pas mal.

Elle tourna la tête lorsqu'il releva les yeux vers elle, elle ne voulait pas qu'il croise son regard et qu'il voit cette petite peur qu'elle se pensait incapable de dissimuler aux yeux des autres. Si elle avait su qu'ils avaient aussi ce point en commun, elle lui aurait probablement sauté dans les bras. Son homonyme masculin se trouvait face à elle, et malgré ses horribles cheveux bleus, elle appréciait sa compagnie.
Elle prit le coton qu'il lui tendait en murmurant un petit merci et elle le tamponna sur sa tête à peu près à l'endroit où elle pensait avoir été blessée, en grimaçant, persuadée que ça allait être douloureux.

- J'habite plus ici, je suis venue en vélo, du coup, tant pis je vais pas rentrer chez moi.

Elle était affreusement gênée de la situation, mais elle aussi, elle savait qu'elle pourrait pas pédaler, pas avec la douleur dans son pied. En plus, avec sa chance éternelle, elle risquait de tomber sur un surveillant en sortant de la chambre de Kyosuke et là elle finirait en cellule. Une élève chez les garçons, et hors couvre feu. Le scandale... La honte sur sa famille, elle ne voulait pas vivre ça.
Elle cacha son visage dans ses mains et secoua la tête en imaginant l'attention qui allait être mise sur elle, et elle en était déjà morte de trouille. Elle avait envie de fondre dans son oreiller, loin de tout, pour ne plus jamais avoir à en ressortir.
Elle écarquilla de grands yeux quand il lui propose de rester dormir ici. Elle fut partagée entre plusieurs sentiments. D'abord, elle était touchée de sa générosité. Puis elle fut méfiante, personne était gentil avec elle d'habitude, et si c'était encore un coup de Yoite ça ? ... Elle pensa ensuite que c'était hyper gênant de dormir ici, dans un lit qui n'est pas le sien, en compagnie d'un mec .... mon dieu... Elle arrivait pas à prendre de décision alors elle essaya de le regarder, de lire dans ses yeux pour voir si c'était un démon dans un corps de jeune adulte ou s'il était vraiment gentil. Mais elle en eut pas vraiment l'occasion, il fuyait déjà, rangeant la trousse médicale par la même occasion.

- Attends tu ... il faut que tu mettes un bandage autour de ma cheville pour cette nuit pour éviter que ça s'infecte et que je tâche aussi tout partout.

Elle avait été stagiaire dans un hôpital avant que son père meurt alors même si elle était cantonnée à l'accueil, elle avait vu quelques trucs et bon elle savait plus ou moins se débrouiller pour des petits bobos comme ça.
Elle tendit les mains vers lui, pour lui dire de revenir. A cet instant, elle se sentait en sécurité avec lui parce qu'il semblait avoir autant peur d'elle qu'elle de lui ... ils avaient l'air de deux adolescents pré pubères incapables de se parler. Il revint vers elle, doucement, comme s'il hésitait à se rapprocher, et il sortit la bandelette dont elle parlait pour lui faire un petit bandage. Il était là, accroupi près d'elle, et elle le regardait faire, délicatement. Ses doigts étaient fins, presque féminins. Il avait un corps maigre comme le sien, ils se ressemblaient vraiment beaucoup. A part cette satané couleur de cheveux. Elle décolla sa main de la couette pour venir tripoter une de ses mèches de cheveux, sans son accord mais elle ne pensait pas à mal ...

- Pourquoi tu te teins les cheveux en bleus ? Tu aimes pas ta couleur naturelle ? Le bleu ... c'est tape-à-l'oeil... et t'es pas comme ça.

Elle avait dit ce qu'elle pensait sincèrement. Elle n'avait pas envie de le juger mais elle savait qui elle était, et honnêtement, il réagissait comme elle, il semblait sur la défensive, il n'aimait pas le contact physique et était plutôt du genre introverti et renfermé alors pourquoi attirer l'attention en se teignant les cheveux en bleu. Elle ne comprenait pas. Si elle mettait des vêtements trop larges, c'était pour masquer sa maigreur mais en revanche, si elle mettait des choses qui n'allaient pas du tout ensemble, c'était pour dire "merde" aux bourgeois prétentieux, alors peut-être que lui aussi voulait passer un message avec ses cheveux ?

- C'est quoi ton message à toi ?

Il n'aurait peut-être pas tout saisi de son raisonnement mais elle lui expliquerait si jamais il demandait davantage de détails. Elle le laissa ranger sa trousse maintenant que le bandage était fait, et elle le remercia. Elle se redressa pour se tenir sur sa jambe en bonne santé et elle sautilla pour se décaler du lit, et regarder un peu où est-ce qu'elle pourrait dormir. Il y'avait un autre lit dans cette chambre, mais il avait entassé tout un tas de choses dessus et elle voulait pas l'embêter à tout déplacer, alors elle se frotta les mains et avec un sourire un peu maladroit elle lui annonça qu'elle pouvait dormir par terre, ça la gênait pas tant qu'il lui prêtait une couverture parce qu'elle avait un peu froid.
Elle se laissa glisser jusqu'au sol pour retirer son autre chaussure, et puis elle regarda autour d'elle. Les souvenirs de sa chambre de pensionnat ne lui manquait pas ...

- Pourquoi tu es tout seul ici ? Tu ne voulais pas de compagnie ?

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Mer 30 Aoû - 23:03
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Rien de tel que des cookies pour se remettre de ses émotions. En tout cas, Saki avait l’air d’apprécier, à en juger par le rythme auquel elle les mangeait. Elle donnait presque l’impression de reprendre un peu de couleurs, ce qui rassura Kyôsuke. Si elle pouvait manger des cookies, c’est qu’elle n’allait pas si mal après tout. Le compliment lui alla droit au cœur, même s’il ne lui était pas directement destiné… Sa mère ne lui avait pas fait de cookies depuis un bon moment, le mérite lui revenait entièrement, non mais !

« Non c’est moi, je suis au club de cuisine. J’étais venu chercher du matériel pour le club dans cet ancien bâtiment, d’ailleurs…  »

Il laissa échapper un petit rire, loin d’en vouloir à Saki et ses stéréotypes. Il prit un cookie avant qu’il n’y en ait plus, puisque tout le stress de la soirée l’avait creusé, lui aussi. De toute façon, il avait toujours de la place pour un cookie. Mais Saki pouvait se faire plaisir avec le reste, c’était quand même elle qui était blessée. Et puis s’il n’en avait plus demain, et ça serait une excuse parfaite pour refaire d’autres gâteaux, ça l’arrangeait.
Une fois qu’il eut terminé sa petite pause, il entreprit de soulager Saki avec les moyens du bord, et fut soudain pris de culpabilité, à se retrouver contraint de la soigner dans de telles conditions. Mais apparemment, Saki avait l’air aussi réfractaire que lui à l’idée de se rendre à l’hôpital. Même s’il était convaincu que ça aurait pourtant été la meilleure solution pour elle, il ne pouvait pas s’empêcher d’être soulagé. En fait, il lui avait juste demandé pour alléger sa conscience, pas très sympa…

« Je vais pas t’y emmener de force, alors te sens pas obligée de dire ça... »

Si Saki n’avait pas pu marcher tout à l’heure, c’est bien qu’elle avait mal… Et Kyôsuke avait senti quelques petites crispations en appliquant le coton. Il ne fallait pas se voiler la face : Saki avait mal. Mais son seul désir de ne pas vouloir se rendre à l’hôpital suffisait à Kyôsuke pour renoncer à cette idée. Elle n’avait pas besoin de jouer les actrices, surtout vu sa prestation. Il ne voulait pas la vexer, mais elle n’était pas super convaincante... Il ne voulait pas la forcer à faire comme si tout allait bien, au contraire il était primordial qu’elle se sente assez à l’aise pour oser se manifester si quelque chose n’allait pas. Elle n’avait rien de très sérieux, mais quand même…
Heureusement, elle avait osé accepter son invitation. Il sentait bien que ça la gênait autant que lui, mais ils n’avaient pas trop le choix. Rentrer à vélo s’avérait en effet être mission impossible, vu son état…

Tous ces doutes lui avaient même fait oublier de bander les blessures de Saki. Quel boulet. Il revint vers elle avec la trousse, l’air désolé, pour se rattraper. Alors qu’il commençait à faire les bandages du mieux qu’il pouvait malgré son incompétence en la matière. Il eut un léger sursaut en sentant une main étrangère se mettre à tripoter ses cheveux. Voilà qui Saki commençait à être curieuse, c’était bon signe, mais en même ça ne l’arrangeait pas particulièrement. Il releva un instant les yeux vers elle, avant de vite se reconcentrer sur sa tâche. C’était beaucoup trop gênant s’il la regardait.

« Je le fais pas pour qu’on me remarque, je le fais pour moi. J’aime bien le bleu. »

Saki n’avait pas vraiment l’air emballé par la couleur de ses cheveux, mais il était habitué à ce genre de réactions. C’est vrai que c’était bizarre, il comprenait quelque part. Alors oui il ne passait pas souvent inaperçu, mais c’était juste un effet indésirable, pas son but premier. Et quand ça devenait trop pesant il lui suffisait de mettre un quelconque couvre-chef pour qu’on le laisse un peu tranquille, il s’y était fait. S’il avait gardé ses cheveux noirs, il savait que ça accentuait son côté féminin. Au moins le bleu permettait aux gens de moins se focaliser sur son visage. Mais Saki avait étrangement visé juste, il y avait aussi un message derrière cette couleur.

« La couleur du ciel. C’est symbolique. »

Mais la façon dont Saki avait tourné sa question laissait supposer qu’elle aussi avait un message à faire passer. Il la dévisagea quelques instants l’air pensif, mais il ne voyait pas trop ce que ça pouvait être… Contrairement à lui son excentricité ne sautait pas aux yeux.

« Tu en a un aussi ? J’ai du mal à deviner… »

Avec tout ça il avait terminé les bandages. Le résultat final lui parut tout de même convenable et assez propre. Cette fois il en avait vraiment terminé, il alla donc ranger la trousse de soin pour de bon, soulagé de reprendre un peu ses distances. Pourtant il allait falloir s’y faire, puisque Saki dormait ici. Elle semblait d’ailleurs avoir repris du poil de la bête, annonçant qu’elle allait dormir… Par terre. Cette proposition rappela à Kyôsuke le moment où elle lui avait conseillé de la laisser en plan alors qu’elle venait de se coincer le pied dans une marche de l’escalier du bâtiment abandonné. Tout comme à ce moment-là, elle semblait convaincue de ce qu’elle proposait, et pourtant ce n’était même pas envisageable pour Kyôsuke. Il y avait deux lits dans la chambre, alors ils allaient en profiter. Il ne pouvait pas laisser Saki dormir par terre alors qu’elle était blessée, tandis que lui dormirait dans son petit lit douillet….

« Mais non, il y a un autre lit. Je vais faire de la place, tu seras mieux quand même. »

Le second lit n’avait jamais servi, les draps étaient encore tous propres. Oui, il était tout seul dans sa chambre et ce n’était pas pour qu’il puisse accueillir les jeunes filles en détresses comme Saki. Ce qu’il se passait ce soit était tout à fait exceptionnel. Elle lui demanda d’ailleurs la raison de son choix d’être tout seul. Il ne savait pas si c’était parce qu’elle le trouvait un peu suspect, mais il voulut tout de suite se dédouaner en sortant son excuse habituelle…

« On sait jamais sur qui on peut tomber, je voulais pas risquer de me retrouver avec un Fuck Off ou je sais quoi… Et puis, c’est sympa d’être tranquille. »

Il s’enquit de débarrasser le bric-à-brac qu’il avait empilé sur le lit, en faisant attention à ne rien montrer de compromettant. Heureusement il n’y avait quasiment que ses affaires de cours éparpillées, quelques livres et son sac. Il les répartit dans un coin et aussi sous le lit en veillant à ne pas être trop bruyant.

« Voilà, installe toi. Tu as besoin d’autre chose ? J’ai pas grand-chose, mais si tu veux te changer… »

Il lui donna une bouteille d’eau, si elle avait soif cette nuit ou qu’elle voulait se rafraichir, puis s’assis sur son propre lit. Intérieurement il priait pour que Saki ne fasse pas la princesse. Son armoire, c’était un peu comme la pièce secrète de barbe bleue, il n’y avait que lui qui avait le droit de l’ouvrir. En tout cas, impossible pour aucun d’eux deux d’aller à la salle de bain à cette heure, il y avait trop de risques qu’ils se fassent repérer. Et Kyôsuke il n’allait certainement pas se changer si Saki était dans la pièce, même si elle ne regardait pas. C’était d’ailleurs essentiellement pour éviter ce genre de situation qu’il était seul dans sa chambre, pas vraiment pour les raisons qu’il avait évoquées, même si elles en faisaient aussi parti. Il espérait juste que Saki ne remarque pas trop sa réticence à enfiler un pyjama. Et surtout qu’elle ne pose pas de questions. S’il passait juste pour un malpropre sans qu’elle n’ose lui faire remarquer alors tant pis, c’était un moindre mal. Mais il se devait quand même de le lui proposer. Avec un peu de chance, si elle était encore un peu étourdie de sa chute elle n’y ferait peut-être même pas attention...

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Lun 16 Oct - 14:30
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Quand Kyo l'informa que c'était lui qui avait fait lui-même ces cookies, elle resta interdite un moment en mâchouillant justement une bouchée. D'un coup il semblait encore meilleur rien que pour l'effort fourni. Elle ne répliqua rien concernant sa prestation mais elle haussa les sourcils en signe d'admiration. Elle ne savait pas du tout cuisiner et même si sa mère lui disait de venir regarder quand elle préparait quelque chose, Saki oubliait tout ce qui se rapportait à ça dès que c'était fini. Elle était très très loin d'être une femme d'intérieur. Pour elle, il y'avait bien plus de choses intéressantes à faire que la cuisine, le ménage, le feng shui et autre conneries, elle préférait les calculs, la science, la découverte et les théories parfois fumeuses. Comme son expérience frankeinsteinesque dans la bâtiment. Elle replongea un instant dans cette soirée qui avait été de catastrophe en catastrophe. Elle aurait mieux fait de ne pas pointer le bout de son nez aujourd'hui mais Kyo aurait quand même tout découvert et elle ignorait encore s'il allait garder le secret sur tout ça ou pas. De ce qu'elle ressentait de lui, elle aurait tendance à dire qu'il n'était pas du genre à lécher les bottes de la hiérarchie en dénonçant un de ses camarades, mais elle pouvait se tromper...

- D'ailleurs, il faudra y retourner pour ton matériel de cuisine. Il est dans la salle qu'il y'a derrière cet escalier un peu troué. Si je trouve une planche, je pourrais le réparer ... Mais ... peut-être que tu préfères y retourner tout seul ?

Là, elle sut que sa phrase serait sûrement mal interprétée. Elle n'essayait pas de sous-entendre de Kyo qu'il ne voulait pas de sa compagnie, mais elle lui demandait plutôt s'il préférait pas ne plus rien savoir de son laboratoire clandestin et aller chercher son matériel tranquille pour ensuite reprendre le cours de sa vie parsemée de cookies délicieux.
Elle lui jeta un petit coup d’œil un peu suspicieux quand il lui répondit qu'il ne l'emmènerait pas de force. Est-ce qu'à tout hasard, il avait deviné qu'elle avait mal ? La douleur était facilement supportable. Après tout ce que Saki avait vécu, elle préférait largement se péter un genou et trois côtes que de souffrir à cause de maltraitances mentales et de harcèlement. Elle se souvenait encore des moqueries des filles de son école primaire, des chewing-gum dans ses cheveux, des coupures de ciseaux dans ses vêtements tout neufs, elle avait très mal vécu cette époque au point de se renfermer sur elle-même et de finir par se couper les cheveux et d'enfiler n'importe quoi à la place de ses petites robes de princesse. Hélas, ça n'avait rien arrêté, les filles se moquaient désormais de son allure de clocharde. Elle avait fini par s'y habituer douloureusement et à apprécier la compagnie de la solitude et de ses cahiers plutôt que des gens. Elle savait qu'elle n'aurait pas le contact facile dans son avenir mais en changeant d'école, tout aurait pu s'arranger, repartir sur de bons pieds. Mais elle avait fait la connaissance d'Ashley et puis de Yoite et au final, rien ne s'était arrangé du tout, au contraire.

La réponse de Kyo sur son choix de couleur de cheveux lui sembla bien futile. S'il aimait le ciel, il pouvait aussi enfiler un t-shirt bleu mais elle ne jugeait personne. Elle préféra le laisser garder la vraie raison de son look pour lui. Elle n'était pas du genre à insister, par principe.

- Tu ne vois pas ? C'est peut-être pour ça qu'on m'embête encore alors ...

Elle sembla réellement chercher une solution à son éternel problème avant de revenir à la conversation pour ne pas lancer le sujet sur les moqueries dont elle était victime. D'un, elle n'avait pas envie d'en parler, et de deux elle ne voulait pas que Kyo la prenne en pitié. Elle était déjà bien assez ridicule avec sa cheville en vrac pour si peu.
Elle tritura ses doigts en reprenant la parole, elle ignorait pourquoi elle se sentait assez à l'aise pour lui confier son mode de vie mais elle n'avait pas envie de s'arrêter de parler brusquement. Il avait une tête qui lui inspirait confiance.

- Je ... je fais tout pour casser l'image de petite princesse qui m'a collée à la peau pendant mon enfance. Ça ne m'a pas rendu service alors je tente de faire l'inverse. Les gens jugent beaucoup sur l'apparence physique, surtout les gens riches. Je n'ai pas envie d'en faire partie. Alors je porte ... ça. dit-elle en désignant son pull marin, beaucoup trop grand pour elle, agrémenté de quelques trous dans le bas, et littéralement pas chic du tout. Son pantalon aussi était beaucoup trop long et abîmé aux genoux. Je sais que les motifs ne vont pas ensemble, que c'est moche, et c'est justement volontaire.

Elle s'arrêta là, elle ne lui dévoila pas qu'elle avait coupé ses cheveux elle-même depuis des années, et que à bien y regarder, c'était du gros n'importe quoi. Elle avait adoré ses cheveux longs mais le jour où elle s'en était séparée, ça avait créé en elle une intense vague de soulagement. Elle ne lui dit pas non plus que ça n'avait rien changé au comportement des idiots autour d'elle. Mais au moins, les gens dans la rue la laissait tranquille, ils avaient même tendance à l'éviter. Elle ne comprenait même pas comment au Japon, elle pouvait encore être la cible de tant de moqueries. Les rues dans les centres villes étaient blindées de kogals et autre gens un peu loufoques qui attiraient bien plus l'attention qu'elle mais malgré tout ça, elle ne passait jamais une semaine sans avoir une remarque désobligeante.

Elle détourna le regard suite à cette confession un peu trop personnelle pour leur degré de connaissances. En y réfléchissant un peu, elle sut qu'il était la seule personne à être au courant de ses intentions et son mode de fonctionnement. Elle espérait vraiment qu'il garderait ça pour lui et qu'il se moquerait pas d'elle, sinon mal à la cheville ou pas, elle se barrerait de cette chambre et elle irait direct voir le gardien pour se faire emprisonner jusqu'à la fin de sa vie !
Elle l'entendit farfouiller dans sa chambre pour faire de la place sur l'autre lit, il était gentil, et prévenant. Elle apprécia qu'il fasse ça pour elle même si elle aurait préféré ne jamais le rencontrer. Elle frissonna. La pluie qui avait trempé son baggy à l'aller était toujours dans son pantalon et elle savait qu'elle risquait d'attraper froid si elle le gardait.

- Euh ... oui est-ce que tu aurais un pantalon de jogging ? Le mien est trempé et j'ai pas envie de le garder pour dormir.

Elle se redressa du lit de Kyo sur lequel elle était assise depuis tout à l'heure et se mit debout, en appui sur sa cheville solide et en bon état. Elle sentit un léger vertige s'emparer d'elle, sûrement à cause de sa blessure au front mais elle le contrôla. Elle sautilla jusqu'à l'autre lit pendant que lui retournait vers le sien. La chambre était petite mais elle était parfaite pour une personne seule.
Saki comprenait totalement le choix de Kyo, elle avait aussi préféré rester toute seule à l'époque et puis après tout avait changé. Avoir un fuck off dans sa chambre n'aurait pas forcément été la pire des choses, parfois les passionate ou les look at me sont bien plus insupportables...

- Tu as raison, c'est bien d'être tranquille. Désolée pour cette nuit, je ne ferais pas de bruit c'est promis.

Elle jeta un coup d'oeil vers la fenêtre, la nuit était tombée depuis un bon moment et elle pensa seulement à cet instant qu'elle n'avait pas prévenu sa mère qu'elle ne rentrerait pas cette nuit. Elle sortit son téléphone de la poche de son pull marin et prit le temps d'envoyer un sms pour la rassurer. Elle ne mit que peu de détails, ne sachant pas vraiment comment expliquer à sa mère la situation rocambolesque dans laquelle elle s'était mise. Puis elle se retourna vers Kyo, elle était vraiment de plus en plus mal à l'aise d'être ici, dans la chambre d'un garçon qu'elle connaissait à peine, et de le voir gêné la rendait encore plus nerveuse.

- Tu ... euh ... tu ne voulais pas vivre chez tes parents ?

Elle n'avait pas envie d'être indiscrète, mais elle avait encore moins envie de laisser le silence s'installer entre eux deux tant qu'ils étaient pas bordés jusqu'au menton.

_________________

NB : #8E8CAD
Spoiler:
 
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