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 Mea Culpa : 'Si je m'écorche le visage à mon tour, est-ce que je redeviendrais ta sœur ?'

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Taylor Donovan

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MessageSujet: Mea Culpa : 'Si je m'écorche le visage à mon tour, est-ce que je redeviendrais ta sœur ?'   Dim 9 Aoû - 14:44


Il n'est pas là, il est pas encore arrivé mais je suis quand même chez lui. Pas envie d'expliquer comment j'ai réussi à rentrer, c'est trop simple, y'a pas assez d'actions pour le conter mais sachez juste que j'ai pas utilisé de moyens frauduleux, juste mon nom et ma sincérité à peine voilée.

C'est silencieux dans cet endroit. Il ne ressemble en rien à celui qu'on a habité tous les deux. J'ai presque du mal à reconnaître des morceaux de la vie de mon frère. Quand je regarde le genre de meubles qu'il a ou encore la couleur de ses rideaux, je me dis qu'en fait, je le connais pas si bien que ça, ou qu'alors il a tout le temps laissé passer mon avis par-dessus le sien, soit parce qu'il s'en foutait ou alors parce qu'il a toujours été trop prévenant avec moi... Je sais plus, je suis perdue.
Alors que mes doigts effleurent délicatement chaque épaulette de ses éternels costumes noirs, je sens une vague de nostalgie s'emparer de moi. Il me manque, il m'a terriblement manqué. J'ai vraiment beaucoup trop déconné et même si je viens aujourd'hui lui demander de me pardonner et de tout effacer, je ne suis pas sûre qu'il en ait l'envie. J'ai terriblement peur de son jugement et de son attitude envers moi. Je préférerais encore qu'il me hurle dessus plutôt qu'il m'ignore et qu'il me demande de partir. J'espère compter encore un peu pour lui.
J'ai plus rien ni personne ici, je n'ai plus que lui.

Je pense vaguement à Nathan, je n'ai pas été très claire avec Ethan sur le fait que je viendrais le voir de temps en temps ou pas du tout. Du coup, il ne doit pas savoir à quoi s'attendre, et pour cause... je ne savais pas non plus ce que j'allais décider de faire. Mais j'ai pris ma décision, c'est mieux pour lui. Pas pour moi, certainement mais j'ai pas envie de cette vie là. J'aime Nathan, mais je n'aime pas son père, je n'aime pas le Japon et j'arriverais jamais à l'emmener avec moi maintenant que j'ai tout avoué à Ethan. Mon erreur a simplement été de paniquer trop tôt et de vouloir m'en débarrasser. J'aurais dû aller voir mon frère, il m'aurait aidé, on l'aurait élevé tous les deux.
Enfin.. peut-être qu'il n'est pas tout seul. Peut-être qu'il a une femme dans sa vie. Espérons juste que ce ne soit pas cette française stylée princesse qui ne lui va pas du tout. Elle respire la fausse modestie et la sournoiserie à deux kilomètres. Elle n'est pas amoureuse de Cameron, je le vois moi...

Je me laisse tomber le cul sur le canapé, les pieds en dedans. Mes collants sont troués, mais j'ai eu la flemme d'aller en acheter pour me faire passer plus "présentable" aux yeux de Cameron, il sait qui je suis vraiment. Mes cheveux sont emmêlés et mon maquillage a coulé sur mes joues. J'ai pleuré hier soir lorsque j'ai pris ma décision. C'était autant des larmes de soulagement que de terreur et de regrets. Je garde tellement de mauvais souvenirs ici que je ressens une sorte de trou noir à la place de mon cœur, j'ai l'impression qu'il dévore tout ce qu'il a en moi, de bon comme de mauvais, il m'arrache mes organes et ma vie par la même occasion. Je meurs à petits feux.

Et puis, d'un coup...
... j'entends une clé qui tourne dans la serrure. Je me redresse sans me lever. La vague de panique qui émerge en moi me fait me rendre compte que j'ai vraiment peur, mais vraiment peur de croiser son regard.
Je ne me sens plus capable d'un coup. Il doit me haïr après ce que j'ai osé faire de son visage...
Alors, une fois de plus, je panique. Je jette des regards affolés autour de moi, histoire de chercher une cachette digne de ce nom. Et puis, par manque de temps et surtout par un manque d'oxygène dans mon cerveau à cause de mon état ridicule, je manque d'imagination et j'opte pour le placard, là où il range ses costards. Je ferme derrière moi, juste au moment où quelqu'un entre dans l'appartement. Je peux voir le salon d'où je suis à travers les interstices de la porte. Ça fait très film d'horreur tout à coup mais je ne me sens pas du tout dans la peau du criminel caché dans le placard, mais plutôt dans celle de la victime effrayée.

Je l'aperçois.
Mon cœur rate un battement et les larmes se mettent à couleur toutes seules sur mes joues.

- Mon frère...

Ma main vient se plaquer sur ma bouche pour retenir mes sanglots qui risquent de me trahir. Il est là, devant moi, il retire sa veste, retire sa montre. Il semble plutôt éreinté mais il à l'air en forme. Je suis tellement heureuse de le voir, j'aimerais sortir du placard et courir me réfugier dans ses bras, sans avoir honte ou peur d'être rejetée mais rien que de penser à cette idée, mes jambes flagellent et j'ai à peine le temps de réaliser que je tombe déjà assise par terre. Je n'ai plus de forces, je ne suis plus moi-même.
Je reste là, la tête dans les genoux à pleurer sur mon sort alors que je l'entends faire sa vie comme si je n'étais pas là.

Il y'a juste une chose à laquelle je ne pense pas à cet instant. C'est à ma veste. Celle que j'ai enlevé tout à l'heure après m'être assise sur le canapé...
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MessageSujet: Re: Mea Culpa : 'Si je m'écorche le visage à mon tour, est-ce que je redeviendrais ta sœur ?'   Mar 25 Aoû - 15:33

Une journée humide, depuis l'aurore. On avait beau être en plein été, le temps semblait capricieux cette année sur le sol nippon. Cameron rêvait de vacances, il aurait aimé partir au soleil, loin de tout son monde habituel, loin de ces asiatiques littéralement bridés. Il rêvait de fantaisies, d'éclate sans jugement, d'alcool à profusion, de fiestas inoubliables, d'une chaleur presque insupportable. Mais non, il avait du travail depuis qu'avec Dorian ils avaient lancé cette agence immobilière à la sueur de leurs fronts. Elle n'en n'était qu'à ses débuts, aussi les vacances ne feraient pas partie des lots gagnants de cette année. Cameron aimait se tuer à la tâche, mériter son salaire et se dire "j'ai tout donné" mais là, en ce jour où la pluie n'arrêtait pas de tomber, son humeur vacillait.
Ce matin déjà, il s'était réveillé avec la sensation d'avoir mal partout sans que ça se concrétise vraiment. Une impression  de malêtre général qui l'avait poursuivi jusqu'au déjeuner, seul. Dorian avait son "autre métier" et il n'était pas tout le temps là. Il appréciait leur entente, ils étaient pratiquement faits pour bosser ensemble mais le médecin resterait toujours médecin, tout comme Cameron ne pourrait s'empêcher de virer parfois vers la voix illégale de son business. Les deux hommes avaient du succès dans leur entreprise, simplement parce qu'ils avaient aussi de la prestance. Ces dames semblaient vouloir davantage regarder l'ensemble du personnel que l'ensemble des maisons qu'elles visitaient mais qu'à cela ne tienne. Tant pis s'ils ne vendaient pas plus que ça, ils n'étaient tous deux pas dans le besoin.
Au déjeuner, son costard avait été trempé en passant trop près d'une voiture pourtant minuscule mais dont l'éclaboussure avait suffi à le rendre sale et mouillé. Ça lui avait même coupé l'appétit et l'homme était rentré à pied jusqu'à son agence pour éviter de salir sa voiture. Là-bas, il s'était changé et avait décidé de rester enfermé. Si faim il devait avoir, il allait commander un truc!

L'après-midi avait été calme, son carnet de rendez-vous était vide et les quelques passants extérieurs courraient pour éviter de trop se mouiller. Ce temps n'arrangeait pas ses affaires mais au moins, il avait pu se mettre à jour dans la paperasse. Il manquait globalement quelques signatures de Fatalys mais tout semblait en ordre. Pas de bénéfice en vu ce mois-ci mais ils n'étaient pas trop à plaindre non plus.
Vers 16h30, Cameron mit un terme à sa journée. Aucun client n'allait venir et son téléphone -professionnel-, il le gardait toujours avec lui au besoin. D'un pas lent mais malgré tout désireux, Cameron ferma les portes et retourna là où il aurait normalement dû déjeuner pour récupérer sa voiture. La pluie faisait une accalmie, c'était parfait.
En quelques minutes, l'homme était chez lui. Au moment de passer près de l'accueil, le secrétaire lui fit signe mais son téléphone sonna et dans l'obligation de toujours avoir plus de clients, Cameron s'excusa d'un geste de la main et reprit son ascension en répondant à l'appel. Il rappellerait l'accueil depuis sa chambre ou attendrait demain, ce n'était sûrement pas urgent. Arrivé à son étage, Cameron raccrocha, ce n'était qu'une confirmation pour un rendez-vous de la semaine prochaine ... La lassitude s'empara de lui et alors qu'il glissait la clef dans la serrure, un soupir passa ses lèvres. Un manque flagrant lui déchirait les entrailles, il n'était plus l'homme qu'il avait été le jour où il avait posé ses valises au Japon. Son entrain l'avait quitté, ses rêves de conquête lui paraissaient dérisoires, quant à ses liens ici ... Disons que c'était compliqué.

La porte se referma et d'un geste habituel, Cameron fit glisser sa veste le long de ses bras avant de la lancer sur le dos du fauteuil. Sa montre fut posée sur le bar deux secondes plus tard et ses chaussures décidèrent de rester là où il les laissa. Aujourd'hui était un jour de flemme, d'ailleurs il avait oublié de reprendre son costard sale et trempé, c'est Dorian qui allait être content demain tiens ... D'un pas régulier, Cam se déplaça dans l'appartement sans même se rendre compte que quelqu'un avait foulé le sol quelques secondes avant lui, sans prêter attention à ce doux parfum féminin qu'il aurait pourtant pu reconnaître. Non, ses habitudes ont la vie dure et bien vite, l'Américain avait un verre de whisky dans la main et contemplait la ville d'Hoshi de ses grandes baies vitrées, une main dans la poche.
Le silence règnait dans l'appartement et c'est en voulant mettre un peu de musique que Cameron posa les yeux sur cette veste. Une veste de petite taille, beaucoup trop petite pour être à lui et pas assez chic pour être à Miya. Son sens aiguisé du danger se mit en alerte mais quand il se saisit de cette veste en espérant ainsi montrer à cette inconnue qu'il avait conscience de sa présence, l'intérieur le frappa comme un coup de poing direct sur le nez. Cette couture déchirée, en forme de lune, c'était forcément la sienne. Son visage se radoucit alors que son esprit repartait quelques mois plus tôt, dans leur ancien habitat ici, le premier. Taylor portait cette veste sur elle presque tout le temps, un veste trop petite volontairement, très courte et mettant ses formes en valeur. Cameron la taquinait un peu trop ce jour-là et alors qu'il l'avait retenue par le bras pour l'empêcher de fuir, la couture avait lâché et Taylor avait hurlé. Par la suite, ils avaient remarqué que ce n'était que l'intérieur et que désormais, une petite lune semblait y avoir élu domicile. Trophée de guerre, souvenir mémorable, la jeune lionne avait décidé de laisser ça comme ça.


    • Taylor? ... T'es là?

Sa voix lui paraissait un peu faiblarde mais fallait le pardonner, c'était la première fois qu'il parlait tout seul dans cet appartement où finalement il ne se sentait pas comme chez lui. Il n'était pas un homme bavard en général et au delà du comique de la situation à parler tout seul, Cam espérait vraiment une réponse, un bruit, un signe. Quelque chose qui le conforterait dans l'idée qu'en effet sa sœur était bien là.

Et puis, il repensa à leur dernière rencontre. Cette fameuse soirée où son visage avait été brusquement défiguré avec le culot d'une bouteille, sa souffrance en constatant que sa tendre sœur en faisait partie, sa rage d'avoir ainsi été trahi sans réellement en comprendre la raison, sa peine de réaliser qu'ils ne pourraient jamais revenir en arrière tous les deux. Tous ses sentiments avaient envahi Cameron les uns après les autres ce fameux jour, Miya retrouvant l'homme qu'elle aimait dans un état presque pitoyable. Les mois suivants avaient été difficiles, Cam ne supportait plus son reflet mais refusait d'avoir recours à la chirurgie pour ainsi ne jamais oublier ce qu'il s'était passé. Taylor en avait voulu à sa vie? Il avait tant de questions.

Reposant la veste là où elle était, l'Américain se mit en quête d'indices sans trop savoir ce qu'il devait chercher. Il fouilla toutes les pièces avec une minutie presque paranoïaque et quand enfin il posa un pied dans sa chambre, il comprit. Le parfum qui l'avait calmé sans même qu'il ne s'en rende compte dès son entrée dans son appartement était celui de Taylor, et non pas de Miya. A cet instant, il le ressentait enfin, comme si désormais il ne pouvait plus y faire abstraction. Elle était là, sûrement sous le lit ou cachée dans son placard mais pourquoi? Que voulait-elle? Lui voler quelque chose? L'espionner? A bien y repenser, c'était sûrement de ça dont voulait lui parler le mec de l'accueil ...
D'un geste calme, il posa son épaule contre le coin de son dressing et se décida à parler comme s'il était sûr de sa présence. Au fond, que risquait-il? Soit elle sortait de sa cachette et une confrontation allait avoir lieu, soit il était arrivé quelques minutes trop tard, la belle avait déjà fui et il se retrouverait à parler seul. Rien dont il ne devait avoir honte. Prenant une légère inspiration, il commença enfin à parler, d'une voix calme mais claire :


    • Ça fait longtemps, Taylor. Pourquoi es-tu ici? Sors de là, veux-tu, c'est vraiment pas ton genre de te cacher.
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MessageSujet: Re: Mea Culpa : 'Si je m'écorche le visage à mon tour, est-ce que je redeviendrais ta sœur ?'   Lun 21 Sep - 13:50


- Taylor ? ... T'es là ?

Je retiens brutalement ma respiration comme si j'allais me faire égorger d'une minute à l'autre. Mes sanglots cessent et les dernières larmes coulent sur mes joues, noyant encore un peu plus mon décolleté déjà détrempé. Il sait. Il sait que je suis là. Mais comment ? Comment l'a-t-il deviné ?
Je redresse ma tête, et me relève en tentant de faire le moins de bruit possible pour ne pas lui indiquer cette honteuse cachette. J'accroche mes doigts dans les interstices du placard, pour y glisser mon regard, et tenter de voir où il est.
De l'angle où je suis, je ne sais pas où il est ni ce qu'il fait mais si je me fie à mon ouïe, je dirais qu'il est en train de fouiller l'appartement, à ma recherche je suppose.

Je ne saurais pas dire si je me sens terrorisée d'être bientôt découverte ou soulagée que ça se passe ainsi. Au moins, les explications vont avoir lieu et je ne pourrais pas revenir en arrière. Tout ce que j'espère, c'est qu'une fois que j'aurais fini de parler, Cameron ne me jettera pas la pierre, j'espère qu'il va comprendre que c'est là ma toute dernière tentative de renouer ce lien précieux qu'on avait en arrivant ici, et que même si 100% des problèmes qui lui sont arrivés, viennent de moi, j'aimerais qu'on reparte de zéro.

Alors que mes yeux cherchent à apercevoir le moindre morceau de son costume, je le vois soudain débouler dans sa chambre. Je me recule surprise, j'ai peur, j'ai le cœur qui bat tellement vite que j'ai l'impression que je vais faire une crise cardiaque dans les minutes qui vont suivre. Calme-toi petit palpitant, j'ai encore besoin de toi, ne serait-ce que pour quelques jours...

Il sait que je suis dans la chambre, ou en tout cas, il l'espère. Je ne sais pas si je dois répondre ou pas. Si je ne le fais pas, est-ce qu'il va pousser le vice jusqu'à ouvrir le placard pour me découvrir ou va-t-il laisser tomber et se persuader qu'il a bien fait de pas l'ouvrir parce qu'il y'avait peu de chances que je sois dedans. Et si je réponds... dois-je sortir ? dois-je affronter son regard et invariablement poser mes yeux sur cette marque sur son menton que je n'ai encore jamais vue de près ? Il doit tellement me détester.

Pourtant sa voix est douce, calme, comme apaisée. J'ai envie d'avoir confiance en lui, j'ai envie de sortir. Mon corps tout entier n'arrête pas de trembler, je n'ai pas froid, je suis transie de trouille.
Il attend, patiemment une réponse ou un signe de ma part. Je ne peux pas sortir de là, je n'en ai pas le courage mais je peux lui parler.
Je m'approche au plus près de lui, j'ai pas envie de crier, mais juste de lui parler, je pose mon front contre l'intérieur de ce placard et ferme les yeux, consciente qu'il ne pourra pas voir les émotions qui vont progressivement envahir mon visage, je n'ai qu'à me laisser aller à lui parler, comme si j'étais dans sa tête...

- Oui, je suis là, Cam'.

Ma voix est chevrotante, ça me fait vraiment bizarre d'enfin pouvoir lui parler. J'ai senti son épaule tressaillir, il ne s'attendait peut-être pas à ce que je sois vraiment là. Il ne va sûrement pas comprendre pourquoi je ne veux pas sortir du placard, mais j'espère qu'il va respecter mon choix, même si je suis chez lui... littéralement.

- Je ... je suis bien dans ma cachette, d'accord ? J'ai pas envie de sortir.

Ma phrase à un côté comique alors que ce n'est pas du tout mon intention. Dans d'autres circonstances, il aurait trouvé ça drôle et surtout adorable mais là c'est dramatique, touchant et juste douloureux de s'entendre dire qu'on est à moins de trente centimètres l'un de l'autre et qu'il vaut mieux pas qu'on se voit en face à face. Je suis persuadé que lui aussi au fond, il préfère ne pas croiser mon regard de chien battu qui vient réclamer pardon après avoir tout dévasté.

- Désolée d'être entrée chez toi sans te prévenir, je pensais que tu serais déjà rentré mais... non.

Ma respiration est saccadée est très forte, il doit sentir cette tension qui m'habite.
Je ne peux pas parler plus fort, sinon je sais que je vais fondre en larmes. Je me croyais plus forte que ça, mais visiblement, j'ai eu tort. La naissance de Nathan a sûrement bouleversé mes hormones et je me retrouve là à soudain ressentir les tardifs effets secondaires du déchirement de mes entrailles. Merde, si ça continue, je vais être incapable d'aller au bout de mes projets, mais pourtant il le faut, pour moi et surtout pour lui...

- Je ne sais pas si j'en ai le droit mais... je te demande pardon, Cam'. J'arrête tout, j'y arrive plus. Je ne me reconnais plus... J'ai été beaucoup trop loin le jour où je m'en suis prise à toi. Il m'est arrivé un tas de trucs depuis, tu n'en as pas idée, et je ne suis plus assez forte pour tout ça. Je suis morte de peur... j'ai .. j'ai besoin de toi Cameron...

Cette toute dernière révélation me fait fondre en larmes. Je n'arrive plus à contenir mes émotions et la sincérité dont je fais preuve là tout de suite, me met sans dessus dessous. Je suis chamboulée, dévastée par tout ce que j'ai fais, et toute la douleur que j'ai causé. Je me sens seule, j'ai peur, je suis dégoûtée, j'en ai marre, je veux que tout s'arrête, je veux en finir, maintenant, là tout de suite.
Je tombe à genoux, le visage en larmes dans mes mains et je laisse éclater mon chagrin sans retenue, je n'ai plus honte, j'ai juste mal...
Aide-moi Cameron, aide-moi, je t'en prie...
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MessageSujet: Re: Mea Culpa : 'Si je m'écorche le visage à mon tour, est-ce que je redeviendrais ta sœur ?'   Mar 29 Déc - 16:30

Le silence régnait dans la pièce, comme dans tout l'appartement. Ayant été stoppé plus tôt dans son geste pour mettre de la musique, son attention avait été aussitôt attirée par la possibilité que sa sœur, pas revue depuis longtemps, soit avec lui, près de lui. Au fond, ce silence était bénéfique, stressant et poignant mais bénéfique pour lui-même qui s'était senti énervé toute la journée, agacé par le moindre truc. Cameron rêvait presque de s'allonger là, de fermer les yeux simplement pour s'imaginer dans un monde meilleur où tous ses soucis n'auraient pas le moyen de le rejoindre.
Mais appuyé contre son dressing, patientant quelques secondes encore comme pour être sûr et certain, son lit face à lui ne lui inspirait guère l'envie de s'allonger. Désormais ses sens étaient à l'affût du moindre petit bruit, il restait persuadé que Taylor était toujours là, priant pour qu'il ne l'ait pas manqué de peu sous peine de ne jamais la revoir. Elle savait où il vivait, l'inverse n'était pas aussi vrai. La demoiselle s'était faite discrète et sauvage depuis leur dernière rencontre et si dans les premiers mois ça l'avait assurément sauvé de représailles peu sympathiques, dernièrement ça avait surtout empêché Cameron de faire un pas vers elle. Non pas qu'il ait eut l'envie de le faire mais puisqu'il ne le pouvait pas, il n'avait pas pris le temps d'y penser.

... Il l'avait entendu. Malgré lui, un petit tressaillement avait trahi son émotion. Il avait pourtant espéré qu'elle soit là et finalement, alors que ses doutes se confirmaient, il sentit un brin de colère l'envahir presque aussitôt. Mon dieu qu'il se haïssait en cet instant d'être si fâché contre son propre sang. Il était assez mature pour ne pas hurler mais sûrement allait-il devoir se battre pour rester calme.
D'ailleurs, la petite voix faiblarde de Taylor l'y aida. Elle ne paraissait pas au mieux de sa forme, ce n'était pas dans ses habitudes d'être si discrète, si timide. Limite, il s'était attendu à ce qu'elle sorte de là en pestant d'avoir été découverte, bousculant son grand-frère pour fuir avant le drame. Là, toujours cachée, elle paraissait incapable de sortir de là sans craquer sous la pression. Avait-elle des soucis ? Taylor lui fit comprendre qu'elle n'avait pas l'intention de sortir et Cameron poussa un long soupir. Soulagé. Il avait bien conscience qu'ils devraient s'affronter un jour ou l'autre, qu'ils avaient besoin de se voir pour avancer mais ils avaient surtout besoin de parler et ce mur, petit obstacle, était la meilleure solution.

Se laissant doucement aller, Cam posa sa tête contre ledit mur. Taylor était juste derrière, cachée là comme une enfant faisant une partie de cache-cache. Si ça sonnait amusant chez les bambins, la réalité l'était beaucoup moins. L'américain souffrait de l'absence de sa sœur, souffrait de sa présence aujourd'hui, souffrait davantage des erreurs commises depuis plusieurs années. Ils paraissaient avoir passé leur temps à se faire du mal tous les deux, à s'entredéchirer pour mieux se retrouver mais les dernières épreuves avaient cassé quelque chose de trop important pour simplement se serrer l'un contre l'autre et oublier. Cam ne pouvait pas pardonner à Taylor l'affront qu'elle lui avait fait. Il était même prêt à parier qu'elle ne pouvait pas se le pardonner non plus. Ce n'était pas un objet cassé, une femme blessée ou une fortune dilapidée, c'était son visage. Une chose qu'il ne pourrait jamais changer, ni oublier.
Elle parla à nouveau et un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Oui, en temps normal il aurait été à la maison car son travail au bar se passait surtout la nuit mais tout avait changé. Beaucoup de choses avaient changé, des choses que Taylor ne connaissait pas. C'était regrettable mais au fond, il était fier de lui. Fier de ce changement qui faisait de lui un homme meilleur. Cela dit, il n'allait pas lui en parler, ce n'était pas utile. Ces retrouvailles allaient peut-être être aussi courtes que la première visite d'une cliente à leur agence, alors il était vain de raconter sa vie. Pour l'instant, en tout cas.

Le visage fermé, conscient qu'il pouvait aussi prendre la parole mais toujours fâché, Cameron attendait. Taylor était venue d'elle-même, c'était à elle d'expliquer ce qu'elle faisait ici, pourquoi elle était venue. L'idée de voler n'était plus d'actualité, elle avait espéré qu'il soit là alors ça voulait dire qu'elle voulait lui parler. Dans ce cas, qu'elle parle. Qu'elle lui explique tout, qu'elle trahisse, qu'elle pleure, qu'elle gueule, qu'elle mente mais qu'elle parle ! Ce silence si bénéfique le rendait maintenant fou, cette tension venant de sa sœur l'envahissait doucement et le mettait dans tous ses états. Si les mots ne quittaient pas les lèvres de Taylor bientôt, l'homme ne savait pas s'il pourrait se retenir d'ouvrir la porte du placard pour la déloger de là et la forcer à parler !
Son regard se pointa vers l'horizon fixe à travers la fenêtre de sa chambre. Le ciel était toujours aussi triste, comme l'ambiance dans la chambre alors que Tay' avouait enfin ses pêchés et faiblesses. Ce moment tant attendu était arrivé, malheureusement ce n'était pas la première fois et Cameron n'y était plus aussi sensible qu'au début. Il voulait l'aider, comme à l'époque, mais à chaque fois il se récoltait des reproches, des coups et des critiques et si l'amour qu'il lui portait pouvait équilibrer les choses, ce n'était plus le cas désormais. La rancœur avait prit le dessus, malgré tout. Il n'y avait plus de possibilité pour qu'ils avancent sur la même route tous les deux, ce n'était pl...

D'un geste presque violent, totalement impulsif, Cameron ouvrit le placard d'un seul bras, faisant se cogner la porte coulissante de celui-ci contre le mur le plus proche. Elle était vraiment là, cachée dans ce placard aussi grand qu'utile, par terre en train de se vider de toutes les larmes de son corps. Il avait beau être en colère, rancunier et borné sur certains points, conscient qu'ils auraient mieux fait de parler avant d'en arriver là, là c'était trop. Et alors qu'il se mettait doucement à genoux, comme pour la rassurer sur ses gestes prochains, ses deux mains se dressèrent délicatement pour l'attraper par les épaules, la rapprocher de lui et faire en sorte qu'elle se serre contre lui alors qu'il l'entoure enfin de ses bras. Il la haïssait d'avoir été si immature, si violente, si chiante et si capricieuse mais il l'aimait aussi énormément. Elle représentait sa seule famille, sa seule raison de se battre dans la vie et lorsqu'elle se mettait à pleurer, lorsqu'elle prenait le temps d'assumer être enfin une femme, il ne pouvait que la protéger comme toujours.


    • Je ne pourrai jamais te pardonner et tu le sais. Il y avait des limites qu'il ne fallait pas franchir, même entre nous. Mais je suis là Taylor, je suis toujours ton grand-frère comme tu seras toujours ma petite-sœur. Le fait que tu avoues enfin avoir besoin d'aide, c'est tout ce que j'attendais.

Partagé.
Il l'était réellement. Entre deux sentiments bien plus contradictoires que possible. L'amour et la haine, jamais bien loin l'un de l'autre. Cameron avait envie de rire devant cette détresse sincère, la regardant de haut en lui faisant bien regretter ses choix passés, lui montrant qu'elle aurait mieux fait de le suivre, de rester une gentille fille sage et faible et lui prouver que lui à côté il avait bien réussi dans la vie. Mais d'un autre côté, il pressentait la suite des événements s'il ne la prenait pas en charge. Taylor n'ayant plus rien à perdre, elle quitterait soit le pays ou abandonnerait toute envie de vivre et se jetterait du premier pont à sa portée. Ils étaient sanguins dans les deux sens du terme tous les deux, que ce soit au niveau de la violence, de l'amour ou du désespoir. Pas de demi-mesure chez les Donovan.
Aussi, il avait fait son choix : la sauver. Jamais il ne pourrait vivre sans elle, sans la possibilité de la revoir un jour, grogner ou sourire pour un truc idiot. La suite s'annonçait sombre, ce ne serait pas facile mais ils pouvaient s'en sortir quitte à devoir repartir chez eux pour recommencer sur de bonnes bases. Pour la famille, Cam était prêt à tout.
Il ne restait plus qu'à espérer que Taylor prenne son temps avant de lui dire qu'elle était maman d'un petit garçon, que le père était Ethan Matthews et qu'elle l'avait tout simplement abandonné sans même lui en parler ...
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MessageSujet: Re: Mea Culpa : 'Si je m'écorche le visage à mon tour, est-ce que je redeviendrais ta sœur ?'   Dim 7 Fév - 18:27

Le long silence qui m'emmure dans ce placard et qui semble pénétrer en moi d'une manière si virulente me donne l'impression que je vais mourir. J'ai comme ce sentiment qu'un gouffre immense s'ouvre sous mes genoux à terre et qu'il va m'engloutir toute entière. Je vais perdre la vie. Je sens que ma respiration se saccade, je sens que je suis en train de suffoquer et qu'enfin, la délivrance va m'emporter. J'en ai marre de me battre de toute façon, je suis fatiguée, éreintée, usée de devoir toujours essayer de réparer quelque chose que je vais encore casser dans quelques semaines. Je suis née dans l'auto-destruction et je ne sais pas comment gérer ma vie autrement. Je mets beaucoup trop de passion à écraser les choses qui me sont précieuses et à faire souffrir les gens à qui je tiens, et pourtant putain qu'il sont pas nombreux. Je n'aime pas ce que je ressens après l'avoir fait mais pourtant je continue.

Je suis paumée, je suis à court de but dans la vie, à court de patience pour attendre qu'un jour enfin je puisse sourire sans arrière pensée, j'en suis rendue à abandonner mon pauvre petit bébé qui lui commence si mal dans la vie. Je n'arriverais jamais à me le pardonner mais je sais que je ne suis pas une bonne mère pour lui. Je ne veux pas qu'il soit enfermé dans un placard à 26 ans et qu'il prie pour que la mort le fauche.
Même mon frère ne semble pas avoir envie de me parler... et je ne peux pas lui en vouloir.
Le noir se fait autour de moi et de petites lumières blanches viennent clignoter dans mes yeux, je vais m'évanouir. Je n'ai rien mangé depuis des jours et je suis sûrement à deux doigts de faire un malaise. J'ai juste envie que tout cesse...

Et puis d'un coup... tout est blanc. Je dois être au Paradis, comme si j'y avais droit malgré tout le mal que j'ai pu faire mais Dieu est un homme bon, prêt à pardonner tous mes pêchés.
Je sens une étreinte chaude sur moi, comme une couverture qui m'enveloppe et qui m'apaise. Je me laisse aller à fondre contre elle, c'est doux, c'est chaleureux, j'apprécie cette étreinte simple, je me sens bien ici. J'ai plus envie de revenir sur Terre, là-bas, tout est trop difficile, je n'ai pas envie de continuer. Les larmes sèchent sur mes joues, je sens la pression qui s'échappe de mon cœur et l'air qui commence à revenir dans mes poumons. Je me sens tellement plus légère qu'un sourire se dessine sur mes lèvres. Quel soulagement...

Et puis, j'entends une voix. Mes paupières tressaillent comme si je peinais à rester dans un rêve agréable alors que le réveil sonne. Je crois bien que c'est Cameron, il doit être en train de tout faire pour me ramener à la vie. Mais je n'en ai pas envie Cameron, je t'aime de tout mon cœur mais laisse-moi partir, c'est agréable ici, je me sens apaisée.
Mais la voix est très présente, tellement présente que j'entends parfaitement ce qu'il dit. Il me pardonne.
Brusquement, j'ouvre les yeux et je prends conscience de l'endroit où je suis. Mes pieds touchent des boîtes à chaussures, et le haut de mon corps est simplement lové contre celui de mon frère, c'était lui cette couverture bien chaude qui ne demandait qu'à me réchauffer. Je suis terrorisée d'être revenue, ou d'avoir seulement halluciné d'être partie. Je serre mes poings contre la chemise de Cameron, laissant une nouvelle fois couler un flot de larmes que je ne soupçonnais même pas.

Tu n'imagines même pas à quel point je suis mal dans ma peau, mon frère. J'ai réellement envie de mourir, je suis à terre et je n'ai plus envie de me relever. La vie est trop dure, je n'en peux plus.
Tes paroles me sont agréables aux oreilles mais je ne peux plus. Je t'aime et je suis désolée si je dois te faire atrocement souffrir une dernière fois encore mais je vais sûrement tenter de mettre fin à ma vie dans les jours qui vont venir. Je vais juste m'assurer que Nathan sera entre de bonnes mains avant de partir et tu verras que toi aussi, tu t'en remettras, tu seras plus heureux sans moi.

- Pardon Cameron, pardon...

Je suppose qu'on devrait avoir une sacré explication lui et moi sur tout ce qui s'est passé et tout ce que je dois lui apprendre, mais ce serait inutile, ça va le dévaster et je n'ai pas envie de voir son visage criblé de mimiques tristes ou colériques. Je n'ai plus envie de le décevoir.
Je recule de son étreinte si addictive, et je plonge mon regard dégoulinant d'eye-liner dans le sien. Je lui montre le fond de me pensée, je le laisse clairement entrevoir ce voile qui s'est posé sur mon regard autrefois foudroyant et si fier de contrôler le monde.

- Je suis venue te dire au revoir, je vais partir mon frère. J'ai tout essayé, j'ai tout donné mais aujourd'hui, je suis incapable de trouver ma place dans ce monde. J'ai le cœur creux, je ne suis plus capable de sourire... j'ai juste... mal, si mal Cameron, tellement mal si tu savais, c'est épuisant.

Je frappe ma poitrine au niveau de mon cœur pour lui montrer précisément là où mon corps s'auto-dévore. Ça fait deux fois que je l'appelle Cameron quand je lui parle, c'est une chose très rare. Mon esprit prend déjà ses distances.
Mes petits poings fatigués se posent sur ses genoux à terre aussi désormais. Notre lien nous détruit, il en est conscient. Je le hais d'avoir voulu partir au Japon, ce pays m'a rongé de l'intérieur. Je n'ai pas su lui exprimer toute mon ingratitude d'avoir été si égoïste à m'imposant sa décision. J'aurais aimé ne pas avoir cette relation fusionnelle avec lui et je ne me serais jamais sentie obligée de l'accompagner chez les nippons. J'aurais continué ma petite vie de délinquante auprès de Blake et même si les choses avaient mal tourné, je ne me serais pas sentie aussi mal qu'aujourd'hui. Mais pour être honnête, j'aurais préféré ne jamais naître.

Je lève les yeux vers lui, je détaille son visage si parfait. Il est si beau que même cette petite cicatrice ne gâche pas sa beauté, il a des traits d'homme fier, solide, il n'a pas besoin d'un boulet à son pied, au contraire. Je suis comme une chaîne cadenassée autour de ses ailes immaculées. Il ne comprendra sûrement pas mon geste au début mais un jour, il trouvera la force de voir au-delà de sa souffrance et il me remerciera de l'avoir libéré.

- Merci d'avoir toujours trouvé la force de me pardonner malgré tout ce que j'ai pu te faire, mais même si tu le fais sincèrement, tu me laisses casser quelque chose en toi, qui ne reviendra jamais. Alors je te demande d'arrêter. J'ai été jusqu'au point de non-retour dans ta vie, comme dans la mienne. Nos chemins se séparent ici. Je suis venue te dire au revoir, mon frère...

Je répète cette phrase, comme s'il était incapable de l'entendre correctement la première fois. Je suis incapable de mettre les vrais mots à la place de cette métaphore inhumaine. Je sais qu'il a comprit, je sais qu'il ne va pas être d'accord et qu'il va tenter de me faire reprendre raison mais s'il savait que j'ai mis au monde un petit garçon innocent et que je compte l'abandonner comme le plus insignifiant chewing-gum collé sous une chaussure, il me demanderait lui-même d'arrêter le massacre et de sauter du pont le plus proche.
Je glisse mes mains par-dessus ses épaules pour rapprocher mon corps et me serrer contre lui de toute mes forces. Je plonge ma tête dans le creux de son cou, j'ai tellement de mal à me dire que je ne te reverrais plus jamais et que je ne pourrais plus te toucher, ça m'est insupportable mon frère mais l'autre douleur est encore plus intense.

Ne me déteste pas...
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Mea Culpa : 'Si je m'écorche le visage à mon tour, est-ce que je redeviendrais ta sœur ?'
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