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 Un bleu peut en cacher un autre.

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Yoite Unden
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HnM
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MessageSujet: Un bleu peut en cacher un autre.   Dim 9 Aoû - 13:25

Les vacances venaient tout juste de commencer, Yoite avait accueilli ce mois sans cours avec une joie non dissimulée, ravi à l'idée de pouvoir profiter davantage de ses amis, de passer du temps à faire ce qu'il aime ou encore à ne rien faire du tout. En plus, le soleil s'annonçait de la partie et les températures avoisinaient les 30°C presque tous les jours. Pour le moment, il n'avait rien de prévu en terme d'endroits précis où aller avec ses potes mais souvent, ceux-ci se décidaient à la dernière minute et trouvaient des lieux presque tombés du ciel. Jamais encore il n'avait regretté d'être parti avec eux.

Vers 15h, alors qu'il n'était levé que depuis peu de temps après avoir passé une soirée particulièrement bonne avec d'anciens camarades de classe qui avaient opté pour d'autres systèmes scolaires, Yoite reçu un appel de l'un de ses potes justement lui demandant de passer dans le pensionnat de l'académie. Sur le coup, il eut envie de rire en se disant que cette vilaine blague était plus nulle que n'importe quelle autre mais quand celui-ci insista, il comprit que même pendant ses vacances, il allait devoir fouler le sol de l'académie. De quoi le rendre légèrement grincheux!
D'un pas à peine motivé donc, le jeune rebelle prit la direction de l'académie après s'être préparé en vérifiant sa coiffure, heureux que sa couleur bleue fraîchement refaite soit étincelante, il en profita pour ajuster ses lentilles jaunes et se chaussa de ses claquettes préférées. Hors de question qu'il soit "vestimentairement présentable" pendant les vacances. Le short était de sorti!

Il arriva au niveau de Chisê vers 15h45 et se dirigea par habitude vers le pensionnat. Comme beaucoup d'étudiants japonais, Yoite n'avait pas de chambre attribuée ici car il avait une maison dans les environs. Bien sûr, la possibilité de dormir au pensionnat lui était toujours accessible mais il n'en voyait pas l'intérêt. Cela dit, certains de ses amis (japonais ou pas) ne vivaient que grâce à ces chambres disponibles, devant rentrer tous les soirs vers l'Académie s'ils voulaient dormir dans un lit. Les hôtels ne valaient pas le confort "gratuit" de ces chambres.
Poussant la porte de sa main droite, Yoite pénétra dans le salon au rez-de-chaussée, là où l'attendaient ses camarades. Ils étaient 5 et lui serait le 6ième à fermer le groupe. L'air morose, presque agacé d'être là, il se dirigea vers eux et posa ses fesses dans un des canapés mis à disposition.


"Salut. Dîtes, vous savez quel temps il fait dehors? Vous êtes au courant que c'est les vacances?! On aurait pu se voir n'importe où ailleurs, mais vous avez choisi cet endroit. Bandes de brank'."

Mais malgré toutes ses remontrances, Yoite n'arrivait pas à leur en vouloir sérieusement. Ses potes étaient réellement ses amis, ce petit groupe qu'il formait avait subi des dommages parfois sévères mais ça n'avait fait que renforcer leurs liens. Aujourd'hui, même s'il leur arrivait de se disputer, ils étaient plus proches que jamais.
La discussion commença, sur les vacances principalement. Ses amis semblaient vouloir rester sur le sol nippon cette année, se contentant des belles plages des côtes pour subvenir à leur besoin de se relaxer. Pourquoi pas, tant qu'ils s'amusaient! Ils abordèrent aussi quelques cancans, rien de vraiment passionnant mais c'était toujours un sujet de moqueries, qui sort avec qui, qui a dit ça, etc ... Chacun apportait sa pierre à l'édifice. Et ce fut Trevor qui balança le sujet du jour sur la table, comme un cheveu sur la soupe : Il y avait un nouveau (du moins nouveau pour eux qui ne faisaient pas attention à tout le monde) et ... il avait les cheveux bleus!


"Vous me charriez?"
"Non, non! Je te jure, c'est un lycéen. J'avais jamais fait gaffe avant mais quelques filles ont commencé à en parler et je me suis renseigné. C'est vrai!"
"T'as été lui parler?"
"Moi? Non. Pourquoi je l'aurais fait? C'est qu'un môme, et en plus il a franchement pas l'air sympathique. Mais tu sais quoi Yoi? ... Si on est là aujourd'hui, c'est parce que lui aussi il est là. Si tu vas un peu plus loin dans le salon, tu vas le trouver."
"T'aurais dû commencer par ça!"

Se redressant du canapé avec aussi peu de motivation que pour son arrivée ici, Yoite se mit en direction du petit inconnu aux cheveux bleus. Voilà qu'il avait de la concurrence sur un terrain dont il était particulièrement fier. Il espérait juste que c'était le seul point commun qu'ils pouvaient avoir car si en plus ce jeune homme devait porter des lentilles et était homosexuel alors là ... y avait plagiat!

Il le trouva au bout de quelques minutes, sans difficulté. Assis, seul, il paraissait tout simplement faire partie du décor. La question était : qu'est-ce qu'il foutait là? C'était les vacances pour tout le monde et il avait tout l'air d'un japonais lui aussi. Peut-être que sa famille habitait loin donc qu'il vivait au pensionnat, qu'ils n'avaient pas d'amis donc qu'il passait ses journées ici. Allez savoir.
Se rapprochant sans perdre de temps, le jeune rebelle alla droit au but. D'un geste presque brutal pour bien lui faire remarquer sa présence, Yoite s'assit juste à côté de lui même si le but n'était pas de l'effrayer. Après tout, leurs couleurs n'avaient aucune ressemblance, c'étaient deux bleus absolument distincts et rien que ça, c'était positif :


"Elle est sympa ta couleur de cheveux. Tu t'appelles comment? Moi, c'est Yoite."

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Lun 10 Aoû - 11:02

En plein après-midi, au début des vacances alors que certains profitaient du beau temps, Kyôsuke s’ennuyait ferme dans sa chambre. Et comment faire pour briser son ennui ? Lui n’avait qu’une réponse : la lecture. Cependant, il n’avait aucun bon livre à portée de mains ayant posé ses bagages ici depuis peu de temps. Alors, il se contentait de lire sur son téléphone des livres en ligne, s’arrêtant parfois quelques minutes pour admirer le plafond, l’esprit ailleurs, à cause de la chaleur qui brouillait même sa concentration.
Car oui il faisait chaud en ce jour estival, vraiment chaud et Kyôsuke était bien trop habillé avec son sweat noir et son jean. Même en ouvrant la fenêtre l’air était plus étouffant qu’autre chose, pas question de sortir. Alors, il se rappela ses premières visites de l’école, quand il avait essayé de se familiariser avec ce labyrinthe. Il y avait bien quelques endroits climatisés si sa mémoire était bonne. Même s’il préférait la tranquillité de sa chambre le beau temps chassait souvent le peu d’élèves qu’il restait ici alors il n’y avait pas trop de risques qu’il soit dérangé. Ayant retrouvé un peu de motivation à cette idée, il sauta alors de son lit pour aller vers celui qui semblait le plus proche, prenant seulement ce qu’il avait sur le dos et son téléphone.
En allant vers le salon dont il était question il passa devant un groupe de jeunes jacassant bien trop fort à son goût, heureusement il s’assit assez loin d’eux et il fut facile de faire abstraction de leurs gloussements pour se replonger là où il s’était arrêté dans sa chambre. Il faisait nettement moins chaud ici et c’était un bonheur.

Impossible de dire combien de temps avait passé –Kyôsuke était bien trop concentré pour compter les minutes- quand quelqu’un vint s’avachir, sans aucune compassion pour le pauvre canapé, juste à côté de notre bleu, troublant sa lecture par la même occasion. Pas de chance, il avait visiblement été trop optimiste en pensant qu’il pourrait être tranquille. Franchement les gens de nos jours ne savent plus se tenir. Il y a pleins de places à côté avec ce temps tout le monde est dehors alors ce n’est pas la peine de se mettre aussi près. D’ailleurs vous devriez partir gambader vous aussi. Kyôsuke soupirait, cette situation ne lui plaisant vraiment pas, quand on le coupa dans son élan de plaintes intérieures. Il éteint son portable à contrecœur pour ne pas paraître trop impoli.

"Elle est sympa ta couleur de cheveux. Tu t'appelles comment? Moi, c'est Yoite."

Une seconde d’hésitation. Alors il s’était vraiment assis ici pour faire la causette celui-là ? Est-ce que Kyôsuke avait la tête d’un type avec qui on pouvait tranquillement discuter autour d’un verre en pleine après-midi ? Pas besoin de vous fatiguer, la réponse était non. Kyôsuke on lui demandait l’heure dans la rue puis on l’oubliait cinq minutes plus tard. C’est comme ça. Mais alors qu’est-ce qu’il voulait ? Le lycéen préférait largement quand on allait droit au but.
Et puis d’abord est-ce qu’il se moquait en parlant des cheveux de son cadet ce Yoite ? Personne ne disait ce genre de choses habituellement, pourtant ici rien dans sa voix n’avait laissé sous-entendre une quelconque ironie. Ce n’est qu’après, une fois que Kyôsuke eut enfin daigné tourner les yeux pour regarder celui qui l’avait interpellé qu’il comprit. Ah. Ses cheveux. Ils étaient bleus aussi, cependant ce n’était pas un beau bleu selon le lycéen. Celui-là était sombre, beaucoup trop. C’était la couleur du fond des océans, des abysses, de la noyade, de la mort. Rien à voir avec un bleu ciel, symbole de l’éveil. En fait c’était même complètement l’opposé à ses yeux.
Mais le pire avec ce tableau menaçant qui faisait face à Kyôsuke restait ces deux petits points jaunes perçants qui s’étaient fixés sur lui. Ca donnait à son interlocuteur un air proche d’un mélange entre un fauve est un reptile, pas vraiment rassurant. Pourquoi s’enlaidissait-il de cette façon ? Quel était le projet derrière tout ça ? Mystère.
Ajoutez à cela son manque flagrant de délicatesse à en juger par la façon dont il s’était assis tout à l’heure et vous aurez la justification du mouvement de recul qu’eut Kyôsuke avant de répondre. Heureusement que derrière lui, l‘accoudoir stoppa sa retraite en se calant contre son dos sinon il aurait certainement pu continuer très longtemps. Rend moi mon espace vital. Mais comme partir en courant n’était pas très correct et que ça ne valait franchement pas le coup de se déranger autant pour un énergumène, le lycéen prit finalement le temps de déglutir avant de répondre, enfin décidé :

« Je m’appelle Sasori Kyôsuke, mais qu’est-ce que vous voulez ? »

J’espère que je n’ai rien fait de mal… Maintenant qu’il était bien tourné vers son interlocuteur le lycéen se rendit compte que, même s’il était à peine plus grand que lui, ce qui était en soi un miracle, il était bien plus épais. Sa carrure était impressionnante comparé à notre crevette bleue ciel. De plus, il paraissait aussi bien plus vieux. Pas vraiment une tête à être encore élève au lycée. Que faisait-il ici alors ? Une question de plus.

« Hum, vous travaillez ici c’est ça ? »

Même si Kyôsuke ne l’avait jamais vu avant cela expliquerait pas mal de choses. C’était surement normal qu’il ne connaisse pas tout le personnel vu la courte période qui s’était écoulée depuis son arrivée après tout. Puis c’était les vacances, tout le monde ne devait pas être là. Même si avoir un adulte avec ce look dans un lycée serait pour le moins étrange… Bien que ce ne soit pas proscrit comme dans certains autres lycées japonais puisque lui-même avait été admis malgré ses cheveux, ça ne paraissait pas très crédible. Le mystère s’épaissit.
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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Lun 17 Aoû - 16:51

Yoite n'était pas farouche et aller s'asseoir près d'un inconnu pour lui taper la discute n'était pas un problème pour lui. Au pire, on l'ignorait et il repartait dans son petit monde ou au mieux, ça débouchait sur une discussion franchement sympathique qui pouvait se terminer par une amitié. Évidemment, le jeune rebelle n'allait pas vers n'importe qui, il avait toujours une raison cachée ou non qui l'avait mené ici. Là, en l’occurrence, c'était les cheveux du jeune homme encore inconnu assis à côté de lui.
Alors oui, son naturel à l'aise avec tout le monde, sans gêne et presque mal-élevé pouvait en déranger certains mais il n'était pas aussi difficile d'approche qu'il le paraissait. Pourtant, il ressentit ce petit malaise de sa cible dès qu'il fut assis, comme si tous les membres de son corps venaient de se geler une fraction de seconde en espérant faire fuir l'indésirable. Si certains jours il pouvait mal le prendre, là il trouva ça logique. Ce petit homme aux cheveux bleus, Yoite ne l'avait jamais croisé alors il y avait 9 chances sur 10 qu'il venait d'arriver à Chîse et donc qu'il ne connaissait personne ou presque. Sûrement ne l'avait-il jamais vu lui non plus.
Aussi, il s'empressa de briser la glace avec un ton de voix aussi naturel que possible, pas mesquin mais grossièrement curieux. De but en blanc, il annonça la raison de sa venue et avec son physique particulier, il était improbable que l'autre ne le comprenne pas. Malheureusement, Yoite était un fin perspicace et ce petit recul quand leurs regards se croisèrent lui pinça légèrement le cœur. Des réactions bien pires, il en avait vu dans sa vie depuis qu'il assumait ce look mais là, sans trop savoir pourquoi, ça le blessa. Avec un pourcentage presque total, le jeune japonais aurait pu mettre sa main au feu que la réaction en face serait différente, presque joyeuse style "oh un copain de bleu !" mais à nouveau, il devait faire face à une sorte de dégoût, bien plus déstabilisante que les moqueries. Ça n'allait pas jusqu'à le faire redevenir "normal" avec des cheveux noirs corbeaux mais certains jours, il se disait quand même qu'il allait peut-être trop loin ...

Il fut stoppé dans ses pensées négatives par une voix qui sonnait comme nouvelle à ses oreilles. Sa cible avait parlé et son intérêt remontait en flèche. Une ignorance totale l'aurait finalement mis de mauvaise humeur.
Kyôsuke Sasori. Très bien, ce nom était enregistré et un surnom vint direct lui vriller les tempes comme une pop-up qu'on n'arrive pas à faire disparaître : Sa-chan. C'était peu original, très diminué et sûrement d'avance pas apprécié mais ça, il s'en fichait comme de sa première dent. Lui-même se coltinait des surnoms parfois très moches alors pourquoi pas les autres?!


"Vous? On se connaît pas c'est clair, mais tutoie-moi. J'ai même pas 25 ans!"

Vexé? Non, du tout. Les japonais et leur politesse excessive n'étaient plus une question d'originalité pour lui depuis très longtemps. Il comprenait ces marques de respect envers les ainés mais il les cassait assez rapidement dès qu'elles s'appliquaient pour lui. C'était pas méchant ou volontairement contre la société actuelle, c'était davantage une façon d'être à l'aise, de casser les barrières qui rendaient les gens plus froids dès le départ comme pour se protéger des coups durs. Un tutoiement rapprochait les gens et ce Kyôsuke devait être proche de lui, y avait pas le choix! Qu'ils s'entendent ou non, il voulait qu'il sache qui il était!

Se décollant le dos du canapé, Yoite posa son coude sur l'accoudoir derrière lui et fixa le jeune garçon dont le visage lui était encore invisible quelques minutes auparavant. Il était mignon, mais genre vraiment mignon. Pas le mec mignon qu'on a envie de choyer jusqu'à parce qu'il était petit, calme et tout doux. Non là, il avait tout à fait l'allure du futur beau gosse au fil des années qui allaient passer. Il manquait un peu de prestance, peut-être aussi de bienveillance envers le monde qui l'entourait mais qu'importe, il était mignon. La couleur bleue ciel presque turquoise qu'il avait choisi lui allait bien et accentuait encore davantage la pâleur de son visage. Ses lentilles aussi ... Yoite eut envie de rire. Ces derniers temps, par un hasard vraiment imprévisible, il avait failli passer aux lentilles de contact bleues, juste pour changer et passer de félin en chasse à charmeur démodé. Maintenant que Sa-chan débarquait sur ses plates bandes avec ses beaux petits yeux bleus, il était évident qu'il ne serait pas celui qui allait le copier. Non, il allait prendre une autre couleur, ou ne pas changer. Tant pis.
Se rapprochant un peu, ayant bien pris conscience que son interlocuteur ne paraissait pas très à l'aise avec la proximité, Yoite esquissa un sourire :


"Tu te moques, c'est ça? Chîse est une école réputée, j'aurais jamais été embauché ici avec cet accoutrement! Non, je suis étudiant ici, à l'université. Mais ne soit pas aussi surprit que je vienne te parler, il peut y avoir tellement de raisons!"

Et c'était peu de le dire. Yoite aurait déjà simplement pu venir l'emmerder, en vilaine racaille qu'il n'était pas. Le draguer, car après tout il aimait les hommes mais Kyôsuke était quand même un peu jeune à son goût. Il aurait aussi simplement pu le confondre avec quelqu'un d'autre, ou comme maintenant venir le voir suite à un point commun que tout le monde avait remarqué. Par sympathie, il aurait aussi venir voir s'il avait besoin d'aide dans cette nouvelle école pendant les premiers jours. Mais ... il n'était pas enclin à le lui dire pour le moment. Il avait envie de l'embêter un peu, gentiment, ne serait-ce que pour découvrir quelques traits de sa personnalité avant de voir s'il était utile de chercher à devenir proche ou si c'était perdu d'avance. Son expression de visage un peu effrayé ne lui donnait que peu d'espoir cela dit.

Conscient qu'ils n'étaient que tous les deux dans cette partie du salon et donc qu'il pouvait aisément parler de tout et sans chuchoter, il demanda au bout de quelques instants :


"T'as quel âge? Tu sais, même si tu parais beaucoup plus jeune que moi, on peut être potes. Hormis les cheveux, on a sûrement d'autres points communs! Par hasard, tu serais pas gay, si?"

Inutile de préciser que la façon de faire de Yoite était très mal perçue en général. Très peu de ses amis actuels avaient bien pris toutes ces questions plus indiscrètes que les autres. Les 3/4 l'avaient soit fui, soit traité de cinglé. Mais au fil du temps, ils s'étaient aperçus qu'il était comme ça, indiscret pour tout, curieux comme jamais et ... tactile.
Sans même prendre de pincettes, Yoite avait tendu sa main pour venir caresser la joue de Kyôsuke. Aucune tentative de drague là-dedans, juste qu'il testait ce qu'il avait sous les yeux comme un nouveau jouet reçu à Noël. Avec un sourire, satisfait du résultat, il ajouta d'un ton qui devenait un peu mesquin/joueur au fil des minutes :


"Désolé mais t'as une peau de bébé qui donne juste envie d'être touchée. T'es pas gêné, j'espère?"

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Kyôsuke Sasori
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HnM
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Ven 21 Aoû - 19:59

Ils étaient marrant ces deux bleus. Aussitôt que l’un eut décampé à l’autre bout du canapé pour prendre ses distances avec l’autre, celui-ci s’était au contraire rapproché avec un petit sourire en coin qui n’avait pas échappé à Kyôsuke. Il le faisait exprès. Il s’amusait de son manque d’aisance. De l’extérieur le duo devait paraitre bien loufoque, heureusement que personne n’était dans les environs pour voir ça.

"Vous? On se connaît pas c'est clair, mais tutoie-moi. J'ai même pas 25 ans!"

Justement, tu as 25 ans ! C’est super vieux. Peut-être même que tu vas bientôt mourir.. Non restons poli même si ce mec n'était pas logique. Ça allait être dur de respecter sa demande, mais il allait falloir s'y faire... Kyôsuke laissa échapper une petite moue, témoin de son incertitude. Tutoyer un inconnu n'était vraiment pas dans ses habitudes, mais ne pas le faire alors qu'il l'avait demandé le serait certainement plus. Tout était tellement bizarre depuis qu’il était arrivé qu’on était plus à ça près de toute façon… Alors le lycéen hocha finalement la tête, résigné jusqu’à ce que l’autre réponde à sa seconde question, en annonçant son statut d’étudiant. Ah. Je me disais bien que ce serait bizarre qu’il travaille ici mais je n’avais pas pensé à ça, c’est vrai que l’université n’est pas loin même si je n’imaginais pas croiser d’étudiants ici.

Comme seule réponse Kyôsuke haussa les épaules. Lui n’imaginait aucune raison évidente qui aurait pu pousser quelqu’un comme Yoite à venir lui parler, hormis pour faire une blague sur leurs cheveux respectifs – ce qu’il avait fait - puis passer son chemin – ce qu’il n’avait pas fait malheureusement - Finalement il n’avait toujours pas dit ce qui l’amenait ici ou ce qu’il voulait, on en  était toujours au même point.

"T'as quel âge? Tu sais, même si tu parais beaucoup plus jeune que moi, on peut être potes. Hormis les cheveux, on a sûrement d'autres points communs! Par hasard, tu serais pas gay, si?"

Nouvelle hallucination pour Kyôsuke. C’était à se demander s’il venait bien de la planète terre celui-là, la délicatesse ne lui disait vraiment rien. Et on ne savait toujours pas clairement pourquoi il faisait tout ça. C'était vraiment dur de savoir s'il était sérieux ou s'il se moquait juste. Mais quelqu'un de naturellement si absurde existait-il vraiment ? Je ne voudrais pas me le coltiner au quotidien.
Faisait-il ce numéro à tout le monde ? Son mécanisme avait l’air bien rodé et il avait visiblement confiance en lui alors Kyôsuke doutait être une exception. Constater que même un taré comme Yoite arrivait à être plus social que lui le démoralisait un peu.

Mais Kyôsuke ne pouvait que mal réagir. Normal d’être dérouté face à ce numéro, et c’était même surement le but de l’étudiant… Ah il avait réussi le bougre, en plein dans le mille ! Question très Déconcertante, même le garçon doutait de son orientation. Il était naturellement attiré par les garçons, mais cela faisait-il de lui un « gay » pour autant ? Et puis en même temps, certaines filles étaient si mignonnes que c’était dur de rester indifférent, alors... Cette question, une énigme, ou une vérité inavouable. Il faisait en sorte d’y penser le moins souvent possible, alors pas question d’en parler à un inconnu. De toute façon il ne comptait pas se faire avoir en répondant gentiment à quelque chose d’aussi déplacé.

A  la vue de la main étrangère qui se rapprochait dangereusement de son visage, le garçon fut tiré de ses pensées. Danger imminent . Boum elle vint se poser sur sa joue, non sans surprise de la part de Kyôsuke qui ne savait plus trop où se mettre. Quoi encore ? Le garçon roula un peu des yeux, mélange d’exaspération et de confusion. Il n’aimait pas qu’on le touche, encore moins à cet endroit et encore moins quand son vis-à-vis faisait une tête pareille qui voulait juste dire « trop mignooooon ».Non. Je ne suis pas une peluche. Et comble de l’horreur le lycéen sentait presque ses joues s’empourprer à force d’enchainer les situations incompréhensibles, alors qu’il se démenait depuis tout à l’heure pour paraitre le moins troublé possible bien que ce soit totalement le cas. Crédibilité : zéro.

"Désolé mais t'as une peau de bébé qui donne juste envie d'être touchée. T'es pas gêné, j'espère?"

... Par contre trop, c'était trop. S'il voulait vraiment faire le malin, voyons s'il assumait son rôle jusqu'au bout celui-là. En prenant une grande inspiration Kyôsuke était prêt à se défendre, rester poli ça va un moment.

"Moi gêné ? Et pourquoi le serais-je ? Y'a juste un hurluberlu avec des cheveux BLEUS et des yeux JAUNES, qui m'annonce qu’il a envie de toucher ma supeeeer peau de bébé après m'avoir demandé si j'étais gay. C’est normal comme situation. Tout porte à croire que tu te fais passer pour un étudiant, mais que tu es en réalité un pédophile. Un étudiant n’a rien à faire dans un lycée surtout pendant les vacances. Ah oui parce que j’ai seize ans au fait. Donc voilà, comme tu t’en doute je suis pas gêné ça va."

Même si ce n’était pas explicite et que la plupart des gens aurait mal réagit à ces remarques, Kyôsuke faisait seulement un test. Après tout l’autre ne prenait pas de pincettes, alors il fallait bien que ça marche dans les deux sens. Alors oui, il y allait peut-être un peu fort mais le "peau de bébé" avait eu du mal à passer. Je ne veux plus jamais entendre ça. Au contraire Kyôsuke était très complexé par ses traits enfantins. Alors il avait tourné la tête pour rompre le contact et fixait son interlocuteur avec un petit sourire au coin des lèvres et un regard inquisiteur.
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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Jeu 27 Aoû - 14:58

Oui, il le faisait exprès et oui, si quelqu'un s'était amusé à les regarder de manière discrète, plusieurs questions auraient pu naître dans son cerveau. Que se disaient-ils? Est-ce qu'il le menaçait? Avec ces deux têtes bleues, ils se connaissaient peut-être? Sincèrement, il aurait été amusant que quelqu'un les observe et en fait ... c'était presque le cas. Les amis de Yoite n'étaient pas bien loin, ils étaient juste assis dans un autre endroit du salon à attendre sagement le retour du super-héros bleu pour avoir les nouvelles les plus fraiches. Or, si Yoite restait un peu trop longtemps avec Kyôsuke, ceux-ci allaient sûrement venir discrètement épier ce qui se passait. Ce n'était qu'une question de minutes!

En attendant, ils avaient franchi une première étape. Yoite avait entendu la voix de son nouvel ami (...) et avait réussi à le faire accepter de le tutoyer. Ce n'était en rien une tentative de lui forcer la main, le jeune rebelle avait cette habitude depuis longtemps, il tutoyait même ses ennemis ou encore certains professeurs. Ça lui collait à la peau, voilà tout.
Malheureusement, c'était bien la seule avancée du jour. Par principe, Yoi posait toujours pas mal de questions les premières minutes juste pour cerner un peu mieux la personne en face de lui. Cela dit, il ne choisissait pas forcément les questions les plus logiques mais seulement celles qui avaient le plus d'intérêt pour lui. La sexualité de Sa-chan en faisait partie mais pas de façon obligatoire. Si celui-ci avait simplement répondu "oui et alors?", le rebelle aurait sincèrement souri pour lui dire que lui aussi et qu'ils avaient donc un point commun de plus. Il n'avait pas prévu de le faire s'allonger sur le sofa pour le faire sien ici et maintenant! Mais Kyôsuke ne répondit tout simplement pas, se contentant de le fixer comme s'il craignait un geste déplacé ou une transformation en alien sous peu.
Il fallait l'avouer, Yoite était un peu perdu. Jamais encore il n'avait fait face à autant de distance entre un inconnu et lui. Au fond, ce petit bonhomme lui rappelait Ôsen, cette mort-vivante du groupe 'I'm odd" qui pensait réellement que la terre entière lui en voulait. Alors quoi? Kyôsuke aussi était un sauvage qui n'aime personne?! Impossible, Yoite le voulait dans ses amis!

Mais essayer davantage en levant sa main pour espérer briser la barrière de la distance n'eut pas l'effet attendu. Si le résultat escompté était bien là (Sa-chan était doux comme un bébé!), la réaction en face fut surprenante au point que Yoite se leva du canapé et laissa pendre ses bras dans le vide en affichant pleinement sa surprise.


- Tu me sors ça d'un coup comme ça?! T'abuses là! Depuis le début, j'essaie d'en apprendre un peu plus sur toi en étant sympathique et il suffit que je te touche un peu pour que tu sautes direct à la conclusion "pédophile". T'es dur.

Yoite avait beau avoir eu envie de renverser le canapé en entendant le mot "pédophile" alors qu'il s'adressait à lui, il venait juste de réaliser qu'à cet instant, ça passait presque pour du bon sens. Il s'était douté que Kyôsuke était plus jeune que lui mais pas au point de lui donner 16 ans. Mince alors, sa main avait agi plus vite que son cerveau et voilà qu'il avait désormais une vilaine étiquette collée sur le front. Bon, il était temps de se comporter davantage comme un adulte ... mais pas trop quand même.
Se rapprochant à nouveau, il s'assit sur la table en face du canapé, là où reposait des livres assurément inintéressants et fixa Kyôsuke en posant ses mains à plat à côté de lui, de façon à ce qu'il ne craigne pas une nouvelle attaque :


- Prenons dans l'ordre. Me traiter d'huluberlu est tout sauf sympathique surtout venant de toi. T'as aussi les cheveux bleus et des lentilles alors qu'on est tous deux japonais. Je suis venu vers toi en espérant que tu allais me comprendre d'avoir choisi un tel look puisque tu as le même. J'ai dû me planter, à priori, mais ok ça passe. commença-t-il en espérant ne pas paraître trop rigide. Yoite s'était dit qu'en glissant un peu de vérité et de sérieux dans ses propos, le petit bleudinet serait peut-être plus apte à discuter. - Ensuite on n'est pas dans le lycée ici mais dans le pensionnat qui est relié au lycée et à l'université en même temps. Tu croiseras forcément des universitaires ici car ils dorment au deuxième étage. Après, tu as raison sur le fait que pendant les vacances, c'est louche. Comment te dire ... Mes potes m'ont appelé pour que je vienne te voir.

Voilà, il avait tout dit. Rien de réellement surprenant, si ce n'est la fin concernant la raison de sa venue ici. Vacances pour Yoite, ça voulait dire "loin de l'académie" mais avec un bon appât, on pouvait le faire venir jusqu'au salon pour qu'il puisse discuter de choses et d'autres et finir par venir embêter un petit lycéen tout perdu tout seul comme Kyôsuke. A dire vrai, tout aurait pu être différent s'il avait refusé de venir au salon, où s'il avait croisé Sa-chan dans d'autres conditions. Peut-être même qu'ils auraient pu finir par ne jamais se parler et faire leur vie chacun de leur côté ...

Se reculant un peu en sortant son portable de la poche avant de son pantalon, Yoite regarda l'heure. Mmh, ça faisait presque 1/4 d'heure qu'ils discutaient, ses potes allaient sûrement commencer à pointer le bout de leur nez et sûrement mettre un terme à cet échange qui n'était pourtant pas à 100% en détresse.
Il devait faire en sorte que Kyôsuke ait envie de lui parler un peu plus, qu'il ait envie qu'il reste ne serait-ce que 5 minutes de plus avec lui et tout cela ferait fuir ses potes un certain temps. Mais c'était si mal parti qu'il n'avait plus trop de choix concernant la suite des événements. Se mordant la lèvre inférieure, se fichant bien finalement qu'ils n'aboutissent à rien aujourd'hui car il tenterait une prochaine fois, Yoite ajouta :


- Sérieux, sois pas gêné Sa-chan. Je suis pas là pour me moquer de toi ou pour te faire une déclaration. C'est vrai que je suis gay mais t'es trop jeune pour moi même si t'es vraiment mignon. Je pense vraiment qu'on peut devenir potes, à condition que tu acceptes mes nombreux défauts comme celui d'être tactile, entre autre. Je suis comme ça ... Avoue-moi ton pire défaut et on verra pour la suite.

Il avait envie de rire. Non pas parce qu'il mentait à Kyôsuke, absolument pas, mais plutôt parce qu'il n'arrivait pas à rester sérieux même quand la situation l'exigeait. Là, à cet instant, il mourrait d'envie de forcer les choses avec Sa-chan, de se jeter sur lui pour lui lécher le lobe de l'oreille ou de lui prendre la main pour le faire crier quelque chose mais il se retenait car il avait comme la nette impression que sa technique l'enverrait direct sur la case "prison". Il se donnait encore quelques secondes de sérieux et si ça fonctionnait pas, il ferait à SA manière.

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Lun 31 Aoû - 10:08

Enervé ? Oui Yoite n'apprécia vraiment pas du tout le rapprochement fait juste avant, prenant tout à coup un air trop sérieux à la limite du choqué si bien que Kyôsuke craignit presque un instant qu’il ne fasse un infarctus. Réalisant sa propre agressivité il se demandait même d’où cela lui était venu. Il n’avait pas toujours été comme ça, bien au contraire. Avant il laissait tout couler. Le changement ne se fait pas toujours dans le bon sens. Remettons les choses au clair.

"Je voulais juste te calmer. Bon ça a marché visiblement mais voilà, prend pas tout au pied de la lettre j'ai pas appelé les flics non plus."

Pourtant, Yoite s'était levé, laissant penser qu'il allait juste passer son chemin. Tant pis ce ne serait qu'un échec de plus. Mais non, il tenait visiblement à s'expliquer, l’inverse aurait presque été préférable : pour Kyôsuke il était évident que cette conversation ne les mènerait nulle part et qu’ils étaient bien trop différents pour être « amis ». Comme avec toutes les rares personnes qui avaient essayé de l’approcher mais qui s’étaient vite découragés étrangement. Mais le problème ne vient surement pas d’eux. Alors la raison de cet entêtement lui échappait toujours, d'habitude personne ne se donnait autant de peine.

Yoite se rassit sur la table en face, visiblement un peu remis de son choc mais toujours déterminé ce qui arrangeait aussi Kyôsuke qui pouvait mieux l’avoir à l’œil comme ça, prêt à bondir au moindre geste suspect. Il souffla en profitant de l’espace qu’il avait récupéré, se décrispant même un peu on aurait presque pu croire qu’il était à l’aise. Mais après avoir vu l’impact de ses mots de tout à l’heure il se serait presque attendu à recevoir une gifle, méritée il faut l’avouer, qu’il aurait même été prêt à affronter et à assumer. Mais finalement l'autre se lança juste dans un discours pour éclaircir la situation. Kyôsuke l'écoutait, grimaçant un peu. Cette situation lui rappelait beaucoup trop le genre de conversations qu'on pouvait avoir avec ses parents le soir autour d'un dîner. Discours qui devait rentrer dans sa tête car il était en position de faiblesse en l'occurrence. Et c'était énervant. Mais ce n’était pas le moment d’en rajouter alors le lycéen garda simplement cette remarque pour lui, évitant au passage de passer pour un ado en pleine crise et d’aggraver son cas en sortant quelque chose du genre « T’es pas mon pèèèère, me fait pas la moraaaale ». Sage déscision.
Bien que pas très intéressé, il restait attentif et sortit plus particulièrement de sa torpeur en entendant « Mes potes m'ont appelé pour que je vienne te voir. », étonné que qui que ce soit ai pu le remarquer. Ça m'apprendra à enlever ma capuche. Mais il faisait beaucoup trop chaud là. Et s’il disait vraiment la vérité, s'il était venu sans que ce soit pour se moquer, alors ses amis devaient certainement être aussi bizarres que lui. C’était peut-être eux que Kyôsuke avait croisé en se rendant ici. Mais pourquoi ils n’étaient pas venus et avaient préféré envoyer Yoite ? Certes ça l’arrangeait de ne pas s’être retrouvé au milieu de ce groupe de pintades, mais bon savoir qu’il n’était pas venu de lui-même était un peu décevant.

Lorsque Yoite eu fini de parler, puisque c'était l'heure des explications et que Kyôsuke lui devait bien ça il prit une grande inspiration et son courage à deux mains pour prendre la parole à son tour.

"Désolé c'est la première fois que quelqu'un me sort ça. Toi t'as des amis, t'es à l'aise et tout, et tu viens me voir moi juste pour causer, alors je comprends pas bien. J'ai l'habitude qu'on se moque. C'est même exprès pour ça que je me teins les cheveux en bleus. Alors ça me fait bizarre que ce ne soit pas le cas. Ouai voilà, je dois être parano si tu veux un de mes défauts. Je suis pas sûr que ce soit le pire mais bon."

Menteur. Bien sûr qu’il connaissait son pire défaut mais justement il ne pouvait pas le dire. Son identité n’est qu’un mensonge qu’il refusait d’assumer. Culpabilisant un peu en repensant à cela il préféra embrayer sur un autre sujet.

« Mais j’aime vraiment pas qu’on me touche. Et qu’on me dise que je suis mignon, d’ailleurs si tu pouvais ne pas m’appeler Sa-chan... C’est aussi pour éviter ça que je me teins les cheveux, alors pourquoi ça marche pas ? J’aurais dû prendre du rouge tu crois ? Ça fait peur le rouge non ? Toi pourquoi t’as choisi du bleu ? »

Tu digresses Kyôsuke, tu  digresses… Pire qu’une fille à parler cheveux comme ça… Ah non, c’est une remarque idiote. Ce n’était pas vraiment le moment pourtant voilà Kyôsuke sincèrement plongé en pleine réflexion capillaire, réalisant trop tard ce qu’il venait de dire.

« Ah pardon, je m’égare… »
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Mer 2 Sep - 15:57

J'ai pas appelé les flics ... Eh bien, Kyôsuke n'était plus du tout dans le domaine du mignonnet petit bonhomme perdu dans le salon. Son ton agressif envers un Yoite sûrement maladroit ou trop entreprenant avait eut le don de faire se lever le rebelle comme pour faire aussitôt bifurquer la conversation dans un sens différent. Tout cela allait beaucoup trop loin, on pouvait presque croire qu'ils allaient finir par se mettre à gueuler juste pour tenter de prendre le dessus alors que le but avait juste été de causer un peu. Certes, Yoite ne passait pas par les gros clichés du monde qui consistaient à poser les questions logiques et inintéressantes mais là, est-ce qu'il devait le regretter? Non, Kyôsuke avait beau être un petit phénomène à lui tout seul, s'ils devaient ne plus jamais se reparler, Yoi n'allait pas s'en retrouver déprimé. Ce serait juste dommage.
La lèvre pincée, le regard un peu inquisiteur, le japonais bleu foncé peinait à comprendre le caractère surprise qu'il avait sous les yeux. Celui-ci avait tenté de le calmer, avait-il dit. En le traitant de pédophile? Voilà qu'ils étaient deux à être maladroits maintenant! Qui irait crier au viol pour une petite joue caressée? Un puceau, assurément! Sur le coup, par esprit de vengeance, il eut envie de le taquiner là-dessus, de lui dire qu'il n'avait encore rien vu de ce qu'un fameux pédophile pouvait faire mais il risquait réellement d'aller trop loin. Le but n'était pas de glisser vers ce terrain douteux mais bien de remonter la pente. Il devait changer d'approche.

Et c'est pour cela qu'il se décida à se rasseoir, en face de lui pour éviter tout nouveau sursaut, et qu'il reprit une conversation entrecoupée de réactions imprévues. Qu'est-ce qu'il fallait pas faire, quand même! Yoite avait beau être un rebelle dans l'âme, il avait quelques attraits populaires qui le rendaient connu dans l'académie, certaines filles soufflaient son nom quand il passait pas loin et plusieurs de ses amants avaient gardé contact avec lui. En fait, il avait du mal à comprendre pourquoi Kyôsuke mettait autant de distance avec lui alors que d'autres mourraient d'envie de le connaître. En tout cas, ça avait le don de l'intéresser.
Son discours, peut-être un peu trop sérieux finalement, avait au moins le mérite d'être sincère. Et si sa dernière phrase ne surprenait pas un peu Sa-chan, alors ils pouvaient d'ores et déjà cesser de se parler. Certaines personnes étaient faites pour rester seule, après tout. Mais ... Yoite esquissa un sourire. Kyô parlait, il répondait à son sérieux en se dévoilant un peu. Enfin! Yoite poussa même un petit soupir, il s'en trouvait content, particulièrement satisfait. Se reculant un peu, appréciant la vue globale d'un Kyôsuke sans défense, il ne tarda pas à lui répondre :


- Je peux me moquer de toi si tu veux.

Un coup bas, affirmatif. Yoite était rancunier, on pouvait pas lui en vouloir. Cependant, de par sa phrase, il avouait sans détour que jusque-là il ne s'était pas moqué de lui, qu'il était réellement venu pour autre chose que pour rire de ce pauvre petit lycéen seul dans le salon pendant les vacances. Ce qui en soit était déjà très étrange. Ce n'était pas comme s'il avait été étranger, qu'il était arrivé depuis 2 semaines seulement et qu'il craignait de se perdre en tentant de visiter seul les alentours. Sa-chan était japonais, il avait forcément des amis depuis le temps mais alors que les vacances venaient tout juste de commencer, voilà qu'il s'enfermait dans un endroit sombre et silencieux. Y avait anguille sous roche!

- Oublie ta paranoïa 2 secondes et regarde-moi simplement comme un mec qui cherche à te connaître. Pour être potes, faut bien un point de départ et c'est maintenant.

Yoite ne lui dirait jamais mais il connaissait cette sensation particulièrement déplaisante d'être le centre de toutes les moqueries. Il était passé par-là lui aussi, il en avait bavé de par son homosexualité, de par son choix de couleur bleue pour ses cheveux, de par ses idéologies aussi. Il avait même été critiqué par rapport à son frère Kaji qui lui, faisait tout parfaitement bien. Il comprenait la défensive de Kyôsuke aux premiers abords, prêt à en découdre et à ne pas laisser tomber dès la première insulte. Finalement, il était malheureux de constater qu'à seulement 16 ans, Sa-chan était déjà aussi craintif qu'un chat qu'on avait battu à la moindre bêtise. Yoi avait comme la sensation qu'il allait devoir faire ses preuves et pas seulement aujourd'hui.

Et puis, contre toute attente, le renfrogné se mit encore à parler, à donner quelques directives mais surtout à se décontracter légèrement en posant quelques questions aussi futiles que mignonnes. Alors quoi? Ce choix de bleu était finalement une carapace? Yoite serait très déçu que Sa-chan se teigne en rouge la semaine prochaine, il voulait un pote de bleu!
Riant sincèrement, il secoua la main quand Kyôsuke s'excusa. C'était inutile.


- Vas-y, égare-toi si ça peut te faire causer un peu plus. Tu sais quoi? Ça va pas te plaire mais je vais continuer à t'appeler Sa-chan et mes mains vont se balader sur tout ton corps dès que tu auras le dos tourné. Pourquoi? Parce que j'adore ça et que je fais toujours ce que j'aime, mais aussi parce que tu n'aimes pas ça. Tu t'y habitueras et quand tu ne réagiras même plus alors j'arrêterai.

C'était un peu risqué de repartir direct dans le caractère un peu bizarre du rebelle, mais Yoite ne voulait pas que Kyôsuke s'attache à lui alors qu'il n'était pas lui-même. Il souhaitait sincèrement qu'il l'apprécie avec ses défauts, qu'ils se grognent dessus plutôt qu'ils s'ignorent, qu'ils aient quelques fous rires imprévus à propos d'un sujet débile, qu'ils se taquinent ... Il voulait réellement l'aider à se sentir plus à l'aise et si d'ici à quelques mois, Sa-chan souhaitait qu'ils cessent de se parler alors soit. Ça voudrait peut-être dire qu'il avait grandi, qu'il avait changé et qu'il n'avait plus besoin de lui. Ça pouvait aussi vouloir dire qu'il était devenu trop prétentieux mais ça Yoite n'y pouvait rien.

Approchant son visage à seulement quelques centimètres de celui de Kyôsuke, il put en apprécier les traits fins typiques des asiatiques. Réellement mignon. Celui-ci allait sûrement détourner la tête, se lever du canapé ou le repousser mais tant pis. Tout ce qu'il voulait c'était une réaction, un geste qui ferait qu'il n'était pas prêt d'oublier cette rencontre, ni d'oublier le prénom de ce mec chiant et immature qu'était Yoite.
Pourtant, assez rapidement, son attention fut attirée par des têtes qu'il ne connaissait que trop bien. Comme prévu, ses potes venaient voir si tout allait bien. Sûrement devaient-ils se faire chier dans ce salon alors qu'il faisait beau dehors. D'un regard, il leur fit comprendre qu'ils pouvaient s'en aller, qu'il allait rester ici jusqu'à ce que Kyôsuke le foute dehors ou qu'il soit certain qu'il n'avait plus de recul quand il s'approchait de lui.


- Si tu avais voulu qu'on te laisse tranquille, t'aurais dû garder tes cheveux noirs. Tu serais passé totalement inaperçu. Mais bleu, c'est osé. T'as voulu emmerder qui en faisant bleu? Moi, c'était juste pour rire au début pendant une soirée et puisque ça a choqué mes parents, alors je l'ai gardé. J'aime être différent mais ça aurait très bien pu être vert cela dit.

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Dim 6 Sep - 18:34

Alors que Kyôsuke s’était enfin décidé à ouvrir la bouche pour aligner plus de cinq mots, la réaction de Yoite fut encore une fois déstabilisante : un éclat de rire. Et ce n’était pas la première fois qu’il esquissait au moins un sourire dès que le bleu ouvrait la bouche, il l’avait bien remarqué. Il ne voyait pas trop ce qu’il avait de si comique mais il préférait le laisser délirer tranquille, sachant qu’il ne pourrait rien sortir d’autre qu’une nouvelle remarque pas très sympa s’il ne le faisait pas. Il y en avait au moins un qui s’amusait. Il fallait comprendre Kyôsuke, avec cette attitude de la part de Yoite, difficile de croire qu’il était sincère puisqu’il avait visiblement du mal à rester sérieux plus de dix secondes. Il laissa quand même filer sa remarque ne voulant pas s’engager dans ce petit jeu –bien qu’il y ait déjà sauté involontairement à pied joints-. De toute façon ce n’était pas avec ces remarques qu’il allait le faire sortir de ses gongs. Si Yoite voulait se moquer ce serait juste décevant, mais Kyôsuke s’en remettrait il n’était plus à ça près.

Non, le pire arriva par la suite, après d’autres paroles de Yoite vraiment peu rassurantes cette fois, alors qu’il s’approcha pour on-ne-sait-quelle-raison une nouvelle fois. Le lycéen se colla contre son siège en grimaçant un peu. « Je vais continuer à t'appeler Sa-chan et mes mains vont se balader sur tout ton corps dès que tu auras le dos tourné » Kyôsuke ne put s’empêcher de se mordre un peu la lèvre inférieure pour s’effoercer de modérer sa réaction alors qu’une angoisse viscérale le gagnait. Son angoisse. Non il ne pourrait jamais s’y habituer et le laisser faire, parce qu’il y avait cette honte, parce qu’il était constamment en alerte, parce que dès que quoique ce soit l’effleurait c’était comme si une alarme rouge retentissait dans tout son corps. A ce rythme Yoite allait s’apercevoir qu’il y avait un problème, que quelque chose clochait. Il ne pouvait pas continuer ainsi. Si ce n’était pas aujourd’hui ce serait la semaine prochaine, le mois prochain, peu importe le moment serait inévitable si le grand se bornait à vouloir l’examiner sous toutes les coutures et le palpait comme ça. Il ne pouvait rien y faire. La raison poussait Kyôsuke à juste tout arrêter maintenant avant que ça ne dérape, pourtant il avait tellement souhaité avoir des amis. En y pensant, c’était depuis le moment où plus personne n’avait besoin de lui qu’il avait commencé à vraiment mal tourner. C’était risqué et idiot pourtant de rester avec Yoite. Pourquoi avait-il fallut qu’il tombe sur le seul être humain qui tienne autant à être en contact physique avec ses amis ? Malchanceux jusqu’au bout. Mais l’occasion ne se représenterai surement pas de sitôt, il ne pouvait définitivement pas abandonner si vite.

« Bien, fais ce que tu veux mais tu peux tout de suite abandonner l’espoir que j’arrête de râler ou de te pousser un jour je te préviens. Je suis plus patient que j’en ai l’air et je refuse de te donner raison. Si tu tiens tant que ça à ne pas te gêner pour moi alors je ferai pareil. On verra bien qui est le plus borné. »

Il ne s’avouait pas vaincu pour autant en exposant clairement ses convictions sur un ton de défi, sûr de ses capacités alors qu’il était juste en train de signer sa propre déchéance. Plaçant la paume de sa main sur le front de l’étudiant, Kyôsuke le poussa en arrière.

« Hop, reste comme ça. Pas bouger. »

A le regarder il paraissait un moins paniqué que quelques secondes plus tôt, mais intérieurement son rythme cardiaque n’était toujours pas calmé. Malgré cette parenthèse nécessaire il n’avait pas oublié ses craintes. Peut être même qu’il s’est rapproché parce qu’il a déjà remarqué un truc. Vite, vite détournement d’attention.

« Et pour mes cheveux, hum… Disons qu’avant c’était pour éviter que les gens se moquent d’une certaine personne. Ils s’attardaient plus sur moi et mes cheveux que sur elle comme ça, je préférais. Donc ouais, maintenant ça ne sert plus à rien mais je crois que j’aime bien cette couleur finalement. »

Utiliser cette histoire qui lui tenait pourtant à cœur était plutôt malvenu mais c’était bien sa seule solution à laquelle il avait pensé dans l’immédiat, c’était presque sorti par réflexe. Réflexe de défense. Il n’aurait pas dit tout ça si facilement d’habitude, heureusement qu’il était resté assez vague. Mais au moins c’était une bonne excuse pour justifier son attitude bizarre et le fait qu’il n’osait presque plus regarder Yoite dans les yeux de peur d’y déceler une quelconque trace de suspicion. C’était idiot pourtant, il devenait vraiment paranoïaque malgré lui. Une fausse peur qui pourrit l’existence, parce qu’il s’était convaincu qu’il y avait une menace réelle et objective alors qu’il s’écartait juste de tout et des autres. Objectivement avoir enfin dit ça à quelqu’un ne devait pas être si mal, juste dommage que ce soit au premier venu. Après tout c’était bien la seule chose dont Kyôsuke était à peu près fier dans sa vie.

« Mais je n’ai pas spécialement envie qu’on me laisse tranquille tu sais, être seul c’est vite barbant. Seulement je crois que j’attire seulement des personnes qui ne me correspondent pas, c’est un problème. Ou alors c’est moi qui aie un problème je sais pas, c’est vrai que je suis pas très doué. »

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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Sam 26 Sep - 14:20

Il avait reculé. A priori, ils avaient encore un long chemin à parcourir ensemble avant d'en arriver à une conclusion positive mais ça restait amusant. Yoite avait compris le message et ne comptait pas abuser non plus, il allait y aller par étapes, doucement d'abord et peut-être un peu plus chaque jour mais jamais trop loin. Kyôsuke restait un jeune mec, trop jeune pour lui, et même s'il était vrai qu'il adorait toucher les gens, il savait aussi se retenir pour ne pas entrer dans des catégories qui ne le mettraient pas en valeur.
Au fond, bien plus que l'envie de contacts physiques, il y avait cette nécessité à faire sortir Sa-chan de sa coquille, à le faire se dévoiler un peu, à être moins timide. Enfin timide ... non. Il ne paraissait pas timide, juste renfrogné. Son passé en était sûrement la cause et Yoite n'était pas suffisamment fort pour le lui faire oublier. Il espérait cependant être assez insistant pour qu'il passe par-dessus, qu'il continue de vivre malgré ce qu'il avait vécu et qu'il se force à vivre avec. Ses années les plus folles commençaient tout juste, il devait en profiter! Tomber amoureux, se faire des amis, graver quelques sacrés bons souvenirs, sortir!


"Très bien! J'ai pas envie de changer ton caractère, reste comme tu es. Sois borné et ronchon, je serais tactile et lourd. Ça va être chouette!"

Et il le pensait! Parmi tous ses amis proches, aucun d'entre eux n'était vraiment ronchon quant à ses manières de mal élevé en puissance, tous en avaient pris leur parti, se fichant bien se sentir une main inconnue autour de leur taille, un visage dans leur cou ou autre. Ils ne réagissaient même plus et Yoite devait juste apprendre à faire sans. Mais si Kyôsuke n'avait pas l'intention de changer, s'il comptait toujours reculer, râler et crier "au viol!" à chacune de leur rencontre, alors ça pouvait devenir intéressant. Il n'irait cependant pas jusqu'à le harceler et les réactions de Sa-chan seraient sa top-priorité. Un "stop" en forme de grognement ne serait pas pris en compte, mais un "stop" d'agacement et Yoite reculerait de lui-même. Les signes étaient importants.
D'ailleurs, celui qu'il venait de recevoir à l'instant était pas mal. La main de Kyôsuke sur son front qui le poussait légèrement en arrière. C'était mignon et Yoite se laissa faire. C'était exactement ce qu'il cherchait, avec la remarque en bonus. Prendre le rebelle pour un con ne l'avait jamais dérangé, Yoite ne se fiait pas aux jugements des autres, il n'écoutait que lui. Lui donner des ordres comme à un bon toutou eut presque le don de le faire rire mais il se contenta de rester sagement un peu plus loin que tout à l'heure. Les choses principales étaient dites, chacun savait à quoi s'en tenir maintenant.


"Tu as protégé quelqu'un en te teignant les cheveux en bleu? Je m'attendais à tout sauf à ça. C'est courageux de ta part, tu devais vraiment l'aimer cette personne. Pourquoi tu dis que ça sert plus à rien maintenant? Vous vous parlez plus?"

Au delà de la surprise apparaissait la curiosité. Jamais encore Yoite n'avait pensé à protéger quelqu'un en attirant toute l'attention sur sa personne et en fait, il avait du mal à s'imaginer protéger quelqu'un. Y avait bien sa princesse Sakura qu'il protégerait contre vents et marées mais à quoi cela servirait-il de protéger sa sœur en attirant l'attention sur lui, son frère? La famille Unden serait toujours ciblée, c'était inutile. Bilan : Kyôsuke avait du vouloir protéger un ou une amie. C'était adorable, culotté et inattendu. Surtout en le voyant seul au monde aujourd'hui. Comment pouvait-on abandonner un mec capable de tels extrêmes pour le bien d'autrui?
Il espérait juste que la fin n'était pas funeste et qu'il n'allait pas lui sortir un truc "cette personne s'est suicidée" pour clore la conversation. C'était tout à fait possible, que malgré les attentions de Sa-chan, l'autre n'avait pas pu lutter mais Yoite n'avait pas envie qu'une mort aussi malheureuse s'incruste entre eux. Ça mettrait de la tension inutile! Il préférait imaginer un déménagement, ou une remise en question si intense que l'autre avait pris le taureau par les cornes afin de trouver sa confiance en soi.

Croisant ses bras sur son torse, Yoite fronça les sourcils quelques instants. Y avait beaucoup de contradictions dans le comportement de Sa-chan. Il l'avait presque fui des yeux depuis le début, il évitait tout contact même de loin mais avouait sans peine qu'il n'aimait pas trop rester seul. Où était la logique? Son être tout entier inspirait la solitude, il renvoyait presque le message "laissez-moi tranquille". Au fond, oui, Kyôsuke avait peut-être un souci dont il n'était même pas conscient.


"Tu penses qu'on s'entendra pas tous les deux? T'as peut-être raison mais on n'a rien à perdre à essayer. Après, c'est peut-être à toi de faire le premier pas aussi, non? D'aller vers tes camarades de classe ou de clubs? D'ailleurs, t'es dans quel club?"

Yoite, qui lui n'avait jamais eu aucun mal à aller vers les autres ou à attirer les uns vers lui, ne comprenait pas trop qu'on puisse penser ça. C'était pas dans ses habitudes et il ne fréquentait que très rarement les membres du groupe "I'm odd". C'était pas contre eux, ils ne paraissaient pas bien méchants mais généralement, ils vivaient dans leur monde et leur point de vue était si différent de celui des autres qu'il se révélait être très dur de garder une conversation avec eux. Dans l'avenir, ils n'entretenaient pas le contact et adoraient la solitude. Fallait toujours être derrière eux, à les pousser, à les forcer presque et si c'était faisable un certain temps, ça devenait vite lassant.
Si Kyôsuke s'avérait être comme ça, alors la mission allait s'annoncer plus dure que prévue mais Yoi prenait le risque. Parler avec Sa-chan était faisable, ils avaient déjà commencé à se dévoiler l'un l'autre, il y croyait. Restait plus qu'à persévérer.

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Ven 2 Oct - 21:38

Yoite s’enthousiasmait vraiment pour des choses étranges. Imbécile. Imbécile heureux au moins ne lui enlevons pas ça, il paraissait toujours réprimer un sourire. Encore une différence par rapport à  Kyôsuke qui gardait sa mine boudeuse 365 jours par an. Et il avait beau observer Yoite comme si c’était un rat de laboratoire, il ne comprenait toujours pas ce qu’il y avait de si « chouette » dans ce qu’il venait de dire. Il veut qu’on se chamaille ? Même leurs manières de penser diamétralement opposées les divisaient, il allait falloir s’accrocher.
Par ailleurs,  Yoite était peu trop tenace et posait un peu trop de questions selon Kyôsuke qui ne fut pas débarrassé de son anxiété en se rendant compte qu’il n’était toujours pas sorti de son affaire la plus délicate. Le pourquoi du comment de ses cheveux. Au moins une chose le consolait : Yoite avait au moins accepté de reculer gentiment, et même qu’il s’était calmé puisque qu’il restait en place cette fois. Ok cette méthode marche mieux que le traiter de violeur, c’est noté. Il n’avait pas l’air suspicieux le moins du monde finalement, encore une mauvaise impression. Evidemment . Même si le regard de Yoite était toujours pesant, Kyôsuke avait un peu plus de courage pour l’affronter maintenant. Secouant un peu la tête il se remit les idées en place. Il fallait répondre maintenant, que cette histoire se finisse une bonne fois pour toute. Ne rien dire aurait été tout sauf naturel.

« Je suis parti pour venir ici, c’est assez loin d’où j’habitais avant. Personne la connaît ici, et je ne la vois plus. »

Assez décousu et pas très clair, Kyôsuke faisait ce qu’il pouvait pour improviser quelque chose qui contenterai la curiosité de Yoite. C’était dur de s’en défaire maintenant qu’ils avaient abordé le sujet, mais il allait bien falloir lui faire avaler quelque chose. Car si ça continuait Kyôsuke allait lui-même se perdre dans son histoire pas totalement fausse mais qui ne reflétait exactement la vérité pour autant. Pourquoi avait-il fallu qu’ils s’étendent sur le sujet…

« Tu penses qu'on s'entendra pas tous les deux? T'as peut-être raison mais on n'a rien à perdre à essayer. Après, c'est peut-être à toi de faire le premier pas aussi, non? D'aller vers tes camarades de classe ou de clubs? D'ailleurs, t'es dans quel club? »
« Tu dis ça comme si c’était facile ! Pour toi ça l’est surement mais on n’est pas tous des Yoites insouciants. »

…Et heureusement ! Yoite n’avait vraiment pas l’air d’avoir de problèmes pour aller vers les autres alors que  Kyôsuke était bien trop du genre à réfléchir une éternité avant d’agir, surtout sur un terrain qu’il ne connaissait pas si bien que souvent quand il se sentait prêt l’occasion avait déjà filée. Il ne pouvait pas s’empêcher de se retourner une question mille fois dans sa tête, d’analyser la situation pour trouver la meilleure façon de faire. Beaucoup trop de choses superflues et inutiles, mais il était comme ça, impossible de changer ces sales manies tout seul. Ca empirait même, puisque dans ces scénarios mentaux il imaginait bien sûr toujours le pire, paranoïaque à propos des réactions des autres. Un enfant compliqué, car il avait perdu ses repères. Et les changements dans sa vie actuellement n’aidaient pas. Pourtant, il s’accrochait pour se créer de nouvelles marques, comme l’avait suggéré Yoite il s’investissait dans des clubs.

« Je suis président du club de cuisine, puis je vais essayer de kendo. »

Avec tout le temps libre qu’il avait soudainement récupéré en arrivant à Chisê, diriger un club lui faisait certainement le plus grand bien. Même si niveau relations humaines ce n’était pas encore ça, il arrivait à gérer pas mal de choses dans l’ombre. Il préférait presque et le fait qu’il n’ait pas encore trouvé de volontaire au poste de vice-capitaine ne le dérangeait pas, au contraire. Il appréhendait  de tomber sur un énergumène. Mais malgré tout rien ne pourrait lui enlever l’envie de cuisiner, une passion qu’il avait héritée de sa mère qui en avait elle-même fait son métier. Bien qu’il méprise ce qu’elle était devenue aujourd’hui il ne pouvait pas oublier ces heures passées dans leur maison à apprendre à préparer toutes sortes de choses. Toutes les deux. C’était fini.

« Et toi ? »

En voilà un pas vers les autres. Ca ne paraissait rien mais pourtant il écoutait bien les conseils même si ce n’était pas flagrant. D’habitude il ne se souciait pas trop des autres c’était leur vie, ils pouvaient bien en faire ce qu’ils voulaient tant qu’ils restaient loin. Mais puisque Yoite avait décidé qu’ils devaient être amis, autant collecter un maximum d’informations sur lui. Pas question d’être en position de faiblesse en étant le seul à raconter sa vie. Oui l’amitié était un partage, mais il fallait qu’il soit équitable.
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Yoite Unden
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HnM
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Sam 17 Oct - 15:57

Spoiler:
 

S'il avait pu lire dans les pensées, Yoite aurait sûrement ouvert les yeux en grand depuis un sacré bout de temps. Lui, dans sa façon d'être éduqué, n'avait jamais retenu ses pensées et disait souvent haut et fort ce qui lui passait par la tête (que ça plaise ou non, d'ailleurs). Mais là, grossièrement presque, il avait remarqué que Sa-chan pensait et pensait toujours plus. Il paraissait réprimer la moindre de ses envies, tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de dire quelque chose. Est-ce qu'il craignait d'en dire trop? Ou de dire des choses avec un manque de tact? Yoi aurait aimé qu'il soit plus naturel, qu'il exprime sans crainte ce qu'il pensait immédiatement mais il ne pouvait pas le forcer. Peut-être qu'avec le temps, celui-ci allait s'autoriser quelques remarques directes ... A lui de réagir selon l'insistance des propos.
Hochant la tête quand son nouveau pote lui expliqua enfin la raison principale au problème récent, Yoite émit un petit bruit avec sa bouche. "La". Sa-chan disait "la". Est-ce que Yoite pouvait s'imaginer qu'il avait protégé une fille? Genre, par amour? Si c'était le cas, alors c'était encore plus mignon mais finalement encore un peu plus triste aussi. Est-ce que cette gonzesse avait su les sentiments de Kyôsuke pour elle? Raah, il s'emportait dans des scénarios qui n'auraient jamais de réponse, il devait arrêter!


"T'as déménagé? Je vois, ça explique aussi pourquoi t'es tout seul. Mais t'inquiète, je vais pas t'abandonner! Tu vas rencontrer tout plein de monde avec moi, tu verras!"

Loin de lui l'idée de le terroriser mais Yoite avait encore un peu de mal à garder en tête qu'il avait un creepie en face de lui, une personne à l'opposé des populaires. Fallait juste qu'il s'y fasse, mais ça risquait de prendre un peu de temps. Après, selon lui, ça n'empêchait pas Sa-chan d'être potes avec d'autres. Il se rappelait très bien d'une creepie qui avait fréquenté un populaire, tout était possible!
Par curiosité, il lui aurait bien demandé d'où il venait, pourquoi il avait déménagé, mais il préféra mettre un terme à cette conversation qui se révélait beaucoup trop personnelle pour une première fois. Il devait se la jouer délicat, patient et compréhensif. Son oncle lui aurait sûrement dit "tout vient à point à qui sait attendre", s'il avait été là ...

A nouveau, une réaction inattendue. Presque une critique, mais rien de méchant. "Des Yoites insouciants", comme c'était charmant. Alors c'était comme ça qu'il le voyait? Comme un mec naïf qui pourrait aller faire un gros câlin au caïd du coin juste pour voir la vie en rose? C'était complètement faux, Yoite n'avait rien à voir avec les mecs insouciants auxquels pensait Kyôsuke, il était lâche et égoïste alors bien loin de lui l'idée d'aller prôner la paix mondiale. Tout était centré sur lui. S'il allait à gauche à un croisement, c'était pas par instinct, mais juste parce qu'il avait aperçu quelque chose qu'il savait lui plaire, s'il draguait une fille dans la rue en étant pourtant homosexuel, c'était sûrement à la suite d'un pari ... Tout sauf insouciant.


"Ouh là, t'es bien loin de la vérité. Faut vraiment qu'on traîne davantage ensemble tous les deux, et tu verras que le mot "insouciant" ne me colle pas du tout à la peau. Cela dit, je peux comprendre ce que tu ressens, hein! C'est pas parce que je suis venu te voir sans trembler et sans bégayer que ça a été simple. Mais qu'est-ce que je risquais au fond? Que tu m'ignores, que tu t'en ailles ou tu me demandes de dégager ... Et? J'en serais pas mort. Au moins, j'ai pas le regret "j'aurais dû essayer" qui me reste en travers de la gorge, t'es pas d'accord?"

Cette discussion le fit remonter quelques mois en arrière, au moment où il avait surprit sa princesse près du téléphone de la maison, le doigt suspendu près de la touche "appel" comme si le temps s'était arrêté. Après maintes discussions, il avait réussi à lui faire avouer qu'un garçon de sa classe lui plaisait beaucoup, qu'elle voulait entendre sa voix mais qu'elle était trop timide pour aller jusqu'au bout. Réaliser qu'à 12 ans, on a les mêmes soucis que d'autres quelques années plus tard le rendait un peu fou ... Un peu de courage, allez!

Et soudain ... la lumière! Quel espoir d'entendre le mot "président" sortir de la bouche de Sa-chan. Quel courage, quel exemple! Alors, là chapeau bas!
D'ailleurs, il n'en fallut pas plus à Yoite pour bouger de sa place et venir s'asseoir à nouveau près de son ami. C'était pas taquin, juste naturel. Quand il était content, fallait qu'il soit expressif avec des gestes et non pas avec des expressions. C'était pas sa faute. Son bras s'enroula autour des épaules de Kyôsuke, l'étreinte n'était pas sans issue, il n'avait fait que poser son bras sur lui mais ça pouvait suffire à le gêner ... Le japonais n'y pensa pourtant pas du tout, trop heureux de ce qu'il venait d'entendre :


"Président?! La voilà ta porte de sortie! C'est avec ça que tu peux commencer à te créer un cercle social, à faire parler de toi. C'est une bonne nouvelle, tu peux être fier! T'aurais pu t'inscrire au club de natation hein, on aurait été ensemble. J'en suis le président! Un point commun, tiens!"

Là, il était lancé. C'était presque impossible de le calmer, Yoite avait déjà pensé aux réunions réservées aux présidents et vice-présidents des clubs. Il savait déjà que lui et Kyôsuke devraient y participer, qu'ils pourraient être ensemble dans une même salle de classe et c'était quelque chose qui lui plaisait. Après tout, Sa-chan étant beaucoup plus jeune que lui, ils ne pouvaient pas partager grandes expériences scolaires ensemble alors tout ce qui se passait grâce à quelques coups du sort était bon à prendre!
D'ailleurs, le club de cuisine ... Mmh, Yoite savait bien qu'il devait choisir un club artistique selon le règlement mais jusque-là il n'avait pas encore eut de coup de cœur et se retrouvait avec uniquement des clubs sportifs à son actif. Cuisiner, c'était pas trop son truc, il avait la flemme mais peut-être qu'apprendre avec un ami serait plus intéressant. Il allait y réfléchir!

Se reculant, il souleva ses fesses du canapé pour attraper son téléphone dans sa poche arrière. D'un geste devenu mécanique, il fila dans les applications fréquentes et lança le mot "photo". Sans crier gare, sans prévenir, il dirigea l'objectif vers Sa-chan et le prit en photo alors qu'il était quand même assez près de lui. Le clic fut rapide et quelques secondes plus tard, il demanda :


"Tu me donnes ton numéro et ton mail? On pourra rester en contact même sans se croiser, comme ça! Après, je te donne les miens."

Sociable ou insistant? ... Ouverture ou porte fermée à clef pour de bon? Ses réactions impulsives l'avaient déjà mené à sa perte plusieurs fois mais certaines leçons sont plus dures que d'autres à intégrer.

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Dim 25 Oct - 22:34

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Être « abandonné » n’était pas la chose qui inquiétait le plus Kyôsuke, pourtant Yoite semblait prendre son rôle à cœur. Quel rôle au fait ? Il avait vraiment l’air de s’être approprié la mission de faire découvrir la vie à Kyôsuke. Même si depuis qu’il était parti de chez lui il avait retrouvé sa tranquillité et qu’il était maintenant prêt à être plus social et à repartir sur de bonnes bases, un ou deux contacts lui auraient suffi à être satisfait. Échanger quelques phrases par jour avec autre chose qu’un animal ou un objet inanimé était déjà un grand changement. Il fallait bien y aller petit à petit. Mais Yoite avait l’air d’avoir des desseins bien plus ambitieux pour lui. Et Kyôsuke appréhendait déjà en imaginant le genre de personnes que Yoite pouvait bien fréquenter.

« T’es sûr ? T’es super populaire c’est ça ? »

Kyôsuke avait bien du mal à s’imaginer la place que quelqu’un comme Yoite pouvait occuper ici, ne comprenant pas grand-chose, ni de lui c’était confirmé, ni de la « hiérarchie » qui caractérisait presque toutes les écoles. Il y avait des noms qu’on connaissait et d’autres dont on n’avait jamais entendu parler dans un établissement, c’était toujours comme ça. Kyôsuke faisait bien sûr parti de la seconde catégorie, mais caser Yoite était plus compliqué.
Son discours sur le fait d’aborder les gens était typiquement celui des gens à l’aise comme lui. Je m’y attendais. Ces paroles avaient déjà sifflées dans les oreilles de Kyôsuke auparavant. Et le fait d’en rajouter sur le point « j’ai rien à perdre de toute façon » était énervant, car il était impossible de s’en convaincre et de se lancer même en étant au courant.

« Hmm, je savais que tu allais dire quelque chose de ce genre. Beaucoup de gens ont l’air de répéter ça alors j’imagine que c’est un point de vu comme un autre. Mais je sais pas, ça marche pas comme ça chez moi. »

Quelque chose doit être cassé. Oui, quelque chose devait être cassé parce que malgré sa bonne volonté, dès que le bras de Yoite rencontra les épaules de Kyôsuke, celui-ci se figea et tout son corps se raidit, encore. Le voilà passé en quelque seconde d’humain à branche en bois. Pourtant, cette position n’était pas très risquée, mais cela importait visiblement peu ses réflexes qui avaient pris le dessus. Le contact le fit frissonner.

« Range ce bras, je suis pas un accoudoir ! »

Il soupira pendant que Yoite recommençait à s’enthousiasmer tout seul, s’imaginant que Kyôsuke allait profiter de son statut de président pour « faire parler de lui ». Non ce n’est pas ce que je veux. L’idée de se cacher derrière Yoite pour « rencontrer tout plein de monde » paraissait soudainement plus alléchante.

« Je n’ai pas très envie de faire parler de moi, et puis désolé mais l’eau c’est pas mon truc. »

Même s’il avait appris à nager dans son enfance, Kyôsuke n’avait plus mis les pieds à la piscine ou à la plage depuis des années. Qui dit baignade dit maillot de bain et c’était une idée totalement inconcevable. Finalement, quoiqu’il fasse, Kyôsuke ne pouvait pas s’empêcher de s’arrêter sur leurs différences plutôt que sur leurs points communs. Pourtant, le fait qu’ils soient tous les deux présidents d’un club impliquaient qu’ils allaient se côtoyer un peu plus souvent que prévu. Mais Kyôsuke n’eut même pas le temps de se pencher sur le sujet que Yoite avait dégainé son portable à la vitesse de la lumière pour le prendre en photo. Kyôsuke tenta de se cacher, mais trop tard. Il se retourna vers Yoite l’air embêté. Même en tendant le cou il ne distinguait pas bien l’écran du portable, mais il voulait au moins savoir à quoi s’en tenir maintenant que le « mal » était fait.

« M-Mais ! Pourquoi tu as pris une photo ? Montre-la-moi ! »

Lui n’utilisait son téléphone que pour regarder l’heure, lire ou aller sur internet si bien qu’il en avait presque oublié sa fonction première : communiquer. Il n’avait même aucuns contacts d’enregistrés depuis qu’il avait supprimé dans un accès de colère les seuls qu’il avait jamais eu : ses parents. Alors, lui demander son numéro et son mail ne fit que l’enfoncer encore plus dans la confusion.

« Tu veux m’envoyer des messages ? »

L’idée l’emballait même si avec cet air l’hébété il avait plutôt l’air de débarquer d’une autre dimension dans laquelle s’envoyer des messages était exceptionnel, digne des films. Voilà son quotidien. C’était bien la première fois qu’on lui proposait quelque chose comme ça et sur le coup il n’avait pu que répéter la question pour être sûr d’avoir bien entendu. Juste une façon tordue de montrer qu’il était content, pas facile à comprendre. Il en aurait presque oublié l’attitude enquiquinante de Yoite. Le problème c’est qu’il ne connaissait pas son numéro par cœur et ne savait même pas s’il avait un mail. Il sortit quand même son portable à son tour pour essayer de le bidouiller, mais en vain.

« Euuh, je sais pas trop comment ça marche en fait… Je connais pas mon numéro et mon mail. »

Il n’avait pas de raisons de refuser, par messages interposés Yoite ne pourrait pas le toucher, c’était même encore mieux que d’être à côté de lui finalement.
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Yoite Unden
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Ven 13 Nov - 14:26

C'était peut-être pour toutes ces différences que les groupes avaient été inventés. Lors de son inscription dans cette académie, Yoite avait failli s'énerver face au fait de devoir s'identifier à un groupe pour être accepté. Aujourd'hui, avec du recul, il comprenait enfin. Les gens ne sont pas tous faits pour bien s'entendre, certains liens invisibles se créent aussitôt alors que d'autres font reculer immédiatement. Le groupe "I'm odd" jouissait d'une réputation peu envieuse en général, ils rassemblaient généralement les reclus, les renfermés, peut-être même les timides ou encore ceux qui préféraient rester seuls. Aussi, Yoite l'avait toujours un peu fui ce groupe car rien ne l'y intéressait mais était-ce ce que voulait Chîse? Que l'appellation des groupes crée un fossé entre chaque étudiant? Après tout, Kyôsuke n'aurait jamais dû être dans la ligne de mire de Yoite et pourtant là, ils se parlaient sans se taper dessus. C'était bête, les groupes.

"Populaire, moi? Non, pas vraiment. J'ai quelques groupies mais c'est juste parce que j'aime les mecs. Tu sais, ces folles fan de yaoi ou je sais pas quoi là. Moi, je suis ... un rebelle, si tu veux. Je fais ce que je veux, je dis ce que je pense et je suis fier de ce que je suis."

Se définir comme un rebelle ne lui plaisait pas vraiment, il n'était pas à 100% contre la société mais simplement parce qu'il était capable de dire "merde" à un prof avec des arguments fondés faisait de lui quelqu'un d'incontrôlable, une personne sans limite. Il en avait pris son parti mais fallait bien dire la vérité : ça faisait des mois qu'il n'avait pas fait parler de lui. Il grandissait aussi et ses préoccupations n'étaient plus les mêmes. Himura, son oncle, l'avait bien calmé aussi.
Quant à son cercle social proche, ils n'étaient pas tous des rebelles. Souvent, c'étaient des populaires et quelques artistes, des mecs pas trop coincés qui savent s'amuser et surtout prendre les choses au second degré. Kyôsuke n'allait pas accrocher à tout le monde mais Yoite restait persuadé qu'il pouvait quand même s'incruster dans son groupe, se faire sa petite place et se lier d'amitié avec 1 ou 2 autres mecs.

D'ailleurs, même eux deux risquaient de ne pas souvent être d'accord sur leurs points de vue mais ça pouvait être amusant tant qu'ils respectaient les choix de l'autre. Taquiner physiquement Sa-chan restait cela dit hors de propos. Yoite ne pouvait pas mettre un terme à cette habitude qu'il tenait depuis son enfance juste pour le bien-être de son ami. Non, c'était plus fort que lui et si un jour ça devait être un sujet de grosse dispute, alors ... soit. Le japonais était têtu et changer n'était pas inscrit dans son programme d'avenir.


"T'es pas en cause, hein. Cette facilité à aller vers les gens, on l'a ou pas. Ça peut s'apprendre mais quand c'est pas inné, c'est beaucoup plus compliqué. Je te jette pas la pierre d'être ainsi, j'essaye juste de te faire comprendre que ça te tuera pas. Après, s'tu veux pas essayer, t'essayes pas. T'es grand, hein!"

Là encore, Yoite faisait peut-être preuve d'un manque de tact. Il disait le tout sincèrement, avec gentillesse, mais on lui avait déjà fait remarquer que cette phrase "t'es grand" sonnait comme une réprimande pour un enfant. A ses yeux, c'était tout l'inverse. Les gens devenaient vite des adultes et responsables de leurs décisions. Kyôsuke était grand dans le sens où il assumait ses choix et se sentait assez en confiance pour les prendre tout seul.

Yoi ricana avec légèreté quand il entendit Sa-chan lui demander d'enlever son bras. L'air de rien, par instinct naturel plus qu'autre chose, il avait refait une tentative de contact mais là encore, c'était un échec. Lui-même avait bien senti ce petit corps se figer, ce malaise grandir de secondes en secondes mais tant pis. D'un geste délicat, il enleva son bras pour éviter toute crise et c'est à ce moment-là qu'il découvrit que son nouvel ami était président d'un club.
Dernièrement, les clubs avaient quelque peu la vie dure. Les gens ne semblaient pas plus que ça attirés par les responsabilités, mais c'était pas non plus tragique. Être président d'un club n'était pas aussi horrible que ce qu'on entendait, ça ne voulait pas dire des heures de plus dans les couloirs de l'école, du travail en plus à la maison ou des énergumènes à gérer avec la règle en bois. Non, pour sa part, ça lui permettait d'avoir des privilèges, de gérer un espace de travail plus conséquent qu'un simple membre, d'avoir son mot à dire et surtout de profiter pleinement de sa passion en espérant peut-être faire de belles connaissances.


"Ok, ok. Je suis pas trop attiré par la cuisine non plus, de mon côté. Mais c'est pas grave, on se croisera quand même de temps en temps!"

Évidemment, Yoite ne connaissait pas la vraie raison qui poussait Kyôsuke à refuser de s'inscrire dans son club mais c'était pas grave. Beaucoup de gens craignaient la piscine, pour les verrues des autres, pour la propreté de l'eau, pour le temps qu'ils mettaient à se changer, pour l'odeur du chlore mais franchement ... c'étaient que des détails pour lui. Il adorait nager.

Prendre Sa-chan en photo presque de suite après cette conversation n'était pas si dénuée de bon sens. Le temps passait doucement, et ils avaient beau être en vacances, Yoite se refusait de passer tout son temps enfermé dans le salon de l'académie. Il savait bien qu'à un moment ou un autre, il allait se lever pour partir et s'il ne prenait pas les choses en main maintenant pour garder contact avec Kyôsuke, celui-ci allait sûrement lui filer entre les doigts.
La photo en elle-même était un peu bizarre car prise trop rapidement mais ça lui donnait un coté unique et quand celui-ci lui demanda de la lui montrer, Yoite s'exécuta sans souci. Lui, il se fichait bien d'être moche sur une photo, il savait très bien qu'en vrai il était juste trop beau ...


"Tiens, regarde. On voit bien tes cheveux comme ça! J'aime avoir une tête liée à un contact, c'est comme ça. Et oui, je vais t'envoyer des messages mais c'est pas à sens unique, hein. Faudra que tu me répondes, tu pourras même m'en envoyer avant que je le fasse! Des photos de toi nu aussi, ça me dérange pas."

A nouveau, un éclat de rire se mit à retentir dans le salon. Yoite riait souvent de ses propres blagues et il savait déjà que celle-ci n'allait faire rire que lui mais il comptait bien faire comprendre à Kyôsuke que c'était une connerie, qu'il n'était pas ce genre de pote et qu'il voulait juste qu'ils deviennent un peu plus proches à chaque texto. Il comptait bien l'appeler aussi de temps en temps, pour entendre sa voix et déceler peut-être un état d'esprit différent tel que la tristesse, la joie ou un ennui mortel. A cet instant, il pourrait prendre les commandes de son cheval blanc et accourir à sa rescousse!

Son attention fut reportée vers Kyôsuke qui tentait, en vain, de se dépatouiller avec son téléphone. Ouais, y avait quand même de sacrés efforts à faire. Et dire que lui s'était mis aux selfies depuis peu!
Se penchant un peu vers lui, sans trop se rapprocher, il glissa délicatement sa main vers le téléphone de Kyôsuke, l'attrapa sans brutalité et resta près de lui pour lui montrer les étapes le plus simplement possible. En quelques minutes seulement, leurs numéros furent échangés, le portable fut rendu à Sa-chan et Yoite lui envoya même l'une de ses propres photos pour qu'il puisse à son tour attribuer une tête à un contact. Le rebelle savait bien que ça allait prendre du temps, que leurs textos n'allaient pas forcément être intéressants au début, qu'ils parleraient peut-être de tout et de rien mais quand il regardait les derniers textos reçus de ses potes, ça volait pas bien haut non plus.
Se redressant du canapé pour reprendre sa position debout du début, Yoite remit son téléphone dans la poche arrière de son jean et se tourna vers Kyôsuke. Pour aujourd'hui, le principal avait été fait et il était à ses yeux inutile d'aller plus loin. Il devait laisser de l'espace à Sa-chan, lui laisser le temps d'assimiler ce qu'il venait de se passer. Lui-même de son côté allait prendre un peu de recul, se forcer à ne pas lui envoyer des textos tout l'après-midi pour savoir s'il s'ennuyait pas trop. Par sympathie, il se décida seulement à lui en envoyer qu'à partir de demain. Doucement mais sûrement.


"Je vais retourner dehors, il fait trop beau pour rester enfermé et tu devrais faire pareil. Y a un parc pas loin d'ici, tu pourrais y lire tes bouquins en toute tranquillité. Mais tu sais, il faut qu'on se revoit! Demain, je t'envoie un texto et on discutera d'un lieu. Ça t'irait?"

Parce que lui demander son avis était très important, Yoite n'avait pas hésité une seule seconde. Les premiers "rendez-vous" allaient être très importants, au moins jusqu'à ce que Kyôsuke se sente suffisamment à l'aise pour rire, se laisser aller, etc ... Il savait aussi que s'il n'insistait pas suffisamment, petit Sa-chan risquait de laisser passer beaucoup de temps avant qu'ils ne se revoient. Ils devaient vite remettre ça, continuer cette découverte de l'un et de l'autre et se créer des souvenirs. Pendant les vacances en plus, c'était l'idéal car ils avaient du temps! Restait plus qu'à attendre la réponse, aussi sincère que possible bien entendu.

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Kyôsuke Sasori
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MessageSujet: Re: Un bleu peut en cacher un autre.   Ven 20 Nov - 22:34

On avait donc affaire à un rebelle. Information ajoutée au pokedex. Son comportement ne devait surement pas faire assez l’unanimité pour qu’il puisse être considéré comme populaire Kyôsuke n’avait pas de mal à le comprendre. Il grimaça un peu en entendant le mot « groupies », comme s’il compatissait. Lui aurait détesté devoir avoir affaire tous les jours à ce genre de filles superficielles qui ne s’intéressaient à quelqu’un que pour son orientation. Pour sa part, rien qu’imaginer Yoite avec un homme… Non n’imaginons pas, stop stop. Mon dieu.
Essayant de se défaire de sa terrible imagination, il laissa Yoite parler, lui octroyant une petite moue au passage, toujours peu convaincu par son point de vue sur la façon d’aborder les gens. Sûrement parce qu’au fond il ne se comprenait pas lui-même à ce niveau. Il n’y avait même certainement rien à comprendre, son comportement était juste illogique. C’était Yoite qui avait raison même si Kyôsuke ne se l’avouait pas. Ce beau discours fut couronné par ce qu’il prit directement pour un reproche latent, tout indépendant qu’il était il savait bien qu’il faisait ce qu’il voulait, il n’avait pas demandé des conseils à Yoite aux dernières nouvelles. Il garda cet air boudeur pendu aux lèvres.
Heureusement quand il s’éloigna comme Kyôsuke lui avait demandé, il radoucit un peu. Et tout ce serait très bien passé si Yoite n’avait pas rouvert sa bouche. Kyôsuke tourna un peu la tête vers lui lorsqu’il eut fini sa réplique, l’air ahuri, se demandant s’il venait d’avoir une hallucination auditive –ce qu’il aurait presque préféré finalement– ou s’il avait bien entendu. Et il se trouvait que Yoite… Riait. D’accord c’était une blague, oui, évidemment, on se calme. Trop tard, impossible d’empêcher son sang d’affluer dans ses joues, Kyôsuke retourna son regard vers le sol en serrant les poings. Il avait hésité entre se défendre ou l’insulter, au final aucun son ne sorti de sa bouche entrouverte. Certainement la meilleure des solutions pourtant il aurait vraiment aimé répliquer. Une blague voilà. Yoite n’avait aucune arrière-pensée il ne savait pas qu’il avait juste touché l’un des pires sujets qu’il pouvait aborder. D’habitude Kyôsuke arrivait à prendre les blagues au second degré mais là c’était vraiment difficile. Vraiment, sa tension ne cessait de monter et descendre depuis qu’il était avec Yoite, comme sur des montagnes russes –genre de choses qu’il n’appréciait vraiment pas–. Aller on ne tourne pas de l’œil, encore un peu de courage.
Yoite montra ensuite sagement la photo qu’il avait prise, ce qui calma un peu Kyôsuke qui se remettait doucement de son choc, il n’avait rien demandé de plus après tout. Il jeta un regard sur l’écran seulement quelques secondes. Il n’était évidemment pas satisfait du résultat mais de toute façon il ne le serait jamais, étant incapable d’être objectif avec lui-même. Bien sûr il détestait se regarder, ne supportant pas son reflet, ce n’était pas vraiment étonnant. Oui il ne supportait pas grand-chose, pauvre chou.
Puis Yoite l’aida à dompter son portable avec une délicatesse que Kyôsuke ne lui connaissait pas, comme s’il voulait faire oublier qu’il venait tout juste de le mettre mal à l’aise alors qu’il comptait très certainement recommencer dans moins de cinq minutes. Être sournois, le pire c’est que ça marchait. Et hop grâce à la main experte de Yoite, en un battement de cils les deux bleus étaient unis par les liens sacrés du smartphone.

« Merci »

Kyôsuke se demandait bien à quoi ressembleraient leurs futures conversations, n’imaginant même pas vraiment ce qu’était un échange normal de messages. En tout cas il ne se voyait pas envoyer un premier message comme on lui demandait tout de suite, n’ayant aucune idée de ce qu’il devrait bien y raconter. Heureusement Yoite était un peu plus entreprenant ce qui ferait surement évoluer leur relation beaucoup plus vite que s’ils suivaient le rythme d’escargot de Kyôsuke. Quelque part ça l’arrangeait, ils étaient complémentaires sur ce point. D’ailleurs Yoite parlait déjà de leur prochaine rencontre, tout enthousiaste. Il avait l’air de bien connaître les alentours, il devait être là depuis bien plus longtemps que Kyôsuke. Ce plus toujours pratique d’avoir un guide même s’il avait déjà eu un bref aperçu des alentours il ne s’y était encore jamais aventuré franchement alors ce serait l’occasion, c’était plus rassurant s’il n’était pas seul il fallait bien l’avouer. Même s’il préférait attendre que la température baisse pour s’aventurer à l’extérieur, c’est vrai qu’il y aurait surement plus de choses à faire dehors qu’ici enfermé.

« Oui, d’accord. »

Si Yoite comptais sortir ce n’était pas pour autant dans les plans de Kyôsuke pour aujourd’hui. Il allait plutôt attendre que la chaleur tombe un peu avant de remonter dans sa chambre. S’il sortait maintenant son corps peu habitué aux u.v allait prendre des coups de soleils presque instantanément, il le savait bien.

« Au revoir alors. »

« A bientôt » ne faisait pas encore parti de son vocabulaire.

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